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Le Miroir : poèmes
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LES VIEUX TOITS

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Voluptueux, terrifiants ou doux,Combien de souvenirs dans lombre de vos nouesQue les saccades du vent fouSecouent

Et font crier comme les ais des vieux bateauxAu choc des lames déchaînées,

Combien de souvenirs, depuis combien dannéesDorment captifs, étouffant leurs échosDe soupirs, de baisers, de râles, de sanglotsSur les lambeaux laineux des toiles daraignée!..

Oh ! la rumeur monotone et lointaineQue fait en sécoulant la pauvre vie humaine,Lhumble rumeur des mille existences qui passentQuotidiennement et seffacentSans qu'en demeure aucune trace,

Jamais comme ce soir je ne lai entendueSi forte et si plaintive...

Elle monte de vous,

Vieux toits, elle grandit et son remousPeu à peu conquiert létendue.

Elle sexalte et se déchaîne ; par grands coups