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LE VIEUX LOGIS
L’ombre longue et froide des conifèresSe déployer comme un linceul...
Où sont ceux qui jouaient jadis sous les tilleuls?
Cris d’enfants, petits pieds traversant en éclairsL’ombre tremblante des charmilles,
Souples gestes, robes claires et rires clairsDes jeunes filles
Cueillant les fleurs des plates-bandesOu mordant de leurs dents gourmandesLa chair acide des fruits verts,
Et le bourdonnement brûlant de l’airSur les ruches, la torpeur de jour de fêteOù s’endorment les champs sitôt les moissons faites,.Et selon les saisons,
La parure et les agrémentsDu jardin et de la maison,
Les départs, les retours, le mouvementCharmant et imprévu des choses familières,
C’est tout cela qui fitDe toi, durant des ans, ô vieux logis,
Pour tant d’êtres humains dispersés aujourd’hui