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Le Deuil des Primevères : 1898 - 1900
Entstehung
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SCÈNE PREMIÈRE

Le poète marche dans une gorge alpestre. Sur sa tête lazurest comme un ruisseau étroit dont les rochers sont les bords. Etces rochers plissés, feuilletés, écailleux, suent de Vargent sur dunoir. On entend une goutte taper de haut le sol.

Parmi les graviers secs, les buis, les lavandes, des sauterellessautent comme des éclats de marne.

A droite, dans la combe, au-dessous, il y a un torrent à leaucreuse et verte. Cest aride, mais on pressent au delà des sapi-nières, sur les cimes, des pelouses d'une douceur épaisse et verte sommeille le gibier.

Le poète chemine sur le sentier sec, aux cailloux aigus. Il estdeux heures après-midi. Il chante :

Jai quitté le village sous le blanc soleilles géraniums se rouillent ; sous sa feuille rude et velue, la citrouillesendort sous lombre bleue aux siestes de la treille.