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Le Deuil des Primevères : 1898 - 1900
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LA JEUNE FILLE NUE

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LA JEUNE FILLE

Lâme des roses pleut sur la hutte et lembrase.

Ma bouche aussi seffeuille, et mes bras qui tembrassenttaiment, et toute moi taime, et mes yeux bleus aussi,mes jambes élancées et mes cheveux roussis.

Pauvre cœur. Et ici, du moins, tu trouveraslasile simple et pur et calme de mes braspar quoi tu guériras et par quoi tu oublieras.

Ce sera le refuge espéré du poète,la simple vie vécue au milieu des écorcesque le Printemps juteux parfume de sa forceet lAutomne orageux recouvre de lichens.

LEté nous donnera les pêches de la vigne,le parfum du buis noir et celui du fenouil.

LHiver nous donnera les noisettes séchées,les contes de laïeule et le fil des quenouilles.

LE POÈTE

Je vais donc vivre enfin, ô jeune fille nue,chaude comme un soleil dans la fraîche avenue.

Je tai trouvée, amie aimée que jattendaisdepuis si longuement que mon cœur se mourait.