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Le Deuil des Primevères : 1898 - 1900
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LE DEUIL DLS PRIMEVÈRES

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avec une cornette et des mains du Seigneur,qu’il te faut pour guérir la fièvre de ton cœur.

Mais écoute : Il est, au cœur vert du noir bois frais,un chêne, le plus grand de toutes ces forêts.

Une croûte d’abeilles d’or surson tronc bouge,et sa cime de nuit touche le soleil rouge.

Il est tordu ainsi qu’une vis de pressoiret il a l’air, le soir, d’écraser des étoiles.

La nuit l’emplit de jour, le jour l’emplit de nuit.

Il est bon. L’écureuil dont le bond vole vite,le grimpereau choqueur, le cerf-volant l’habitent.Un petit monde humide sous son écorce s’abrite.Une mousse en soleil vient mourir à ses pieds.

Il se réjouit bien, quand les douces aversessonnent trembleusement sur ses feuilles alertes,dans l’ébouriffement criard des vieux pivertsqui ont fait à son bois de petites fenêtres.

Au milieu du feuillage arrondi de ce chêne

est un grand nid de mousse, frais comme un bénitier,

que tapissent des fils-de-Vierge bleu-rosé

et des effeuillements de roses arrosées.

C’est dans ce nid d’amour tremblant qu’est étendue,le corps plein de rosée, une jeune fille nue...