Druckschrift 
Le Deuil des Primevères : 1898 - 1900
Entstehung
Seite
56
Einzelbild herunterladen
 

56

LE DEUIL DES PRIMEVERES

cherchait sur ce coteau raclé par les grands ventsune âme d’eau d’azur qui ne la blessât plus.

Dis-toi, ô jeune fille, dis-toi : Il était fou,pareil aux amoureux bergers de Cervantèspaissant leurs chevreaux blancs sur la paix des pelouses...Ils délaissaient les vieilles bourgades enfuméesoù Quitléria, peut-être, avait meurtri leurs cœurs.Dis-toi : Il fut pareil à ces malheureux pâtresqui essayaient, en vain, couchés aux belles fleurs,de chanter leurs chagrins en soufflant dans des outres.

Il

Quand mon cœur sera mort d’aimer, enviez-le.

Il passa comme un saut de truite au torrent bleu.

Il passa comme le filement d’une étoile.

Il passa comme le parfum do chèvrefeuille.

Quand mon cœur sera mort, n’allez pas le chercher...