Druckschrift 
Le Deuil des Primevères : 1898 - 1900
Entstehung
Seite
26
Einzelbild herunterladen
 

26

LE DEUIL DES PRIMEVERES

Puis tu viendras à moi. Tu glisseras ton cœursur mon cœur, gracieuse et lisse, et saus rien dire.Tu connaîtras ma joie profonde si je pleure,et tu n’auras alors qu’à gravement sourire,et à poser sur moi ta légère douceur.

Je serai doux pour toi comme une jeune fille.Mon cœur aura le bleu profond de ces charmillesoù quelque grande sœur a fait goûter ses frères,et d’où Ton peut entendre, aux fins d’après-midi,l’aiguisement des faux luisantes sous la pierre,au milieu du silence éternel des prairies.

IV

Le ciel pleut lourdement sur l’eau feuillue des douves.Sans doute, en ce moment, tu couds auprès du feu.L’ombre de ton salon tremble, et des lueurs doucesvolent sur l’acajou noir et fané des meubles.