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Le Deuil des Primevères : 1898 - 1900
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ÉLÉGIES

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Tu peux interroger son bois mystérieux.

Il te racontera mes rêves de petit garçon.

Ils sont si purs que tu peux, amie, les entendre.C’est en dormant sur ce vieux coffre odorantque mon cœur s’est peuplé de jeunes filles tendreset d’arbres indiens où montent des serpents.

Que ta main, en passant, frôle pour se bénirla correspondance grave de mon grand-père,Il dort au pied de la Goyave bleue, parmiles cris de l’Océan et les oiseaux des grèves.Dis-lui que tu t’en vas trouver son petit-fils.Son âme sourira à ta grâce un peu frêle.

Tu comprendras alors de quel charme je m’enchante,de quelles vieilles fleurs mon âme est composée,et pourquoi, dans ma voix, de vieillottes romancesont l’air, comme un soleil mourant, de se traîner,pareilles à ces anciens et tristes jeunes gensdont la mémoire gît dans l’octobre des chambres.