TABLEAUX
PATSAGES & SUJETS DIVERS.
N° 337. Planche xxv!
UN MÉDECIN TATANT LE POULS
A UNE JEUNE FEMME MALADE,
•PAR JEAN S T EE N.
Peint fur toile.
Haut de 1, pied 10. pouces ; Large de 1. pied 7. pouces,
Figures entières, d’environ g. pouces de proportion.
Le lieu de la fcène eft une chambre à coucher dans laquelleon a modéré le jour, en fermant à demi les volets & lesrideaux de la fenêtre. On voit dans cette chambre un lit,une table, deux chaifes , un réchaud avec du feu. LaMalade eft coëftêe d’une fimple cornette , & vêtue d’unejupe de latin violet bordée d’une gaze d’or, avec un manteletde velours ponceau garni de fourure blanche en dedans;elle eft aflife fur une chaife, à côté d’une table couverted’un tapis de Turquie, & d’un couffin fur lequel ellepofeun bras, préfentant l’autre au Médecin, qui lui tâte lepouls. Elle regarde attentivement le Médecin , commepour apprendre de lui ce qu’il penfe de fa maladie. Celui-cieft debout devant elle, dans une attitude inclinée & grave,comptant les pulfations du pouls. ' Il eft vêtu d’un pourpointde couleur brune, avec un manteau, un haut de chauffes,des bas noirs, une ffaife au cou & un chapeau pointu fur latête. Derrière la Malade, entre le lit & la table, eft une
»
MOBILES. 2s
PA TSA G ES & SUJETS DIVERS.
garde-malade, vêtue comme Une béguine. Elle paroitattentive à l’a&ion du Médecin. Un petit chien épagneul fetient à la porte de la chambre qui eft ouverte, les oreillesaux aguets, parce qu’il entend parler au dehors. C’eft lafervante de la maifon, qui héfite de procurer à l’amant dela Dame , l’entrée de la maifon , mais qui va céder à l’éclatpuiffant de l’or qu’il fait briller à fes yeux. Ce dernierMédecin guérira la Malade plutôt que le premier. Une petiteftatue de l’Amour, placée à l’entrée de la porte, d’où onvoit l’amant en dehors , confirme cette fuppofition très-vraifemblable.
Ce petit Tableau eft charmant pour la penfée & l’exé-cution: il réunit l’expreffion à une belle vérité de nature,& à une grande fineffe de goût. Le fatin, le velours & lafourrure de l’habillement de la Dame, ainfi que le tapis quicouvre la table, font à tromper l’œil. On y lit:
Daer baet geen Medecyn ,
JVant bet is minne pyn. '
Stem.
Cejl-a-dire : Nul Médecin ne peut guérir,
Celui que l’amour fait fouffrîr.