LA GALERIE ELECTORALE DE DUSSELDORFF OU CATALOGUE RAISONNÉ ET FIGURÉ DE SES TABLEAUX DANS LEQUEL ON DONNE Une connoiflànce exacte de cette fèmeufe Collection, & de fon local, par des delcriptions détaillées, & par une fuite de 3 o. Planches, contenant 365% petites Eftampes rédigées & gravées d’après ces mêmes Tableaux, par Chrétien de Mechel Graveur de S. A. S, MONSEIGNEUR IJ ELECTEUR PALATIN 0? Membre de plujieurs Académies . ^ OUVRAGE COMPOSÉ DANS UN GOUT NOUVEAU, par NICOLAS de Pigage de FAcadémie de S. Luc à Rome , Ajjocié Correjj>ondant de celle cFArchiteBure a Paris Premier ArchiteBe DireBeur général des Bâtimens 0f Jardins de S. A. S. E. P. Tf&'ï ‘A rzfa/ntnf Jet J$-â. AVEC PRIVILEGE D E S. A. S. E. P. A Basle, chez Chrétien de Mechel & chez M r \ les Inspecteurs des Galeries Électorales à Dusseldokff & à Mannheim. MDCCLXXVIII. I A SON ALTESSE SÈRÈNISSIME MONSEIGNEUR L’ÉLECTEUR PALATIN. MONSEIGNEUR L’ouvrage que j’ai l’honneur de préfenter à VOTRE ALTESSE SÉRÉNISSIME ÉLECTORALE eft dû à la protection qu’Elle accorde aux Beaux-Arts , k fon . Goût qui les anime, & à là Bienfailànce qui les foutient. J’ai, MONSEIGNEUR» entrepris cet ouvrage pour Vous plaire, & Il cela le peut, pour devenir utile j j’eipère que ce double motif lui méritera Votre indulgence & celle du Public. Daignez l’agréer comme un témoignage de la reconnoillànce, &: du très - profond relpect avec lefquels je fuis, MONSEIGNEUR, JDJE VOX'HJZ jLX'TXLSSX. SÉMJÉNXSSXMSE ÉXfcCX'OM-A.XXE, Le très - humble , très - obéijjant , , 0 ? très - dévoué Serviteur. N. de PIG AGE. I 0 vn PREFACE- L ÉLECTEUR PALATIN JEAN GUILLAUME Amateur éclairé & Protecteur des Beaux-Arts, a fondé la riche ColleBion de Tableaux , dont nous donnons la Répréfentation & la Dctcriptioil. Ce Prince pofledoit déjà quelques beaux Morceaux qu’il tenoit de foii Augufte Maifon ; il les raflembla & leur joignit en plus grand nombre, d’autres Tableaux rares & précieux qu’il fe procura à grand fraix. Plufieurs Peintres célèbres qu’il appella à fon fervice & qu’il récompenfa noblement, augmentèrent par leurs ouvrages fa ColleBion , & la portèrent à ce haut point de richefie qu’on admire : quelques - uns d’eux furent en même tems employés à décorer de Peintures le nouveau Château de Bensberg (*) que ce Prince faifoit alors bâtir ; les noms de ces Artiftes font: Antonio Belucci, Antonio Pellegrini, Domenico Zanetti & Antonio Milanese Italiens ; Antoine Schoonjans, le Chevalier Van Doüven Fla^ mands ; le célèbre Chevalier Van der Werff , Jean t Weenix 3 Geoffroi Scralcken , Eglon van der (*) Ce beau Château bâti par JEAN GUILLAUME eft fitué dans le Duché de Berg à io. lieues de Dujfeldorff', & à 3de Cologne , fur une montagne d’où l’on découvre un pays immenfe. Neer ? Rachel Ruisch , Van Nickele tîollandois ; & plufieurs autres dont on voit les ouvrages à. Dujfeldorff ', à Bensberg , & quelques - uns au Château & dans la Galerie de Mannheim. Le Chevalier Van Douven Connoifîèur & bon Peintre, fut envoyé en différents Pays pour découvrir & acquérir les Tableaux les plus rares 5 & l’Éleéteur l’ayant chargé du foin de cette fameufe CoîleBion , lui donna ordre de la dépofer & de l’arranger dans le grand Bâtiment qu’on appelle la Galerie , qu’il avoît fait conftruire à Dujjeldorjf en 17I0, à côté de fon Palais. Lai itiott de ce grand Prince qui arriva en 1716, l’empêcha de jouir long - tems de ce Monument , qu’il avoit confacré aùX Beaux - Arts. CHARLES PHILIPPE fon Frère & fon Succefleur, occupé pendant un règne de 26 ans à bâtir la fortereffe & la ville de Mannheim , pour y faire fa réfidenee, mourut au milieu de fes travaux, fans avoir eu le tems de tourner fes vues fur la Galerie de Dujfeldorff i qui ne fe reflentit point de fon goût & de fa magnificence. Le S r . Karsch Peintre, eut fous ce Prince la direction de cette Galerie , & fon fils qui lui fuccéda dans cette charge, la pofféda encore quelque tems fous le règne fuivant. * I \ y il h - *■ VIII PRE CHARLES THÉODORE aujourd’hui régnant, fuccéda à CHARLES PHILIPPE, & acheva tout ce que celui-ci avoit commencé. Ce Prince né pour les belles entreprifes, a non feulement perfectionné & étendu celles de fes Prédé- celfeurs, mais il en a exécuté, & il en exécute chaque jour dont il eft feul créateur: des Édifices & des Monuments de toute efpèce, des Établiflèmens utils & glorieux, une Protection éclairée & confiante accordée aux Sciences & aux Arts, rendront fon nom auiïi cher à la Poftérité qu’il l’eft à fon Siècle. Ce n’étoit pas affez pour lui de former à Mannheim une magnifique Galerie de Tableaux, de Deffins & d’Eftampes dont les Collections ontprefque toutes été faites par lui feul, de faire conftruire une autre Galerie pour y dépofer & y mettre en ordre les jets en plâtre des plus belles Statues antiques, d’établir à côté de ces précieux Modèles une Académie ou École de Deffin & de Sculpture; il a voulu donner en même tems un nouvel éclat à la Galerie de Dujfeldorff , en y faifant faire tous les changemens avantageux dont elle étoit fufceptible, en l’enrichilfant de plufieurs nouveaux Tableaux , & en faifant arranger le tout dans un ordre plus favorable, Le S r . Lambert Krahe de Dujfeldorff Peintre habile, .grand Connoiffeur, Profeffeur de l’Académie de S'. Luc à 1 Rome & de celle de Florence, fut chargé de préfider à ce nouvel arrangement, & il s’en acquitta avec honneur. S. A. S. Électorale avoit confié à cet Artifte en 175-6. la Direction de fà Galerie de Dujfeldorff qui étoit alors vacante, & en 1767. elle le mit à la tête de la nouvelle Académie ou École de Deffin & de Peinture, la foçur & l’émule de celle de Mannheim , & qui, comme elle, fournit journellement de bons élèves. Le bâtiment de la Galerie dont on voit ici les plans, la façade & la coupe, confifte en un rez-de-chauffée, où eft actuellement la Chancellerie & une Bibliothèque publique de nouvelle fondation, & en un étage au deffiis, où font les Tableaux. Cet Édifice n’offre rien d’extraordinaire pour l’ArchiteCture; mais il y a apparence que JEAN GUILLAUME en le faifant élever, n’a eu intention que de donner une place ad intérim à fès Tableaux , en attendant qu’il pût les placer d’nne manière plus convenable dans un vafte Palais, qu’il projettoit de bâtir à Dujfeldorff , & dont les plans encore fubfiftans, annoncent un Édifice des plus fomptueux. PREFACE. IX On arrive à la Galerie par une cour, au milieu de laquelle on a fait élever depuis peu la Statue pédeftre de JEAN GUILLAUME en marbre blanc : le piédeftal qui n’eft encore qu’un maffif de pierre, fera incrufté de marbre, & portera une infcription. On monte au bel étage où font les Tableaux par un Efcalier, à la vérité peu fpacieux & fans magnificence, mais commode, & orné d’une rampe de fer travaillée avec goût Cet Efcalier établit la communicatiçn entre le Château & la Galerie. On y voit un grand & un petit Plafond ornés de Peintures , & à la hauteur du palier fupérieur, on remarque cinq Tableaux allégoriques encaftrés dans les pans des murs. Toutes ces Peintures font en camaïeu, & l’on en trouve les EJïampes & la Defcription à la fuite de cette Préface. C’eft de ce palier que l’on entre par une grande porte, dans la Galerie proprement dite des Tableaux. Elle eft compofée de trois grandes Salles longues, & de deux autres petites Salles quarrçes, qui toutes fe communiquent Chacune de ces Salles eft éclairée par de grandes fenêtres qui donnent un beau jour, & tout au tour règne un lambris à hauteur d’appui, peint en marbre, & femblable en tout aux chambranles des* portes. Sur les Trumeaux qui font entre les fenêtres, on voit des Camaïeux repréfentant de l’Architeélur.e enrichie de figures & d’ornemens. Les Plafonds font peints à frefque, & repréfentent aufli de l’Architecture en perfpeétive. 1 * Ces Peintures font du célèbre Jean Fischer auteur de TArchiteÜure Hiforique & Peintre de l’Empereur CHARLES VI. Il a été aidé pour l’exécution par Antonio Milanese. On prétend que les figures, peintes la plûpart d’après l’antique, ont été exécutées par d’autres Peintres habiles au fervice de JEAN GUILLAUME, & particulièrement par Domenico Zanetti. Les Salles de la Galerie n’ayant pu contenir tous les Tableaux qui forment la Collection , furtout depuis que l’Électeur régnant, l’a augmentée, on a été obligé d’y fuppléer, en pratiquant des Volets attachés aux Trumeaux de toutes les croifées, fur lefquels on en a placé plufieurs qu’on peut mouvoir pour ieur donner le jour néceflaire. Malgré cette augmentation de place, tous les Tableaux n’ont pu encore entrer dans la Galerie ; & il en eft refté plufieurs qu’on a diftribués dans les appartements du Château, où l’on peut les voir: mais comme moins importans ils ne font point indiqués dans cet ouvrage. * s P R E Les Tableaux font donc diftribués dans lçs cinq Salles de la Galerie , partie fur les pans des murs, que noüfc appelions Façades, & partie fur les Volets. Dans notre Defcription, les Tableaux placés fur les Façades font nompiés les premiers, & félon l’ordre dans lequel ils font rangés, en commençant par la Façade où eft la Porte d’entrée, paflànt delà à la fécondé Façade opppfée aux Fenêtres, & enfuite à la troifième vis-à-vis la Porte d’entrée. Le même . ordre & la même Ipite de Façades font obfervés dans toutes les Salles, de forte que chaque Salle eft compofée de trois Façades, à la réferve de celle du milieu qui en a deux petites de plus dans l’Avant-Corps. Quant aux Tableaux placés fur les Volets des cinq Salles, ils font nommés à la fin dans une feétion à part, non félon l’ordre des Salles, mais fuivant celui des Sujets, & tel qu’on l’a obfervé dans les Gravures. Ces Tableaux font regardés comme des pièces mobiles que l’on tranlporte à volonté d’une Salle à l’autre, mais comme ils font numérotés, il fera aifé de les trouver dans le Catalogue. L’arrangement des Tableaux eft tel, qu’à l’exception * des pièces mobiles, on ne trouve prefque dans la première Salle que des Tableaux Flamands ; ce qui l’a fait appeller LA SALLE DES FLAMANDS. La fécondé contient un mélange de Tableaux de plufieurs Écoles ; mais comme on y remarque principalement un fameux Morceau de Gérard Dow, on lui a donné le nom de SALLE DE GERARD DOW. La troifième qui ne préfente que des Tableaux Italiens, eft appellée par cette raifon LA SALLE ITALIENNE. La quatrième contient comme la fécondé des Tableaux de diverfes Écoles, mais'la Suite précieufe des Tableaux de Van der Werff, lui a fait donner le nom de SALLE DE VAN DER WERFF. La cinquième remplie uniquement de Tableaux de Rubens dont la plûpart font des Pièces capitales, porte le nom de SALLE DE RUBENS. Les Tableaux mobiles font de différentes Écoles. Nous repréféntons dans nos Gravures les Façades de chaque Salle garnie de leurs Tableaux , tels qu’ils y font placés dans la Galerie, avec les mêmes dimenfions&proportions réduites en petit. Les EJlampes , quoi qu’en général d’un petit format, forit toutes très-exactes. Elles font de plus très-intéreffantes par la manière fine & délicate dont elles font gravées. On y reconnoît le Sujet & la Compofition de chaque Tableau , & même jufqu’au caractère du Maître. Étant affujetties à une échelle commune, quelques-unes font devenues fort petites, mais e’eft ta inconvénient que nous Saurions pu éviter, quand même nous aurions préféré une t PREFACE. une échelle quatre fois plus grande* Les plus petites rendent pourtant affez diftin élément à la vue, le Sujet du Tableau , mais on fera étonné de leur précifion, fi on prend la peine de les confidérer à la loupe. D’ailleurs le détail de nos Defcriptions fupplée dans ces occafions ; & puis nous fournies dans l’intention, fi notre Ouvrage eft accueilli, de donner un Supplément qui contiendra, fous un format plus grand, & fans échelle commune, les EJlampes qui fe trouvent ici un peu petites. Toutes les EJlampes font numérotées fuivant l’ordre que les Tableaux gardent dans les Salles, & fur chacune on lit le nom du Peintre. Les Numéro écrits fur les EJlampes deviennent un peu embaraflans à trouver après la lecture des defcriptions, parce qu’ils ne fè fuivent pas, mais il faut obfervôr à chaque Façade que le Tableau du milieu eft le premier décrit & numéroté, enfuite un Tableau de côté, & après celui - ci fon Pendant qui eft au côté oppofé ; & ainfi de fuite, en partant toujours du Tableau du milieu, que l’on faute continuellement pour parler des Pendans qui font à droite & à gauche. Notre Ouvrage eft divifé en fix Seélions, ou Cahiers. La première comjifcend la préfente Préface & la Defcription * de ' la première SaUe ; les quatre fuivantes chacune une des quatre Salles fuivantes ; la fixième enfin contiendra la Defcription des Tableaux mobiles avec la Table alphabétique des Peintres, où l’on trouve leurs noms, furnoms, leur pays, & les dates de leur naiffance & de leur mort. En titre de chaque Defcription on voit i°. le N°. du Tableau tel qu’il eft écrit fur l'Eflampe , & celui de la Planche où elle fe trouve ; 2°. le fujet du Tableau ; 3°. le nom du Peintre en langue françoife, & en celle du pays où il eft né; 4 0 . la matière fur laquelle le Tableau ett peint f &fes dimenfions en pieds & pouces de France toutes prifes à l’arrafement du cadre ; f. enfin les proportions des Figures relativement à la nature. * . Nous avons tâché de rendre nos Defcriptions aufli 1 {impies, aufli claires, & aufli variées qu’il nous a été pofîible : tantôt concis, tantôt prolixes, nous faifons connoître chaque Tableau comme nous l’avons vu & étudié, fuivant l’impreflion qu’il nous a faite, & fuivant que nous avons cru pénétrer la penfée du Peintre ; nous paffons rapidement fur quelques-uns; mais il y en a d’autres dont nous nous plaifons à développer les beautés, n’omettant rien de ce qui peut intérefler l’Art ou caraélérifer l’Ouvrage. Quelquefois dans un Tableau fublime qui nous a vivement frappés, le feu, l’enthoufiafme du Peintre ont paffé dans ** XII PREFACE. notre ame; oubliant alors notre foibleffe, nous avons ofé fuivre fon génie, & notre plume en a imité comme elle a pu l’élévation ; mais pour revenir bientôt au ton de {implicité que nous nous fommes fait une loi de ne point abandonner. Ce ton nous a paru exiger que nous n’employaffions que très - peu de termes techniques ; d’ailleurs nous avons voulu nous rendre intelligibles à tous nos Letteurs, & ceux d’entre eux qui n’ont que le fentiment & le goût, ne nous fauront pas mauvais gré de n’avoir pas adopté un langage qu’ils auroient fouvent eu de la peine à comprendre. Si nous avons hazardé notre fentiment fur certains Tableaux , c’eft à titre de fimple opinion, & fans prétendre juger. On nous reprochera peut-être d’avoir donné trop d’étendue à quelques-unes de nos Defcriptiüns; mais pouvions-nous omettre quelque chofe qui nous fembloit propre à expliquer le fujet du Tableau , à en faire ’connoître la Compofition ou fentir l’Exprefïion, fur-tout dans ceux dont les Ejlampes font un peu petites ? Les Habillements & les Draperies mêmes, » dans les détails defquels nous fommes entrés, ne paraîtront pas indifférens aux Artiftes & aux Amateurs que nous avons eu particulièrement en vue. Combien n’y en a-t-il pas qui obferveront avec plaifir l’art avec lequel les grands Maîtres favent arranger, développer les Draperies, en çhoifir, en affortir les couleurs, & les accorder au coftume & au bon goût. Parmi les Defïinateurs que nous avons employé nous nous fàifons un devoir de nommer M r . Brulliot Peintre, Profeffeur de l’Academie de Deffin, M r . Fredou Peintre François, & M r . Metellus Hollandois, qui tous trois méritent nos premiers éloges ; mais nous devons un témoignage particulier de notre reconnoiffance à M r . Guibal premier Peintre, Dire&eur des Peintures, & Reéleur de l’Académie de Deffin de S. A. S. Monseigneur le Duc de Wurtemberg, pour avoir bien voulu, par amitié pour nous , compofer & deffiner le Frontfyice & les fix Vignettes que l’on voit à la tête des Serions de l’Ouvrage. Toutes les Planches , toutes les Gravures ont été rédigées & gravées par M r . Chrétien de Mechel deBAsiE Graveur en Taille-douce de fon A. S. Électorale Palatine Membre de plufieurs Académies, qui eft devenu notre Affocié dans cette Entreprife, & qui a joint fes foins & fon zèle aux nôtres, pour remplir le défir d’être utiles qui fut notre guide. Vgfri '■ v;.x - AV '#,&A ; PREFACE. £?• XIII Pour nous raffurer autant que pour nous éclairer dans cette Entreprife, nous avons cru devoir foumettre notre Ouvrage, avant fa publication , aux lumières de l’Académie Royale de Peinture et de Sculpture de Paris , qui a bien voulu nous encourager d’une manière flatteufe par une lettre dont elle nous a honoré. Ce Suffrage feroit comme un fecret* entre elle & nous, fi nous n’y confidérions que ce qui intéreffe notre amour propre, mais ayant travaillé pour le Public , nous croyons devoir établir fa confiance fur l’opinion de nos Juges & des Maîtres de l’Art. . . Voici la lettre qui nous a été adreffée de là part. LETTRE DE L’ACADÉMIE ROYALE DE PEINTURE ET DE SCULPTURE DE PARIS. M O NS I EU R. ! Les CommiJJaires nommés pour l'examen de FExemplaire gravé du Manuscrit que vous avez bien voulu foumettre au jugement de F Académie Royale de Peinture & de Sculpture , ont rapporté que le dit Exemplaire donne non feulement une idée particulière • & fidèle de tous les Tableaux de la Galerie de Dujfeldorff ; mais encore une idée générale de F or dre dans lequel ils font placés , 0? de leur grandeur relative entre eux ; que le Manuforit entrant dans un détail approfondi de chaque morceau , ajoute au plaijir que font les Ejlumpes jpirituellement 0? foigneufement exécutées ; ce qui concourt à former un tout très - interejfant , & qui peut devenir très-utile aux Arts &c. £•. Paris le 10 . Décembre I77& Signé RENOU. Adjoint Sécrêtaire de F Académie Royale de Peinture & de Sculpture . ** 2 i £ i i * XIV EXPLICATION DU FRONTISPICE PL.ANCHE A. L 9 Immortalité élevée fur des nues, foutient fur le dos du Lion Palatin, un Médaillon, qui préfente la tête de l’Électeur CHARLES THÉODORE. Deux petits Génies couronnent le Médaillon avec le cercle d’or de l’Immortalité. La Reconnoijjance foutenant de la main gauche une toile à peindre, préfente de la droite un pinceau à la Teinture : celle-ci fixe la vue fur le Médaillon pour fournir à fes idées, & fe dilpofe à marquer fur la toile, là gratitude envers fon Protecteur. Le Bienfait reprefenté par un jeune homme, d’une attitude noble & gracieufe, elt appuyé contre la toile : il tient de la main droite un petit grouppe modelé repré- fentant les trois Grâces, & de la gauche, il préfente une Médaille à de jeunes Élèves, pour les exciter à mériter cette récompenfe honorable. Sur le devant on voit épars à terre, différents attributs des Arts. Dans le fond s’élève une Pyramide, fymbole de la Gloire qu’acquierent les Princes, * f «* * • * » • en protégeant les Beaux-Arts. Agauche, deux Génies dontl’un eft couronné de branches d’olivier, font occupés à mettre le feu à un trophée d’armes, pour marquer que c’eft pendant la paix que les Arts fleuriffent. Une échappée de vue, découvre dans le lointain la ville de Duffeldorff. EXPLICATION Des Peintures allégoriques en Camàieu de PEfcalier & du Plafond peintes fur toile par G. Joseph Karsch figures entières de grandeur naturelle. Planche D. SUR LES MURS. K*. I. Haut de 8. pieds ; Large de y. pieds I1. pouces. La Peinture triomphante, faifant groupe avec la Sculpture, l’ Architecture & la Poëfie. N°. II. Haut de 8 . pieds; Large de y. pieds 11. pouces. La Théorie et la Pratique qui s’embraffent. N°. III. Haut de 8. pieds; Large de 6 . pieds 4. pouces. Hercule foulant aux pieds la Pareffe & l’Ivrognerie, chaffe l’Avarice, l’Ignorance, la Mélancolie & les Soucis. N°. IV. Haut de 8. pieds ; Large de y. pieds 6 . pouces. Minerve foulant aux pieds l’Envie. N°. V. Haut de 8- pieds ; Large de 13 . pieds. L’Hercule Palatin fuyant les vices , eft conduit par Minerve au chemin de la Gloire» AU PLAFOND. N°. VI. Haut de 4. pieds; Large de 4. pieds. Le Tems les mains liées; pour marquer qu’il ne pourra nuire à la Sérénissime Maison Palatine. N°. VII. Haut de 11. pieds 6 . pouces ; Large de 6 . pieds 9. pouces. ‘Le Rhin & l’Arno fe réunifiant à l’Aganipède, au pied du Parnaffe & formant le fleuve de la Poëfie : allufion à l’alliance ^de la S. Maison Palatine avec celle de Médicis. N°. T. \ CATALOGUE RAISONNÉ ET FIGURÉ DES TABLEAUX jdx xjl &xLJLXjPL:ex xxxcxo jdx jDtrssxjLJDOJFirr. PREMIERE SALLE DITE DES FLAMANS. ! C/ir . de t Ueshcf ?tr ctr.W LE GENIE DES ARTS Safc'V mgtt ■,A\. PREMIERE PREMIERE FAÇADE. N.° i* Planche i^ e LE PORTRAIT DE L’ELECTEUR PALATIN JEAN GUILLAUME À CHEVAL, PAR LE CHEVALIER JEAN FRANÇOIS VAN D OU VEN. Peint fur toile en 1705. Haut de 10. pieds 2. pouces; Large de 8- pieds 1. pouce. Figure entière, un peu plus grande que nature» Ce Prince monté fur un cheval blanc, fe préfente de droite, la tête tournée vers le fpectateur ; Il tient d’une main la bride du cheval, & de l’autre le bâton de commandement , avec lequel il femble ordonner un mouvement à des troupes ; fon corps eft armé de toutes pièces : une écharpe d’étoffe d’or lui ceint les reins par deffus fon armure : Il porte une grande perruque à la mode de fon tems , & un chapeau à piumet blanc. Le cheval, qui eft vû de profil, ayant le poitrail & la tête un peu effacés, eft dans l’attitude de la courbette : il eft magnifiquement harnaché : fur la houffe de la Telle, qui eft de velours cramoifi brodé d’or, on voit le chiffre du Prince. Le fond repréfente une plaine : on voit dans k lointain une bataille. Ce Portrait eft du plus grand mérite pour la reffem- SALLE. 1 PREMIERE FAÇADE. blance; & ne l’eft pas moins pour la compofition, & pour la belle touche du pinceau. Placé à la tête de tous les Tableaux de cette Galerie , pour en annoncer l’Augufte Fondateur, on peut dire qu’il répond dignement à cette intention, & qu’il développe, en même tems, le rare talent du Peintre pour le portrait. Cet Àrtifte étoit au fervice de Jean Guillaume , & en grande eftime: c’eft lui qui a formé M Collection des Tableaux de ce Prince. On voit dans cette Galerie trois autres morceaux de fa main aux N os . 34* 191 - & 199* Van Douven s’eft fervi de la même compofition pour faire le portrait de Charles III. d’Autriche , alors Roi d’Elpagne , devenu enluite Empereur fous le nom de Charles VI. Ce dernier Portrait a été gravé par Van Gunft, Graveur hollandois. \ A 2 PREMIERE SALLE. PREMIERE FAÇADE. N? 2 & 3. Planche i! e DEUX PASTORALES, PAR LUCAS JORDANE. LUC A GIORDANO. Peint fur toile. Haut de 3. pieds 10. pouces ; Large de 4. pieds g, pouces. Figures entières, de grandeur naturelle. N*. 2. Ce Tableau représente un Berger affis & endormi, le dos appuyé contre un rocher, les mains négligemment croifées devant lui : fon chien & fon troupeau repofent à fes côtés. Le payfage eft montagneux & aride : on y voit quelques ruines. N*. 3. Pendant du précédent. Un Berger & une Bergère font affis, l’un près de l’autre, fur le bord d’un ruiffeau, où leurs moutons s’abreuvent. Le Berger tient fon chalumeau des deux mains prêt à en jouer: la Bergère tient fa quenouille, &.travaille: leur chien eft auprès d’eux. On trouvera encore quatre morceaux de ce maître, de même genre & de même grandeur dans la troilîème falle ci-après , avec plufieurs autres d’hiftoire, dans le grand ftyle. PREMIERE FAÇADE: N.° 4. Planche f. e JOB TOURMENTÉ PAR SA FEMME, ET FUSTIGÉ PAR LES DEMONS, PAR ANTOINE SCHO-ONJANS. . Peint fur toile en 171 o. Haut de 7. pieds ; Large de ç. pieds ç. pouces. Figures entières, de grandeur naturelle. Job eft affis fur un amas de fumier prefque nu , n’ayant que le bas du corps couvert d’un bout de draperie, il repouiïe d’un bras foible fa femme, qui l’accable de reproches, en lui montrant fa maifon en feu : il éléve en même tems les yeux vers le ciel, exprimant fa réfignation & fa patience, au point qu’il paroit prefque ne pas fentir les coups de cordes redoublés, dont deux Démons le frappent avec violence. « ff..iiS PREMIERE PREMIERE FAÇADE. N.° S • Planche i? JACOB QUI S’ENGAGE À SERVIR LABAN POUR OBTENIR RACHEL, faisant pendant du précédent. PAR LE MÊME. Peint fur toile en 1710, Haut de 7. pieds ; Large de ç. pieds ç. pouces* Figures entières, de grandeur naturelle. La fcène fe pafTe à l’entrée de la maifon de Laban: les perfonnages, au nombre de quatre font debout, Laban par fon gelle femble faire les conditions à Jacob; & celui-ci par les fiens , femble les accepter avec empreifement. Rachel eft placée un peu en avant de fon père, s’appuyant négligemment de la main gauche fur un piédeftal, & foutenant de la droite une draperie fur fa hanche : elle porte la vue de côté fur Jacob , . & paroit entendre avec plaifir, l’engagement qu’il prend à caufe d’elle. Sa fœur Lia, glacée à fa gauche, fur un plan plus reculé, témoigne par fon gefte , combien elle porte envie à fa cadette. La tête de Rachel eft, dit - on, le portrait de la femme du peintre. Elle paroit être d’une exacte relfemblance. Ce Tableau & le précédent font d’une compofition SALLE. 3 PREMIERE FAÇADE. allez heureufe, le coloris en eft frais & naturel, la touche légère & bien fondue. Schoonjans, qui étoit difciple de Gaspard de Crayer, étoit au fervice de l’Electeur Jean Guillaume , pour lequel il a peint plufieurs portraits de famille : celui de ce Prince à cheval, qu’on voit au château de Bensberg eft fon chef-d’œuvre. On voit encore de lui au même château une fuite de grands Tableaux allégoriques tirés de la Fable, dont les connoilfeurs font grand cas. On lit au bas du Tableau N°. f. Ant. Schoonjans, P. 1710.. * 1 A 2 i 4 PREMIERE SALLE. PREMIERE FAÇADE . N? 6. Planche iï e UN PAYSAGE ORNÉ DE FIGURES, PAR JEAN FRANÇOIS MILLET ; Peint fur toile. Haut de 4. pieds 1, pouce ; Large de 6 . pieds 1. pouce. Figures entières, d’environ 8, pouces de proportion. Le fite de ce payfage effc montagneux & très-varie : il offre fur fon premier plan, à droite, un groupe d’arbres qui donnent un ombrage frais & agréable : les plans fuivants, jufques dans le lointain, préfentent des coteaux garnis de verdure, & ornés de plufieurs fabriques antiques. On voit fur un grand chemin un homme & une jeune femme qui marchent de compagnie en avant, un vieux mendiant affis fur le chemin, leur demande l’aumône. On diftingue plus Iqin un berger qui conduit un troupeau de moutons. Ces figures font toutes habillées dans le coftume antique. t C’eft louer allez ce beau Tableau , que de dire qu’on le prend fouvent pour être de Gaspard Poussin , qui étoit le maître de Millet» t PREMIERE FAÇADE . N? 7. Planche i! e TABLEAU REPRÉSENTANT L’INTERIEUR D’UN CABINET DE PEINTURE, PAR DIFFERENTS PEINTRES FLAMANDS. * Peint fur toile. Haut de 4. pieds 4. pouces ; Large de 7. pieds 5. pouces. Figures entières, d’environ de nature. O 11 voit dans ce cabinet plufieurs curieux, &perfonnages ambulants, qui examinent les Tableaux & curiofités qu’il renferme. Les pans du cabinet & fon plafond font chargés de Tableaux enchalfés dans la boiferie , & plufieurs autres fe trouvent épars dans le cabinet fans être placés : ils font peints par différents maîtres Flamands, qui femblent avoir fait ce rare morceau en concours. En voici les détails. Ce cabinet, tel qu’on le voit offre : à gauche au-defus dtune fenêtre , un Tableau représentant l’incendie de l’Eglife des Jéfuites , à Anvers. Sur le pan de mur du fond , à droite de la cheminée , dans lafrife de l'architecture , on voit d’abord un payfage. Delà en defcendant , i°. une pièce de fruits, fur laquelle effc écrit. G. D. R. HREM. 2°. Cupidon, le carquois fur le dos, tenant fon arc i PREMIERE SALLE. s PREMIERE FAÇADE. de la main gauche, & une flèche de la droite. Au bas de ce Tableau efl écrit. 3°. Une bataille flnguliérement bien repréfentée. 4°. Jupiter fous la forme d’un fatyre , furprenant Antiope endormie. Au bas , à gauche , efl: écrit t ce Monogramme : J? ;I; Au deffus de h cheminée : Un Tableau repréfentant l’Annonciation. Au haut de cette cheminée , dans une partie ceintrèe au deffus de la corniche : Un Camayeu gris , repréfentant le Baptême de Jefus-Chrift. Sur le pan de mur a gauche de la cheminée du cabinet , dans lafrife de F' architecture : Un payfage. Enfuite en défendant : i°. La fainte Vierge tenant l’Enfant Jefus fur fes genoux, avec deux anges auprès d’elle. 2°. Venus & Adonis. 3 °. Une Marine. 4°. Un pay&ge dans la faifon d’hiver, où l’on voit une rivière gelée, & plufieurs perfonnes qui vont en patins fur la glace. Sur le pan de mur à droite , oppofé aux fenêtres du cabinet , en haut dans la frife de l'architecture : Un payfage. PREMIERE FAÇADE . Delà en défendant ; i°. Une pièce d’animaux & de volaille, où on lit au bas â gauche P. B. * 2 °. Bacchus & Ariadne, 3*. Un payfage. Sur le pan de mur qui fuit d'équerre à droite , dans la Jrife de F architecture : Un paylàge. En défendant : T. Diane & les Nymphes dans le bain avec la métamorphofe d’Actéon. Au bas du Tableau efl: écrit : Cosius , ou, Cosins. 2 °. L’adoration des bergers, avec ces lettres, P. T. On voit dans ce cabinet : Un chevalet de peintre,, lur lequel efl placé un Tableau repréfentant la vue d’un camp. Au pied de ce chevalet ef appuyé _ un autre Tahleaiv qui repréfente un magnifique portique d’architecture, avec la vue d’une place publique. Quantité de petites figures animent ce joli petit Tableau: on y diftingue très-bien fous les portiques une ambaflade ou un corps de députés, qui préfentent leurs hommages à une Souveraine environnée de fes Dames d’honneur : on voit plus loin fes gardes ranges en haie. Ce fujet paroit être tire de 1 hifioire d’Angleterre. On lit fur ce Tableau : V. S, Van Ehrenberg Anno 1666. A coté du même chevalet fe trouve un homme debout qui' A 3 6 PREMIERE SALLE. PREMIERE FAÇADE. foutient un Tableau de marée , pour le faire voir à deux curieux: On y voit ces lettres P. B. Contre une table à droite chargée de petites ftatues, de livres, d’eftampes &c. eft appuyé un Tableau repréfentant les filles de Cécrops, qui regardent, malgré la défenfe de .Minerve, le jeune Erichton caché dans la corbeille. Au tas à droite eft écrit { Mojffenncuitj. Le plafond offre huit fujets en compartiments d’après les fàmeufes peintures de Rubens, qui fe trouvoient autrefois dans l’Eglife des Jéfuites à Anvers avant fon incendie, & repréfentent: S te . Cécile touchant l’Orgue, Le couronnement de la S te . Vierge, Le martyre de S te . Agnès, La S te . Vierge & S te . Anne, y , S*. Marc l’Evangélifte, Le fàcrifice de Noé au fortir de l’Arche, Le Crucifiement de Notre Seigneur, Moïfe fur la montagne. Parmi les perfonnages ambulants qui fe trouvent dans ce cabinet, il y a un homme qui reçoit une Dame à la porte: deux hommes & une femme en converfation vis- â-vis du Tableau de marée, qui leur eft préfenté par un PREMIERE FAÇADE . quatrième perfonnage, enfin les trois derniers qui font tous des hommes , fe trouvent près de la table occupés à confidérer un Chrift fculpté : les*trois têtes paroiffent être des portraits: peut-être repréfent-ils quelques-uns des Peintres qui ont travaillé à ce précieux Tableau. On voit encore dans le coin , a droite du cabinet , des perfonnages allégoriques: C’eft Apollon qui pour faire entendre au DeJJtn & à la Peinture que dans leurs compofitions, ils doivent toujours prendre la nature pour guide, leur montre le Tableau, repréfentant le trait du Roi Candaule, lorfque ce Prince fait voir en fecretfa femme nuë à Gigès Capitaine de fes Gardes. Mercure & plufieurs petits Génies achèvent cette allégorie, dont toutes les figures, & le Tableau du Roi Candaule, font peints par Jacques Jordaens. # Ce morceau rare, d’un travail étonnant, & d’un détail infini, offre feul une petite Galerie. PREMIERE SALLE. 7 PREMIERE FAÇADE. ' e N.° 8. Planche i! e UN PAYSAGE ORNÉ DE FIGURES, PAR JEAN ASSELTN, dit CRABETTIE. Peint fur tcfle. Haut de 2. pieds 1, pouce ; Large de 2. pieds 10. pouces. Petites figures d’environ ç. pouces de proportion. PREMIERE FAÇADE. N.° 9. Planche É e UN PAYSAGE ORNÉ DE FIGURES, PAR JEAN BOTH , dit le BOTH LflTALIE Peint fur bois. Haut de 2. pieds 4. pouces ; Large de j. pieds 6 . pouces." Figures de 5. pouces de proportion. Il repréfente une vue d’Italie avec des fabriques : le moment eft une belle matinée de Printemps. Quelques voyageurs à cheval enrichiftènt cet agréable payfage, qui d’ailleurs eft touché fpirituellement & du plus grand goût. On y lit ce Monogramme •\ Ce Tableau peint avec tout l’efprit & toute la chaleur qta caraélérifent les productions de cet habile Payfagifte r préfente fur le devant un vallon fauvage, d’où s’élève une; montagne à droite, taillée à pic, & garnie d’arbuftes & de ruines. Le fond du vallon eft traverfé par un monticule couvert de rochers & d’arbres, au pied duquel on voit 9 d’un côté, un grand chemin & de l’autre un ruifleau ou torrent, avec un pont radique qui le traverfe. Des payfans, les uns en pleine marche, les autres en repos, garnilfent: les chemins & le pont. Plus loin, le vallon s’ouvre , & lailfe voir un fite riant & agréable. Une belle rivière lérpente au milieu & arrofe les murs d’une petite ville qu’on apperçoit fort loin à droite. Le payfage eft terminé par des montagnes élevées, dont le foleil couchant dore la cime. Les figures font d’André Both, frère du Peintre. On lit au bas : dSoé/u/! l 8 PREMIERE SALLE. PREMIERE FAÇADE. N° io. Planche i” SCIPION L’AFRIQUAIN DISPOSANT DES CAPTIFS APRÈS LA PRISE DE CARTHAGENE, PAR JEAN BREUGHEL, dit de VELOURS. Peint fur cuivre en i6do. « . Haut de 2. pieds 2 , pouces; Large de 3, pieds 3. pcwces. Figures entières d’environ 4. pouces de proportion. Ce Tableau, d’un fini précieux, eft compofé d’une quantité innombrable de petites figures intérelfantes & Ipirituellement touchées. La ville & le port de Carthagène fe voyent un peu dans l’éloignement : le camp Romain eft placé à quelque diftance, en avant fur un coteau. La principale action fe pafle devant la tente de Scipion, & repréfente le beau trait de continence & de générofité de ce grand Capitaine, lors qu’après la prife de la ville , il refufa la belle captive que fes foldats lui avoient amenée , & enfuite les préfents offerts par fes parents pour fa rançon. Rien de plus animé que le camp Romain , non feulement autour de la tente de Scipion, mais aufli dans tous les endroits du camp, ainfi que dans le grand elpace qui s’étend de - là jufqu’à la ville & au port, tout eft en mouvement ; on y voit une quantité innombrable de troupes , de perfonnes de tout état & de tout âge , des PREMIERE FAÇADE . bagages d’armée &c. Le port eft couvert de vailfeaux & de bateaux de toute grandeur. La ville, vue dans le lointain, fe relient des fuites funeftes du fiége , par les ruines de bâtiments & les traces d’incendie qu’on y apperçoit; le feu paroit encore fubfifter en quelques endroits. Il ne manquerait rien au mérite de cette jolie mignature à l’huile, fi on n’y trouvoit pas les défauts airez ordinaires «aux tableaux de ce maîtfe, à l’égard de la couleur, de la perfpective aérienne , & du coftume : On lit au bas du Tableau: BRVEGHEL: 1660. FEC. ANVERSA. . î* * N*. TI. PREMIERE SALLE. 9 PREMIERE FAÇADE. PREMIERE FAÇADE. N? ii.- Planche i" pour l’art, que le peintre a fu rendre avec toute l’entente & le naturel poflible. LES SEPT ŒUVRES DE MISERICORDE Les autres groupes qui repréfentent les autres bonnes Oeuvres, font placés plus loin , & par gradation , jufqu’au fond du Tableau : ils font amenés & compofés avec la même intelligence & le même intérêt. On y voit la foif étanchée, l’hofpitalité exercée , les pauvres vêtus , les malades vifités , les prifonniers délivrés & les morts enterrés. PAR FRANÇOIS FRANCK, dit le JEUNE, Peint fur bois en 1630. Haut de 2. pieds ç. pouces ; Large de 3. pieds 3. pouces. Figures entières, d’environ 8. F ouces de proportion. ie lieu de la fcéne préfente quelques maifons éparfes & entre-mêlées d’arbres. Elles s’étendent dans l’éloignement, „ & forment en même tems bourgade & payfage. Les Ce Tableau peut être regardé comme un des plus beaux de ce Maître. fept Oeuvres font repréfentées par beaucoup de figures On y lit au bas Dû. in & f. A. A*. 1630, diverfement occupées, placées fi naturellement & fi bien liées dans la compofition, que les fept fujets différents, que l’on diflingue très-bien, femblent n’en former qu’un feul. Le premier groupe de figures fur le devant à gauche, & qui eftle principal du Tableau, repréfente l’Aumône: on voit devant la maifon, le maître & la maîtreffe qui diftribuent de l’argent & du pain aux pauvres. La bonté, la grâce avec lefquelles ces deux vertueufes perfonnes exercent cet aéle de charité, l’afHuence des indigens & des infirmes des deux fexes & de tout âge, qui fe préfentent pour en profiter, forment des expreffions touchantes , & en même tems des coiitraftes piquans 10 I PREMIERE "SALLE. SECONDE FAÇADE. SECONDE FAÇADE. N? 12. ‘Planche m! LA S*. VIERGE & L’ENFANT JESUS SUR UN THRONE, ENTOURÉ DE PLUSIEURS SAINTS, PAR GASPARD DE CRATER. • Peint fur toile en 1646. Haut de 18. pieds 9. pouces; Large de n. pieds 11. polices» Figures entières, plus grandes que nature. Le peintre a difpofé le lieu de la fcéne en manière d’amphithéatre enrichi d’une belle architecture : au haut eft placé fur un foubaffement un thrône magnifique, couvert d’une draperie flottante qui lui fert de baldaquin. La fainte Vierge eft affile fur ce thrône tenant l’enfant Jefus fur fesgenoux, environnée defaints&defaintesdiverfeinent placés. Elle eft habillée d’une robe rouge & d’une draperie bleue par-deffus, qui defcend fur fes genoux: elle porte une couronne royale fur la tête. L’enfant Jefus qu’elle foutient debout fur fes genoux eft entièrement nu ; il tient un fceptre de la main gauche; il eft plein d’action, & femble s’empreffer à recevoir des rameaux de palmiers & d’oliviers que lui préfentent des Anges. Parmi les faints qui environnent le thrône, on diftingue d’abord fainte Apolline, qui eft tout-près à la gauche : elle s’incline pieufement devant l’enfant Jefus, les bras croifés fur la poitrine, & tenant d’une main la tenaille, inftrument de fon martyre : elle eft vêtue d’une longue & riche mante d’étoffe violette moirée, brodée d’or & de perlés, qui recouvre une robe verte d’égale richefîe. Derrière elle font deux faintes femmes, qui apportent des fleurs en offrande. Au côté droit du thrône, font placés S 4 . Jean PEvangélifte ayant un calice à la main, & S 4 . Jacques l’Apôtre tenant fon bourdon. Le premier, qui femble porter la parole à l’autre, eft vêtu d’une tunique gris-changeant, avec une draperie verte croifée par - deflus. Le fécond eft couvert entièrement d’une draperie bleue. Plus bas fur les gradins du foubaffement, font fix autres faints ; à la droite du thrône , S 4 . Étienne qu’on ne voit qu’en partie, étant couvert par les autres faints, placés en avant. Il eft debout, vêtu de fon habit de Diacre, qui eft violet brodé d’or; il eft à demi tourné vers le thrône, auquel il préfente une pierre, inftrument de fon martyre; près de lui un peu plus avant, S 4 . Laurent un genou en terre, qui tient une palme d’une main, & un gril de l’autre : il eft vu de face tournant le dos au thrône ; il femble parler à S £ . André, qui eft à côté de lui. Il eft aufîi dans l’habillement de Diacre, d’une étoffe verte brodée en or. La pofition de cette figure eft très-piquante, & fait ici un très-beau contrafte. S 4 . André, qui eft debout, tient de la main droite fa croix appuyée contre fon dos: fon corps, vu prefque de face, eft nu jufqu’à la ceinture, PREMIERE SALLE, ii SECONDE FAÇADE. qui eft couverte d’une draperie blanche, & d’une rouge par-deffus; celle-ci remontant autour du bras gauche, & defcendant jufqu’aux pieds. A côté de ce faint, fur le même plan, un peu en avant, eft faint Antoine l’hermite aufli debout; il eft vu de côté, la tête tournée de face, tenant fon bâton d’une main, & fon chapelet de l’autre. Il eft habillé d’une longue robe de bure grifâtre. A la gauche du thrône, fur un gradin inférieur, S*. Auguftin en habit pontifical, la croffe en main, la mitre fur la tête & le corps un peu incliné en avant. Il regarde l’enfant Jefus, & femble par fon gefte, lui offrir un cœur enflammé, qu’un Ange porte devant lui : un autre Ange foutient un coin de fa chape. Derrière lui eft faint Nicolas de Toientin en habit de fon ordre, ayant la main gauche fur fa poitrine, & de l’autre élevant un pain vers le thrône. Le Peintre s’eft placé lui-même avec fa famille fur le devant du Tableau* à gauche; il eft à genoux, vêtu de noir: il tourne la tête vers le fpectateur & femble indiquer de la main, l’intention qu’il a eue en peignant ce Tableau. Sa fœur & fon neveu font à genoux, les mains jointes, regardant le thrône. L’habillement de la femme eft une robe d’étoffe bleue, relevée d’une mouffeline blanche ; & le jeune homme eft vêtu d’un pourpoint couleur ventre de biche. Le frère du Peintre qui étoit militaire, eft à côté de lui, tournant le dos tout-à-fait au fpeftateur : il a un genou pofé fur fon bouclier ; d’une main il tient fon bâton SECONDE FAÇADE. de commandement, fur lequel il s’appuie; & il éléve l’autre main vers le thrône en figne d’invocation. On dit que Gaspard de Crayer ayant été féparé de fon frère depuis fa jeuneffe, n’avoit aucune idée dés traits de fon vifage ; & que c’eft la raifon pourquoi il l’a ainfi placé. Ce Tableau qui parait avoir été CGmpofé par Crayer pour témoigner la dévotion de fà famille à la fainte Vierge, & à différents faints, eft fon vrai chef-d’œuvre. La compofition en eft grande & fière, l’ordonnance des plus riches, la touche large & vigoureufe, le coloris naturel & tranfparent. Le choix des têtes y eft admirable, fur-tout celles de faint Antoine, de faint Laurent & de faint André: l’eftomac & les bras de ce dernier, qui font nus, préfentent une belle étude de mufcîes & de carnation. Au bas de ce Tableau eft écrit: IASPER DE CRAYER FECIT 1645. R a 12 PREMIERE SALLE. SECONDE FAÇADE. ♦ N.° 13 , Planche 11 ? UNE CHASSE AU SANGLIER, PAR FRANÇOIS S N YDER & Peint fur toile. Haut de 6 . pieds 1. pouce ; Large de 10. pied». Les animaux, de grandeur naturelle* Ce Tableau eft d’un effet terrible : on y voit le Sanglier accroupi contre un arbre, fe défendant avec fureur contre les chiens qui l’entourent, & dont il a déjà bleffé plufieurs : les chaffeurs, qui n’ont pû fuivre affez vite, font encore fort loin en arrière. « %.. SECONDE FAÇADE. N.° 14. PI anche iv! UNE CHASSE AU CERF, k PAR SIMON DE VOS. Peint fur toile. Haut de 6 . pieds 2. pouces ; Large de 10. pieds 1. pouce. Les animaux, de grandeur naturelle. La Chaffe eft dans la plaine: deux Cerfs font attaqués dans le moment par des chiens ; le premier en a déjà bleffé & terraffé d’eux, qu’il tient fous fes pieds ; mais il eft lui- même faifi à la gorge & à l’oreille par deux autres chiens, qui le font plier ; & il eft prêt à fe rendre, Le fécond Cerf, qui eft en arrière, & dont on ne voit qu’une partie du corps, fe défend avec fon bois & fes pieds contre les chiens qui l’attaquent Il y a beaucoup de feu & de force dans cette compofition. «1 •* PREMIERE SALLE. 13 \ SECONDE FAÇADE . N.° if. Planche iv? UNE CHASSE AU CHEVREUIL, PAR JEAN F Y T. Peint fur toile. Haut de 6 . pieds 1 . pouce ; Large de 9 . pieds 6 . pouces. Les animaux, de grandeur naturelle» La Chaffe paroit fortir d’un bois, & fe répandre dans la plaine. Sur le devant du Tableau eft un Chevreuil déjà abattu, auprès duquel deux chiens dangereufement blefies, font renverfés fur le dos. On voit plus Join un autre Chevreuil en pleine courfe, pourfuivi & attaqué par d’autres chiens, dont un le Mit déjà à la cuiffe. SECONDE FAÇADE . ^ ■ " ■ ■ —— -- - T Nf 16. Planche iv! UNE CHASSE À L’OURS, faifant pendant du précédent , PAR LE MÊME Et ayant les mêmes dimenfions. o„ voit une grotte fervant de repaire à l’Ours : par une ouverture on découvre une campagne aride & montagneufe, avec un ciel qui indique le point du jour. L’Ours relancé dans ce repaire eft attaqué par plufieurs gros chiens, dont l’un eft attaché à fon oreille gauche, & un autre à la nuque de fon cou. Cet animal fe défend avec fureur : il a déjà terraffé & bieffé cinq chiens, qu’il tient fous lui, & déchire dans le moment la cuiffe d’un autre. Ce Tableau eft terrible pour l’expreffion & l’effet. 4 ' ■) I « 14 PREMIERE SALLE. SECONDE FAÇADE. SECONDE FAÇADE. N.° 17. Planche 11' UNE CHASSE AU SANGLIER, Jaifant fendant des deux ci-dejfm$ PAR LE MÊME. Et ayant les mêmes dimenlions. Un gros Sanglier eft attaqué par des chiens, qu’il repoufle vigoureufement ; il en a même bleffé dangereufement trois d’entre-eux; mais trois autres, qui le tiennent à la gorge , à l’oreille & à la nuque, le mettent hors d’état de foire une longue défenfe. Le payfage offre à gauche, en avant, la pointe d’un bois, d’où le Sanglier paroit être fûrti ; & le fond eft une campagne montueufe & couverte de bois. .—'-J—:r p N.° 18. Planche ii? PIÈCE DE GIBIER, FRUITS, ET VOLAILLE ENSEMBLE, faifant pendant des trois ci-dejjus , PAR LE MÊME Et ayant les mêmes dimenlions^ Sur une grande table couverte d’un tapis cramoifi, font étalés un chevreuil, un cigne, des fruits & de la porcelaine: au bas de la l»ble en avant, eft une corbeille remplie de petit gibier. Deux grands ehiensde chaffê, fupérieufement peints, fè trouvent près de cette table en avant, l’un couché à terre repofe en haletant ; l’autre accroupi fur fes pattes de derrière, tourne la tête pour agacer un ftnge placé au haut du, piédeftal d’une colonne. Un perroquet eft perché fur le doiïier d’une chaife, derrière la table; au- delfous de cette table, eft une guitare vue ai raccourci. Le fond du Tableau eft d’atchitecture, repréfentant un piédeftal continu, couvert d’une tablette: à gauche eft une échappée de vue fur un bois touffu, à peu de diftance. Ces quatre Tableaux ci-deffus, peuvent être regardés comme des plus beaux qu’ait jamais peint ce grand Maître: on y trouve tout le feu de fon imagination & de fon foire ; PREMIERE SECONDE FAÇADE. le deffin correct, la touche hardie & le coloris éclatant donnent à ces Tableaux toute la vérité de la nature. Au bas de chacun eft écrit: Joannes Fît. f: Ces Tableaux fàifoient ci-devant Pornement de îa collection de l’Électeur de Cologne : les habitans de Sohlingett les achetèrent en 1757 ; & en firent hommage à l’Éleéteur Palatin leur Souverain, lorfqu’il leur fit l’honneur de vifiter leur ville & leurs manufactures. .'i • V ♦ * SALLE. ij SECONDE FAÇADE. N.° 19. Planche n? UNE CHASSE AU SANGLIER, PAR FRANÇOIS S N T D E R S. Peint fur toile. Haut de 6 . pieds 4. pouces ; Large de 9. pieds 4. pouces* Figures entières, de grandeur naturelle. Ceft le moment le plus animé & le plus périlleux de la chaffe : le Sanglier furieux a déjà terraffé & éventré plufieurs chiens, qü’on voit étendus autour de lui, lorfqü’un des chaffeurs lui plonge fa lance dans les flancs : Un autre chaffeur, en face de l’animal a brifé la fienne en f enfonçant dans fon corps, la force du contre - coup l’a pouffé à terre, & il eft expofé à la merci du Sanglier. L’effroi qu’il reffent du péril, où ilfe trouve, eft fi bien exprimé, qu’en le voyant on partage fa frayeur : les autres chaffeurs viennent à grands pas fur l’animal ; & les chiens s’attachent déjà à fon corps & à fes cuiffes. Ce Tableau eft de la plus grande force & d’une expreffion terrible : les figures humaines font de Rubens. i6 PREMIERE SALLE. SECONDE FAÇADE . SECONDE FAÇADE . N.° 20. Planche iv? UN FESTIN JOYEUX ou LE RO I-B 0 I T, PAR JACQUES JORDAENS. teint fur toile eh 1646. Haut de 7. pieds 4. pouces; Large de 9. pieds 11. pouces. Figures entières de grandeur naturelle. Voici l’expreffion de la joye bruyante & tumultueufe. Plufieurs convives aflis autour d’une table, répètent en chœur, au fon d’une mufette , une chanfon bachique, parodiant crier de toute leur force. Le père de famille, vieillard réjouï eft au haut de la table affis dans un fauteuil ; il paroit chanter auffi fort que les autres, tenant d’une main fa pinte pofée fur fes genoux, & élévant l’autre en ligne de joye. Une de fes filles, affife à fa droite, lui paffe un bras par-deflus les épaules, & pofe l’autre fur un jeune garçon, placé entre fes genoux; celui-ci tient en main la chanfon qu’il chante : la mère paroit s’être trop livrée à la fête ; la couleur de fon vifage, & fon maintien annoncent qu’elle a bu plus d’un coup, ce qui n’eft pas le moins piquant du Tableau. L’un des convives placé fur le devant, fe tourne un peu de côté pour voir le vieillard en face, & lui porte rafade en chantant ; il paroit être un militaire ; ce perfonnage, par fa pofition contre le jour, &par l’art du Peintre, femble exactement fortir de la toile. Vis-à-vis de lui eft une jeune femme tenant un verre plein ; elle fe préfente de face placée Contre une aile de fenêtre ouverte; & fe trouve par là finguliérement éclairée. C’eft une belle oppofition à la figure précédente. A l’un des bouts de la table, on voit quatre perfonnages, deux hommes & deux femmes livrés à la bouffonnerie. Un de ces hommes d’une figure grotefque, ayant la tête affublée d’un bonnet de fou, careffe fa voifine affife à table ; celle-ci fe prête au badinage, le preffant entre fes bras & riant de tout fon cœur; de même qu’une fervante à côté de lui, qui s’appuye fur fon épaule. Le quatrième perfonnage bouffon eft derrière ceux-ci à côté de la fenêtre, il les regarde & rit Dans le coin & tout-à-fait fur le devant, eft un petit garçon debout qui profitant du moment qù il n’eft pas obfervé boit fon petit coup en filence. Les autres perfonnages réjouis, font une vieille femme debout derrière le ✓ père de famille, & fa fille; un grand drôle à côté d’elle, élévant fa pinte en l’air, & la regardant, ouvre la bouche jufqu’à la mâchoire pour crier la chanfon avec les autres ; il ne faut point oublier le gros chien, le chat & le perroquet de la maifon, qui tiennent ici leur place : le chien blanc tacheté de roux, eft près du groupe bouffon, parëiffimt japper & gronder au bruit de leurs jeux de mains ; le chat eft couché entre les pieds du militaire, & paroit guêter quelque 4 PREMIERE SECONDE FAÇADE. quelque chofe ; pour le perroquet il eft perché fur l’aile * de la fenêtre ouverte, & femble prendre part aux cris & au tumulte de, la fcène, en criant auffi à fa manière; fa cage eft à côté de lui fulpendue au plafond. On voit pofé à terre fur le devant, un grand panier où font quelques aiïiettes & des coupes, & une grande aiguière de cuivre contenant la boilfon qui anime la troupe joyeufè. C’eft une compofition charmante, & qui infpire une véritable gaieté; la lumière y eft diftribuée très-ingénieu- fement, elle entre par une feule fenêtre & produit de beaux accidents & des tons bien variés. On fait que le Jordaens excelloit dans la fraicheur & la beauté du coloris ; il s’eft ici furpaffé : la tête du vieillard, celles de la femme & du petit enfant, qui eft à côté d’elle, font la nature même. Il s’eft plu à repréfenter plufieurs fois le même fujet, avec quelques différences dans la compofition. Celle - ci eft fans contredit une des plus heureufes. On lit au bas: J. Jor. fe. 1646. *&r 'P SALLE. 17 SECONDE FAÇADE. N? 21. Planche n! LA RÉSURRECTION DE LAZARE, * PAR ABRAHAM BLOEMAERT. Peint fur bois en 1607. Haut de 6 . pieds 9. pouces; Large de pieds 8. pouces. Figures entières, de grandeur naturelle. Jefus - Chrift debout, vis - à - vis Lazare, a déjà opéré le miracle; fon vêtement eft une tunique pourpre, recouverte d’une grande draperie cramoifi : Lazare aflis fur fa tombe regarde fon fauveur, & femble vouloir fe lever pour fe jetter à fes pieds : un vieillard qui le foutient par les bras, l’aide à remplir cette jufte intention: fa fœur Marthe eft agenouillée devant Jefus-Chrift ; fon attitude témoigne un étonnement mêlé de joye & de frayeur ; l’autre fœur Marie eft plus en arrière à genoux, les mains jointes & exprimant les mêmes fentimens. L’intérieur de la grotte, où fe paife ce miracle, eft rempli de plufieurs perfonnes intéreffées à l’événement. On y diftingue au fond la S te . Vierge, S 1 . Jean, & S c . Pierre, qui paroiffent en être fingulièrement occupés. Ce Tableau eft fagement compofé ; les figures en font bien drapées, le corps nu de Lazare, offre une belle étude de nature: il y a au bas 1607. C i8 PREMIERE SALLE. SECONDE FAÇADE. N° 22. Planche iv! JUPITER SOUS LA FORME D’UN SATYRE, SURPRENANT ANTIOPE ENDORMIE, PAR ANTOINE V A N D T K. Peint fur toile. Haut de 6. pieds 6. pouces ; Large de 6. pieds 2 . pouces. Figures entières, de grandeur naturelle. Antiope couchée fous l’ombrage de quelques arbres, aux branches defquels des amours fufpendent une draperie en manière de tente, paroitlivrée au fommeil le plus profond; fon corps prefqu’à découvert, repofe fur le dos, la tête un peu renverfée ; les bras étendus le long de fon corps ; les jambes étendues & croifées l’une fur l’autre : fes vêtemens, qui font un linge blanc & une draperie bleue, lui fervent de lit: cette dernière la couvre en partie. Jupiter transformé en fatyre, ayant fon aigle devant lui, s’approche doucement de la Nymphe, & foulève légèrement un bout du linge blanc qui lui couvroit la gorge. Ce Tableau eft d’une compolition gracieufe, d’une carnation fraiche & naturelle, & d’une belle fonte de couleur ; le bras gauche, qui repofe fur le linge blanc, ne perd rien, par cette oppofition claire, de la beauté & de la blancheur des chairs. SECONDE FAÇADE . N° 23. Planche n? JESUS-CHRIST GUERISSANT LE P A R AL Y T I aU E, PAR LE MÊME Peint fur toile. Haut de 4. pieds; Large de 4. pieds 10. pouces. Figures jufqu’aux genoux de grandeur naturelle. Le Sauveur accompagné de trois de fes difciples vient d’opérer le miracle. Il parle avec bonté au Paralytique guéri, qui le fuit, portant fon lit & témoignant par fon attitude , la reconnoilfance dont il eft pénétré. L’habillement du Sauveur eft une tunique rouge avec un manteau gris violet qui couvre fon bras droit. r^rr~ ±±==fr . 1 i . & PREMIERE SALLE, *9 SECONDE FAÇADE. N? 24. Planche iv? JESUS-CHRIST RECEVANT LES QUATRE PÉCHEURS PENITENTS, PARLE MÊME. Peint fur toile. Haut de 4. pieds ; Large de 4, pieds 10. pouces» Figures jufqu’aux genoux de grandeur naturelle» Jefus-Chrift eft debout, tenant fa croix devant lui : fon corps n’eft couvert qu’en partie, par une draperie rouge, qui croife de l’épaule gauche, au bas du corps, à droite. Par fon attitude, il femble pardonner aux quatre Pécheurs qui l’implorent, David, S te . Madeleine, S*. Pierre & le bon Larron. Ce Tableau effc de la première manière de Vandyck. SECONDE FAÇADE. N.° 2y. Planche n! PORTRAIT EN PIED DE WOLFFGANG GUILLAUME DUC DE NEÜBOURG, PAR LE MÊME. Peint fur toile en 1 6 2 B. Haut de 6 . pieds 4, pouces; Large de 4. pieds 1. pouce» Figure entière, de grandeur naturelle. Ce Prince fe préfente de face : Il a la tête découverte ; fes cheveux font châtains & grifâtres: il porte la petite mouftache fous le nez & le petit toupet au menton. Il s’appuie d’une main fur la garde de fon épée, & pince de l’autre fon cordon de la toifon d’or: il effc habillé fuivant l’ufage de fon tems, avec le pourpoint, le haut-de-chauffe, & le manteau, qui font de velours noir cizelé ; le pourpoint eft garni d’un colleret, & de bouts de manches en toile blanche. Un grand chien dogue, qui fuivoit ordinairement ce Prince, eft peint à côté de lui. Le fond eft d’architecture» Ce Portrait eft d’une vérité frappante ; la tête femble être calquée fur la nature même. Pour le faire & pour la carnation , on croit .voir le pinceau du Titien , que Vandyck a cherché ici à imiter. C s r J -7 20 PREMIERE SALLE. SECONDE FAÇADE . N? 26. Planche 11 e . PORTRAIT D’HOMME EN PIED, PAR LE MÊME Peint fur toile. Haut de 6 . pieds 4. pouces; Large de $. pieds 9. pouces. Figure entière, de grandeur naturelle. On dit que ce Portrait eft celui d’un Bourguemeftre d’Anvers : Il eft vêtu d’un pourpoint d’étoffe noire cizelée & brodée de foie, même cbuleur: il porte au cou un large colleret de dentelles feftonnées, & rabattues fur fes épaules; des manchettes pareillement de dentelles, font repliées fur fes manches. La tête découverte laide voir des cheveux noirs & courts: il porte la mouftache fous le nez & le toupet au menton : il fe préfente de face, paflant le bras droit devant fon corps, femblant indiquer quelque chofe de la main. La gauche qui eft gantée & appuyée fur fa hanche, tient l’autre gand. Le fond eft d’architeélure, de couleur grifatre. Dans ce Tableau frappant par la vérité de nature, on trouve cette touche fpirituelle & fondue, & cette carnation fraiche & naturelle avec lefquelles Vandyck favoit animer fes portraits. SECONDE FAÇADE. N? 2 7. Planche iv! PORTRAIT D’HOMME EN PIED, PAR- LE MÊME. Peint fur toile. Haut de 6 . pieds 1. pouce; Large de j. pieds 8- pouces.. x Figure entière, de grandeur naturelle. Le corps eft un peu effacé de droite, la tête vue de face, portant des cheveux noirs & courts, la mouftache fous le nez 8c le toupet au menton. 5on habillement eft un pourpoint d’étoffe de foie noire, brodée de même couleur, avec des bouts de manches garnis de dentelles; le haut de chauffe & le manteau font de moire noire mouchetée : il porte au cou une fraife large & pliante ; le bras gauche, qui eft enveloppé d’une partie de manteau, eft appuyé fur la hanche ; le bras droit eft négligemment tendu le long du corps, relevant de la main le bout du manteau. Le fond du Tableau eft d’architeélure grifatre, & repréfente un veftibule. On voit dans le coin, à gauche, une échappée de vue. Cette pièce eft traitée dans le même goût que la précédente; & pourrait prefque aller de pair pour le mérite. PREMIERE SALLE. 21 f SECONDE FAÇADE . N? 28. Planche iv? PORTRAIT D’UNE JEUNE FEMME , E N P I E D, PAR LE MÊME. Peint fur toile. Hk.t de 6 . pieds 4. pouces; Large de 5. pieds 9. pouces. Figure entière, de grandeur naturelle. *Ce Portrait doit être celui de la femme du Bourguemeftre N°. 26. Elle fe préfente de face, le corps un peu effacé de droite; Elle lailfe tomber négligemment fon bras gauche le long de fa robe, qu’elle pince des doigts; & porte la main droite devant fa bufquière, lailfant voir à fes doigts deux belles bagues de diamant. Elle eft coëffée en cheveux, qui font d’un très-beau noir; fon cou eft orné d’un collier de perles, d’où pend une petite croix d’or ; & fes bras le font d’un braffelet auffi de perles. La robe, de moire noire, eft ajuftée à la mode du tems, avec d’amples bouffettes aux bras: le colleret blanc eft garni de dentelles: les manchettes font retroulfées par delfus les manches de la robe, & font auffi garnies de dentelles. Le fond eft d’architeciure grifâtre, avec une échappée de vue à gauche. Ce Tableau eft du plus beau choix de nature, & de la plus grande vérité. On ne peut rien voir de plus gracieux & de plus fpirituel que la tête pour te faire-, il femble encore l’emporter fur les trois portraits precédens. SECONDE FAÇADE . •N? 29. Planche if. UN POLONOIS À CHEVAL, PAR LE MÊME. Peint fur toile. Haut de pieds 8- pouces ; Large de ?.. pieds 8- pouces. Figure entière, demi nature. Il eft à cheval dans l’habillement de fa nation, Sç dans l’attitude d’un homme qui exerce fon cheval. Ce Tableau n’eft qu’une efquiflTe un peu terminée de la première manière de ce Maître. <* «te» C 3 4 22 PREMIERE SALLE. SECONDE FAÇADE. N.° 30. Planche if. PORTRAIT D’UNE JEUNE DAME, PAR JUSTE VAN E G M 0 N B, Peint fur toile. Haut de 4. pieds pouces ; Large de pieds 4. pouces. Figure jufqu’aux genoux, de grandeur naturelle. O n préfume que c’eft le portrait d’une jeune Princefle Palatine. Elle prérente la tête de face, mais le corps eft effacé de trois quarts : elle tient des deux mains fon éventail devant elle, avec lequel elle joue des doigts: elle eft richement habillée, en habit de cour, d’une étoffe de foie cramoifi , brochée d’argent, & garnie de dentelles d’argent : elle porte un collier de perles au cou : fes cheveux font blonds, ajuftés, en grolfes houppes & boucles pendantes , ornés d’une plume rouge, & d’une groffe perle en pendeloque. » Ce Tableau eft très-gracieux. SECONDE FAÇADE . S'.'~ - 1 - , , -. , . 1 " -■ .. N? 31. Planche n! LE RETOUR DE L’ENFANT PRODIGUE, PAR ANTOINE SCHOONJANS Peint fur toile. Haut de 4. pieds ç. pouces ; Large de j. pieds ç. pouces. Figures jufqu’aux genoux, de grandeur naturelle. LEnfant prodigue s’élance dans les bras de-fon père: celui-ci fe foutenant de fon bâton, le reçoit avec tendreffe, le preffant contre fon fein. Le Peintre, pour mieux exprimer la mifère de l’Enfant prodigue, lui a laiffé le dos amaigri, nu jufqu’aux reins: la tête du vieillard eft pleine d’expreflion. Dans le coin du Tableau eft le chien de la maifon, qui reconnoit l’Enfant prodigue & le careffe. 1 -- L , — » h > PREMIERE SALLE. 23 SECONDE FAÇADE. N.° 32. Planche iv! UN ECCE HOMO, PAR JACQUES PALME dit le FIEUX. GIACOMO PALMA dit il VECCHIO. Peint fur toile. Haut de 3. pieds 2. pouces ; Large de 2. pieds 9. pouce». Figures jufqu’aux genoux, de grandeur naturelle. Le Chrift fe voit de face, le corps nu jufqu’aux reins, couvert de meurtrilfures, la tête couronnée d’épines & ruilfelante de fang: deux foldats à fes côtés l’outragent & lui préfentent par dérifion un rofeau. La figure du Sauveur eft d’une expreffion touchante. SECONDE FAÇADE . r ' ■ - ■ ' - -■ , - ^ N.° 33. Planche iv? v LES SPONSALIES ou le MARIAGE MYSTIQUE DE S te . CATHERINE, PAR THÉODORE VAN THULDEN Peint fur toile. Haut de 3 pieds g. pouces; Large de 3. pieds r. pouce. Figures jufqu’aux genoux, de grandeur naturelle. La S te . Vierge affife fur un thrône, tient fur fes genoux l’Enfant Jefus, lequel tourné vers S te . Catherine placée debout à côté, lui met un anneau au doigt, que celle-ci reçoit en s’inclinant refpeétueufement. Cette fainte tient de l’autre main la roue, inftrument de fon martyre. Ce Tableau eft gracieux & a beaucoup d’effet. 24 •I PREMIERE SALLE. SECONDE FAÇADE. N° 34. Planche iv? ARMIDE COURONNANT L’ARMURE DE RENAUD, PAR LE CHEVALIER JEAN FRANÇOIS FAN D OU F EN. Peint fur'toile. Haut de 3. pieds 8- pouces; Large de 3. pieds. Figures jufqu’aux genoux, de grandeur naturelle. Armide tient, delà main gauche, un flambeau allumé, & de l’autre, une couronne de lauriers, qu’elle élève au- defliis de l’armure de Renaud. La lumière du flambeau portant principalement fur l’acier poli de l’armure, & en même tems réfléchiflànt fur le vifage & la poitrine d’Armide, produit de très-beaux effets. SECONDE FAÇADE. N? 3 S- Planche ut LE JEU DE LA MORRA, PAR M O T S E F A L E N T I N. Peint fur toile. Haut de 3. pieds 9. pouces ; Large de 5. pieds 3. pouces. Figures juiqu’aux genoux , de grandeur naturelle. Cinq Soldats armés, aflis autour d’une table dans un corps-de-garde, jouent au jeu italien appellé la Morra. Ce Tableau efl: particulièrement recommandable, pour fa compofition, pour la touche, qui efl; Hère & hardie, & pour la force d’expreflion. PREMIERE SECONDE FAÇADE . N° 36. Plancheiv? L’ENFANT PRODIGUE DANS UN REPAS DE DÉBAUCHE, PAR GERARD HONT-HORST. Peint fur toile. Haut de 4. pieds 1. pouce ; Large de 6 , pieds. Figures jufqu’aux genoux, de grandeur naturelle. Les convives femblent être à la fin du repas. L’Enfant prodigue eft affis à table fur le devant, la tête & les épaules appuyées fur le fein d’une femme : il tient d’une main élevée un verre rempli de vin. La maîtreffe du lieu, qui fe trouve derrière eux, les invite à la débauche, & approche d’eux une lumière qu’elle tient à la main. C’eft cette lumière qui éclaire toute la compofition, & qui produit les beaux effets de clair-obfcur qui frappent le fpeftateur. Ce Tableau eft un des meilleurs de ce Maître, qui excelloit dans les fujets de nuit. =2r^==r-fr SALLE. 21 SECONDE FAÇADE .. N.° 37. Planche n! ULYSSE DE RETOUR À ITHAQUE, Sujet tiré du 23 e . livre de l’Odyffée d’Homère, PAR GERARD LAIRESSE. Peint fur bois en 1630. Haut de 4. pieds 3. pouces; Large de 3. pieds 9. pouces. Figures entières, à peu près demi - nature. Ulyfle de retour chez lui, & reconnu de Pénélope fa femme & de fes compagnes, prend le bain : Minerve enveloppée de nuages lui donne un nouvel éclat de beauté & de bonne mine, tandis qu’Eurynome, une des femmes du Palais le parfume, & que plufieurs autres s’empreflent à lui apporter les beaux habits, qu’il doit mettre au fortir du bain. Tel eft le fujet & le moment de ce Tableau, où l’on trouve plufieurs beautés de détail : l’archite&ure y eft merveilleufement traitée. D 26 PREMIERE SALLE. SECONDE FAÇADE . N? 38.' Planche ivî ULYSSE SE FAISANT LIER AU MAT DE SON VAISSEAU. Sujet tiré du 12 e . livre de l’Odyffée d’Homère, faifant pendant du précédent. PAR LE MÊME Et ayant les mêmes dimenfions. Ulyffe, avant de s’engager dans les écueils de Carybde & de Scylla , & pour éviter le charme des Sirènes qui s’y trouvoient, fuivit les confeils de Civée, en fe faifant lier au mât de fon vailfeau, & en faifant boucher les oreilles à fes compagnons. C’eft le fujet & le moment de ce Tableau. On y voit, fur le devant, près d’un écueil ou roc efcarpé, les Sirènes nager fur les eaux , cherchant à féduire les navigateurs par des chants & des geftes voluptueux : mais, ni le fage Ulylfe qui eft déjà attaché au mât de fon vailfeau, ni fes compagnons qui ont les oreilles bouchées , n’ont rien à craindre: ils rament de toute leur force pour fortir de ce lieu dangereux. Cette compofition répond parfaitement à la beauté du fujet, qui eft rendu avec beaucoup de grâces. TROISIEME FAÇADE. N° 39. Planche v? L’INVENTION DE LA S te . CROIX, PAR GERARD D O U F F E T. Peint fur toile. Haut de 9. pieds S. pouces; Large de n. pieds 4. pouces. Figures entières, de grandeur naturelle. L Impératrice fainte Hélene, étant allée exprès à Jérufalem, pour y découvrir la Croix de Jefus-Chrift, après avoir fait fouiller la terre trouva trois Croix, celle de Jefus-Chrift , & celles des deux Larrons. Pour reconnoître la vraie, elle les fit appliquer fucceffivement fur deux morts, & lorfque la vraie Croix en eût touché un, auflitôt il relfufcita. C’eft ce grand Miracle, arrivé en préfence de fainte Hélene, & de tous ceux qui l’accompagnoient, que le Peintre a voulu rendre dans ce Tableau. Il a choili le moment où la vraie Croix ayant touché un des corps morts opère le miracle. Le relfufcité eft fur fon féant au pied de la Croix, enveloppé en partie de fon linceuil : fa peau eft encore pâle & livide : fon expreffion' eft le vif étonnement d’un mort rendu fubitement à la vie. L’Impératrice montée fur un cheval blanc, eft repré- fentée fur le retour de l’âge : elle eft dans l’attitude d’une fainte admiration pour le miracle,? qui s’opère. Les femmes, PREMIERE TROISIEME FAÇADE . les foldats & le peuple qui l’environnent, paroiffent également Taifis d’étonnement & d’admiration. Une femme à genoux derrière le reffufcité, qu’elle foutient d’un bras, le regarde avec une attention mêlée d’effroi: elle paroit lui appartenir par l’intérêt & l’empreffement qu’elle montre : elle couvre une partie de fon vifage avec un linge, pour fe préferver de la puanteur du cadavre, qui vient d’être rendu à la vie. Trois femmes à genoux, près du cheval de S te . Hélene, également faifies d’étonnement & d’effroi, forment un groupe très-intéreffant & plein d’exprefîion. Un vieillard vénérable, à genoux, un peu en arrière du reffufcité , les mains jointes , & fixant la Croix avec admiration, eft peut-être S‘. Macaire Evêque de Jérufalem. Un homme en avant à gauche, avec un habillement rouge, portant un grand livre fermé, eft tellement frappé de l’évènement, que, faifi d’une frayeur fubite, il s’éloigne avec précipitation. Cet homme fait un beau contrafte dans Je Tableau, où prefque tous les autres fpectateurs femblent immobiles d’étonnement. Le groupe des trois hommes qui foutiennent la Croix derrière le reffufcité, contribue auffi à donner le mouvement néceffaire à cette belle compofition. Derrière le cheval de S te . Hélene, on voit, étendu par terre, le fécond mort, auquel la S te . Croix n’a pas encore touché. Ce Tableau eft en général très-recommandable pour la compofition, le deflin, la touche hardie & la force SALLE. 27 TROISIEME FAÇADE. d’exprefîion: il feroit parfait dans toutes les parties, fi celle du coloris étoit portée au même degré. On lit fur ce Tableau: GER. DOVFFET. INVENTOR. FEC. Dans un manufcrit, qui eft entre les mains de la famille de Douffet, on lit l’anecdote fuivante touchant ce Tableau : „ Ce Tableau eft un monument de la piété de Dom „ Charles Hardi, Religieux de l’Abbaye de S*. Laurent à „ Liège ; il eft peint avec tant d’art & d’un fi grand goût, „ qu’il n’offre rien qui ne foit un objet d’admiration, &rien „ 11e prouve mieux le prix de ce morceau, que l’empref- „ fement avec lequel, il a été recherché par l’Electeur „ Jean Guillaume (qui en paya le double de ce qu’on „ en avoit demandé ) pour le placer parmi le grand nombre „ d’excellents Tableaux, qu’il avoit raffemblés & Duffeldotff, „ des plus habiles Maîtres d’Italie & des Pays-Bas, où „ cette pièce tient un rang honorable. On y lit au - defliis ces ' paroles : Amor & deliciœgeneris humani crux. On verra ci-après au N°. 6Ç. un autre grand & beau Tableau du même Artifte, qui étoit Liégeois, & qui mérite d’être mieux connu qu’il 11e l’a été, de ceux, qui ont écrit fà vie. D 2 28 PREMIERE SALLE. TROISIEME FAÇADE. N? 40. Planche v! VENUS SUR LES EAUX, PAR ANTOINE B E L U C C I. ANTONIO B ELU Ç CI. y Peint fur toile. Haut de 2. pieds 10. pouces ; Large de ç. pieds pouces. Figures entières, à peu-près de grandeur naturelle. Vénus eft afïife fur une planche légère, qui flotte fur les ondes, & à laquelle efl; attachée une voile, dont l’amour, élevé en l’air, tient un bout pour la préfenter à l’action des vents, C--~ |§t TROISIEME FAÇADE. N.° 41. Planche vf ? 1 PSYCHÉ EXAMINANT CUPIDON ENDORMI, pendant du précèdent , PAR LE MÊME Et ayant les mêmes dimenlions. Cupidon à demi couché, dort d’un profond fommeil : Pfyché s’approche doucement pour l’examiner : elle tient une lampe d’une main, & un poignard de l’autre. Ces deux Tableaux font d’une compofition fort gracieufe, d’une touche légère, & d’une belle fraîcheur de couleur: ils paroilfent avoir fait partie d’un grand nombre d’autres , que cet habile Peintre a faits au château de Bensherg , & qui font journellement admirés des connoiflèurs: cet Artifte étoit au fervice de l’Electeur Jean Guillaume. ..L.. =%* PREMIERE ♦ TROISIEME FAÇADE . N? 42. Planche v? LA NATIVITÉ DE JESUS-CHRIST, PAR LE BARON PIERRE STRUDEL. Peint fur toile. Haut de 6 . pieds 2, pouces j Large de 4. pieds 7. pouces. Figures entières, de grandeur naturelle. La Vierge agenouillée tient entre fes bras l’Enfant Jefus enveloppé de fes langes. S‘. Jofeph aiïis fur un rocher le regarde ; un Ange, placé entre lui & la Vierge, eft dans l’attitude de prier ; d’autres font en l’air au-delfus de la Vierge, & l’un d’eux foulève légèrement fon voile. La lumière, qui éclaire ce Tableau, émane entièrement du corps de l’Enfant Jefus ; ce qui produit un bel effet. ?&• SALLE. 29 TROISIEME FAÇADE.' N° 43. Planche v' JESUS-CHRIST AU TOMBEAU, PAR ANTOINE V A N D T C K. Peint fur toile. Haut de 6 . pieds 1. pouce ; Large de 4. pieds 8* pouces. Figures entières, de grandeur naturelle. Le corps de Jefus - Chriffc, enveloppé en partie d’un linceuil blanc, préfente réellement l’infenfibilité, la roideur & la lividité d’un corps mort. Il eft foulevé de terre, & appuyé contre les genoux de la Vierge, qui le recevant entre fes bras, exprime la douleur la plus vive. Son habillement eft une tunique bleue, avec un voile gris relevé fur la tête. S‘. Jean vêtu d’un grand manteau cramoifi eft à genoux au côté droit du Chrift, dont il foutient le corps par le bras. S te . Madeleine, un peu en arrière, a les mains jointes, & femble pouffer des gémit fements. Le fond du Tableau repréfente la grotte, dans laquelle fut dépofé le corps de Jefus - Chrift. D 3 * 3° PREMIERE SALLE. TROISIEME FAÇADE. N° 44. Planche v! SUJET DE CHASSE ET^DE GIBIER, PAR JEAN WÉENIX, Peint fur toile en 170s. Haut de ç, pieds 7. pouces ; Large de 7. pieds 9. pouces. Figures entières, de grandeur naturelle. La fcène eft un payfage où fe trouvent raffemblés, au pied d’un arbre, en avant, toutes fortes de Gibiers fraîchement tués, avec quelques armes & quelques inftruments de chalfe amoncelés autour, & plufieurs accrochés à l’arbre, en manière de trophée. Un chien blanc & un chien noir, placés auprès du Gibier, prêtent attention à un chalfeur, qui eft dans le coin à gauche, & qui fonne du cornet. Pour enrichir le fond du payfage, le Peintre a fait paroître dans le lointain, quelques chaffeurs, & quelques chiens en pleine chaffe. On remarque particulièrement dans ce Tableau, les deux chiens: ils font fi naturellement peints, qu’ils femblent être vivans. TROISIEME FAÇADE . Nf 41. Planche v! SUJET DE CHASSE ET DE GIBIER, pendant du précédent , PAR LE MÊME. Et ayant les mêmes dimenfions. Ce Tableau repréfente un beau jardin orné de ftatues & de vafes. Sur une terraffe en avant, font raffemblées plufieurs pièces de Gibier , dont quelques - unes font attachées par des courroies & des filets, à un grand vafe. Un chalfeur qui repofe à gauche fur les degrés de la terralfe, femble garder le Gibier : il y a trois chiens auprès de lui, dont un, debout, vu en raccourci, eft admirablement peint. Un beau & grand cygne, étalé avec les autres pièces de Gibier frappe agréablement l’œil, par fa blancheur & le - duvet de fes plumes, qu’on croit pouvoir toucher: il fait une brillante oppofition aux autres parties du Tableau fans leur nuire. Ce morceau & fon pendant ci-deiïus, font d’une très- riche compofition, & de la plus grande vérité de nature : la touche en eft fpirituelle, & du plus beau fini : le poil des animaux, & les plumes des oifeaux font traités à tromper l’œil. illUW , 1 PREMIERE SALLE. 31 TROISIEME FAÇADE. Ce Peintre excelloit fingulièrement dans ce genre, & l’Eleéteur Jean Guillaume, au fervice duquel il étoit, a occupé longtemsfon pinceau. On voit de lui, au Château 'de plaifance de Bensberg, trois chambres entières ornées de Tableaux, du même genre, qui font auffi du plus grand mérite. Au bas de ces deux morceaux, on lit: J. Wéenix. f. 1702. *==S=i=Sil* TROISIEME FAÇADE . N.° 46. Planche v? UN CAMP & DÉPART DE TROUPES, PAR JEAN HENRY ROOS , dit le VIEUX. Peint fur toile en 1677. * Haut de 2. pieds 1. pouce ; Large de 3. pieds ç. pouces. Figures d’environ 7. pouces de proportion. lin payfage montagneux rempli de défilés & de bois offre, à droite, fur une éminence, un vieux château ruiné ; à gauche un village, & dans l’éloignement une ville toute en feu, fituée au pied d’une montagne. Sur le devant eft un camp, dont on ne découvre qu’une partie: on commence à le lever pour fe mettre en marche. Les trompettes à cheval fonnent, & le timbalier , qui eft un Nègre en uniforme bleu, les accompagne. Un corps de Cuirafliers eft déjà en pleine marche en avant, dans un défilé. Le principal groupe du Tableau, que l’on voit fur le devant, à droite, eft compofé d’une Dame à cheval, quiparoit être la femme d’un Officier fupérieur : fa tête eft ornée d’un bonnet garni de plumes: elle femble parler au Commandant de la troupe, qui eft auffi à cheval, en habit écarlate: il tient fon chapeau à la main, en s’inclinant, comme pour prendre congé d’elle. Un peu en avant, eft un Officier de Cuirafliers, à cheval: il paroît devoir fervir de conducteur à la Dame. Le timbalier & les trompettes, qui font tout 32 PREMIERE SALLE. ♦ TROISIEME FAÇADE. proche, achèvent la compofition de ce groupe intérelfant. Sur le même plan, du même côté, font des vivandiers, des tentes, des voitures, un mulet, des bœufs, & des bagages d’armée. Sur un autre plan, un peu plus loin, à gauche, eft un Cuiraffier avec fa femme & fes enfans: il arrange fon bagage. L’incendie de la ville, dans le lointain , paroit être caufé par^ l’attaque des troupes avancées. Ce joli Tableau eft de la plus belle compofition 8 c de la plus riche ordonnance : la touche en eft délicate & fpirituelle, il y règne une harmonie de couleur & de clair- obfcur des plus agréables. On lit au bas: . fecit 1677. 3 v-r=-=rTr^-r~r^,„." §jh TROISIEME FAÇADE . N.° 47. Planche vï UNE FÊTE DE VILLAGE, PAR DAVID T EN IER S, dit le JEUNE Peint fur cuivre en i6çi. » Haut de 2. pieds 2. pouces ; L^rge de 2. pieds 8* pouces. Figures entières, d’environ 7. pouces de proportion. La Fête fe donne dans l’intérieur d’un village. Des payfans & des payfannes font à table, occupés à manger & à boire, tandis qu’un garçon, & une fille commencent une danfe, au fon d’une mufette, dont joue un payfan monté fur un tonneau. Plufieurs autres perfonnages debout, ou allas , s’amufent à boire, ou à converfer enfemble, ou à voir danfer. Teniers n’a point oublié les pilleurs, qu’on trouve ordinairement dans fes Tableaux: on en remarque deux dans celui-ci. Ce Tableau eft de la première diftinétion , & des mieux confervés : il eft de ce beau ton argentin & frais, fi eftimé dans ce Peintre. On lit au bas: David Teniers. fec. i6fi. 33 PREMIERE SALLE. TROISIEME FAÇADE. TROISIEME FAÇADE. N! 48. Planche v! LA CHASSE AU VOL DU HÉRON, PAR PHILIPPE WOUVERMANNS. Peint fur toile. Haut de 2. pieds 2, pouces; Large de 2, pieds 7. pouces. Figures entières, d’environ j. pouces de proportion. TTandis qu’une partie des chaffeurs eft occupée à courir & à fuivre la chalfe du vol, une autre partie fait halte auprès d’une fontaine placée en avant- du Tableau. On y voit un cavalier, qui reçoit de l’eau dans une taffe, pour la préfenter à fa Dame, qu’il tient par la main : leurs chevaux, non loin d’eux, font gardés par un jeune piqueur. Un peu en arrière eft une autre Dame à cheval, tenant un faucon fur la main : elle femble converfer avec un des chaffeurs, qui eft à pieds près d’elle. Il y a autour de ces perfonneç plufieurs chiens de chaffe ,_ dont deux fe défaltèrent à la fontaine. Près delà, à gauche, eft un valet, qui porte les faucons de relais fur un cerceau: il a deux chiens près de lui. A quelque diftance , plus loin , un cavalier & une Dame à cheval, fuivent la chalfe $ & tous les autres chaffeurs avec leurs chiens font répandus dans la plaine, courant au grand galop pour fuivre le vol: un héron très- élevé dans l’air eft déjà faifi par le faucon. Ce Tableau, qui eft bien confervé, eft un des plus beaux de Wouvermanns. On y lit ce Monogramme: Q$JW: : r " r ":':""'" la* E # y 34 PREMIERE SALLE. TROISIEME FAÇADE. t N° 49. Planche v! PAYSAGE ORNÉ D’UNE PASTORALE, 1 PAR WILHELM ROMETN , ou RO MET. Peint fur toile en 1 6 6 ^ Haut de 2. pieds 2. pouces ; Large de 2. pieds 6. pouces. Figures entières, d’environ 4. pouces de proportion. L ciel de ce payfage eft nébuleux: une feule échappée de lumière, à travers des nuages, tombe juftement aux environs d’une cabane, où un pâtre repofe avec fon troupeau, ce qui procure un très-bel accident de lumière fur cette partie. Le devant de ce Tableau offre un vieux tronc d’arbre couvert de lierre, & entouré de chardons, très-pittorefquement rendu: il eft, ainfi qu’un bœuf placé un peu plus loin, entièrement dans l’ombre ce qui fait une forte oppofition à la partie éclairée, qui eft très-bien entendue. Au bas à droite eft écrit: W : Rome y. i66ç. TROISIEME FAÇADE. N.° jo. Planche v! PORTRAIT D’UN GUERRIER, PAR BARTHELEMI VAN BER HELST, Peint fur bois. Haut de 2. pieds ; Large de 1. pied 9. pouces. Bufte, de grandeur naturelle. Il eft un peu effacé de gauche: la tête découverte & garnie de cheveux noirs & crépus, qui pendent négligemment fur fes épaules : il a une petite mouftache fous le nez, & le toupet au menton; au cou un rabat à dentelle; & fur fa cuiraffe, une large écharpe blanche. Ce Tableau eft d’une grande vérité. . -. ~~r~ p 1 Imprimé à BASEE , chez Jean Sch weigh auser , avec des caractères de la Fonderie du S*. Guillaume Haas. CATALOGUE RAISONNE ET FIGURE DES TABLEAUX 2DJ£ <3+A.JLJ£lEU:J£ JELJ*jELCTOJELA 3LJ£ JDJEL JD XTS S JElJLJD O JBLJFT* deuxieme salle DITE DE GERARD DOW. LA THEORIE DE LA PEIXTFRE SECONDE PREMIERE FAÇADE. N? .51. Planche vi! LE PÈRE ÉTERNEL DANS UNE GLOIRE, PAR DOMINIQUE Z A N E T T I. DOMENICO ZANETTI. Peint fur toile. (Les angles du Tableau font Coüpés.) Haut de 6. pieds 4. pouces; Large de 4, pieds 8- pouces. * Figures entières, de grandeur humaine. Le Père Eternel entouré de nuages & d’une gloire célefte, defcend du haut des cieux vers fon fils le Rédempteur des hommes, en exprimant le plus vif emprefiement & la plus tendre affeélion. I^e corps eft penché en avant, fes bras font ouverts ; l’amour & la bonté brillent fur fa face vénérable. & majeftueufe. Son vêtement effc une tunique bleu-grifâtre, avec une draperie violette croifée par deflus, dont les bouts voltigent. L’Artifte, pour peindre la Divinité, qu’aucun pinceau ne peut rendre, a fagement imprimé à la figure du Père Eternel ce ton de couleur vague, qui ne fait point d’image décidée: il a fu d’ailleurs lui donner un caractère vraiment divin dans fon attitude, dans fon mouvement, & dans fon expreffion. Si dans le faire du pinceau ou rencontroit SALLE. 1 PREMIERE FAÇADE. les mêmes perfections, ce morceau, fublime pour l’invention, feroit un vrai chef-d’œuvre. On s’eft plu à relever les beautés qu’il renferme, parce qu’elles ne frappent point d’abord, & que fouvent le fpedateur n’y fait pas attention. Ce Tableau faifoit couronnement de celui du Chrift N°. 109. dans la troifiême falle ci-après; ils étoient placés, l’un fur l’autre, au grand autel de l’Eglife des Francifcains à Dulfeldorff & formoient enfemble unité de fujet. S. A. E. en a fait l’acquifition en 1770. Zanetti efl: un des Peintres, qui ont été le plus employés & le plus diftîngüés, par l’Eleêteur Jean Guillaume, au fervice de qui il étoit; cette Galerie renferme plufieurs de fes ouvrages : mais les plus confidé- rables fe voyent au Château de Bensberg. A •N « 2 SECONDE SALLE. PREMIERE FAÇADE, N.° 5’2. Planche vi! LE MASSACRE DES INNOCENS, PAR LUCAS J 0 RD AN K \ LUCA GIORDANO. Peint fur toile. Haut de ?. pieds 10. pouces; Large de u. pieds 9. pouces. Figures entières, de grandeur prefque naturelle. Cette compofition, pleine de feu & d’expreffion, préfente une multitude de figures , toutes en action. On y voit les fatellites d’Hérode livrés à l’horrible carnage des enfans, arrachant avec violence ces jeunes victimes des bras ou du feinde leurs mères; & celles-ci tâchant!de les fauver par leurs larmes & leurs gémiffements, ou par les mouvemens d’un défelpoir inutile. Plufieurs d’entre elles cherchent un afyle pour eux fous les portiques où Hérode lui-même eft aflis fur un trône, mais les bourreaux vont les faifir jufqu’aux pieds du Tyran. Ce Tableau, où l’on reconnoit, en toutes fes parties, le génie & le pinceau de ce grand Maître, eft un de fes meilleurs ouvrages ; il s’elt plu ici à imiter le Tintoret pour le faire. PREMIERE FAÇADE, N° s%. Planche viî LA S te . VIERGE & L’ENFANT JESUS, PAR TITIEN V E C ELLI, TIZIANO VECELLL Peint fur toile. Haut de z. pieds 10. pouces ; Large de 5. pieds ç. pouces. Figures entières, demi-nature. La S“. Vierge eft afiife au pied d’un arbre, tenant l’Enfant Jefus couché fur fes genoux : elle tend la main gauche pour recevoir des fleurs, que lui préfente le petit S‘. Jean. -—— ■ ■.. SECONDE SALLE 3 PREMIERE FAÇADE ; N.° 54, Planche vf. L’ANGE QUI ANNONCE AUX BERGERS, LA NAISSANCE DU SAUVEUR, PAR JOSEPH RIBERA dit P ESP A G NOLET. GUISEPPE RIBERA dit EESPAGNOLETTO. Peint fur toile. Haut de 3. pieds 1. pouce ; Large de 3. pieds u. pouces. Figures entières, demi-nature. Les Bergers font endormis dans une étable auprès de leurs troupeaux ; un d’eux fe levant fur fon féant, témoigne la furprife, & en même tems fa joie, en apprenant de l’ange, la venue du Sauveur. PREMIERE FAÇADE. N.° ss. Planche vf. UN SAINT ANACHORETE DANS UNE GROTTE, PAR SEBASTIEN RI C CL SEBASTIANO RICCI. Peint fur toile. (Haut de 3. pieds 2. pouces; Large de 4. pieds. Figures entières, de grandeur naturelle; Il eft dans l’attitude de la contemplation, une croix & une tête de mort font à terre devant lui ; le corps incliné en , avant, 11’eft couvert que d’une peau qui lui ceint les reins, il a les mains jointes, & le genou droit pofé fur la pointe d’une roche. Son livre & fon chapelet font pofés fur un autre rocher en arrière ; un bâton y eft appuyé. Le fond du Tableau nepréfente une grotte & unlieu défert. A z 4 SECONDE SALLE. PREMIERE FAÇADE . N? f6. Planche vi? P SAINTE CATHERINE MARTYRE, PAR SIMON VOUEE Peint fur toile. Haut de 5. pieds 6 . pouces ; Large de %. pieds 9. pouces. Figures entières, de grandeur naturelle. La Sainte eft en prières, à genoux, au moment qu’un ange élevé en l’air auprès d’elle, lui prédit le martyre, qu’elle aura à fouffrir, & lui apporte, à ce fujet, la couronne, la branche de palmier, & la roue tranchante, La Sainte, les bras ouverts & les yeux tournés vers le ciel, exprime fon entière réfignation ;*•, elle a le haut du corps nu : une draperie blanche eft nouée fur fes reins ; & une autre, d’étoffe jaunâtre brochée, lui paffe du bras droit fur le dos, & defçend jufqu’à terre, Ce Tableau eft d’une compofition auffi belle que fon expreffion; il eft d’ailleurs deffiné très-correctement. . *. PREMIERE FAÇADE. g* . ' ■■■■■ . -r=cr N.° S 7 > Planche vi? PORTRAIT EN PIED D’UNE JEUNE D A M E. PAR ANTOINE V A N D T C K. Peint fur toile. Haut de 6 . pieds 1. pouce ; Large de j. pieds 11. pouces. Figure entière, de grandeur naturelle. Elle eft repréfentée le corps un peu effacé de droite , laiffant tomber négligemment la main gauche le Içng de fa robe, qu’elle pince des doigts; de l’autre main, elle tient une rofe devant elle ; fon habillement eft du feizième fiècle; c’eft une robe de moire noire, relevée d’une colerette & de bouts-de-manches en toile blanche, garnies de dentelles. Ses cheveux bruns lui fervent de coëffure naturelle ; & fon cOu eft orné d’un beau collier de perles. Le plancher de la chambre où elle eft repréfentée eft couvert d’un tapis de Turquie. On y voit, à gauche, une porte garnie d’une portière d’étoffe rouge, qui, ne la couvrant •ï pas entièrement, laiffe appercevoir au-dehors une échappée de payfage. Dans ce Tableau, fait du bon tems de l’Artifte, on eftime particulièrement la beauté de la main gauche, & la manière naturelle dont l’étoffe de la robe eft rendue. s SECONDE SALL'E. PREMIERE FAÇADE . N.° 58. Planche \t PORTRAIT EN PIED D’UNE DAME ANGLOISE, PAR LE MÊME. Peint fur toile. Haut de 6. pieds 3. pouces ; Large de 4. pieds. Figure entière , de grandeur naturelle. La Dame eft vue debout, le corps un peu effacé de droite; elle porte une robe de fatin blanc, ( ajuftée félon l’ufage de fon tems, & relevée, à la ceinture & aux bras, par des rubans couleur de rofe. Un efclavage de perles lui paffe gracieufement d’une épaule à l’autre, & vient pendre fur fa poitrine, un collier & des braffelets de perles ornent fon cou & fes bras ; elle a les cheveux blonds, treffés & noués avec des rubans rofes : de la main droite, elle prend des fleurs, que lui préfente un jeune Nègre, & fa gauche eft nonchalamment tendue le long de fa robe ; à côté du Nègre eft un petit chien épagneul qui lautille après lui. Le fond du Tableau eft d'architecture , recouverte en partie d’un rideau d’étoffe verte. Une ouverture, à côté d’une colonne, laiffe voir, en dehors, quelques parties d’un payfage. PREMIERE FAÇADE . Ce Tableau qui fait le pendant du précédent, eft encore d’un plus grand mérite : on y admire particulièrement un beau caractère de tête, un air aimable & naturel. Le fatin de la robe eft rendu comme la nature même; on eft tenté de le toucher. » c 3 6 SECONDE SALLE. I PREMIERE FAÇADE. N? 59. Planche vE PORTRAIT DE JEAN BREUGHEL, dit de VELOURS. PAR LE MÊME. Peint fur toile. Haut de 2. pieds 7. pouces ; Large de 2. pieds J. pouces. Demi - figure, de grandeur naturelle. Il eft vu prefque entièrement de face appuyant la main droite fur fa hanche, & la gauche contre fon eftomac; celle-ci, qu’on voit en entier, eft admirablement peinte; la tête eft découverte, & les cheveux, qui font coupés courts, font châtains : il eft vêtu d’un pourpoint noir, recouvert d’un manteau, qui palfe fur l’épaule & le bras gauche, avec une fraife enâpefée au cou. Le fond du Tableau eft brun. Ce Portrait eft doublement intéreffant, en ce qu’il offre l’image fidèle d’un Peintre fameux, dont on voit des ouvrages dans cette Galerie, & qu’il eft du pinceau de Pilluftre Vandyck, a ; i- 1 •—«n——i 1 1 mmmmmmmm—* - .. . . . . . g P REMIERE FAÇADE. N? 60. Planche vf. LE PORTRAIT D’ANT. VANDYCK * ^ par lui-même, PAR LE MÊME Et ayant les mêmes dimenfions. Il fe préfente prefque de face : fa tête eft un peu inclinée en avant ; fes cheveux font blonds, courts & négligemment ajuftés; il tient fà main droite appuyée fur la gauche, qui eft couverte ; fon habillement eft un pourpoint de velours noir, dont le collet ouvert par en haut, laiffe voir celui de la chemife ; par deffus ce pourpoint eft un manteau d’une autre étoffe noire, qui defcend de l’épaule gauche, & couvre le bras & la main de ce côté: il a une grande chaîne d’or paffée autour du cou, qui eft la marque d’honneur que Charles I . Roi d’Angleterre donna à ce Peintre, dans le tems qu’il travailloit pour lui. Le fond du Tableau eft brun. Ce célèbre Artifte s’eft peint lui - même, étant encore affez jeune, comme le prouve ce Portrait; & cependant ilpoffédoit déjà cette belle vérité, & ce grand faire , qu’on trouve dans fes ouvrages poftérieurs : cette Galerie pofféde vingt-deux Tableaux de cç grand Maître, & la plupart capitaux. ë SECONDE PREMIERE FAÇADE . N? 61. Planche vi! UNE SAINTE VIERGE TENANT L’ENFANT JESUS, PAR LE MÊME. Peint fur bois. Haut de 4. pieds 7. pouces ; Large de pieds 7. pouces. Figures jufqu’aux genoux, & celle de l’Enfant Jefus entière, de grandeur naturelle. La fiiinte Vierge, vêtue d’une tunique rouge relevée d’un manteau bleu, ayant fur la tête un voile gris-jaunâtre, qui defcend fur fes épaules & fur fes bras, eft debout derrière une elpéce de table , fur laquelle elle foutient l’Enfant Jefus, qui eft nu, & auffi debout. Elle regarde le petit S*. Jean qui eft à côté, & qui préfente fa banderolle à l’Enfant Jefus ; celui-ci, le corps incliné de côté , s’appuyant fur fa Mère, regarde, hors du Tableau, quel- qu’objet, qui femble l’attacher j fon attitude & fon expreffion font tout-à-fait aimables. La principale lumière du Tableau, tombant juftement fur fon corps, en développe toutes les perfections, furtout celles de la carnation. Ce Tableau eft en général très - gracieux & très- intéreflànt; fon caractère eft une noble fimplicité, & une belle vérité de nature. SALLE. 7 PREMIERE FAÇADE. N° 62. Planche vi! UN ECCE HOMO, PAR G EOF F ROI SCHALCKEk. Peint fur toile; j Haut de 4. pieds ç. pouces ; Large de ?. pieds ç. pouces. Figures jufqü’aux genoux , de grandeur naturelle. Jefus -Chrift, dans l’attitude, & avec l’exprelfion qu’on donne ordinairement à l’Ecce - homo , eft placé derrière un appui de pierres. Des foldats autour de lui l’infultent & le maltraitent, à la lueur d’un flambeau qu’un d’eux tient à la main. Cette lumière qui eft volumineufe & des plus vives, fait illufion, tant elle eft rendue naturellement. Elle éclaire toutes les figures du Tableau, & particulièrement celle du Sauveur qui eft tout près, & dont elle découvre les beautés. Les accidens & les effets de cette lumière y font amenés & placés avec un art & une vérité qui frappent, ce qui, joint à la délicatefle de touche, au brillant du coloris & à d’autres perfections , fait de ce Tableau une pièce rare & précieufe dans ce genre de nuit. Il y a dans cette Colleétïon, trois autres Tableaux femblables, encore plus frappants du côté des effets de lumière. Schalcken excelloit dans ce genre. L’Electeur Jean Guillaume avoit cet Artifte en grande confidération. 8 SECONDE SALLE. PREMIERE FAÇADE. N? 63. Planche vf. UN CHARLATAN DÉBITANT SES DROGUES A LA POPULACE, ■ PAR GERARD DOW. Peint fur bois en 1 6 ; 2. Haut de j. pieds ç. pouces ; Large de 2. pieds 7. pouces. Figures entières de 7. pouces de proportion. La fcène fe pafle à quelque diftance d’un village & d’un château feigneurial, devant un cabaret, où eft-élevé une efpèce d’échaffaud couvert d’un tapis de Turquie : fur cet échaffaud, font étalées des drogues, un plat-à-barbe, & une grande patente garnie de fceaux : on y voit aufli un linge accroupi. Un grand parafol fixé de côté au- deffus de l’échaffaud, & déployé comme pour le couvrir, forme un accelfoire convenable à ce théâtre de charlatanerie. Le charlatan y eft repréfenté debout, tenant d’une main, une petite phiole de liqueur, qu’il montre au peuple affemblé, & dont il femble expliquer les vertus, & les garantir par le gefte de là main gauche vers fa poitrine. Il eft flnguliè- rement vêtu d’un pourpoint jaune garni d’un collet blanc, fur lequel pafle en arrière, un manteau gris-fale, doublé de violet, dont un bout eft retrouffé fous le bras gauche : une toque platte d’étoffe bleue qui lui couvre la tête, achève PREMIERE FAÇADE. cet accoûtrement bizarre, & très-bien alforti à la phyfio- nomie maigre & grotefque du perfonnage. Le peuple entoure le théâtre dans des attitudes & des expreflions variées ; & le plus grand nombre prêté attention au difeours de l’Empyrique. On diftingue principalement fur le devant, une femme à chapeau noir, qui fe tient debout ayant les mains croifées devant elle, un panier pafle au bras gauche, où font des uftenfiles de ménage, & d’où pend une petite cruche de bois ; elle écoute fort attentivement: pendant ce tems, un jeune drôle, à côté d’elle, fouille dans fa poche, & la vole. Un autre petit drôle, portant une efpèce de boîte à marmotte, eft placé entre la vieille & le théâtre, auquel il fe tient d’une main, & rit de la filouterie & du fuccès de fon camarade. Une fàifeufe de bignets, alfife à côté de fon fourneau, ayant le dos tourné au théâtre, eft occupée à nettoyer fon enfant qui s’eft fali. Un peu plus loin, de côté, eft un payfan debout, vis-à-vis du théâtre ; il eft vêtu en chaffeur; il a une vefte courte, un bonnet fourré & des guêtres ; il porte fur fon épaule un lièvre attaché à fon bâton : il regarde le charlatan avec beaucoup d’attention, & celui-ci de fon côté, femble lui adreffer particulièrement la parole, exprimant par là l’efpoir d’en faire fa première dupe. On voit un peu plus en arrière, fur la gauche, un jardinier ayant la pipe à la bouche & pouffant en avant une brouette chargée de légumes: fine regarde & n’écoute qu’en paffant: on croit le voir SECONDE SALLE 9 PREMIERE FAÇADE. le voir marcher. Les autres fpe&ateurs font des jeunes gens & des enfans placés debout & en différentes attitudes, lelquels écoutent, ou parlent entre eux. Gérard Dow , s’eft peint lui-même dans ce Tableau, regardant le fpectacle par une fenêtre du cabaret, fur l’appui de laquelle il eft accoudé, tenant d’une main fa palette & fon pinceau.' Les connoiffeurs ne fe laffent point de voir ce Tàbîeaü charmant, image exaéte & naïve de la vérité. La compo- fition en eft admirable, pleine de détails intéfefiàns, & Pexpreflion en eft vive & naturelle. On y trouve d’ailleurs, au plus haut degré, les qualités de pinceau qui diftinguent Gérard Dow, touche fpirituelle, fini précieux, fraîcheur de coloris, & entente de clair - obfcur : ce Tableau enfin eft regardé avec juftice, comme le chef-d’œuvre de ce Peintre célèbre* On lit au bas: Gj OV. 161%. t ■ ; 7 ?:-” > PREMIERE FAÇADE. N.° 64; Planche vi- PAYSAGE HISTORIÉ, PAR JEAN B O TH, dit le BOTH DTTALIE. Pîint fur toile en 1 6 Ç 1. Haut de ç. pieds 2. pouces; Large de 4 pieds. Figures entières, d’environ 7 pouces de proportion. Un bois à claire-voie, avec des échappées de vue, à travers les parties les moins garnies, compofe ce payfage, dont le moment eft une belle foirée. On voit fur le devant Mercure qui endort Argus au fon de fon inftrument : un peu plus loin, Io transformée en une belle vache blanche ; au delà un troupeau de moutons, & dans le fond des rochers efcarpés. Ce payfage offre un fite agréable, où la riante verdure fe déployé, & où l’ombre & la fraîcheur, fe font fentir, contre l’ordinaire des Tableaux de ce Maître, qui ne refpirent fouVent que la chaleur du midi, & n’offrent que féchereffe dans la campagne. Les figures font d’André B 0 th fon frète. On lit au bas de ce Tableau: Both, fe: I6fi. ' B SECONDE SALLE. IO SECONDE FAÇADE . N.° 6y. Planche vif. . LE PAPE NICOLAS Y. VISITANT LE CAVEAU DE S 1 . FRANÇOIS D’ASSISE, PAR GERARD D 0 U F F E T. Peint fur toile. Haut de tz. pieds 7. pouces ; L^rge de 10. pieds 9. pouces. Figures entières, de grandeur naturelle. La fcène préfente un magnifique porche d’architecture, porté fur un foubaffement, fous lequel ell pratiqué le caveau où repofe le corps de S‘. François, dont on voit l’intérieur par la porte, qui eft ouverte. Le Pape efl dans ce caveau en habit pontifical, profterné aux pieds du Saint, qui eft dans l’habillement de fon ordre, & debout. Un religieux Francifcain tenant un flambeau allumé eft agenouillé à côté. En dehors du caveau, eft un halebardier du Pape, qui tient la porte ouverte. Les degrés & le porche fupérieur font remplis de figures, qui ont différentes actions. On y diftingue un Cardinal en habit de cérémonie, tenant un livre à la main: il defcend vers*le caveau, enconverfant avec un religieux Francifcain. On voit des malades, des pèlerins, qui viennent chercher du fecours auprès du Saint; des Prêtres & des Officiers de la fuite du Pape ; & plufieurs curieux mêlés parmi eux. Dans le porche, élevé au-delfus SECONDE FAÇADE. du caveau, un Moine en furplis, exorcife & délivre une poffédée : ceci femble faire double action dans le Tableau ; mais l’unité s’y trouve ; puifque c’eft un miracle opéré au nom du Saint, dans le tems même que le Pape lui donne les plus grandes marques de vénération. Ce Tableau eft d’une grande compofition, & d’un effet impofant : Le fujet en eft bien amené & bien caractérifé. C’eft de ce Tableau dont on a parlé d’avance dans la defcription du Numéro 39. Le manufcrit qu’on y a cité rapporte l’anecdote qui fuit. „ On voyoit auffi dans „ l’Églife des religieux de l’Obfervance à Liège, le fuperbe „ Tableau du caveau de faint François d'AJJtfe , vifitépar le „ Pape Nicolas V ; que le noble Charles Caroli fit „ peindre en 1627. à la mémoire de fon époufe, morte en „ i62f. Cette fuperbe pièce a été achetée par le Chevalier „ J. F. Van Douven, pour la Galerie de Duffeldorff, dont „ il étoit Directeur, au nom de l’Electeur Jean Guillaume. Derrière on lit cette infcription. D. O. M. Paiiperum que Patriarche Francijco hanc feraphici fepidcri iconem inviolati affeùtus indicem erga conjugern DomiceUam , Adeleydem Gabriel vit a, fimBarn anno T62f. Septembris die 2f. honoratijjimus vir Carolus Caroli fuperjles ponebat anno 1627.& qui obiit 21 . Junii anno I6f8. Vers jim unica paupertate dives. \ SECONDE \ SECONDE FAÇADE . N.° 66. & 67. Planche vu? DEUX BACCHANALES D’ENFANS, PAR LE BARON PIERRE STRUDEL. Peint fur toile. Haut de 4. pieds 7. pouces ; Large de 4. pieds xo. pouces. Figures entières, de grandeur naturelle. L un repréfente des Amours, qui fe faifilfant d’un jeune fatyre, veulent le lier avec une corde. L’autre un grouppe de cinq enfàns qui s’amufent à jouer au pied d’un arbre chargé de pampre & de raifins. Un d’eux tient une branche pour cueillir de ce fruit: un autre couché à terre fur le devant a déjà fait fa provifion. Ces Tableaux font agréablement compofés & chauds de couleur. salle: 11 SECONDE FAÇADE. N? 68. Planche vu! LE MARTYRE DE S'. SEBASTIEN, PAR ANTOINE V A N D T C K. Peint fur toile. Haut de 6 . pieds 2. pouces; Large de 4. pieds 8* pouces. Figures entières, de grandeur naturelle. .Le Saint eft debout appuyé contre un arbre ; il eft entièrement nu, hors les reins qui font ceints d’un linge étroit. Il fe préfente 'de face, & témoigne une fainte affurance, au milieu des préparatifs de fon martyre ; déjà fes bras font attachés à l’arbre ; & un bourreau lui lie les jambes tandis qu’un autre lui tient la tête. Un troifième prépare l’arc & les flèches, inftrumens de fon fupplice. On voit en arrière des Gardes à cheval, & nombre de fpeétateurs. Les habits du S', font à fes pieds, & un chien auprès. C’eft un excellent Tableau de Vandyck, traité dans le ftyle du Titien. La figure du Saint domine judicieufement par l’éclat du coloris j ce qui attire d’abord les yeux & le principal interet fur elle. On a fait la remarque, que la tête du Saint pourroit etre le Portrait de Vandyck: effectivement elle a beaucoup de reffemblance avec celui qui fe trouve précifément place vis - à - vis, dans cette même Salle, & dont nous venons de parler au N°. 60. B 2 12 SECONDE SALLE. \ SECONDE FAÇADE . N: 69, Planche vii? SUSANNE AU BAIN SURPRISE PAR LES DEUX VIEILLARDS, faifant fendant du . précédent. PAR LE M Ê E. Et ayant les mêmes dimenfîons. Sufanne déjà fortie 4u bain, mais encore à demi-nue, eft affife fur un fauteuil auprès d’une fontaine, au moment que les vieillards la furprennent. Son expreffion eft une vive frayeur: elle couvre fuhitement fon fein d’une grande draperie qu’elle prefle contre elle , parce que l’un des vieillards en tient déjà le bout, qu’il attire à lui. Pendant ce mouvement, ce féduéteur jette fur Sufanne un regard plein de defirs & par fon gefte femble vouloir la dilpofer à le fatisfaire. L’autre vieillard, non moins enflammé, eft placé derrière Sufanne. Une égale envie de la féduire, lui fait porter légèrement le doigt fur fon épaule. Les bijoux & les pièces de toilette de cette chai le femme font étalés à fes pieds. Le fond du Tableau eft brun. Ce morceau eft du même ftyle que le précèdent auquel il fuit pendant SECONDE FAÇADE. N.° 70, Planche vu? LE TOMBEAU DE JESUS-CHRIST, PAR LE MÊME feint fur bois. Haut de 5. pieds ç. pouces ; Large de 4. pieds 8. ppuces. figures entières, deux tiers de pâture. Le lieu de la fcène eft voifin de la grotte où étoit le tombeau de Jefus - Chrift : fon Corps eft à terre fur un linceul blanc, ayant le dos appuyé contre les genoux de la fainte Vierge. Celle-ci eft affife auprès de la croix, en avant, dans l’attitude & l’expreffion de la douleur la plus profonde. Elle lève une main & les yeux pleins de larmes, vers le ciel, qu’elle femble implorer , & foulève en même teins de l’autre main celle du Chrift. Son habillement eft une robe grife violette, fur laquelle eft jettée une draperie bleue, qui lui couvre tout le côté droit. Un voile blanc & un autre noir par deflus, font rabattus derrière fa tête & fur fes épaule^. Qn voit derrière elle la croix renverfée de côté ; & devant elle à fes pieds la couronne d’épines & les doux. Trois Anges placés au côté gauche de la. Vierge, confidèrent le Corps du Chrift en verfant des larmes, & montrant la plus grande trifteffe ; quatre Chérubins groupés en l’air, fqr un nuage léger, expriment les mêmes fenti- ments. Dans la lointain du Tableau, on apperçoit une SECONDE SECONDE FAÇADE. partie de la ville de Jérufalem, couverte d’un ciel fombre & trille, dont les nuages réflétés de couleur rougeâtre & furnaturelle , femblent s’être teints du fang innocent du Sauvegr. Ce Tableau parfait pour fa compofition, fa correction de deffin , fon coloris , fa carnation , & fa touche de pinceau, ell fublime pour l’expreffion; il inlpire véritablement l’attendrilfement & la douleur ; le Corps de Jefus-Chrill, auquel fe rapporte le principal intérêt, conferve encore le caractère d’Homme-Dieu ; on voit que ce Corps ell incorruptible ; les elprits vitaux qui ont abandonné les extrémités , femblent s’être réunis au centre, pour reprendre incelfamment un cours nouveau & éternel. Ce Peintre ell peut-être le feul, qui ait imaginé d’exprimer ainfi la revivification prochaine du Corps de Jefus-Chrill, tous les autres l’ayant toujours repréfenté , avec les fymptomes ordinaires d’un corps mort. Ceci répond à l’obfervatiqn critique de bien des gens, que le Corps du Chrill dans ce Tableau étoit trop frais de couleur & de carnation. SALLE. U SECONDE FAÇADE. N.° 71. Planche vii! JESUS-CHRIST MORT, PLEURÉ PAR LES ANGES, PAR BARTHOLETFLEMAEL. Peint fur bois. Haut de 4. pieds; Large de 2. pieds 9. pouces. Figures entières, petite nature. Le Corps de Jefus-Chrill ell étendu fur un tombeau, couvert d’un linceul blanc : un Ange lui foutient la tête : un autre à genoux vers fes pieds ell plongé dans la plus profonde triltelfe; les pleurs coulent de fes yeux; derrière le tombeau on voit deux autres Anges occupés à élever la croix en l’air. ‘Le fond du Tableau ell un paylàge fombre, inlpirant la triltelfe. Ce Tableau ell traité dans le ftyle du Poussin, * B 3 v 14 SECONDE SALLE. SECONDE FAÇADE. NT 72. PI anche vii! UNE ANNONCIATION, PAR NANS VAN ACKEN. Peint fur toile eh 1 6 © %. Haut de j. pieds 10. pouces ; Large de 2. pieds 9. pouces. Figures entières, petite nature. La fainte Vierge vêtue d’une tunique rouge, fur laquelle eft jettée une draperie d’étoffe verte changeante, & d’un, voile blânc rabbattu fur les épaules, eft à genoux devant un priez-Dieu couvert d’un tapis; elle tourne la tête de côté pour écouter l’Ange Gabriel, qui eft debout en arrière. Elle appuyé la main droite contre fon fein pour marquer fa foumifïion à la volonté de Dieu ; & pofe la gauche fur un livre placé fur le priez-Dieu, L’Ange, vêtu d’une robe jaune, avec une draperie bleuâtre par delfus, annonce à la fainte Vierge le myftère de l’Incarnation , & lui montre, d’une main, le Père Eternel & le S‘. Elprit, qui defcendent dans une gloire ; il tient de l’autre main un fceptre. Dans la chambre de la Vierge, où fe paffe la foène, on remarque outre le priez-Dieu, un panier à ouvrage, & un lit dans le fond. # Ce Tableau eft peint dans le ftyle du Tintojiet : on y voit cette date, & cette marque 1 6 o y, m. SECONDE FAÇADE. N.° 73. PI anc,he vu! L’ADORATION DES BERGERS, PAR GERARD LAIRESSE, Peint fur toile. Haut de j. pieds io, pouces; Large de 4. pieds g. pouces. Figures entières, demi-nature. L Enfant Jefus qui vient de naître dans une étable, eft couché fur un banc recouvert de paille ; la fainte Vierge, affife à côté de lui, lève le lange qui le couvre, pour faire voir aux bergers leur Sauveur. Ceux-ci remplis d’admiration & de joie, l’adorent, & dépofent à fes pieds les préfents qu’ils lui apportent. Saint Jofeph, debout, derrière la Vierge eft appuyé contre un linteau de fenêtre, regardant attentivement les bergers. Dans le coin, à droite de l’étable, on voit quelques hardes, un chapeau de paille & un panier, qui femblent appartenir à la Vierge. Ce Tableau eft d’une belle compofition, & l’on trouve beaucoup de naïveté dans l’expreftion, < ■ ■ "".' " n _ î SECONDE SALLE. i s SECONDE FAÇADE. N.° 74. PI anche vu? JESUS-CHRIST MONTANT AU CALVAIRE AU MILIEU D’UN PEUPLE INNOMBRABLE, PAR DAVID VIN CK BOONS. Peint fur bois en 1 6 11. Haut de 3. pieds 6 . pouces ; Large de pieds 2. pouces. Petites figures entières. La marche eft déjà loin de la ville de Jérufalem, qu’on voit à droite dans le lointain, elle eft prette à arriver au haut du Calvaire. A la tête de cette marche eft une voiture entourée de peuple & d’enfants, fur laquelle on tranfporte les croix pour les deux larrons. Enfuite viennent nombre de foldats à pieds & à cheval, qui conduifent ces deux larrons, les mains liées derrière le dos. Jefus-Chrift vient après vêtu d’une tunique rouge, portant fa croix, précédé & fuivi de foldats, dont quelques-uns le frappent pour le faire avancer. S te . Véronique agenouillée lui préfente le linge pour s’effuyer, ce qui fait précifément le moment de faction du Tableau. Derrière fainte Véronique , on reconnoit S*. Jean en pleurs, les mains jointes , regardant le ciel. A la fuite de Jefus & de la croix, viennent les Juifs & les Prêtres de la loi, à cheval, & précédés de SECONDE FAÇADE. leurs Officiers : on en remarque un en habit & en bonnet rouges, qui tient la verge de la loi: à côté eft un homme en habit verdâtre, qui porte un panier fur l’épâule, dans lequel il y a un marteau, des doux, des tenailles, un cifeau & des cordes pour fervir au crucifiement. Un peuple innombrable borde, non-feulement cette marche, mais auffi s’étend de toutes parts dans la plaine & fur les hauteurs: quelques - uns d’eux font même perchés fur des arbres pour mieux voir. Sur la ligne du peuple, en avant, à gauche, & peu loin de Jefus-Chrift, on voit deuxgrouppes intéreffans : le premier repréfente les faintes femmes de Jérufalem en pleurs, auxquelles Jefus-Chrift a dit: Ne pleurez pas fur moi , mais fur vous 0 ? fur vos enfants. Le fécond offre la fainte Vierge enveloppée d’un long manteau bleu ; elle eft accablée fous le poids de la douleur, & tombe en défaillance entre les bras de Marie & d’un vieillard : un foldat qui voit de près cette fcène’, s’en moque en tirant la langue, & infultant de la main. On remarque dans le coin du Tableau, à droite, un homme debout vêtu d’une tunique rouge, recouverte d’un manteau blanchâtre, ayant fon chapeau à la main : il par oit marcher & fuivre le refte du peuple fans prendre aucun intérêt à l’aélion. On croiroit volontiers que c’eft le Peintre lui-même qui s’eft placé ici comme hors-d’œuvre. Un détail infini, un pinceau précieux, une touche fpirituelle, & la perfpe&ive aerienne bien obfervée frappent i6 T SECONDE SALLE. SECONDE FAÇADE. dans cette véritable mignature à l’huile, quipafle, à jufte titre, pour le chef-d’œuvre de Vinck-Boons: on fouhaiteroit feulement que le coftume, y fut mieux obfervé ; on peut dire qu’il eft ici bizarrement traitée On y condamne aulft l’emploi trop répété de la couleur rouge dans les habillements ; répétition qui fatigue les yeux. F On lit dans le coin à droite : David Vinck-Boons. cit 1611. •H - .■■■ssr-. TROISIEME FAÇADE. N° 75. Planche vm!h NARCISSE SE MIRANT DANS LES EAUX, PAR ANTOINE SCHOONJANS. feint fur toile. Haut de 4. pieds 5. pouces ; Large de 6 . pieds 1. pouce, figure entière, de grandeur naturelle. Il eft allis fur le bord d’une eau claire & tranquille ; le corps nu, à la réferve d’une légère draperie eramoifi, qui lui couvre les reins. Il fe penche vers l’eau, où il voit fon image réfléchie, & il exprime l’admiration, qu’il reflent de fa propre beauté : fon arc & fon carquois font à fes pieds. Ce Tableau eft très - gracieux, d’une belle touche & fonte de couleurs, & d’un coloris très-agréable. N°. 76. SECONDE SALLE. 17 TROISIEME FA ÇA DE. N.° 76. Planche vm! L’OCCASION MANQJIJÈE: SUJET E M B L É M A T I au E, PAR DOMINIQUE Z A N ET T I. DOMENICO ZANETTL Peint fur toile. Haut de 4. pieds ç. pouces ; Large de ?. pieds 6 . pouces. Figure entière, de grandeur naturelle. Un homme prefque nu, n’ayant qu’une draperie qui lui couvre les reins & les cuifîes, eft accroupi flir fes genoux, foulant à fes pieds une palette & des pinceaux, un globe terreftre & un livre de mufique. L’amour après lui avoir remis fa flèche, lui bande les yeux, pour qu’il ne voye pas fuir la bonne occafion, dont on n’apperçoit qu’une partie du corps derrière lui. Cet emblème veut peut-être dire qu’en fe livrant aveuglément à l’amour, on perd l’occafion de la bonne étude dans les arts. «C -^ =t= ±=: . TROISIEME FAÇADE. N? 77. Planche vint DAVID SE REPOSANT SUR LA TÊTE DEGOLIATH, ^ PAR ANDRÉ CELESTE . ANDREA C EL E S T I. Peint fur toile. Haut de 4. pieds 1. pouce; Large de 2. pieds 11. pouces. Figures jufqu’aux genoux, forte nature. Il eft debout ayant le coude droit appuyé fur la tête de Goliath pofée fur une table. De la main gauche, ilfoutient la grande épée de fon ennemi vaincu : fon corps prefque ' nu n’eft couvert que d’une draperie d’étoffe cramoifie, qui, liée à l’épaule droite, lui tombe négligemment fur le dos, & vient fe nouer fur les reins. Le fond eft un ciel chargé de nuages. I i8 SECONDE SALLE. TROISIEME FAÇADE . N.° 78. Planche vm! S fc . AMBROISE PRÊCHANT AU PEUPLE. PAR MATTHIAS PRETI, dit le CHEVALIER CALA B ROI S. MATTIA PRETE dit il CAVALIERE CALABRESE. Peint fur toile. Haut de 4 . pieds ç. pouces ; Large de pieds le. pouces. Figures jufqu’aux genoux, de grandeur naturelle. Il eft dans fon habit pontifical tenant fa croix de la main droite, & foutenant de l’autre, un bout de là chape devant lui ; il a les yeux élevés vers le ciel : c’eft un moment d’invocation. On voit un Prêtre affiliant derrière lui, & quelques auditeurs. Des arbres & un bout de ciel forment le fond, Ce Tableau eft d’un caractère mâle, & d’une forte expreffion. TROISIEME FAÇADE . N.° 79. Planche vm! LE TOMBEAU DE JESUS-CHRIST, PAR ANDRÉ S Ç H IA V ONE ANDREA SCHIAVONE Peint fur toile. Haut de 4 . pieds 6. pouces ; Large de pieds 6. pouces. Figures jufqu’aux genoux, de grandeur naturelle. Le Corps de Jefus-Chrifl à demi-couvert du linceul, eft foulevé d’un côté par un Ange, & de l’autre par Jofeph d’Arimathie. 1 . ; . 9 m SECONDE TROISIEME FAÇADE. N? 80. Planche vinï . . UN GARDE-MANGER, PAR FRANÇOIS S N T D E R S* Peint fur toile. Haut de 4. pieds 10. pouces; Large de 6 . pieds j. pouces, figure humaine, de grandeur naturelle. Sur une grande table pofée dans un garde-manger, & couverte d’un tapis rouge, on voit étalé du gibier, des fruits, des légumes, une écrévifle de mer, un cocq & une poule vivant &c. Derrière cette table un jeune homme femble fouftraire furtivement des raifins d’un panier. Un chat blanc tacheté de jaune, qui eft fur la table, femble épier le montent d’attaquer quelque pièce de la provifion; & un chien, dont la tête fort de deffous la table, vient flairer celle d’un chevreuil qui pend en avant. Le fond du Tableau eft brun, il eft très-bien compofé, peint largement & d’une grande vérité. On prétend que la figure du jeune homme eft de Rubens. ' Sur cette pièce eft écrit : F : Snyders fecit. SALLE. 19 TROISIEME FAÇADE. ' N? 81. Planche vin? MARS & VÉNUS SURPRIS PAR VULCAIN EN PRÉSENCE DES DIEUX, PAR MARTIN HEMSKERK. Peint fur bols. Haut de ç. pieds 1. pouce; Large de 8. pieds 3. pouces. Figures entières , de grandeur naturelle. Mars & Vénus couchés fur un lit, tous deux ntfs, & fans couverture, fe trouvent furpris pendant leurs embraflements: Vulcain jette fur eux le filet de métal, en préfence des Dieux & des Déeffes, qu’il a appellés, pour Ÿ être témoins de fa difgrace, & de fa vengeance. Un Cyclope, tenant d’une main un des bouts du filet, foulève de l’autre les rideaux du lit. L’amour fait ici une mauvaife garde, il dort profondément au milieu du bruit, couché fur les habits des amants, la cuirafîe de Mars lui fert d’oreiller. Ce Tableau, d’un ancien Maître, eft recommandable par fa compofition en général, par des beautés de détail, & par le beau fini; il eft à la vérité traité féchement, & fans grâces, mais il faut l’attribuer à la manière du tems où il a été peint. 20 SECONDE SALLE. TROISIEME FAÇADE . ÎN.° 82. Planche vin! LE PORTRAIT EN PIED D’ANDRÉ VAN ERTVELT PEINTRE DE MARINES, PAR ANTOINE V A N D T C K. Peint fur toile en 1652. Haut de pieds 6. pouces ; Large de 7. pieds 1. pouce. Figure entière, de grandeur naturelle» Le Peintre eft dans fon atelier , affis fur une chaife , vis-à-vis d’un tableau de Marine, auquel il travaille : mais il regarde dans le moment de côté, comme s’il écoutoit quelqu’un, ce qui lui fait préfenter la face aux fpe&ateurs. Son habillement eft un pourpoint violet, un haut-de-chaulfe, & des bas de couleur pourpre - foucé : le manteau, de même couleur, eft replié fur le bras & fur le genoux. Sa tête fans chapeau, laide voir des cheveux noirs & très - courts. Il a l’épée au côté, quoiqu’affis & travaillant. Une fenêtre ouverte, & qui éclaire la chambre, laide voir au dehors une tempête fur mer, ce qui fournit juftement le fujet du Tableau auquel Van Ertvelt travaille. Un chien barbet, gris tacheté de brun, eft couché fur le plancher de la chambre & regarde fon maître. La tête de ce Portrait eft d’une grande vérité. TROISIEME FAÇADE . 'N? 83. Planche vin!; UN CHRIST, PAR LE MÊME. Peint fur toile. Haut de 3. pieds 4. pouces ; Large de 2. pieds 1. pouce. Figure entière, tiers de nature. eft le moment où le Chrift meurt & où le foleil s’éclipfe. Les foldats employés au crucifiement fe retirent déjà vers la ville de Jérufalem, qu’on voit dans le lointain. Tous les objets font couverts de l’obfcurité que caufe l’éclipfe ; le Corps du Chrift refte feul éclairé d’une lumière furnaturelle ; ce qui fait qu’on en diftingue toute la beauté, & l’énergie de l’expreffion. SECONDE TROISIEME FAÇADE. N? 84. Planche vm? S". ROSALIE PORTÉE AU CIEL PAR DES ANGES, faifant pendant du précédent , PARLE MÊME Peint fur toile. Haut de 3. pieds 7. pouces ; Large de 2. pieds 7. pouces. Figures entières, demi - nature. Plufieurs Anges, élèvent enfemble la Sainte en l’air; un deux s’approche pour placer fur fa tête une couronne de rofes. Elle eft dans l’habillement de fon Ordre, avec une # draperie jaune par delfus. Elle lève la tête & les yeux vers la gloire qui l’attend. Le fond du Tableau eft un payfage. TROISIEME FAÇADE . N.° %s. Planche vin? APPARITION DE LA S*. TRINITÉ, ET DE LA S te . VIERGE, A S te . ROSALIE, PAR LE MÊME Peint fur toile. Haut de 3. pieds 7. pouces ; Large de 2. pieds 7. pouces. Figures entières, demi - nature. Sainte Rofalie, en habit de fon Ordre, eft à genoux, les mains croifées fur fon fein : La S te . Vierge la préfente à la feinte Trinité : des Anges en l’air répandent des fleurs fur elle ; & l’un deux eft prêt à pofer une couronne de rofes fur fa tête. Le fond du Tableau eft ciel & payfage. 1 C ? 22 SECONDE SALLE. TROISIEME FAÇADE . N.° 86. Planche vm! UN SABBAT, PAR FRANÇOIS FRANCK , dit le VIEUX. Peint fur bois. Haut de i. pied 3. pouces; Large de 2. pieds 1. pouce. Petites figures entières. i eft une fingulière & jolie petite compofition, où le Peintre a repréfenté tous les objets & les preftiges que les elprits foibles racontent de la forcellerie. Parmi les femmes qui fe livrent au Sabbat, on en voit quelques-unes de jolies, fur-tout une qui eft prête à fe deshabiller. La chambre où fe trouve cette aiïemblée n’eft proprement que le lieu de préparation: elle eft remplie de tous les inftruments & ingrédients de forcellerie: on y fait des conjurations, on y prépare les corps des Adeptes ; & l’on voit partir par la cheminée ceux qui font préparés. Une fenêtre de la chambre, qui eft ouverte, laiffe appercevoir, dans l’éloignement, le lieu où doit fe tenir le Sabbat; il eft en plein air, non loin d’une potence & pendant une nuit claire : une partie des initiés y eft déjà arrivée. TROISIEME FAÇADE. N° 87. Planche vnf. LE PORTRAIT D’UNE JEÛNE FILLE, PAR ANTOINE SCHOONJANS. Peint fur toile. Haut de 1. pied 7. pouces; Large de 1. pied 4. pouces. Demi * figure, de grandeur naturelle. Cette jolie petite fille, vêtue d’une robe d’étoffe grife, tient devant elle fur une main un oifeau, auquel elle donne une cerife à manger. Elle eft coëffée en cheveux, qui font blonds & ornés d’un bouquet de fleurs d’oranges. Le fond du Tableau eft d’archite&ure grife, avec une échappée de vue fur le côté. Ce Portrait gracieux eft touché avec efprit & d’une belle fonte de couleurs. * '.i—■.^■s===£=s^ h O SECONDE SALLE. * 23 TROISIEME FAÇADE . N.° 88. Planche vmî LE MARTYRE DE PLUSIEURS CHRÉTIENS. PAR ALBERT DURER. Peint fur bois en i ç o g. Haut de j. pieds i. pouce ; Large de 2. pieds 9. pouce*. Petites figures entières. On voit dans ce Tableau, des Chrétiens de tout âge & de tout état livrés à nombre de bourreaux, & de fatellites qui leur font fouffrir les tourments & la mort de toutes les manières poffibles. Un Tyran d’Alie qui fe trouve à cette fcène fanglante à cheval & entouré de fes gardes, paroit commander cette affreufe exécution. 1 L’Artifte s’eft peint lui-même dans ce Tableau, accompagné de Bilibalde fon ami, tous deux dans l’habillement Européen de leur tems & dans une attitude tranquile, quoique placés au milieu du carnage, dont ils font témoins, ce' qui fait une dilparate infoutenable. Ce Tableau eft pourtant recommandable par la touche fine & délicate de pinceau, & fur-tout parce qu’il eft du père de l’Ecole allemande. TROISIEME FAÇADE. N° 89. Planche vin! UN PAYSAGE ORNÉ DE FABRIQUES ET DE FIGURES, PAR NICOLAS B ER G REM. Peint fur toile. Haut de j. pieds $. pouces ; Large de 2. pieds H. pouces» Petites figures entières. Ce payfage, dont le moment eft une belle foirée d’Eté, préfente, fur le devant à droite, les ruines d’un elpèce d’amphithéâtre, derrière lefquelles coule une rivière, qui prend delà fon cours à la gauche, au pied d’un beau coteau garni de fabriques, de bâtimens modernes & de bocages : des montagnes dans le lointain terminent l’horizon. Quantité de figures d’hommes & d’animaux, qui fe trouvent en deçà de la rivière, & proche des hautes ruines de l’amphithéâtre enrichilfent agréablement ce payfage. Le principal groupe eft une halte de chalfeurs qui fe fait juftement auprès d’une troupe de Bohémiens, occupés à faire leur cuifine, en plein air. Un cavalier defcendu de fon cheval, qui eft blanc, interroge une femme de la bande des Bohémiens, qui a un enfant fur le bras. Une Dame reftée fur fon cheval, qui eft Ifabelle , femble écouter la converfation. Les autres chalfeurs avec leurs chiens fe repofent autour de 24 SECONDE SALLE. TROISIEME FAÇADE. leurs maîtres, La troupe de Bohémiens eft vue fur le devant à droite, s’exerçant à des lignes de divination; fur le même plan à gauche, on voit des beftiaux avec leurs pâtres: un payfan appuyé fur le dos d’une vache, converfe avec une payfanne, tandis qu’une autre trait cette même vache. Un pâtre plus éloigné, avec un manteau fur le corps & un bâton à la main, regarde vers la rivière. Sur laquelle on voit un bateau conduit par un batelier, & plus loin un bac, qui paffe des animaux ; toutes ces figures ainfi diverfement diftribuées & mifes en adtion, occupent agréablement le fpedateur. Elles font toutes rendues avec cet efprit, cette finelfe de touche , cette fraîcheur de couleur, & cette entente de clair-obfcur que ce Maître polfédoit fi bien. Le cheval blanc du cavalier eft d’une vérité frappante ; & l’éclat de fa couleur ne fait point tort au refte. A la droite de ce Tableau eft écrit ■■ - . .—.. . ■ - - TROISIEME FAÇADE. , N.° 90. Planche vm? UN PAYSAGE ORNÉ DE FIGURES, PAR LE MÊME. Peint fur toile» Haut de 2. pieds 7. pouces; Large de pieds }. pouces. Petites figures entières. Il offre à la gauche un vallon agréable, dont on ne voit qu’un côté. Une petite rivière coule au milieu en ferpentant jufque vers le fond du payfage, qui eft terminé, à perte de vue , par une chaîne de montagnes, fur le premier plan du fite, à droite, on voit une montagne taillée à pic de roc couverte de verdure, & enrichie de ruines & de fabriques antiques, entre lefquelles on en diftingue une fur le devant ornée d’un grand bas-relief. Cette montagne s’étend dans le lointain, de la droite à la gauche en s’abbaiffant peu-à-peu, 8c forme un rivage efcarpé à la rivière qui la côtoyé. Partout on voit des arbres & des arbuftes chargés de verdure, tels que la faifon du Printems & une fraîche matinée, par un ciel pur, peuvent les préfenter. Cet agréable payfage eft animé par nombre de figures en aftion, & toutes placées de la manière la plus naturelle. Le principal groupe qui eft fur le devant, repréfente une halte d’un boucher avec fa femme, qui le défaltèrent tous deux à une fontaine. La femme montée fur ■j ■u.- N'"* SECONDE SALLE. 2 $ TROISIEME FAÇADE. fur un cheval blanc, ayant fon bagage en croupe, tient à la main une talfe qu’elle renverfe après en avoir fait ufage. Le cheval eft dans la l’attitude de piffer; & l’homme en avant à pied, eft occupé à boire dans fon chapeau. Près d’eux, plus avant, on voit un âne chargé de deux petits veaux, attachés & placés dans des paniers ; quelques moutons & deux chiens de boucher, faifant partie de la petite caravanne, achèvent ce joli groupe qui enrichit fingulièrement le Tableau. À une petite diftance delà font quelques pâtres en converfation. Plus loin encore, on voit un troupeau de vaches qui palfe la rivière à gué, conduit par un homme & une femme. Ce Tableau du côté de la compofition, de l’ordonnance, & de l’effet, eft encore plus intéreffant que le précédent. •K — TROISIEME FAÇADE. N.° 91. Planche vin! UNE JEUNE FILLE SE VOUANT AU MARTYRE, PAR PAUL VERÙNESE. P A O L O VERÙNESE. Peint fur toile. Haut de 4. pieds 4. pouces ; Large de 5. pieds 7. pouces. Figures entières , environ demi-nature. Elle eft vêtue d’une robe bleue, fur laquelle paffe un grand voile grifâtre qui, de la tête, lui defcend le long du corps. Elle eft à genoux fur le marche-pied d’un autel, le corps incliné dans une attitude humble ; une main devant fa poitrine, & l’autre de côté, en figne de réfignation. Une matrone debout, derrière elle, qui paroit être fa mère , couverte depuis la tête jufqu’aux pieds d’une mante rouge , fous laquelle on voit une tunique vert-changeant, la préfente à l’autel, & femble, par fon gefte, l’engager aux vœux qu’elle doit faire: elle tient en main un rameau de palmier. Un Prêtre en habit làcerdotal du rit grec eft debout devant l’autel, montrant à la jeune profély te un rameau de palmier, & lui préfentant un anneau de fer ; à côté de l’autel, un jeune Acolyte à genoux porte un cierge allumé, & tient un encenfoir. II tourne la tête pour regarder un petit chien qui eft derrière lui-. Le fond du Tableau préfente l’architecture d’une Eglife. Cette compolition eft tout à la fois gracieufe & pleine de dignité. D 2Ô SECONDE SALLE. TROISIEME FAÇADE. TROISIEME FAÇADE. N.° 92. Planche vm? PORTRAIT D’HOMME, PAR DIEGO VELASQUEZ. Peint fur toile. Haut de 1. pied 7. pouces ; Large de 1. pied ;. pouces. Bulle, de grandeur naturelle. Il eft vu prefque de face: la tête découverte, fes cheveux noirs defcendent négligemment fur fes épaules. Il porte la mouftache fous le nez, & le toupet au menton ; fon habillement eft un pourpoint brun, fous lequel on voit le collet de la chemife rabattu. / t li 1 J. "g* 1 '■P'", -.'l-.' .'Bgy—■—t- 1 '.'- >—»■•■= fl H N.° 93. PI anche vin? PORTRAIT D’HOMME, N.° 94, & 9 y. Planche viii! PORTRAITS D’UN VIEILLARD ET D’UNE VIEILLE. PAR MICHEL ANGE DE CARRAVAGE. MICHEL ANGELO DA CARRAVAGGIO. Peints fur toile. Hauts de 1. pied 10, pouces; Larges de 1. pied 6 - pouces. Bulles, de grandeur naturelle. Le Vieillard a la barbe grife ; il eft vu de face, & a la tête un peu inclinée en avant. Son vêtement reflèmble à celui d’un Juif Arménien, ayant fur la tête une calotte noire recouverte d’une efpèce de turban, & fur le corps un manteau de pelilfe de 'couleur grifâtre , agrafé fur la poitrine par un bouton de pierreries ; fous ce manteau, on voit le collet d’une camifole rouge, & celui de la chemife. PAR TITIEN V E C E LIE TI TI AN O VE CEE LE Peint fur bois. Haut de 1. pied 7. pouces; Large de 1. pied j, pouces. Bulle, de grandeur naturelle. Il fe préfente de profil , avec les cheveux courts & une longue barbe rouffe; fon habillement eft une robe noire, avec un manteau grifâtre par delfus, & une petite fraife autour du cou» La Vieille eft vue de profil, la tête inclinée, & les yeux baillés. Elle eft coëffée d’un linge rayé, ajufté en manière de bonnet; fon corps eft couvert d’une pelilfe à manches de couleur rougeâtre, fous laquelle on voit le haut d’un corfet gris & le collet de la chemife. Son cou eft orné d’une chaîne d’or allez grolfe, à laquelle pend un portrait. Ces deux Tableaux font d’une touche large & bien fondue. Pour le ton de couleur & pour le clair-oblcur, ils rappellent les effets des Tableaux de Rimbrand. 9 SECONDE TROISIEME FAÇADE. N.° 96. PI anche vm? L’ANN ON CIAT. DE LA S'«. VIERGE, PAR NICOLAS POUSSIN. Peint fur bois. Haut de x. pied ç. pouces ; Large de r. pied 2 . pouces. Petites figures entières. La S te . Vierge, vêtue d’une tunique rouge, & d’un grand voile jaunâtre qui lui defcend de la tête fur les épaules & les bras, eft affife fur un grand carreau d’étoffe bleue pofé fur une efpèce d’eftrade. Elis témoigne par fon attitude une réfignation entière à la volonté de Dieu. L’Ange Gabriel, vêtu d’une robe blanche, eft vis-à-vis d’elle, & lui annonce fa million. Au deffus de la tête de la Vierge, on voit le Saint -Efprit qui defcend fous la forme d’une colombe. Un livre ouvert pofé fur l’eftrade, à côté de la Vierge, indique qu’elle étoit occoupée à la prière, avant la venue de l’Ange. Un grand rideau verd fufpendu en l’air, s’étend derrière l’eftrade, & fait la plus grande partie du fond du Tableau, 4 TROISIEME FAÇADE. n: 97. pi anche vm! LA NATIVITÉ DE JESUS-CHRIST, pendant du précédent. P A R LE MÊ ME. Eî ayant les mêmes dimenlions, L Enfant Jefus qui vient de naître dans l’étable, eft couché dans la crèche, fur une draperie bleue, qui eft le manteau de la S te . Vierge, dont elle s’eft dépouillée pour cet ufage. Elle eft à genoux devant la crèche, le corps & la tête penchés vers le nouveau né qu’elle confidère avec une fainte tendrelfe. Son vêtement eft une robe cramoifie, avec une draperie blanche, qui lui couvre à la fois la tête & la poitrine. Saint Jofeph, vêtu d’une tunique jaune, eft debout derrière elle; il regarde attentivement l’Enfant divin. On voit dans le fond de l’étable le bœuf & l’âne. Ces deux Tableaux paroiffent être des premières productions du Poussin , dans lefquelles pourtant on apperçoit fon grand génie. * 28 SECONDE SALLE. TROISIEME FAÇADE . N? 98 . Planche vin! UN ENFANT JOUANT AVEC UN OISEAU, PAR LE GUIDE G U I D 0 R E N I. Peint fur toile. Haut de 1. pied g. pouces; Large de 1. pied 11. pouces. Figures entières, de grandeur naturelle. Jl eft nu, couché fur un lit couvert de draps blancs: fon dos & fa tête font appuyés fur des couffins blancs : il tient un fil auquel eft attaché un chardonneret qui vole, & qui eft l’objet de toute fon attention. Le fond du Tableau eft le rideau même du lit qui eft de couleur violette. Ce morceau eft très - gracieux : il eft peint d’une manière vague & tranlparente. Il eft du bon tems de ce Maître. TROISIEME FAÇADE . N° 99 . Planche vm? UN ENFANT ENDORMI, fa if a nt fendant du précédent , PAR CHARLES M A R A T T E. CARLO M A R A T T I. Peint fur toile. Haut de 1. pied 9. pouces ; Large de 2. pieds 1. pouce. Figure entière, de grandeur naturelle. ïl eft couché en plein air fur une draperie blanche changeante, & dort profondément. On voit au - delfus de fa tête un bout de draperie bleue fervant de rideau. Le fond du Tableau eft un payfage, qui n’eft qu’efquiffié. Ce morceau peint largement , fait une jolie étude de deffin & de carnation. e 0 CATALOGUE RAISONNÉ ET FIGUR*É“ DES TABLEAUX dm ’jljL :rjcje mj.mcdo31^li.je :dm dvss-jex.doxli't TROISIEME SALLE DITE DES ITALIENS. Hechel A •/ùajil.tjjy et- ?e( LA COMPOSITION Sis®* Mi a» psg* TROISIEME SALLE. i PREMIERE FAÇADE . N.° ioo. Planche ix! JESUS EN CROIX, PAR DOMINIQUE Z A N E T T I. DOMENICO Z A NET TI. Peint fur tcile. Haut de io. pieds 4. pouces ; Large de 6. pieds 6. pouces. Figures entières, de grandeur naturelle. Le Chrift eft expiré, les fymptomes de la mort font exprimés par la pofition de fon corps, abandonné à fon propre poids & penché en avant. La S te . Vierge, S*. Jean & les S tes . Femmes, font au pied de la croix, regardant le Sauveur , dans des attitudes différentes, & tous avec l’expreffion de la plus vive douleur. Des Anges en l’air, autour de la croix, font pénétrés du même fentiment. Jofeph d’Arimathée, qu’on ne voit ici qu’en partie, fe trouve fur un plan plus éloigné; on apperçoit confufément dans le lointain, la ville de Jérufalem. La Vierge eft aflife en avant fur une roche, fur laquelle elle appuie les mains jointes, & tourne douloureufement la tête du côté du Chrift: fon habillement eft une robe couleur incarnat, affujettie par une ceinture , & fur laquelle eft jettée une bande de draperie bleue, qui couvre en même tems fa tête, en manière de voile. S'. Jean eft debout près de la croix, PREMIERE FAÇADE . vu de côté : il eft vêtu d’une tunique verte & d’une grande draperie rouge par deffus : il tend les bras vers le Sauveur, auquel il femble adrefier fes cris & fes gémiffements. Cette figure eft la plus faillante, & même la plus exprefïive du Tableau; Marie Madeleine eft à genoux, au pied de la croix, les mains croifées fur fa poitrine, la vue fixée fur le Chrift ; elle a une robe blanche, avec une draperie jaunâtre par deffus; l’autre Marie vêtue d’une robe violette, avec une draperie de même couleur fur les épaules, eft debout plus en arrière; elle embralfe la croix d’une main, & élève l’autre vers le Chrift, où fe portent auffi fes yeux baignés de larmes. Ce Tableau, touché d’une manière vague, & cependant hardie, eft en général frappant pour l’expreffion & pour l’effet ; la compofition en eft heureufe, & le deffin fort correct. Le Corps du 'Chrift, fi difficile à traiter dans % cette pofition, a fourni à l’Artifte l’occafion de déployer fon habileté dans la perfpeétive du raccourci. Les figures font éclairées d’une lumière douce, qui, perçant les nuages qui couvrent la fcène , occafionne de beaux accidents de lumière. On a parlé d’avance de ce Tableau , en décrivant celui du N°. y 1. repréfentant le Père Eternel, du même peintre. A 2 TROISIEME SALLE. PREMIERE FAÇADE. PREMIERE FAÇADE. Nfioï. PI anche ix? LES PÈLERINS D’EMMAÜS, PAR LUCAS JORDANE. LU CA G10 RD A NO. Peint fur toile. Haut de 4. pieds 4. pouces ; Large de 6 pieds. Figures jufqu’aux genoux , de grandeur naturelle. Jefus-Chrift devenu tout-à-coup invifible, difparoît de la chambre où fe donne le repas : les deux difciples encore à table, paroiffent étonnés de cet évènement miraculeux: un troifième perfonnage, que l’on voit debout, derrière les difciples, eft vraifemblablement l’hôte de la maifon. 0 Ce Tableau eft peint dans la manière de l’Elpagnolete. * -' ■ N.° 102. Planche ix* LE CORPS MORT DE JESUS-CHRIST PORTÉ SUR DES NUAGES. PAR HTACINTHE BRANDI. G I A C I N T 0 BRANDI. Peint fur toile. Haut de 4. pieds 8. pouces ; Large de 4. pieds 11. pouces. Figures entières, de grandeur naturelle. Le Corps du Chrift eft vu en raccourci, couché fur des nues: une draperie violette & une blanche, couvrent fes cuifles; un Ange placé à fa gauche, l’adore, ayant les mains jointes. On voit auffi dans la même attitude d’adoration, S*. Antoine dePadoue, & S‘. François d’Aflîfe : celui-ci foutient d’une main celle du Chrift. Ces trois figures n’ont qu’une partie du corps dans le Tableau. Ce morceau eft fingulièrement recommandable par la perfpeclive du raccourci, la correétion du deflin, & l’étude des mufcles. TROISIEME SALLE 3 PREMIERE FAÇADE. N? 103, Planche ixf DANAË RECEVANT LA PLUIE D’OR, PAR ANTOINE B E LU Ç C I. ANTONIO B E L U Ç C I. Peint fbr toile. Haut de 8 pieds 1. pouce ; Large de f. pieds n. pouces, Figures entières, de grandeur naturelle. Danaë repofe fur un lit magnifique, dont la couverture eft d’un velours pourpre, & l’oreiller d’un velours bleu : fon corps eft nu, excepté le haut des cuilfes, qui eft recouvert d’un coin de la couverture du lit; elle fe foulève, en s’appuyant fur une main, & en tendant l’autre vers la pluie d’or prête à tomber fur elle ; c’eft aufli vers cette pluie féduifante que fes yeux & toute fon attention fe portent. Une vieille femme aux pieds du lit, vêtue d’une robe brun- clair, avec une draperie de même couleur, étend devant elle une efpèce de tablier, pour y recevoir la pluie d’or. Trois amours qui defcendent avec cette pluie, folâtrent en l’air : un d’eux fe lailfe tomber malicieufement dans le tablier de la vieille, & un autre eft occupé à retroulfer une partie du rideau du lit de Danaë. 1 Ce Tableau eft gracieufement compofé, & d’un coloris chaud. PREMIERE FAÇADE. N? 104. Planche ix! L’APPARITION DE JESUS-CHRIST A LA MADELEINE, ou le Noli me tangere> PAR FRÉDÉRIC B A R 0 C H E. FEDERICCO BAROCCI. Peint fur toile en i ç 9 o. Haut de 8 pieds ; Large de ç. pieds 10. pouces. Figures entières, de grandeur naturelle. Le lieu de la fcène eft la grotte où fe retiroit fainte Madeleine ; une ouverture de cette grotte laifte voir dans le lointain un payfage avec une Eglife. Jefus - Chrift eft debout devant la Sainte, à laquelle il femble parler. Il eft vêtu, d’une ample draperie verte, fous laquelle on en voit une rouge & une blanche. Ces draperies, jettées Amplement fur le corps, îaiftènt voir à nu l’épaule & le bras droit, ainfi que la jambe gauche, pofée fur un degré. Madeleine, aux genoux du Sauveur, le regarde & l’écoute avec attention, ayant la tête appuyée fur la main gauche ; fes cheveux font épars & dans l’état naturel : fon habillement, quoique très-riche, eft négligemment arrangé fur fon corps; c’eft A 2 4 TROISIEME SALLE. I PREMIERE FAÇADE. un grand manteau de brocard d’or, qui, mis fur l’épaule droite , defcend le long du dos, & couvre le bas du corps, en traînant à terre; elle porte fous ce manteau une efpèce de corps de jupe dont les manches retroulfées font blanches. Ce Tableau eft un des plus beaux de cette Galerie, & en même tems un des meilleurs qu’ait fait ce grand Maître: on y trouve les principales perfections qui le caractèrifent : la correction du deffin, la fraîcheur du coloris, & la finelfe de touche. On lit à la gauche écrit en lettres d’or. FED. BAR. VRB. M. D. X. C. « fc. ■ --—.. PREMIERE FAÇADE. N.° ioy. Planche ixf UNE FEMME ENDORMIE, Pièce emblématique qui défigne la Vanité. PAR CHARLES M A R A T T E. CARLO M A R A T T T. Peint fur toile. Haut de 4. pieds 6 . pouces ; Large de j. pieds 1. pouce. Figures entières , petite nature. Un groupe d’arbres fur le devant donnant un ombrage frais & agréable, des montagnes enrichies de fabriques antiques & qui vont fe perdre dans le lointain, une rivière rapide qui fe précipite en divers endroits par cafcades, compofent le lieu de la fcène & le fite du payfage. Une belle femme repofe mollement au pied de ces arbres, fur un lit de mouffe, couvert d’un drap blanc, d’une couverture bleue, & d’un couffin rouge. Elle eft couchée, foutenant du bras droit fa tête renverfée en arrière, & tenant des fleurs de la main gauche : l’autre bras étendue le long de fon corps. Elle eft nue, à l’exception des cuiffes & du bras gauche, qui fe trouvent couverts en partie, de la couverture, & du drap. On voit aux pieds de cette femme, un amour qui fe joue avec une chaîne d’or & d’autres bijoux, qu’il tire d’un baffin d’argent & d’une caffiette, qui font à côté TROISIEME SALLE. r PREMIERE FAÇADE. de lui. Deux autres amours attachent aux branches des arbres une tenture d’une ample draperie couleur gorge- de-pigeon. Un autre amour tient une couronne de rofes fufpendue fur la tête de la femme. Près du lit eft un vafe en calfolette, d’où s’exhalent des parfums : fur le devant font jettées des fleurs fanées, & une tête de mort. Ce Tableau qui paroit être d,u premier tems de ce Maître, eft d’une eompofition gracieufe. On croit que le payfage, qui eft fort beau, eft de Francesco Bolognese. « X .!'—. PREMIERE FAÇADE . N.° 106. Planche ix! SAINT PAUL PREMIER HERMITE, PAR SALVATOR ROSE. SALVATOR R O S A. Peint fur toile. Haut de 4. pieds 10. pouces ; Large de pieds 4. pouces. Figures entières, petite nature. Le Saint, placé dans une grotte, eft repréfenté nu, n’ayant qu’une natte liée à la ceinture: il eft à genoux fur la pointe d’une roche, dans l’attitude d’un homme en prière, levant la tête & les yeux vers le ciel, portant une main fur fa poitrine, & tenant de l’autre un crucifix. Plus haut, fur le roc, font des livres & une tête de mort: d’autres livres font étalés à terre fur le devant. Ce Tableau eft traité dans le ftyle de l’Efpagnolete & unit le mérite d’un bon original à celui d’une belle imitation. A 3 6 TROISIEME SALLE. PREMIERE FAÇADE. N.° 107. Planche ixï LE MASSACRE DES INNOCENTS PAR JOSEPH MARIE CRESPI furnommé L’ESPAGNOL. GUISEPPE MARIA CRESPI dit il SPAGNUOLO. Peint fur toile. Haut de 4 pieds 8 - pouces ; Large de 6 . pieds 6 . pouces. Figures entières, un cinquième de nature. Le lieu de la fcène eft une place publique ornée d’édifices des deux côtés , dont celui qui frappe de plus près à droite, eft le palais d’Hérode : il eft terminé dans le fond, par une terraffe & un pont, fur lequel eft un obélifque : la vue s’étend au delà fur un payfage montagneux enrichi de fabriques. Au milieu de cette place s’élève une colonne tronquée , au haut de laquelle eft placée la figure d’un lion à double tête. C’eft dans l’enceinte de cette place que fe paffe principalement l’horrible aétion du mafiàcre, en préfence d’Hérode, qu’on voit affis fur le perron de fon palais. Nombre de fatellites à pied & à cheval, font déjà répandus de toutes parts: ils fè jettent fur les jeunes victimes, qu’ils arrachent du fein de leurs mères, & les malfacrent impitoyablement entre leurs bras: ils les pour- fuivent au loin fur le pont & devant les maifons qui PREMIERE FAÇADE . l’avoifinent. On ne voit par-tout que fang & carnage. Les ombres des jeunes innocens déjà immolés font vues en l’air, montant au ciel, & tenant chacune une palme. Il eft fâcheux que ce Tableau ait fouffert : La compofition en eft pleine de feu & d’aétion ; & le deffin des plus correéts. O TROISIEME SALLE. SECONDE FAÇADE. N.° 108. Planche xf. L’ASSOMPTION DE LA S te . VIERGE, PAR CHARLES C I G N A N I. CARLO C I G N A N I. Peint fur toile. Haut de ig. pieds 9. pouces; Large de iç. pieds 3. pouces. Figures entières, forte nature. La Vierge eft élevée au milieu d’une gloire & d’un chœur d’Anges & de Chérubins, ayant la tête levée & les bras ouverts vers le ciel, dans l’expreffion d’une vive & pure allégreffe. Elle eft aflife fur des nuages, que des Anges foutiennent, tandis que d’autres répandent des fleurs à l’entour. Elle eft vêtue d’une robe rouge fur laquelle eft jettée une ample draperie bleue, qui, du dos pafle fur le devant du corps & en partie autour du bras droit. Les Apôtres font à terre autour de la tombe, dont deux foutiennent la pierre : ils font faifis d’étonnement & d’admiration : les uns debout, regardent la Vierge, qui monte au ciel} les autres à genoux, ont les yeux fixés dans la tombe, paroifîànt y chercher la conviction du grand miracle, qui vient de s’opérer. SECONDE FAÇADE. Ce Tableau eft un des plus grands & des plus beaux qu’ait fait Cignani : on y trouve toutes les qualités qui diftinguent les bons ouvrages de ce Maître : fertilité de génie, favante compofition, correction de deflin, art des draperies , fraîcheur de coloris , & fur - tout noblefle d’expreflion. La figure de la Vierge eft d’un caractère fublime. Voyez l’anecdote fur ce Tableau au N°. 288. ===> * 8 TROISIEME SALLE. SECONDE FAÇADE . N.° 109. Planche x! LA DESCENTE DÉ CROIX, PAR LUCAS J 0 RD ANE* LUCA GIORDANO. Peint fur toile. Haut de g. pieds 2. pouces; Large de 12. pieds ç. pouces. Figures entières, de grandeur naturelle. Le Corps de Jefus-Chrift détaché delà croix, & prefque descendu jufqu’à terre, eft foutenu par Jofeph d’Arimathée & par un autre affiliant, tandis qu’un troifième, encore fur l’échelle, le retient par un bras; S te . Madeleine, vêtue d’une robe bleue & d’une draperie jaune, eft à genoux auprès des pieds du Sauveur, qu’elle effuie avec un linge. On voit dans le coin, à gauche, un homme agenouillé, qui ramafle les tenailles, les clous & le marteau; fur un plan plus éloigné , eft S*. Jean qui s’approche avec empreflèment du corps de Jefus ; & derrière lui, à l’entrée d’une grotte , eft la S“. Vierge qui, fuccomhant à fa douleur, tombe évanouie entre les bras de deux femmes ; fon vêtement eft une robe rouge, avec un manteau bleu, & un voile jaunâtre. La croix eft entourée d’une lumière célefte, & de nuages tranlparents, qui femblent fuivre le corps de Jefus-Chrift, & d’où fortent quelques Anges en SECONDE FAÇADE . ~ 1 ■ ~ . - - — ■ ■ ^ ~ ——j» pleurs. Une échappée de vue, derrière cette croix, laiffe voir lesfoldats à cheval, qui retournent à Jérufalem. Cette grande compofition eft particulièrement recommandable, par l’expreflion, par l’entente du_ clair-obfcnr, & par la force de la touche. On y remarque principalement la manière favante, dont le Peintre a amené les accidents de lumière, fur le corps du Chrift, & fur quelques figures qui font autour de lui. N°. T10. 1 TROISIEME SALLE. 9 SECONDE FAÇADE. N.° IIO. PI anche xn? LA RESURRECTION DU LAZARE, pendant du précédent , PAR LUCAS J 0 RD A N E. LU C A G I 0 R D A N 0, Peint fur toile. Haut de 8 - pieds 2. pouces ; Large de 12. pieds ç. pouces. Figures entières, de grandeur naturelle. La fcène eft au milieu de quelques ruines d’architecture, d’où commence un payfage montueux & refferré, fous un ciel nébuleux. Le moment eft celui où Lazare étant déjà forti de la tombe, Jefus - Chrift commande qu’on délie fes bandes mortuaires , & qu’on le laiffe aller. Le Sauveur eft vêtu d’une tunique rouge-clair, & d’une grande draperie bleue, qui lui pafte fur le bras gauche & autour des reins. Lazare, en partie couvert de fon linceul, eft agenouillé, vis-à-vis de Jefus-Chrift, qu’il contemple, & auquel il tend les bras: fa fœur Marthe le foutient, & le regarde avec tendrelfe : l’autre fœur eft à genoux près du Sauveur : fon attitude exprime fa reconnoilfance : faint Pierre eft derrière lui, témoignant de l’admiration. Un jeune enfant placé de côté eft faifi de frayeur. A la gauche 0 SECONDE FAÇADE, du Tableau, on voit un homme qui a levé la pierre de la tombe, qu’il foutient encore, & qui tourne la tête, comme pour éviter l’odeur du cadavre rendu à la vie ; plusieurs autres affiftans , dans différentes attitudes témoignent l’étonnement & l’admiration. Sur le devant un chien aboie contre Lazare. b * Ce Tableau eft du même mérite que le précédent. : ~V «• i > IO TROISIEME SALLE. SECONDE FAÇADE. N? Jii. Planche x! AGRIPPINE SAUVÉE DU NAUFRAGE, PAR CHARLES LOT H. CARLO L 0 T H. Feint fur toile. Haut de ç. pieds S- pouces; Large de io. pieds 4, pouces. Figures entières, de grandeur naturelle. Agrippine eft rapportée mourante fur le rivage, deux hommes la foutiennent par le dos & par les jambes. Son médecin eft à côté d’elle parodiant lui parler; quelques guerriers qui l’entourent, & d’autres placés en avant, au haut du rivage, font occupés de l’évènement funefte arrivé à la mere de Néron, & leur air fait penfer qu’ils peuvent en être les complices. On voit derrière ceux-ci, une femme debout, portant fon enfant fur fes bras, laquelle femble fe trouver là par hazard ; elle regarde la fcène avec une forte de curiofité. Le fond du Tableau eft la mer, fur laquelle on voit un petit vaifleau monté de quelques hommes, on doit croire qu’il faifoit convoi à celui d’Agrippine, qui a été fubmergé. Dans le lointain on apperçoit une pointe de terre, avec un port & une ville; c’eftMicêne, d’ou Agrippine étoit partie dans le vaifleau préparé pour la faire périr. Ce Tableau s’eft confervé fans noircir, contre l’ordinaire de ceux de ce Maître. Il peut d’ailleurs être mis au rang de fes meilleurs ouvrages. SECONDE FAÇADE. N.° 112. Planche xié- L’ANNONCIATION, PAR JACQUES ROBUSTI , dit le TINTORET. GIACOMO ROBUSTI, dit il TINTORELLO. Peint fur toile. Haut de ç. pieds ç. pouces ; Large de 9. pieds *, pouces. Figures entières, de grandeur naturelle. La Vierge vêtue d’une robe rouge, avec une draperie bleue, eft à genoux devant fon prié-Dieu, dans une attitude, qui montre fa réfigiiation; elle tourne modeftement la tête de côté, pour écouter l’Ange, qui entre dans ce moment dans fa chambre, & qui lui annonce, avec refpect l’objet de là million: il eft vêtu d’un corfet blanc, d’une robegris-de-lin, recouverte d’une foubrevefte jaunâtre. Le faint Elprit, entouré d’une gloire & d’un chœur de Chérubins , defcend dans la chambre fur la Vierge. Cette chambre décorée de colonnes, & d’une baluftrade, eft ouverte d’un côté , lailfant voir au dehors une partie d’un payfage ; on voit dans l’intérieur outre le prié-Dieu, un panier à ouvrage, pofé à terre, & un grand rideau verd, fulpendu pittorefquement, vis-à- vis du prié-Dieu. Ce Tableau eft d’une compofition Ample & noble, & d’une belle exprefîion; la touche en eft large, moëlleufe, & fraîche de couleur, ( tu II © TROISIEME SALLE. SECONDE FAÇADE. SECONDE. FAÇADE. N? 113. Planch e x! SUSANNE DANS LE BAIN SURPRISE PAR LES DEUX VIEILLARDS, PAR DOMINIQUE ZAMPIERI dit le DOMINIQUAIN. DOMENICO ZAMPIERI dit il DOMINICHINO. Peint fur toile. Haut de 8- pieds j. pouces ; Large de 10. pieds 7. pouces. Figures entières, de grandeur naturelle. L action fe paffe près d’une grande fontaine jailliffante, entourée de degrés & d’une baluftrade, dans un bofquet agréable, qui laifïe voir au deffus de fon feuillage & dans l’éloignement, plufieurs belles fabriques d’architeélure antique. Sufanne déjà fortie du bain, eft affife fur les degrés renfoncés de la fontaine, occupée à s’elfuyer le corps avec un grand linge, lorfque furprife tout-à-coup par les deux Vieillards, elle tourne la tête vers eux, faifie d’une vive frayeur, parodiant jetter des cris aigus : fon premier mouvement eft de ralfembler fubitement, autour de fon corps, le grand linge, en attirant, autant quelle peut, la partie qui pofe encore fur la baluftrade. Le trouble qui agite cette chafte femme fe manifefte par fon air & par fes mouvemens ; on croit l’entendre crier ; dans ce moment, un des Viedlards placé en dehors de la baluftrade avance le corps & les bras vers elle, & tient déjà d’une main fon linge de bain, tandis que de l’autre il l’invite à répondre à fes coupables vœux ; la tête du vieux féducleur exprime la paffion qui l’anime : fon habillement eft une tunique jaune, lur laquelle eft jetté Un manteau bleu : une elpèce de toque lui couvre la tête. L’autre Vieillard, auffi amoureux & plus ardent que fon compagnon, poulie la porte de la baluftrade, pour entrer dans le bain, & s’approcher de Sufanne, la regardant avec des yeux où éclate l’audace du delir. Il eft vêtu d’une tunique jaunâtre, recouverte d’un manteau rouge, agraffé fur les épaules. Rien de mieux compofé & de plus exprefîif que ces trois figures : le Dominiquain a fçu leur donner la vie & caraétèrifer l’état de leur ame. Les parties nues du corps de la femme, outre les beautés de deffin qu’elles développent, montrent encore la fcience du Peintre dans la carnation, qu’il a rendue dans la plus exacte vérité, ayant faifi l’effet des chairs lorfqu’elles fortent de l’eau. On voit fur les degrés, aux côtés de Sufanne, un coffre de toilette, une coupe de criftal, & un vafe en aiguière. Ce Tableau eft généralement du plus beau caractère & de la plus forte expreffion ; il y régné un ton de fuavité qui enchante ; & le tout eft defliné avec la plus grande précifion. B 2 © TROISIEME SALLE. SECONDE FAÇADE. SECONDE FAÇADE. N.° 114. PI anche xnî LE MASSACRE DES INNOCENTS, PAR AN N IB AL CARRACHE. ANNIBALE C A RR A C C I. Peint fur toile. Haut de 5. pieds 8- pouces ; Large de 8. pieds 4. pouces. Figures entières, forte nature. Ce fujet effrayant eft traité ici de la manière la plus fa van te & la plus énergique. On y remarque particulièrement le fpedacle affreux d\m bourreau, qui, après avoir fait une large blellure à la cuiffe d’un enfant, vêtit lui porter le coup mortel. La mère effrayée méprifant le danger, cherche à parer ce dernier coup, en couvrant fori enfant de tout fon corps. Une autre femme à genoux, preffant contre fon feiii Un de fes enfans, fait fes efforts pour en fauver un fécond, qu’ün des boürreaüx tient fulpendü en l’air par une jambe & qu’il effc prêt à percer.' Ces deux femmes font l’ame du Tableau pour l’exprefîion, & on ne peut les confidérer fans frémir. Le même feu & la même force d’action & d’expreffion fe font fentir dans toutes les autres figures de ce Tableau capital; & l’on peut dire que chacune contribue également à imprimer l’épouvante & l’horreur qu’une pareille exécution doit caufer. N° iïy. ' Planche x! LA NAISSANCE D’ADONIS, PAR CHARLES C I G N A N ï. CARLO C I G N AN I. Peint fur toile. Haut de 6. pieds 9. pouces ; Large de ç. pieds. Figures entières, de grandeur riatureilë. Diane accompagnée de deux de fes Nymphes efl affife auprès de l’infortunée Myrrha métamorphofée en arbre; elle tient entre fes bras le jeune Adonis, qui vient de naître de cet arbre, & le préfente à la Dryade, qui doit l’allaiter; celle-ci à gënoux devant la Déeffe, reçoit l’enfànt d’une main, & lui préfente fon fein de l’autre. La Déeffe regarde cet enfant avec affedion, & femble s’en féparer avec peine. Elle a fur fa tête fon croiffant: fon vêtement eft une draperie légère, gris - jaunâtre, fur laquelle eft jettée une autre draperie bleue ; un collier de perles orne fon col. La Dryade a une couronne de feuillage autour de la tête: une efpèce de mante jaune lui palfe fur les épaules & le long du dos jufqu’à terre, & une draperie blanche lui couvre une partie du bras & de la cuiffe gauche. Les deux Nymphes de Diane font debout derrière elle: on voit fur le côté, en arrière, deux Faunes ayant leur flûte à la main, ils regardent avec curiofité l’enfant nouveau - né. Deux lévriers en leffe, placés à côté de Diane, en avant, achèvent la compofition de ce fujet gracieux. * Il TROISIEME SALLE. SECONDE FAÇADE ,. N.° 116. Planche xnî LE REPOS EN ÉGYPTE* PAR PAUL VERONESE . P A 0 LO VERONESE Peint fur toile. Haut de 7. pieds 4. pouces ; Large de ç. pieds 2. pouces. Figures entières, petite nature. Le reposa lieu fous des palmiers, à côté defqüeîs, la vue s’étend librement fur une campagne, couverte de petits bois, & ornée de pyramides & de fabriques Égyptiennes ; ce qui défigne bien le pays où fe palfe ia fcène; oïi voit fous ces arbres une clôture que des Anges arrangent à la hâte. Un d’eux, fufpendu aux branches d’un arbre, jette à terre les fruits, qu’il en a cueillis: un autre, plus bas , ayant rempli un cornet de ces fruits, defcend de cet arbre; & un troisième, que l’on voit à genoux, tout-à-fait en avant, étale le manger aux pieds de la Vierge & de faint Jofeph, affis tous deux fur une roche recouverte d’une nappe, fur laquelle doitfe faire le repas. La Vierge donne affeélueufement le fein à l’Enfant Jefus : elle eft vêtue d’une robe cramoifie, recouverte d’une draperie bleue; & fa tête eft coëffée d’une efpèce de voile grifâtre, qui vient fe croifer fur fa poitrine. Saint Jofeph affis à côté d’elle, SECONDE FAÇADE\ un peu plus bas, regarde l’Enfant; il tient fur fon genou un petit tonnelet, où eft la boiffon ; il eft prêt à en verfer dans une taffe, qu’il tient de la main gauche : fon vêtement eft une tunique rouge. L’âne eft placé derrière la clôture, & le bœuf dont on ne voit que la tête eft placé vis-à-vis. Cette compofition eft charmante, par fa naïveté. On lit fur ce Tableau Éauli Caliari Veronensi Faciebat. Mais on n’y diftingue plus la date de l’année. ■ Ç. N B 3 14 mmst TROISIEME SALLE. SECONDE FAÇADE. N.° il 7 . Planche x? LE PORTRAIT DU PÈRE DU PEINTRE, PAR LUCAS J 0 RD A NE. ' LU C A G I 0 R D A N 0. Peint fur toile. Haut de 4. pieds ; Large de 3. pieds 2. pouces. Figures jufqu’aux genoux, de grandeur naturelle. Il eft peint dans l’habillement fale d’un philofophe Cynique, compofé de haillons en lambeaux; fa tête eft couverte d’une vieille pelilfe ajuftée en manière de turban. Il eft placé debout près d’une table chargée de vieux livres, de papiers, & d’un mauvais encrier: & tient en main un livre ouvert. Le fond eft bran. SECONDE FAÇADE. o Nf 118 . PI anche xii! LE PORTRAIT DU PEINTRE lui-même, pendant du précédent , PAR LE MÊME. Et ayant les mêmes dimeafions. Il eft comme fon père, en habit fale & déchiré, la tête couverte d’un vieux morceau de laine. Il eft aulft debout, appuyé contre une table, fur laquelle font des livres & des papiers: de la main gauche il montre ce qui s’y trouve écrit, & tient élevé dans la main droite un autre papier roulé. Le fond du Tableau eft brun. Ces deux Tableaux font peints dans le goût de l’Efpa- gnolete d’une manière heurtée, ils font parfaitement deffînés. TROISIEME SALLE. o îf SECONDE FAÇADE . N.° 119. Planche x? o UNE SAINTE FAMILLE, PAR JULES CESAR PROCACCINL GIULIO CESARE PROCACCINL Peint fur toile. Haut de,5. pieds; Large de j. pieds 6 . pouces. Figures entières, de grandeur naturelle. La fainte Vierge ayant l’Enfant Jefus afiis fur fes genoux, tient gracieufement une main fur la Tienne, & foutient de l’autre une bande de fon lange: elle tourne la tête vers deux Anges, qui font derrière elle, à fa gauche, & femble leur parler; fon habillement eft une robe cramoifie, fur laquelle eft jettée une draperie bleue : elle eft coëffée en cheveux. Saint Jofeph afîis derrière la Vierge avance la tête par deflus fon épaule pour regarder l’Enfant : Un Ange à genoux à côté de la fainte Famille, préfente un vafe de fleurs rempli de lys & de rofes. Le fond effc un payfage fous un ciel nébuleux. Ce Tableau effc d’une compofition très-gracieufe. SECONDE FAÇADE. N.° 120. Planche xn? UNE SAINTE FAMILLE, PAR FRANÇOIS MAZZUOLA , dit le PARMESAN. FRANCESCO MAZZUOLA , dit il PARMEGIANINO. * Peint fur bois. Haut de 4. pieds 6 . pouces ; Large de 3. pieds 4. pouces. Figures entières, de grandeur naturelle. La fainte Vierge accroupie à terre, tient l’Enfant Jefus couché fur fes genoux, & lui préfente de fa main gauche la mamelle, en le regardant tendrement; celui-ci, fe tenant d’une main à celle de fa mère, pofe l’autre fur fon fein: pendant cette action, il regarde le petit faint Jean, qui debout, à fon côté, lui tient le pied. Ce Tableau eft d’un caractère tout-à-fait aimable & plein de grâces : on y remarque particulièrement là touche délicate, & la fraîcfcteur du coloris : les draperies en font 1 légères, & admirablement jettées. o o O O 16 TROISIEME SALLE. SECONDE FAÇADE. N.° 121. Planche x? UNE SAINTE FAMILLE, PAR ANDRÉ DEL S A RT K ANDREA DEL S A R T 0 . Peint fur bois. Haut de 4. pieds %. pouces ; Large de 3. pieds 2. pouces. Figures entières, de grandeur naturelle. Elle effc compofée de la Vierge, de l’Enfant Jefus, de fainte Elifabeth, du petit S‘. Jean, auxquels font joints deux Anges. La Vierge eft vêtue d’une robe rouge à manches jaunes, recouverte d’une mantille violet-clair, avec une ample- draperie bleue, qui entoure le bas du corps ; une efpèce de bonnet violet-changeant lui couvre la tête; elle eft accroupie à terre, tenant l’Enfant ferré contre fon fein: celui-ci qui eft nu & debout, a un genoux pofé fur celui de fa mère, & l’embralfe des deux mains, en tournant la tête vers le petit S*. Jean, qui eft derrière lui, & qui femble lui porter la parole ; * ce dernier eft foutenu & préfenté par fainte Elifabeth , qui eft à genoux. Le vêtement de cette Sainte eft une robe violette, avec une elpèce de voile blanc, qui lui couvre les épaules, & qui SECONDE FAÇADE. eft noué fur la tête : la croix du petit faint Jean, eft proche de lui. A fes pieds, derrière la Vierge , font deux Anges debout, appuyés Pun contre l’autre; le° premier tient en main une petite flûte. Le fond eft brun. , Ce morceau eft un des capitaux qu’on connoifîe de ce Maître. On y admire particulièrement la grande manière du faire y les grâces de têtes, & la beauté du coloris. N°. 122. 17 TROISIEME SALLE. SECONDE FAÇADE. ■ ■ ..- ■ — - Nf 122. PI anche xii? UNE SAINTE FAMILLE, PAR RAPHAËL. RAPHAËLE S AN ZI0 H V R B I N 0. Peint fur bois. Haut de 4 pieds ; Large de 3. pieds 3. pouces. Figures entières, de grandeur naturelle. Elle eft placée dans un feul groupe, fur le premier plan d’un payfage découvert, où l’on voit, dans le lointain, une ville fur une montagne : la Vierge, négligemment affife à terre, tient l’Enfant Jefus d’une nlain, & de l’autre un livre dans lequel elle a un doigt : fa tête eft découverte ; fort habillement eft un corfet jaune, avec une robe rouge à manches courtes , fermée fur la poitrine , & ferrée d’un ruban fur le corps : une draperie bleue qui tombe de l’épaule droite jufques au bas du corps, relève cet ajuftement. Sainte Elifabeth vêtue d’une longue mante bleuâtre , avec un linge blanc fur la tête en manière de cornette, eft agenouillée vis-à-vis de la Vierge, la tête tournée vers làint Jofeph; elle tient & appuyé contre elle le petit faint Jean, qui eft debout, en face du petit Jefus ; ces enfans le jouent enfemble avec la banderolle du petit S*. Jean. SECONDE FAÇADE. Saint Jofeph debout derrière les deux Saintes s’appuye fur fon bâton, & regarde S te . Elifabeth, qui femble lui parler. Son vêtement eft une tunique verte, recouverte d’une elpèce de manteau jaune, qui lui defcend du dos jufques au bas du corps. Ce Tableau, quoique de la première manière de Raphaël, montre déjà la grande compofition, l’élégance, & la précifion de deflin, qui ont tant diftingué depuis, ce premier Maître de l’art. On lit fur le tour-de-gorge de la Vierge, Raphaël Urbinas. c r t V- ï •WW SECONDE FAÇADE . SECONDE FAÇADE. N.° 123. Planche x? UNE S te . VIERGE TENANT L’ENFANT JESUS, PAR DOMINIQUE Z AN ET P I. DOMENICO Z A N E T T I. Peint fur toile. Haut de 2. pieds 3. pouces ; Large de 1. pied 10. pouces. Demi - figure, de grandeur naturelle. La Vierge vêtue d’une robe rouge & d’un manteau bleu avec un voile gris - blanc fur fa tête, tient l’Enfant Jefus entre fes bras, & le regarde avec des yeux pleins de tendrelfe; celui-ci fe joue avec deux cerifes qu’il tient en main. Le fond eft brun. 4 N? 124. Planche x! LE MARTYRE DE S*. ANDRÉ, PARANNIBAL CARRACHE AN N IB ALE CARRACCI. Peint fur toile. Haut de 3. pieds 2. pouces ; Large de 2. pieds 7. pouces. Figures entières, d’environ un cinquième de nature. Ce petit Tableau eft traité dans le grand ftyle du Maître, faint André eft en croix, vu de côté: un Ange élevé en l’air tenant une palme d’une main, lui pofe de l’autre une couronne fur la tête. Un foldat affis à terre, an pied de la croix, regarde le Saint: une femme auffi affife, au coin du Tableau, tient un enfant fur fes genoux. Six autres figures, fur un plan plus éloigné, femblent s’entretenir, avec intérêt du Saint & de fon fupplice. Le fond du Tableau repréfente les murailles d’une ville vues dans un angle de retour. / TROISIEME SALLE. 19 SECONDE FAÇADE. N.° i2y. Planche x! LA S*. VIERGE ET L’ENFANT JESUS ACCOMPAGNÉS D’UN ANGE ET DE S*. MARC, PAR ANDRÉ DEL SARDE. ANDREA DEL S A R T 0. Peint fur toile. Haut de ç. pieds 4. pouces ; Large de 4. pieds 1. pouce. Figures entières, de grandeur naturelle. Le lieu de la fcène, eft un beau payfage, dont le lointain offre des raaifons & des vieux châteaux fortifiés : l’horifon eft borné par des hautes montagnes. La Vierge affife fur une efpèce de trône élevé de quelques degrés, vêtue d’une robe rouge avec une draperie bleue par deffus, foutient l’Enfant Jefus devant elle; l’Enfant eft nu, il paroit dire quelque chofe à l’Ange qui eft à côté de lui, à genoux, tenant un livre dans fes deux mains. Cet Ange eft vêtu d’une tunique verte doublée de jaune; S*. Marc eft afîis de l’autre côté, à droite, en avant de la Vierge ; il a la tête nue, tournée vers l’Enfant, qu’il femble admirer : fon vêtement eft une robe gris-violet doublée de rouge, dont les manches font retrouffées ; & par deffus eft une draperie ou manteau jaunâtre qui lui enveloppe le bas du corps : il a des fandales rouges aux pieds. Sur un plan un peu plus SECONDE FAÇADE. éloigné, dans le coin, à gauche du Tableau, on voit une femme par le dos, qui conduit un petit garçon, & qui marche avec lui vers le fond.- Elle a une robe bleue, & une mante jaune fur la tête. Ceft fainte Elifabeth, avec le petit faint Jean, qui s’en retournent, après avoir fait leur vifite à la fainte Vierge & au petit Jefus. Ce Tableau, bien confervé & frais de couleur, eft dans le ftyle de Raphaël, il eft un des plus recommandables de cette Collection. *_ _ =z=£-z== )^ J r \ C s 20 TROISIEME SALLE. SECONDE FAÇADE, N? 126. Planche x! LA S te . VIERGE, L’ENFANT JESUS ET DEUX SAINTS, PAR JACQUES B A S S A N. GIACOMO DA PONTE DE B AS S AN 0, Peint fur toile. * Haut de ç. pieds 10. pouces ; Large de pieds 9. pouces. Figures entières, petite nature. La Vierge eft aflife fur un trône couvert d’un tapis ouvragé: elle tient d’une main, fur fes genoux, l’Enfant Jefus, & de l’autre un livre. Son vêtement eft une robe rouge & un manteau bleu par deflus, avec un voile blanc fur la tête, lequel retombe fur fes épaules, & fur fon fein : les deux faints font debout au pied du thrône : l’un eft faint Antoine Hermite, & l’autre un faint Evêque en habits Epifcopaux, SECONDE FAÇADE. ■■ ■ ■ 1 ~ .. - ■ . ~ .....i 1.1 - .. N.° 127. Planche x! S te . MAGDELEINE, PAR CHARLES'dOLCL CARLO D 0 L Ç I. Peint fur toile. Haut de ;. pieds 7. pouces; Large de 2. pieds xi. pouces. Figures jufqu’aux genoux, de grandeur naturelle. Eüe eft debout dans un lieu fauvage entre des rochers, dans une attitude de contemplation, les yeux tournés vers le ciel, une main pofée contre fon fein, & feuillettant, de l’autre un livre, qui eft pofé fur une roche; fon vêtement eft un corfet vert & une ample draperie pourpre par deflus, laquelle lui couvre le corps & les bras: fa tête eft nue, & fes cheveux négligés. Sa boëte à parfums eft auprès du livre, fur un autre bout du rocher. Le fond eft un payfage. On trouve dans ce Tableau toute la finefle de touche & la beauté de coloris de cet agréable Maître ; les draperies font admirablement bien traitées. < -- i * » 21 TROISIEME SALLE. SECONDE FAÇADE. N? 128. Planche x! UNE FEMME LES MAINS LIÉES, PAR PIERRE DE C0 R T 0 NE P I E T R 0 DA C 0 R T 0 N A. Peint fur toile. Haut de 4. pieds 1. pouce; Large de pieds. Figures jufqu’aux genoux, de grandeur naturelle. Les uns croyent que c’eft la femme adultère, les autres. que c’eft une martyre conduite au fupplice: elle eft debout, les mains croifées l’une fur l’autre, & liées avec une corde: fa tête eft penchée de côté, & fes yeux font baillés: fon attitude eft pleine de modeftie, & fon expreflion eft une vraie réfignation : fon habillement qui eft firnple & pittorefque, confifte en une grande draperie jaune-foncé, avec une efpèce de voile gris rabailfé fur l’épaule & le bras droit ; ces draperies lailfent voir, en deffous, quelque partie d’une large chemife ; la tête eft couverte d’une efpèce de turban. Un foldat derrière elle qui la conduit par la corde, regarde en ce moment en arrière, comme s’il écoutoit quelqu’un qui eft hors du Tableau, SECONDE FAÇADE. On ne fauroit regarder ce beau morceau fans admiration : la tête tient de cette belle fimplicité de l’antique ; elle eft du plus beau choix, & de l’expreffion la plus touchante. Les mains font admirablement deifinées & finies. Le Guide qui excelloit dans ces parties, ne les auroit pas mieux faites. 4 K . 1 ~ C 3 \ 22 TROISIEME SALLE. SECONDE FAÇADE. N! 129. Planche x! DIDON SUR LE BUCHER, PAR JEAN FRANÇOIS BARBIERI , dit le GUERCHIN , GIOVANNE FRANCESCO BARBIERI, dit il GUERANO. Peint fur toile. Haut de ;. pieds 8. pouces; Large de ç. pieds $. pouces. Figures jufqu’aux genoux, de grandeur naturelle. lieu de la fcène eft un portique avec une petite échappée de vue: Didon qui vient de fe percer le fein d’une longue épée qui la traverfe de part en part, & dont elle tient encore la poignée, eft couchée un peu de côté fur un bûcher, appuyant fon corps en avant fur la garde de l’épée : la pâleur de fon vifage indique les approches de la mort, & cependant cette Reine courageufe ne témoigne aucune foiblefîe : elle fait dans ce moment un dernier effort, en fe foulevant, pour regarder fa fœur, & pour lui faire fes derniers adieux: fon habillement eft riche, & elle porte une couronne fur la tête. Sa fœur eft debout vis-à- vis d’elle; elle témoigne par fon gefte & fon expreflion la douleur que lui fait fentir la cruelle aétion, dont elle eft témoin; & elle femble en même tems la reprocher amèrement à Didon: une fuivante derrière elle pleure, SECONDE FAÇADE. & tient un mouchoir fur les yeux : un foldat à côté de celle-ci, femble lui parler, en lui montrant Didon: on voit encore, en arrière, deux autres figures : un homme & une femme qui regardent la fcène d’une certaine diftance. Ce Tableau eft un des plus beaux du Guerchin ; il peut entrer en concurrence avec un autre de ce Maître, qui repréfente le même fujet, & que l’on voit au palais Spada à Rome: on critique, dans tous deux, l’exceflive longueur de l’épée dont Didon fe perce, qui n’eft rien moins que dans le coftume. • , te • K - 1 - TROISIEME SALLE. 23 t * SECONDE FAÇADE. N° 130. Planche x° UN SUJET ALLÉGORIQUE, PAR PIERRE TESTE P I ET R 0 DI TESTA. Peint fur toile. Haut de 4. pieds; Large de 6 . pieds. Figures entières, demi-nature. Un jeune homme ayant un livre à la main, eft éclairé & conduit par le génie du travail, vers le Parnalfe; la gloire derrière lui fonne de la trompette, & le couronne, tandis qu’Hercule chafle l’ignorance & les vices. Le tems fe trouve enchaîné au pied du Parnafïe, fur lequel font placées les mufes. On voit au fommet le cheval Pégafe prenant fon vol, & au pied la fontaine d’Aréthufe, dans laquelle fe baignent deux cygnes. SECONDE FAÇADE N° 131. Planche x? UN AUTRE SUJET ALLÉGORIQUE, E^ifant pendant du précédent , PAR LE MÊME. Peint fur toile. Haut de 4. pieds ; Large de 6 . pieds. Figures entières, demi-nature. Il repréfente un Magicien au milieu d’un enchantement horrible. Le Peintre lui - même s’y eft placé , comme afteur : on ne peut guère pénétrer le fecret de cette allégorie , qui doit avoir rapport à quelque évènement de la vie du Peintre $ au relie le Tableau eft beau & bien confervé. 24 TROISIEME SALLE. SECONDE . FAÇADE . N.° 132. Planche x! JESUS EN CROIX, ENTRE LES DEUX LARRONS, PAR JACQUES ROBUSTI, dit le TINTORET. GIACOMO ROBUSTI, dit il TINTORETTO. Peint fur toile. Haut de 3. pieds ; Large de 4. pieds 8- pouces. Figures entières , .d’environ un fixième de nature. Cette compofition eft remplie de figures: on y voit les foldats & le peuple , qui affilient au crucifiement ; on dillingue au pied de la croix la S te . Vierge évanouie entre les bras des trois Maries : à côté eft Jofepli d’Arimathée tenant entre fes mains le linceul, dans lequel il fe prépare à enfevelir le corps du Chrift ; à droite, fur le devant, font les foldats qui jouent au dez la tunique du Sauveur. SECONDE FAÇADE . N.° 133. Planche x! LA VIERGE DES SEPT DOULEURS, PAR-GUIDE C A G N A C C I. G U I D 0 CAGNACCI. Peint fur toile. Haut de 3. pieds 3. pouces ; Large de 3. pieds 8. pouces. Figures jufqu’aux genoux, de grandeur naturelle. Elle eft affife auprès d’une table contre laquelle elle appuyé le dos, & fur laquelle elle pofe le bras gauche, en foutenant de cette main fa tête, qui eft un peu renverfée en arrière : fon autre main eft pofée fur fes genoux ; elle eft vêtue d’une tunique rouge fur laquelle eft jettée une draperie grifâtre, qui enveloppe à la fois la tête, les épaules & le fein : une autre draperie bleue couvre fes genoux, & pofe en partie fur la table, contre laquelle elle eft appuyée : fa poitrine percée de fept dards, à la fois, repréfente la mère de Dieu dans cet état de douleur & d’épuifement, quiparoit annoncer le dernier foupir, fon corps eft immobile ; une pâleur froide couvre fon vifage, & fes mains ; fes yeux font éteints, & fa bouche n’eft ouverte que pour donner palfage aux foupirs & aux gémilfements: enfin c’eft ici, non l’image, mais le fentiment même de la douleur. Ce Tableau fublime pour l’expreffion, n’eft pas moins recommandable par les autres parties de l’art qui s’y trouvent au fuprême degré. Sur le bord.de la table eft écrit: Guido Cagnacci. N°. T?4. * TROISIEME SALLE. SECONDE FAÇADE . N.° 134. Planche xn! SAINT CHARLES BORROMÉE ADMINISTRANT DES PESTIFÉRÉS, PAR BENOIT LUT I. BENEDETTO LUTI. Peint fur toile en 1715. Haut de 3. pieds 4. pouces ; large de 4. pieds 10. pouces. Figures entières, demi - nature. Dans une làlle d’hôpital, on voit plufieurs perfonnes des deux fexes attaquées de la pelle. Saint Charles vêtu du 1 rochet & du camail, l’étole au col, adminiflre l’extrême onction à une femme qui paroit une des plus attaquées delà maladie; elle ell fur un matelas, foütenue fur fon féant par une jeune fille, qui fans doute ell la fienne; deux enfims en bas âge également malades, font à côté d’elle fur le même matelas. S‘. Charles ell affilié par un ecclefiallique en foutane & en manteau, qui lui tient le livre de prières ouvert dans lequel il lit, & par deux Acolytes, dont l’un foulève l’étole , & tient un cierge allumé, & l’autre tient aulfi un cierge allumé, & les faintes huiles fur un balfin. SECONDE FAÇADE. Ce fujet naturellement effrayant & dégoûtant, fe trouve fingulièrement relevé & ennobli par cette fonction facerdotale : la compofition en ell d’ailleurs des mieux entendue ; la couleur & la touche font tenues de ce ton clair, fuave, & tranlparent, qui caraétèrife particulièrement ce Maître. Dans le coin du Tableau à gauche ell écrit: Romx 1713. Benedetto Luti fec. D SECONDE FAÇADE .' •* N? i 3 f. PI anche xn? JESUS-CHRIST DONNANT A BOIRE A S‘. PIERRE D’ALCANTARA, PAR DOMINIQUE G A B B I A N I. D 0 M E N I C 0 G A B B I A N I. Peint fur toile. Haut de 3. pieds 4. pouces ; Large de 4. pieds 10. pouces. Figures entières, demi - nature. Le lieu de la fcène eft un réfeétoire de religieufes: on en voit deux alïifes à table ; celle qui eft au bout doit être S te . Thérèfe. Jefus - Chrift en vêtement rouge & bleu, fe trouve debout au milieu de plufieurs Anges & d’une gloire ; il préfente à boire à S*. Pierre dans une coupe de porcelaine. Le Saint en habit de fon Ordre, s’incline avec le plus grand relpeét pour recevoir la grâce lignalée que lui fait le Sauveur. Les deux religieufes, fur tout S te . Thérèfe, font dans des attitudes d’admiration & d’extafe. Une ouverture, entre des colonnes, au bout du réfedoire, lailfe voir une partie du jardin du couvent; deux religieufes qui fortent du réfectoire, prennent le chemin de ce jardin. Ce Tableau eft traité très-figement. Le Poussin n’en auroit pas défavoué la compofition. SECONDE FAÇADE. N° 136. Planche xn? SK MICHEL PRÉCIPITANT LES ANGES REBELLES, PAR FRANÇOIS LE TRÊVISAN. FRANCESCO PREVIS ANI. Peint fur toile. Haut de j. pieds r. pouce ; Large de 4. pieds 8- pouces. Figures entières, demi-nature. L Ange vengeur defeend avec précipitation du ciel ; il a un cafque en tête, une cuiralfe bleue, avec une draperie rouge qui voltige autour de fon corps : il tient fon bouclier d’une main , & de l’autre il lance la foudre fur les Anges rebelles qui font précipités les uns fur les autres. Le fond eft de nuages, relplendiffant de feu & de lumière. Ce morceau eft d’un bel effet. SECONDE. FAÇADE . SECONDE FAÇADE . N? 137. Planche xii! APPARITION DE JESUS-CHRIST A S te . MADELEINE DE PAZZI, JEAN JOSEPH DEL SOLE. GIOVANNI GIUSEPPE DEL SOLE. Peint fur toile. Haut de }. pieds 1. pouce; Large de 4. pieds 1. pouce.' Figures entières, demi-nature. Jefus -Chrift aflis fur des nues, au milieu d’une gloire & d’un chœur d’Anges, vêtu d’une tunique cramoili - clair, fur laquelle eft paflee une ample draperie bleue, tient un clou de fa paillon, avec lequel il perce la main de la Sainte,. qui eft repréfentée à genoux devant lui fur le même nuage: elle fe trouve en extafe & foutenue par un Ange. Elle eft habillée en Carmélite. Ce Tableau eft d’une compolition gracieufe , d’un coloris fuave & tranlparent: la tête du Sauveur eft du plus beau caractère. N.° 138. Planche xn* DÉFAITE DE M A X E N C E PAR CONSTANTIN LE GRAND, PAR JACQUES COURTOIS , dit le BOURGUIGNON. - Peint fur toile. Haut de pieds ; Large de 4. pieds 6 . pouces. Figures entières, de 9. pouces de proportion... O 11 voit le Tibre & le pont près duquel, l’aétion- fe paffe : la bataille paroit déjà décidée:, le malheureux Maxence. abandonné des liens s’eft jetté avec fon cheval dans le fleuve, pour y chercher fon falut: Conftantin monté fur un beau cheval blanc, le pourfuit à outrance avec les liens, foulant aux pieds les corps morts des vaincus. On voit dans le ciel au deflus de la tête de Conftantin, îa croix îumîneufe, ligne de la victoire promife. '! . : 28 TROISIEME SALLE. SECONDE FAÇADE. _ SECONDE FAÇADE. N.° 139. Planche xn? JOSUË ATTAQ.'. LES AMALÉCITES, pendant du précédent , PAR L E M Ê M E. Peint fur toile. Haut de 3. pieds; Large de 4. pieds 6 . pouces. Figures entières, de 9. pouces de proportion. La bataille fe donne dans une plaine, au pied de quelques montagnes efearpées, fur une defquelles on apperçoit Moïfe tenant les bras élevés au ciel, & foutenus par deux Ifraëlites. Ces deux Tableaux font de cette richeffe de compo- (ition & de cette fierté de touche, qu’on connoit au Bourguignon, N? 140. PI anche xif. UNE SAINTE F AMILL'E, PAR CAMILLE PROCACCINL C A MI LL O PROCACCINL Peint fur toile. Haut de 6 . pieds 1. pouce ; Large de 4. pieds 5. pouces. Figures entières, forte nature. Cette famille, compofée de la Vierge, de l’Enfant Jeliis, de S‘. Jofeph, de S* 6 . Elifabeth, & du petit S*. Jean, fe trouve raffemblée fous un arbre chargé de fruits. La Vierge eft alfife au milieu, tenant l’Enfant Jefus debout devant elle ; elle eft vêtue d’une robe blanche fermée d’une ceinture violette, fur laquelle eft paffée une elpèce de mante verte qui, defeendant des épaules, vient fe replier en avant fur fes genoux ; fa coëffure eft en cheveux natés avec une elpèce de voile étroit qui defeend par derrière, & fe cache fous la mante & la robe ; la Vierge femble parler à l’Enfant Jefus, en lui donnant une pomme; celui-ci la reçoit d’une main, & fait figne de l’autre que cette pomme a été cueillie de l’arbre fous lequel ils fe trouvent, & qu’il y en a encore plulieurs delfus ; S*. Jofeph derrière la Vierge, tient la main à une branche de l’arbre, d’où il a détaché la pomme, & femble demander à l’Enfant, s’il fuit en détacher d’autres ; fon vêtement eft une tunique bleu- TROISIEME SALLE. 29 SECONDE FAÇADE. SECONDE FAÇADE. changeant, fur laquelle eft jettée une draperie rouge: S te . Elifabeth debout, au côté droit de la Vierge, préfente le petit S*. Jean qui tient les mains jointes & élevées vis-à-vis du petit Jefus:. cette Sainte eft vêtue d’une robe cramoifi- foncé, fermée d’une ceinture violette, fur laquelle eft jettée une draperie verte qui lui couvre l’épaule & le bras gauche; fa tête eft couverte d’une grande draperie blanche, en manière de voile relevé par devant. Cette compofition pleine de naïveté eft charmante: elle eft tout-à-£iit prife dans la nature, & rendue avec toute la fcience de l’art. C’eft un Tableau de choix de ce Maître : on y reconnoit la grande manière de l’Ecole Lombarde, N.° 141. Planche xn! LE BAPTÊME DE JESUS-CHRIST, PAR PIERRE FRANÇOIS MOL A. PIETRO FRANCESCO MOLA . Peint fur toile. Haut de 4. pieds 10. pouces ; Large de 3. pieds 8. pouces. Figures entières, petite nature. Le Sauveur eft nu , à l’exception des reins qui font recouverts d’une draperie blanche ; il eft à genoux fur un bout de roche, dans l’attitude la plus foumife, ayant les mains jointes & le corps incliné pour recevoir le Baptême. Saint Jean debout devant lui le baptife en lui verfant fur la tête de l’eau d’une tafle. Il tient fa croix de la main gauche; il eft couvert en partie de fa peau d’agneau, qui lui palfe de l’épaule droite, fur les reins où elle eft agraffée; le S*. Efprit defcend au milieu d’une gloire, fur la tête du Sauveur; on voit derrière lui plulieurs perfonnes qui affiftent au Baptême. Ce Tableau eft un des bons de ce Peintre. D 3 3 ° TROISIEME SECONDE FAÇADE. N? 142. PI anche xii? GRAND PAYSAGE HISTORIÉ, PAR GASPARD DUGHET , dit le GUASPRE. il G A S P A RO POUSSIN 0, Peint fur toile. Haut de ç. pieds 9. pouces ; Large de 4. pieds ?. pouces. Petites figures entières. Ce payfage préfente un vallon fauvage qui, en s’ouvrant peu-à-peu dans le fond, lailTe voir une chaîne de montagnes qui va fe perdre à l’horizon ; ces montagnes font chargées de bois & de verdure, & enrichies de ruines & de fabriques antiques ; au milieu du vallon coule une petite rivière, qui vient former à une certaine diftance en avant, une cafcade, d’où elle fe précipite dans un lit enfoncé & couvert de verdure & de brouflàilles : on voit en avant un grand chemin tournant, près duquel s’élève un beau grouppe d’arbres; le Peintre a placé là'un petit fujet hiftorique, qui repréfente l’Ange avertilfant Elie du palfage du Seigneur; le Seigneur paffe en effet dans le moment, fur des nuages fort élevés & fort épais. SALLE. SECONDE FAÇADE. . C’eft un des beaux Tableaux de payfage de ce Maître, où l’on trouve ces fîtes graves & férieux, ces feuillages épais, & ces ombrages fombres & agréables, fous un ciel tranquille , qui infpirent de concert à l’ame une douce mélancolie & une forte de refpect, tels que les Poètes repréfentent les forêts fàcrées, & tels que le Guafpre les rendoit fi convenablement. Le fujet de l’hiftoire fainte qui eft ici figement amené, fécondé parfaitement, le fentiment que caufe la difpofition grave du payfage. : -ù-„ ,. — ■ ■ ■ — I TROISIEME SALLE. 31 SECONDE FAÇADE . SECONDE FAÇADE . N.° 143. Planche xnf SAINTE MADELEINE, PAR N IC 0 LA S BERRE T T 0 N L N IC 0 L 0 BERRETTONI. Peint fur toile. ■Haut de pieds 3. pouces ; Large de 2. pieds 6. pouces. Figures jufqu’aux genoux, de grandeur naturelle. La Sainte eft affife dans une attitude de contemplation & de prière, élevant la tête vers le ciel ; elle foutient fur fes genoux un grand crucifix appuyé fur l'on bras gauche: elle a fa main droite contre fon fein, où elle ralfemble une partie de fes longs cheveux pour le couvrir ; fon habillement eft léger, & ne confifte que dans une elpèce de robe blanche, qui ne couvre qu’une partie de fon corps, fur laquelle eft jettée pittorefquement une draperie violette. La tête de la Sainte eft d’un beau caractère. - ! —' -I—- N.° 144. Planche xii! ABRAHAM PARTAGEANT AVEC SES GENS LES DÉPOUILLES DES QUATRE ROIS, PAR BENOIT CASTIGLIO N. BENEDETTO CASTIGLIONE. Peint fur toile. Haut de 3. pieds ; Large de 3. pieds 10. pouces. Figures entières, d’un pied de proportion. Dans un camp on voit raffemblés, lùr le devant, un grand nombre de beftiaux, de volailles & quantité de bagages, d’armes, d’uftencilles de ménagé, gardés par des hommes à cheval; on apperçoit dans le lointain, d’autres parties de butin, qu’Abraham eft occupé à partager entre fes gens; on diftingue auffi des captifs alfis fur un coffre. On lit au bas, Genef. Chap, XX, A? * 4 32 TROISIEME SALLE. i / I SECONDE FAÇADE. N? I4J'. Planche xii! ABIMELECH RENVOYANT LA FEMME D’ABRAHAM AVEC DES PRÉSENS, pendant du précédent , PAR LE M'Ê M E Peint fur toile. Haut de 3. pieds ; Large de 3. pieds 10. pouces. Figures entières, d’un pied de proportion. On voit dans le lointain Sara femme d’Abraham montée fur un âne ; fes femmes marchent à pied, à côté d’elle, aulfi-bien qu’un conducteur, avec un Ange en avant qui fert de guide ; les préfens deftinés pour Abraham ont été portés d’avance, & font placés fans ordre, fur le devant du Tableau, dans un lieu décoré de colonnes & de vafes richement lculptés : on y voit toutes fortes de meubles avec quelques beftiaux: deux hommes fe trouvent auprès, dont l’un porte un grand vafe de métal. Il effc écrit delîous : Castelionus Genef. XIK SECONDE FAÇADE. N? 146 . & 147 . PI anche xii! DEUX PASTORALES, PAR LUCAS J O RD A N E LU C A G I 0 R D A N 0. Peints fur toile. Hauts de 3. pieds 10. pouces; Larges de 4. pieds S- pouces. Figures entières, de grandeur naturelle. L une repréfente un troupeau de vaches, de moutons & de chèvres , ralfemblés pêle-mêle au déclin du jour dans une efpèce de parc: un berger qu’on voit debout derrière une vache, garde ce troupeau. Dans l’autre on voit deux bergers aïïis & en conver- fation, pendant que leurs troupeaux repofent auprès d’eux. 4 *====—=--::. - 4 * ï TROISIEME SALLE. 33 SECONDE FAÇADE. N? 148 . & 149 » Planche xi il, DEUX PASTORALES, PAR LE MÊME. Peints fur toile. Hauts de $. pieds 10. pouces; Larges de 4. pieds 8, pouces. Figures entières, de grandeur naturelle. L une repréfente un Pafteur aflis, tenant des deux mains un flacon qu’il va porter à fa bouche, pour boire la liqueur qu’il contient. Il femble parler à un autre Pafteur, & à un petit garçon qui fe trouvent debout, à côté de lui, & paroiffent regarder le flacon avec envie: le troupeau de moutons eft épars autour d’eux. L’autre repréfente un berger couché fur une roche , regardant fon troupeau qui eft en avant; tandis que fon camarade, à fon côté, dort d’un profond fommeil. Ces quatre Tableaux accompagnent ceux des N°. 2. 8c 3. de la première Salle : ils complettent le nombre de tant de beaux morceaux de différents genres que contient cette Galerie, de la main de Lucas Giordano ce vrai Protée de la peinture : ils font preuve de l’univerlalité de fon génie. TROISIEME FAÇADE. N? iyo. Planche xinî JUPITER ALLAITÉ PAR LA CHÈVRE AMALTHÉE, « PAR CHARLES C I G H AN I. CARLO C I G N AN I. 1 Peint fur toile. Haut de 4. pieds 11. pouces; Large de 7. pieds. Figures entières, de grandeur naturelle. Une Nymphe affife à terre, tient fur fes genoux la chèvre Amalthée, qui allaite l’enfant Jupiter: celui-ci accroupi près de l’animal - nourice , ferre des deux mains une mammelle qu’il tète, en même tems qu’il femble s’amufer d’unemufique champêtre dont on le régale; une Nymphe y joue du tambourin, un fatyre de la flûte, & un autre des baflins. Ce Tableau eft d’une compofition très-gracieufe ; les figures y font admirablement groupées. L’Artifte l’a fait à l’âge de 84. ans, félon FAbbate Pafcali nelle vitte de Pittori. On n’y remarque pourtant point la main froide de la vieilleffe. V. © £ * 34 TROISIEME SALLE. TROISIEME FAÇADE. N° iji. PI anche xm! LA MORT D’UN PHILOSOPHE, o PAR CHARLES L 0 T H C A R L L 0 T H. O Peint fur toile. Haut de ç. pieds 8- pouces ; Large de 8- pieds 4. pouces. Figures entières , de grandeur naturelle. Le lieu de la fcène repréfente un bâtiment fomptueux, fur la terraffe duquel fe palfe l’action. Le mourant qui eft nu, excepté les reins qui font couverts d’une draperie blanche, fe trouve couché fur un lit de parade, le corps penché un peu de côté & en avant, la tête abandonnée à fon propre poids : un des pieds pofe dans un baffin rempli d’eau, & l’autre fur le bord de ce baffin ; un jeune homme agenouillé fur le lit, derrière la tête du mourant, fait fes efforts pour foutenir le haut du corps : un Vieillard qu’on préfume être fon ami, lui foulève une main & témoigne la douleur la plus vive : une femme en habillement bleu, que l’on voit derrière le chevet du lit, ayant les mains jointes, & fondant en larmes, paroit être fa femme ; & deux jeunes hommes, auffi bien qu’une jeune fille placés de côté derrière l’ami, font penfer qu’ils font fes enfans , par leur attitude & leur air pénétré : à côté d’eux eft un TROISIEME FAÇADE . o ' jeune Nègre tenant un rouleau de papier, qui eft vraifem- blablement la fentence de mort. Sur un plan plus bas & plus en arrière, au pied de la terraffe, on voit des guerriers, des prêtres, des femmes &c.: les premiers qui n’expriment aucun intérêt, femblent être les juges qui ont condamné le Philofophe. On diftingue même parmi eux un Chef, dont le cafque eft ceint d’une couronne. Plus loin la vue porte fur un beau portique d’architecture dorique. Ce Tableau eft d’une compofition noble, d’un deffin correét, & d’une facilité étonnante de pinceau; le jour qui frappe fur le corps du mourant & fur une partie des affiftans, fait un effet admirable.. On n’eft pas d’accord fur le véritable fujet de ce Tableau: :il apaffé jufqu’ici pour être la mort de Sénèque; quelques- uns prétendent que c’eft celle de Socrate, & d’autres celle de Pétrone ; on y trouve bien quelques indices qui favorifènt chacune de ces opinions, mais le plus grand nombre les contre- difent: nous n’entrerons dans aucune difcuffion fur ce point. - O e TROISIEME SALLE. 3* TR O ISIEME FAÇADE. • N? 152. • PI anche xnif JESUS ET LA SAMARITAINE, PAR LUCAS J 0 RD A N E. LU C A GIORDANO. * Peint fur toile. Haut de 7. pieds 10. pouces; Large de ç. pieds 6 . pouces. Figures entières, de grandeur naturelle. Jefus vêtu d’une tunique rouge & couvert d’un manteau bleu, eft affis à côté d’un puits; il femble parler à la Samaritaine: celle-ci debout vis-à-vis de lui, l’écoute avec attention : elle appuie une de fes mains fur le bord du puits, en penchant le corps en avant, & tient de l’autre main la corde & le feau : fur le devant eft un grand pot de terre, pour y verfer l’eau puifée. On voit en arrière de Jefus deux Vieillards, fans doute fes difciples, qui prêtent attention à fon difcours. Le fond du Tableau eft un payfage avec quelques ruines d’architecture. T RO ISIEME FAÇADE . N,° 153. Planche xmf JESUS-CHRIST TENTÉ DANS LE DÉSERT, pendant du Tableau précédent) PAR LE MÊME. Et ayant les mêmes dimenfions. Il eft affis au pied d’un rocher garni d’arbres ; vêtu d’une tunique ronge & d’un manteau bleu, & environné d’une vapeur lumineufe. Son attitude exprime le moment où il dit au Démon: Vous ne tenterez point le Seigneur votre Dieu. Le Démon debout, fous la forme d’un Vieillard, à le corps & la tête couverts d’un cilice gris, dans fa robe relevée par devant, font les pierres qu’il préfente au Seigneur pour qu’il les change en pains. Pour défigner le Démon, le Peintre s’eft avifé de faire paroitre du feu en delfous de fa robe| d’où l’on voit fortir des flammes par deux ouvertures. Ce Tableau & celui qui le précédé, font peints de la grande manière de Jordane; mais un œilfévère y trouvera peut-être fa facilité de pinceau pouffée trop loin. O t 3 6 TROISIEME SALLE. TROISIEME FAÇADE. N° 154. PJanche xm! LE CENTENIER AUX PIEDS DE JESUS, PAR PAUL VERONESE. P A 0 L 0 VERONESE \ Peint fur toile. Haut de j. pieds 4. pouces; Large de ç. pieds 8- pouces. Figures entières, demi-nature. Le Centenier déjà fur l’âge, portant fur fa cuiraïïe un riche manteau d’étoffe cramoifie, eft aux pieds du Seigneur un genoux en terre, & le prie de guérir fon ferviteur : deux de fes foldats à côté de lui, le foutiennent dans cette attitude. Le Seigneur vêtu d’une tunique rouge, fur laquelle paffe un manteau verd, tend affeclueufement la main au Centenier, & femble lui promettre d’exaucer fa prière. S‘. Pierre, S‘. Jean Baptifte & S', Jean l’Apôtre, font auprès de Jefus : on voit dans le coin à gauche, le cheval du Centenier gardé par un foldat de fa fuite ; & dans le lointain du même côté, eft un portique d’architecture, fur la Galerie duquel, on apperçoit trois perfonnes qui regardent l’action. Tout le fond du Tableau eft un payfage. ’ TROISIEME FAÇADE. N.° iyj. PI anche xm? LA FEMME ADULTÈRE PRÉSENTÉE À JESUS-CHRIST, Reniant du Tableau pré cèdent , PAR LE MÊME Et ayant les mêmes dimenfions. Le lieu de la fcène eft l’entrée, ou le veftibule d’une maifon. La femme adultère, les mains liées par devant & conduite par des gardes, fe trouve enpréfence du Seigneur. Les PHarifiens autour de lui, expofent le péché de cette femme, en montrant la peine qu’elle mérite par le livre de la loi, qu’ils tiennent ouvert fur la tête d’un petit efclave. Le Seigneur les écoute avec tranquillité & femble être prêt à leur répondre ; fon habillement eft le même que dans le Tableau qui précédé : la femme adultère eft vêtue d’un corfet rouge fans manches & d’une jupe jaune : elle a le maintien afîiiré & hardi; cependant elle n’ofe regarder le Sauveur. e * 0 37 TROISIEME SALLE. j— TROISIEME FAÇADE. 0 N.° if6. Planche xm? LE MIRACLE DES CINQ, PAINS, PAR LUCAS J 0 RD A N E. L U C A G I 0 RD A N 0. Peint fur toile. O Haut de }. pieds 7. pouces; Large de 6. pieds 10. pouces. Figures entières, quart de nature. La fcène eft dans un défert où l’on voit une multitude de peuple, & le moment eft celui où le miracle eft déjà opéré ; on diftribue au peuple les pains multipliés. Jefus environné de fes Apôtres, eft affis fur une petite éminence, & prêche le peuple. Sa tête rayonnante répand une lumière vaporeufe autour de fa perfonne & des objets qui l’environnent; fon attitude eft majeftueufe & pleine de bonté, & fon habillement noble & modefte. Les différents groupes, que compofe la multitude des fpedateurs font tous naturellement amenés : ils font tous intéreffants & parfaitement liés enfemble. Cette riche compofition eft traitée du ton de couleur vague & gracieux du Maître, & avec la plus belle entente de clair-obfcur. Sur ce Tableau, autour d’un panier de pains eft écrit: Luca Jordanus F. TROISIEME FAÇADE . 'N? 1J7. Planche xni! L’ÉLÉVATION DE LA CROIX, O pendant du Tableau précédent , PAR LUCAS J O RD A N E. LUCA G I O RD AN O. Peint fer toile en 16 90. Haut de 3. pieds 7. pouces ; Large de 6 . pieds 10. pouces. Figures entières, quart de nature. o Des hommes vigoureux, à l’aide de fupports, de leviers, & de cordages , élèvent la croix fur laquelle eft attaché notre Seigneur ; les Prêtres de la loi, les foldats, & le peuple, couvrent le vafte elpace du Calvaire. La Vierge en foibleffe, entre les bras de feint Jean, avec les deux Maries en pleurs , occupe le coin du Tableau à gauche ; du côté oppofé font trois foldats qui jouent aux dez la tunique du Sauveur. Un des deux larrons eft déjà élevé en croix, & l’autre eft conduit à celle qui lui eft deftinée. Quatre Anges en l’air adorent le Sauveur & expriment la douleur dont ils font pénétrés. Le ciel qui couvre cette fcène touchante eft chargé de nuages, (& le foleil eft obfcurci : on ne voit E 5 o 38 TROISIEME SALLE. TROISIEME FAÇADE. d’autre lumière que celle qui defcend du ciel en manière de Gloire fur la perfonne du Sauveur; c’eft cette lumière qui éclaire tous les objets du Tableau; elle produit des effets admirables de clair-obfcur. O Ce magnifique morceau examiné dans fon enfemble & dans fes plus petits détails, offre par-tout les grandes idées & le grand favoir faire du Maître ; on y voit écrit : Jordanus f. atatis ftue ff. a®. 1690. < -^ TROISIEME FAÇADE N.° i*8. PI anche xm e . VÉNUS ET ADONIS, PAR FRANÇOIS A LBA NI, dit F A LBA NE FRANCESCO ALB A N L Peint fur toile. Haut de 2. pieds 4. pouces ; Large de j. pieds. Figures entières, quart de nature. La fcènè efl un payfàge délicieux qui préfente un vallon, au bas duquel copie une petite rivière tombant par cafcades entre des rochers. Dans une place ombragée d’arbres, en avant de la rivière, on voit un lit galamment arrangé pour Vénus ; elle y efl couchée toute nue & endormie. Adonis conduit par un Amour, arrive dans le moment au pied du lit de la Déeffe, tenant fa pique d’une main & fon chien en leffe de l’autre. Ses regards & toute fon attention font fixés fur Vénus dont il femble admirer les charmes ; le petit Amour qui le conduit, le tient par le bout'de fon habit, & l’attire vers la Déeffe, tandis que trois autres petits Amours, placés au chevet du lit, % font des lignes de malice & d’agacerie. Dans le coin, à gauche du Tableau, on voit le triomphe de Cupidon : il eft affis fur un char tiré par deux Amours I TROISIEME SALLE. 39 TROISIEME FAÇADE. & pouffé par un troifième : il tient élevé dans les mains le flambeau avec lequel il vient d’enflammer Adonis. Cette petite troupe fort du lieu de la fcène , comme ayant rempli fon objet. Ce fujet très-gracieux eft: rendu dans ce charmant Tableau d’une manière au defîus de toutes les defcriptions imaginables ; tout y relpire les grâces & la volupté ; le payfage même efl de ce ton riant qui convient fi bien au fujet; tout enfin efl: fi parfaitement d’accord, qu’on ne fauroit regarder ce Tableau fans reflèntir le plus vif plaifir. Il auroit feul mérité à l’Albane le titre de Peintre des grâces, qu’il a d’ailleurs fi juftement mérité. TROISIEME FAÇADE . N? iyo. Planche xm? O UNE JEUNE SAINTE MARTYRE, PAR CHARLES D0LCL CARLO D 0 L C L Peint fur toile. Haut de z. pieds ; Large de 1. pied 4. pouces. Demi - figure, de grandeur naturelle. efl: vraifemblablement S te . Agnès, quoi qu’on ne voye pas à côté d’elle l’agneau fon attribut ordinaire : . elle regarde le fpectateur avec un air de douceur & de modeftie: elle lève une main vers le ciel & appuyé l’autre contre fon fein, en tenant une palme : fon vêtement efl: une robe bleue, fur laquelle eft jetté un manteau rouge doublé de violet. Ce Tableau eft: d’une compofition gracieufe & du précieux fini de ce Maître. Le fond efl: ciel. TROISIEME FAÇADE. TROISIEME FA ÇA-DE. N? 160. Planche xinî 0 JESUS - CHRIST PORTANT SA CROIX, ' PAR LE MÊME. * Peint fur toile. Haut de 2. pieds 4. pouces; Large de 1. pied xi. pouces. Demi - figures , de grandeur naturelle. . Tl eft vêtu d’une tunique rouge, & d’une grande draperie bleue; il a la couronne dépines fur la tête, il porte fa croix fur l’épaule gauche, & paroit fortir de la porte de Jérufalem , pour monter au Calvaire ; on remarque derrière lui, des bouts de piques, qui indiquent des foldats qu’on ne fauroit voir, à caufe du peu d’elpace du Tableau. Outre le précieux fini de ce rare morceau, on y admire la manière dont les mains font deffinées & peintes ; elles paroilfent véritablement comme la nature ; on y voit pour ainfi dire circuler le fang. N? 161. Planche xmf SAINT JÉROME DANS LE DÉSERT, PAR PAUL VÊRONÈSE . P A 0 L O VERONESE. Peint fur toile. Haut de 2\ pieds 1. pouce ; Large de 2. pieds 6. pouces. Figures entières, quart de nature. Le Saint eft à genoux dans une grotte, le corps & la tête courbés vers un Chrift ; il tient une de fes mains fur là poitrine, & de l’autre il ferre contre fon corps une draperie rouge qui le couvre en partie ; Un âne qu’on n’apperçoit qu’à demi, eft près du Saint. On voit du feu dans un enfoncement de la grotte ; une ouverture au dehors, découvre une échappée de vue fur la campagne. Ce Tableau qui tient plus de la manière de Jacques Bassan que de celle de Paul Vlronese , eft d’une belle correction de deffin. • TROISIEME SALLE. 41 TROISIEME FAÇADE .* N? 162. Planche xiii!; S‘. NORBERT RECEVANT L’HABIT DE SON ORDRE DES MAINS DE LA S te . VIERGE, PAR NICOLAS POUSSIN. Peint fur toile. Haut de 2. pieds 7. pouces. ; Large de 2. pieds. Figures entières, quart de nature. La Vierge tenant l’Enfant Jefus fur fes genoux, eft afiife fur des nues au haut d’un autel; elle préfente le fcapulaire de l’Ordre à S*. Norbert agenouillé devant l’autel, qui le reçoit avec vénération. La Vierge a une robe rouge & un manteau bleu : fa tête eft couverte d’un* linge blanc. Un Ange élevé en l’air, tient l’habit & le bonnet de l’Ordre pour le Saint Le fond du Tableau eft d’architecture, & défigne une Églife ou une grande Salle. Cette compofition noble & gracieufe eft digne du Poussin. TROISIEME FAÇADE . N.° 163. Planche xnf. L’ADORATION DES MAGES, PAR PAUL VÉRONÈSE P A O L O VERONESE. Peint fur toile. Haut de 2. pieds 9. pouces; Large de 2. pieds ï. pouce. Figures entières, quart de nature. La fcène eft une cabane ouverte ob l’on voit la S tc . Vierge afiife, tenant l’Enfant Jefus. S 1 . Jofepli eft debout à côté. Un des Mages eft à genoux, offrant fon préfent; le fécond, fuîvi de fon cortège, entre dans la cabane ; & le troifième encore loin, eft vu dans le fond du paylàge, marchant avec toute là fuite. I 42 TROISIEME SALLE. PETITES FA ÇA DES (*). , N! 164. PI anche xiv! L’ENFANT JESUS REMETTANT LES CLEFS DU PARADIS A S*. PIERRE, PAR JACQUES PALME , dit le JEUNE. GIACOMO P ALMA, dit il G10 VA NE. » Peint fur toile. Haut de 3. pieds 8- pouces ; Large de 4. pieds 9. pouces. Figures entières, de grandeur naturelle. Ce Tableau eft compofé de fix figures : de l’Enfant Jefus déjà adolefcent, de la S te . Vierge qui eft affife, de S‘. Pierre, de S*. Paul, d’un Ange & d’un Moine dont la tête femble être un portrait. Ç’eft un bon morceau de ce Maître. (*) Il eft à'remarquer que ces petites façades, au nombre de deux , font dans l’avant-corps de cette Salle. • K -T -- — > PETITES FAÇADES. N.° I6f. PI anche xiv* SAINT JEAN BAPTISTE DANS LE DÉSERT, PAR RAPHAËL RAPHAËLE SANZ 10 H U R B I N 0. Peint fur bois. Haut de 9. pieds 11. pouces; Large de 3. pieds 11. pouces. Figures entières, de grandeur naturelle. Le Saint fous la forme d’un beau jeune homme , eft affis fur une roche, d’où Tort une fontaine : fon attitude eft noble & gracieufe , & fon expreffion eft celle d’une quiétude douce & contemplative. Il eft nu, hors une partie de la cuifle droite qui eft recouverte d’une peau d’agneau ; fon corps eft vû un peu incliné en avant, ainfi que la tête, qui regarde de côté: il s’appuye de la main gauche fur la roche où il eft affis, tenant fa croix de cette main ; l’autre paffe en avant du corps, & tient' une taffe remplie d’eau de la fontaine : la jambe droite eft tendue en avant, le pied pofé à terre, & la jambe gauche eft repliée en deffous. 43 TROISIEME SALLE. PETITES FAÇADES. Cette pofition de figure eft des plus belles, en même tems qu’elle exprime avec la plus grande vérité le repos du corps & de l’efprit C’eft une excellente étude d’Académie. Le payfage qui s’ouvre en arrière, laiiïè voir une campagne agréable enrichie, dans le lointain, de temples & de fabriques antiques. Ce Tableau, du grand flyle & du grand faire de Raphaël, eft au deflus de tout éloge, il mérite d’être mis au rang des plus belles productions de ce Prince des Peintres. PETITES FAÇADES . N.° 166. Planche xivî LA S te . VIERGE ET L’ENFANT JESUS, [PAR CHARLES 'd 0 L C I. CARLO DOLCE Peint fur toile en 1649. Haut de 3. pieds 9. pouces ; Large de 2. pieds 4. pouces. Demi - figures, de grandeur naturelle. La Vierge eft vêtue d’une robe rouge fur laquelle eft jettée une draperie bleue, qui lui palfe gracieufement des deux épaules fur les deux bras ; fa tête eft couverte d’un voile d’étoffe verte relevé en arrière; elle eft placée derrière une table de marbre, couverte d’un linge garni de dentelles, fur lequel pofe un panier de fleurs ; elle foutient l’Enfant Jefus debout fur cette table, en même tems qu’elle lui préfente d’une manière pleine de grâces, un bouquet de lis & d’œillets; l’Enfant de fon côté préfente avec la même grâce à la Vierge, une rofe, en faifant de la main un mouvement de joie; une efpèce d’écharpe blanche pittorefquement ajuftée fur fon corps, en couvre quelques parties. Le fond du Tableau eft brun. Ce morceau rare & précieux, d’une compofition charmante, de la touche la plus agréable & la plus finie, & du coloris le plus éclatant, peut être appellé le Chef-d’œuvre de ce Maître. F a 44 TROISIEME SALLE. PETITES FAÇADES. PETITES FAÇADES. Derrière la toile du Tableau, on trouve les chiffres, devifes & monogramme fuivants. EGO FLOS CAMPI ET LILIUM CÜNVALLIÜM, ET EGO MATER PULCRÆ DILECTIONIS.- ANNO SALUTIS. 1649 * Il primo Venerdi di Mar&o a detto anno. 33 . di mia et à per la divina gracia ultimo giorno de mie ritoccature. Io Carlo Dolce. Cejl~à -dire: Le premier Vendredi de Mars de la fusdite année 1649. & la 33™ démon âge, j’ai fini, parla grâce de Dieu, ce Tableau. , Charles Dolce. Il paroit par cette infcription, que cet habile Artifte, qui s’eft particulièrement attaché aux fujets facrés, a travaillé ce beau morceau avec autant de dévotion que de goût. N? 167. Planche xivî ' UN PETIT ENFANT JESUS TRIOMPHANT DE LA MORT, PAR LÉONARD DE VINCI. LEONARDO DA VINCI. Peint fur bois. Haut de x. pied 4. pouces; Large de 11. pouces. Figure entière, quart de nature. Il foule aux pieds une tête de mort; d’une main il étouffe un ferpent, & de l’autre il tient une petite croix, regardant d’un air de mépris la pomme qui a perdu Adam, & qui eft comme fufpendue au coin du Tableau. Le fond eft un rocher obfcur. " = ' ,T ' ■ - '.il.Uga..-..- '"JHL'I — I' -»g - N.° 168 . Planche xivf S fc . SÉBASTIEN ET S t( v CATHERINE, PAR CARLETTO VÉRONÈSE. CARLETTO VERONESE. Peint fur bois. Haut de 1. pied 8- pouces ; Large de 1. pied 1. pouce. Petites figures entières. Ceft une {impie efquiffe qui repréfente S*. Sébaftien attaché à l’arbre, avec S te . Catherine qui tient fà roue. La S te . Vierge accompagnée d’Anges, & portant, entre fes bras l’Enfant Jefus, defcend du ciel vers les deux Saints, Le fond eft payfage. k TROISIEME SALLE. 4 ï PETITES FAÇADES. Nf 169. PI anche xiv! UN ÉVÊQUE GREC, PAR FRANÇOIS S 0L1MÈNE. FRANCESCO SOLIMEN A. Peint fur tpile. Haut de 1 . pied 2. pouces ; Large de 1. pied 8- pouces. Petites figures entières. ïi eft alfis, tenant la palme du martyre d’une main, & une couronne d’or de l’autre. Un Ange, devant lui, montre un grand linge, fur lequel font tracées quelques lettres. Le fond eft architecture & payfage. 4 ■■ .- ' -su sse -rrv i i" . „..i J ' - B- N.° 170. Planche xiv? UN ECCE HOMO, PAR L\E BARON PIERRE STRUDEL. Peint fur toile. Haut de 3. pieds; Large de 2. pieds 4. pouces. Figures jufqu’aux genoux, de grandeur naturelle. Le Sauveur eft debout, les bras croifés en avant, tenant fon -rofeau ; une draperie blanche & une autre violette entourent les reins & une partie du bras droit; la tête eft tournée un peu de côté, & les yeux font levés vers le ciel. Le fond eft brun. C’eft un des meilleurs Tableaux de ce Maître. PETITES' FA ÇA DES. •Nfi 7 i. PI anche xiv? JUDITH SE REPOSANT SUR LA JETE D’HOLOFERNE, PAR JEAN LANFRANC. s GIOVANNI LANFRANCO. Peint fur toile. Haut de 2. pieds ir. pouces ; Large de 2. pieds j. pouces. Figures jufqu’aux genoux, de grandeur naturelle. Judith debout regarde de face ; elle s’appuie fur la tête d’Holoferne, qui eft pofée fur une table, & dont elle prend les cheveux avec fa main gauche ; elle tient avec la droite l’épée, qui a fervi à fon aétion ; elle eft vêtue d’une efpèce de corfet bleu , avec une chemifette par delfous : les manches font retrouffees & ferrées d’un cordon jaune : elle porte autour du corps une ceinture jaune qui tombe de côté en manière d’éçharpe ; fa tête eft couverte d’une efpèce de turban bleu. Le fond eft brun. Ce Tableau eft grandement conipofé, & d’une touche Hère, F 5 * 4 6 TROISIEME SALLE. PETITES FAÇADES. PETITES FAÇADES. N? 172. Planche xiv! UNE SAINTE MADELEINE, PAR LOUIS CARRACHE. LUIGI CARRACCI. Peint fur toile. Haut de 2. pieds 9. pouces ; Large de 4. pieds 4. pouces. ' Figure entière, petite nature. Elle eft couchée de fon long à terre, appuyant fa tête fur la main droite, & tenant de la gauche une tête de mort qu’elle -confidère en face. Sa draperie eft d’un gris- cendré, Le Fond eft un payfage garni de vieux châteaux. N? 173. Planche xiv? JESUS MIS AU TOMBEAU, PAR L E M Ê M E. Peint fur toile. Haut de 7. pieds 2. pouces; Large de ç. pieds 5. pduces.i Figures entières, de grandeur naturelle. Le Corps du Chrift porté par Nicodème, Jofeph d’Arimathée & les deux Maries , eft prêt à être mis dans la tombe, qu’on voit placée dans une grotte obfcure : ce Corps eft vu de face d’une manière repliée, & en raccourci. S 1 . Jean eft derrière, portant une lanterne allumée au haut d’un bâton. Ce Tableau fait un grand effet : il eft peint largement à coups de Maître. Il a été longtems attribué à Annibal Carra che. •* 1 47 TROISIEME SALLE. - ---- ---——-——— - -- ■ —^—--- »* PETITES façades. N° 174. PI anche xiv! UN ECCE HOMO. PAR ANTOINE ALLEGRI, dit le CORRÈGE. ANTONIO ALLEGRI, dit il CORREGIO.- Peint fur bois. Haut de 2. pieds ç. pouces ; Large de 2. jîieds. Demi - figures, de grandeur naturelle. Le Sauveur eft vu de face, les mains liées, croifées l’une fur l’autre, & pofées fur un appui qui eft recouvert d’un drap rouge : fes mains font couvertes de plaies & de meurtriflures ; il porte la couronne d’épines fur fa tête qui eft enfanglantée de toutes parts. Il a une corde au cou qui vient en même tems lui lier les mains; fon vêtement eft une fimple tunique blanche repliffée au colet, & couverte de gouttes de fang: fon vifage eft défiguré par les marques des coups qu’il a reçu, & par les teintes de fang qui y font répandues: fes yeux bielles & abattus, fes levres pâles, & fon teint livide font autant de témoignages de fes fouffrances. Le Peintre a fu rendre ces fouffrances avec une telle énergie, une telle exprefiîon, qu’elles paffent, pour ainfi dire, dans l’aine du fpeclateur. On ne peut voir ce Tableau fans reffentir une douleur PETITES FAÇADES. réelle. Outre le mérite de la plus forte expreffion, on trouve encore ici toutes les autres perfe&ions de pinceau de l’immortel Corrège. On lit l’infcription fuivante fur le devant de l’appui : EGO PRO TE HÆC PASSUS SUM: TU *VERO QUID FECISTI PRO ME? Ç'eft-a-dire: J’ai fouffert cela pour toi: Mais, toi, qu’as-tu fait pour moi? 1 48 TROISIEME SALLE. PETITES FAÇADES. t N.° I7f. Planche xiv? UNE SAINTE FAMILLE, PAR MICHEL-ANGE. MICHEL-ANGELO BUONAROTTI. Peint fur bois. Haut de i. pied 10. pouces; Large de i. pied 4. pouces. Figures entières, cinquième de nature. La compofition de ce Tableau eft d’un intérêt fingulier. La Vierge vêtue d’une draperie rouge & bleue, eft affile fur un banc à doffier. L’Enfant Jefus eft couché en partie fur ce banc, & repofe fa tête fur les genoux de fa mère, autour defquels il laiffe tomber négligemment fes petits- bras ; cette attitude eft neuve & des plus gracieufes. La Vierge eft tout occupée du fommeil de fon Enfant; d’une main elle pofe fur le banc un livre ouvert dans lequel elle vient de lire, & étend l’autre au defliis de la tête du petit Jefus, avec une inquiétude vraiment maternelle. Ce f$nti- ment délicat, eft aufîi merveilleufement peint fur toute là phyfionomie, qui eft d’un caractère tout à la fois noble & tendre. Derrière la Vierge, à gauche, S‘. Jofeph eft accoudé fur le doffier du banc, & regarde attentivement le petit Jefus. Ce Saint eft vêtu d’une tunique violette avec un manteau jaune par defiùs, & une calotte rouge fur la tête. De l’autre PETITES FAÇADES. côté on voit s’approcher le petit S f . Jean qui, appercevant l’Enfant Jefus dormant, témoigne par fon gefte qu’il refpeéte fon fommeil. Au bas du banc , dans une niche, on voit un fable. Le fond du Tableau eft un grand rideau verd, qui laifte voir à droite un bout d’architecture. Ce morceau eft d’autant plus précieux que ce grand Artifte, à la fois Peintre, Sculpteur & Architecte, en a peu fait d’auffi petit & d’auffi fini que celui-ci, fon génie le portant plutôt aux grands Tableaux. *1 fcz^ ====== ====z== ^ .. N°. 176. A TROISIEME SALLE. 49 PETITES façades. N? 176. Planche xiv! S'. JEAN NEPOMUCÉNE DEVANT LE ROI WENCESLAS, PAR PAUL M A T T H E I. P A 0 L 0 M A T T H E I. Peint fur toile. Haut de 2. pieds 1. pouce; Large de 1. pied 6. pouces. Figures entières, cinquième de nature. Le Saint en habit de Chanoine, effc debout devant le Tyran auquel il femble porter la parole. Des foldats & des bourreaux lui patient une chaîne autour du corps. Le Roi moiité fur fon trône, ayant fon Miniftre & deux foldats près de lui, fe lève & commande le fupplice du Saint. Un Ange defcendu du ciel, lui apporte la palme & la couronne du Martyre. Le fond du Tableau préfente une vue de la ville de Prague, & du pont du haut duquel le Saint va être précipité. On lit au bas du trône: Pauxus de Mattheï. PETITES FAÇADES L N.° 177* PI anche xiv? UNE S te . VIERGE TENANT UN LIVRE, PAR JULES ROMAIN. GIULIO ROMANO,' Peint fur bois. Haut de 3. pieds 1. pouce; Large de 2. pieds 3. pouces. Figures entières, demi - fiature. La Vierge eft affife dans une grotte, tenant d’une main un livre, & de l’autre l’Enfant Jefüs, à côté duquel dort, par terre, le petit S‘. Jean ; l’Enfant Jefus lui tire doucement fa croix d’entre les bras. La Vierge interrompt fa leétüre & les regarde en fouriant; elle eft vêtue d’une robe rouge à bouts de manches Jaunes, avec un manteau bleu par delfus. A droite de la grotte on voit un bout de paÿfage. Ce fujet gracieux eft très-bien rendu. . N? 178* Planche xiv! UN SAINT PIERRE, , PAR GUIDE RENI. GUIDO RENI. t Peint fur toile. Haut de 2. pieds ïi. pouces ; Large de 2. pieds 6 . pouces. Demi -> figure , de grandeur naturelle. Il a les mains croifées fur la poitrine, la tête & les yeux levés vers le ciel: fon vêtement eft une tunique bleue & un manteau jaunâtre. On voit à côté de lui fur une table, les deux clefs, & au fond un rayon de lumière qui vient d’en haut. Ce Tableau eft de la belle manière de ce Maître. G ,w Y K i< ■ t. i • ï 3 d ‘ /’ JJf y ; PETITES FAÇADES . PETITES FAÇADES . UNE SUITE DE QUATRE BAS-RELIEFS DE BRONZE REPRÉSENTA LES QUATRE SAISONS, PAR MAXIMILIEN SQLDANI B EN ZI. * • MASSIMILIANO soldani benzi. Faits à Florence. Hauts de i. pied ç. pouces ; Larges de 2. pieds. Petites figures entières. Ces quatres Saifons repréfentées par des fujets de la Fable, font autant d’allégories des productions du Palatinat ; ces ouvrages faits exprès pour l’Electeur Palatin Jean Guillaume, offrent une compofitjon auffi favante qu’agréable, & font en même tems d’une exécution parfaite. On lit fur chacune de ces pièces le nom du Sculpteur - Cizeleur, écrit de cette forte : Maximilianus Soldani Ben A Nob. Flor. foc. Florentin. Au haut des cadres de chaque Tableau, eft un cartouche en agrafe, d’un beau deffin, analogue à chaque Saifon; & au bas des mêmes cadres un autre cartouche d’un deffin différent, fur lequel eft une infcription relative à chaque fujet, comme auffi aux productions du Palatinat. «* N.° 179. PI anche xiv* LE P R IN TE MS exécuté en 1711. Pour repréfenter cette Saifon, Flore eft affife fur une efpèce de trône, embraffant affeétueufement une de fes Nymphes qui tient devant elle une corbeille de fleurs ; elle ’ indique par fon gefte & par les fleurs qu’elle a à la main, qu’elle veut en faire une offrande au Dieu des jardins, dont la ftatue eft placée à quelques pas d’elle. Trois autres Nymphes font déjà occupées à orner cette ftatue de guirlandes & de couronnes, tandis que trois petits génies, en avant, exécutent un concert. Derrière Flore eft la Culture des jardinsperfonnifiée fous la figure d’un homme, qui tient un hoyau en main, & qu’un chien careffe. Le fond du bas- relief repréfente un facrifice que des Nymphes, des Bergers & des Bergères offrent au Printems; des petits Zéphirs jettent des fleurs fur l’autel. Dans le coin à droite, on apperçoit fur des nues, Jupiter & Junon qui s’embraflènt, & plus loin, Zéphir qui enlève Iris. Dans le cartouche placé au bas du cadre du Tableau, on lit cette infcription : VERE NOVO OMNIGENIS SOLA FETIBUS IMPLEAT AETER DETQJJE NO VU Al COELI VIS GENITIVA JUBAR. Maximili, Soldani Bernd Nob. Flor. faciebat. Florent. 1711. 4 TROISIEME SALLE, si PETITES FAÇADES . N.° 180. Planche xiv* « L’É T É exécuté en 1708* Cette Saifon eft figurée ici par le triomphe de Cerès. Cette Déefie afîife fur un char traîné par deux dragons, a à fon côté un homme qui reprérente la Récolte, & qui conduit ce char ; elle parle dans le moment à une Nymphe placée debout à côté du char, qui tient un tamis en main & qui repréfente la Végétation. Elle femble l’encourager à fertilifer fes champs. Plufieurs figures très-bien compofées & très- bien groupées, font en avant de la Déefie & de fon char: elles repréfentent les parties de l’Agriculture: le Labourage, les Semailles, laMoilfon, &c, accompagnés des Jeux &des Danfes champêtres. Les Zéphirs fe jouent en l’air. Le fond repréfente des champs de bled prêts à être moifionnés. Dans le cartouche de ce Tableau eft écrit: FLAVA CERES FRONTEM SPICIS REDIMITA SERENAM JUNCTA PALATINUM PAX BEET ALMA SOLUM. Maximilianns Soldant Ben&i Nob.Flor. fac. Florentin 1708. PETITES FAÇADES . N? 181. Planche xiv® L’AUTOMNE exécuté en 1708. Bacchus afiis fur le devant de fon char, appuyant fon corps contre le fein d’Ariane, qui eft à fes côtés, femble fe livrer avec cette aimable compagne, autant au plaifir de l’amour, qu’à celui de la boifion. Trois petits Amours placés fur le char de Bacchus, fe jouent avec des Satyres. Du côté oppofé à ce premier groupe, on voit paroitre le Dieu Sylène ivre, monté fur un âne, & foutenu fous les bras par des Faunes; il eft accompagné & fuivi d’autres Faunes & de Bacchantes, qui danfent & folâtrent au fon d’inftrumens champêtres. Dans le cartouche du Tableau eft écrit : EXUNDENT UVIS AUGUSTA PALATIA RHENI PACIFERA BACCHI MESSE TRIUMPHET AGER. Maximilianus Soldant Bcnzi Nob. Flor. faciebat. Florentin I 7 °S* * G 2 $ 4 TROISIEME SALLE. J2 PETITES FAÇADES. ^*** —^^^ 11 . * ■' ■ »■■■■■"■■ i i ■»■ i ■ 11 . ZL, --» N° 182. Planche xivî L’HYVER exécuté en 1711/ Vénus appuyée fur Mars defcendde fon char, pour entrer dans les forges de Vulcain, où l’on voit ce Dieu & fes Cydopes occupés à fabriquer des armes. Les trois Grâces à la fuite de Vénus font encore placées fur ce char, auquel font attelés deux colombes & deux cygnes. Des Amours en avant) font occupés à retenir les rênes» On voit fur les nuages , Éôle avec les Vents du Nord, fouffler fur les campagnes couvertes de frimats. A l’entrée des forges de Vulcain, eft fufpendu l’écuffon de la Séréniffîme Maifon Palatine , groupé avec des trophées d’armes ; C’eft la dédicace de l’habile Artifte qui a travaillé ces pièces. On lit dans le cartouche du cadre : ^. • FERPOLIAT LONGIS VÜLCANUS NOCTIBUS ARTES MARS NÜDÜS TACEAT RIDEAT ALMA VENUS. Maxhuili. Soldant Benzi Nob. Flor. faciebat. Florentin 1711. PETITES FAÇADES. N? 183* Planche xiV- LAÔCOON ET SES ENFANTS DÉVORÉS PAR LE SERPENT, PAR PIEMONTINL Bas - relief. Haut de i. pied i. pouce ; Large de ï. pied 6 . pouces. Petites figures entières. Laôcoon veut fuir le ferpent rrtonftrueux qui le pourfuit, & qui l’a déjà atteint; fes deux fils renverfés par terre, en arrière, font actuellement la proie d’un autre ferpent. On voit dans l’éloignement, l’autel devant lequel facrifioit Laôcoon avant la cataftrophe : les Prêtres, les Deffervans, quelques Guerriers effrayés & troublés fuient de toutes parts ; le bœuf qui devoit être immolé rue au milieu du Peuple. Tout-à-fait dans le lointain, on apperçoit la ville de Troye, & la mer qui baigne fes murs. / CATALOGUE RAISONNÉ ET DES figuré x>£ T ABLEAUX gjlxj£trx& ÆrxjecrroK^-xx: x>£ x> xtssjeij.x> oxtFt. QUATRIEME SALLE DITE DE VAN DER WERFF. iâafïl :*?77. ",h el Jt et àel aiv JE DESSIN GLU A T RIE ME SALLE. i PREMIERE , SECONDE UN TRIOMPHE ROMAIN, peint en grifàille k l’imitation de Bas-relief, dans une fuite de huit Tableaux, i PAR POLIDORE DE CARRAVAGE POLIDORO CALDARA DA CARRA VA G G 10 * Feints fur toile. Figures entières, de grandeur prefque naturelle. Cette fuite fert de frife au haut des trois façades de cette quatrième Salle , & eft rangée dans l'ordre des Numéros ci-deffous. N.° 184. Planche xvi! Haut de 4. pieds 10. pouces 5 Large de 14. pieds 4. pouces. N.° i8l. Planche xvi! Haut de 4. pieds 10. pouces ; Large de 9. pieds 10. pouces. Nf 186. PI anche xv! Haut de 4. pieds iq. pouces; Large de f. pieds 4. pouces. ET TROISIEME FAÇADES. Nf 187. PI anche xv! , Haut de 4. pieds 10. pouces ; Large de 10. pieds 4. pouces. Nf 188. PI anche xv! • Haut de 4. pieds iq. pouces; Large de 6 . pieds 1. pouce. Nf 189. Planche xvii! Haut de 4. pieds 10. pouces ; Large de 8* pieds. Nf 190. Planche xvii! Haut de 4. pieds 10. pouces; Large de 8. pieds. Nf 191. PI anche xvii! Haut de 4. pieds 10. pouces ; Large de f. pieds 4. pouces. Ce dernier N°. eft peint par Je an François van Douven. Ces huit morceaux font admirablement bien compofés, & dans le véritable coffcume antique. Le deffin en eft fier & hardi. \ A 2 QUATRIEME SALLE. PREMIERE FAÇADE. N? 192. Planche XV? LE DENIER DE CÉSAR, PAR BERNARD STROZZA , dit le PRÊTRE GÉNOIS , ou le CAPUCIN. BERNARDO STROZZA, dit il PRETE GENOESE , ou il CAPUCIN0. Peint fur toile. Haut de 4 . pieds ir. pouces; Large de 6 . pieds ir. pouces. Figures jufqu’aux genoux, de grandeur naturelle. Le lieu de la fcène eft Une efpèce de portiqtie orné d’une baluftrade & de deux colonnes, dont on ne voit que la partie inférieure : une draperie eft fufpendue d’une colonne à l’autre : le fond ouvert laiflè voir un ciel couvert de nuages. Jefus-Chrift & le Pharifien font placés en dehors de la baluftrade. Celui-ci tient de la main droite, & montre à Jefus-Chrift la pièce d’argent qu’il a tirée d’un fac qu’il tient encore dans fa main gauche. Le Sauveur vêtu d’une longue tunique rouge, fur laquelle eft croifée une ample draperie bleue, a le dos & la main droite appuyés contre la baluftrade; il femble répondre au Pharifien, & lui PREMIERE FAÇADE. dire : Rendez, a Céfar ce qui ejl a Céfar &c. Plufieurs autres perfonnages, dans différentes attitudes, regardent avec curiôfité ce qui fe paffe, & paroifîent fort attentifs au difcours du Sauveur; ils font tous placés en dedans de la baluftrade , à l’exception d’un petit garçon qui eft en dehors, & dont le corps eft tellement faiilant, qu’il par oit fortir du Tableau. Ce morceau eft d’un coloris chaud & d’une touche vigoureufe ; mais le caraftère du Sauveur ne paroit pas affez noble. ^■-~-==rd====: QUATRIEME SALLE. 3 PREMIERE FAÇADE. PREMIERE FAÇADE. N? 193. PI anche xv? SUS ANNE AU BAIN, SURPRISE PAR LES DEUX VIEILLARDS, main il fe tient à l’arbre qui eft à côté de la fontaine, & de l’autre il fait ligne à fon complice .d’obferver le plus grand fiîencë , pour que Sufanne ne les apperçoive pas encore. PAR AN N IB AL CARRACHE AN N IB ALE CARRACCL Peint fur toile. Haut de ç. pieds 10. pouces ; Large de 6 . pieds 4. pouces. Figures entières, de grandeur naturelle. Ce morceau très-eftimé, de la première manière du Carrache, tient de celle du Titien. La figure de Sufanne eft fvelte & élégante , & d’une grande finefle de deftin. Une fontaine fermée fur le devant par une baluftrade, un grand arbre placé tout auprès, & une vue dç jardin qui s’étend par derrière ; tel eft le lieu de la fcène. Sufanne toute nue à l’exception d’un linge palfé fur le haut de fa cuilfe droite, eft aiïilè fur un banc de pierre. Elle fe bailfe vers la fontaine pour en recevoir l’eau dans le creux de fa main droite, & la verfer fur fa jambe gauche qu’elle tient pofée fur une elpèce de marche-pied. Elle a le dos tourné aux deux Vieillards dont l’un déjà fort avancé vers elle, eft à genoux, & exprime par fon attitude l’impreffion que font fur lui les charmes qu’il découvre. Le fécond Vieillard plus en arrière eft debout. D’une A 2 4 QUATRIEME SALLE. PREMIERE FAÇADE. N? 194. PI anche xv? LE REPOS EN ÉGYPTE, PAR CIRE FERRI. C IR 0 FERRI ; Peint fur toile. Haut de 6 . pieds 4. pouces ; Large de 6 . pieds 3. pouces» Figures entières, de grandeur naturelle. Ce Tableau peint en détrempe pré fente une belle 5c gracieufe . compofition, avec un beau fond de payfage. La Vierge eft vêtue d’une robe rouge relevée d’une draperie,,bleue, avec une elpèce de mante grife qui, lui couvrant la tête, retombe en croilànt fur fes épaules & fa poitrine. Elle eft affife fur un bout de roche, tenant l’Enfant Jefus fur fes genoux, & paroilfant détacher les langes qui l’enveloppent. S*. Jofeph en habit jaunâtre, eft à côté en arrière, appuyé fur l’âne, & regarde l’Enfant Jefus qui paroit s’occuper de lui. Aux pieds de la Vierge eft une aiguière couchée fur une draperie jaune. On voit tout auprès la bafe d’une colonne, fàifant partie d’une ruine. PREMIERE FAÇADE. N° 195. Planche xv? LE ROI MANASSÈS EN CAPTIVITÉ, PAR JOSEPH RIBERA , dit L'ESPAGNOLET. GIUSEPPE RIBERA , dit il SPAGNOLETTO. Peint fur toile. » Haut de 2. pieds n. pouces; Large de 2. pieds 4. pouces. Demi - figures, de grandeur naturelle. JVIanafîès eft debout devant un rocher dans une attitude fuppliante, ayant les mains jointes & élevées, & portant la vue vers le ciel. Son corps couvert feulement d’une draperie de bure qui paffe de l’épaule gauche derrière le dos, offre un Vieillard amaigri, & qui a beaucoup fouftert. Sa tête eft prefque chauve, &il porte une longue barbe grife. Ce Tableau eft recommandable par la correction du deflin, la touche forte & large, la belle carnation, & enfin par l’expreflion. .. 7 =^^= : .'- 2 ^ ( (QUATRIEME SALLE. S PREMIERE FAÇADE. N.° 196. PI anche xv? PORTRAIT D’HOMME, 4 » , PAR DIEGO VELASQUEZ. ' Peint fur toile. Haut de a. pieds 9. pouces ; Large de 2. pieds r. pouce. Demi-figure, de grandeur naturelle. eft un Noble Efpagnol vu de face; il eft vêtu d’un habit d’étoffe noire, relevé d’un collet blanc à la mode de fon tems. Sa tête découverte laifïe voir des cheveux noir-foncé. Il appuie le poing droit fur fa hanche, & pofe la main gauche fur la garde de fon épée. Le fond du Tableau eft brun. PREMIERE FAÇADE . Nf 197. PI anche xv! PORTRAIT D’HOMME, PAR GERARD D O U F F E T. Peint fur toile en 1624. Haut de j. pieds 3. pouces ; Large de 2. pieds 4. pouces. Demi-figure, de grandeur naturelle. O n croit qu’il repréfente un ancien Magiftrat de Liège. Il eft vu de face avec une barbe rouffe, la tête couverte d’un chapeau noir pointu, le cou garni d’une fraife pliffée & épaifle. Il eft dans fon habillement de Magiftrat, d’une étoffe noire cifelée avec des manches étroites. Il tient de la main gauche un rouleau de papier, & paffe la droite fous le pan de fa robe. Le fond eft brun. Sur ce Tableau eft écrit: Ætatis fua n. An°. 1624 * t =*• A ? O 6 GlU A T RIE ME SALLE. rçv*w PREMIERE FAÇADE . N. 9 198. Planche xv! PORTRAIT DE L'ABBÉ MORATELLI, PAR LE CHEVALIER JEAN FRANÇOIS VAN D OU VEN. Peint fur toile. Haut de t. pieds g. pouces; Large de 2. pieds 2. pouees.; Demi-figure, de grandeur naturelle. V^efc Abbé étoit Maître de Chapelle de l’Electeur Jean Guillaume. Il eft repréfenté affis devant un claveflîn, ayant la main droite fur le clavier, & foutenant de l’autre un livre de mufique. A côté eft un encrier de cuivre dans lequel eft une plume. La tête eft de face, & regarde le fpectateur ; les cheveux font grifâtres & négligemment arrangés ; l’habillement eft une foutane avec un collet blanc, & par deftus, un manteau qui fe rabat fur le bras droit. Le fond du Tableau eft d’architecture, avec une ouverture qui laifte voir un jardin dans le lointain. Il y a une grande vérité dans ce portrait , la main eft très-bien faite. PREMIERE FAÇADE. N? 199. PI anche xvî PORTRAIT D’HOMME, PAR GERARD D O U F F E T. Peint fur toile. Haut de 2. pieds 7. pouces; Large de 2. pieds. Demi-figure, de grandeur naturelle. Il regarde en face. Sa tête découverte laiffe voir des cheveux noirs ; il porte au cou une fraife rabatue. Son habit eft un pourpoint de velours pourpre-foncé, fur lequel eft jetté un manteau noir. Le bras droit eft étendu le long du corps, & on n’en voit pas la main. Il tient fes gands de la main gauche. Le fond du Tableau eft brun. .:z: > O QUATRIEME SALLE. 7 PREMIERE FAÇADE. N.° 200. PI anche xvt LE PORTRAIT D’ANTOINE SCHOONJANS, Peint par lui-même. Sur toile. ’ Haut de a. pieds 7. pouces ; Large de 2. pieds 2. pouces. Demi - figure, de grandeur'naturelle. Il s’eft peint en Rabbin avec une barbe griûitre : fa tête eft couverte d’une toque noire doublée de cramoifi. Son habit eft une robe noire & un manteau de.même couleur par deflus. Il a le coude gauche négligemment appuyé fur une table, le bras relevé, & la main pofée contre fon menton, par deflus la barbe. Le fond du Tableau eft d’architecture liflè & brune. C’eft un fort beau portrait; la main en eft admirable. 1 0 SECONDE FAÇADE. N? 201 . Planche xviî L'ASSOMPTION DË LA VIERGE, PAR LE GUIDE. G U I D 0 RE N L Peint fur taffetas. Haut de 9. pieds 2. pouces ; Large de 6 . pieds 6 . pûu'ôes. figures entières, de grandeur naturelle. La S te . Vierge monte au ciel avec l’expreflion d’un faint raviflement Sa tête eft un peu panchée fur fon épaule droite. Ses bras font ouverts, & fes yeux élevés vers le trône de la gloire dont la vive lumière environne déjà fon corps. Son attitude, fes regards, fa phyfionomie, toute fa perfonne enfin expriment qu’elle goûte d’avance la félicité pure qui l’attend dans le ciel. Elle eft debout, les pieds pofés fur des nuages que des Anges femblent foutenir. Deux de ces Anges plus grands que les autres, & placés à fes pieds paroilfent la porter, & deux autres plus petits, à fes côtés, foutiennent refpe&ueufement fon vêtement Elle eft vêtue d’une longue tunique couleur de rofe, qui eft ferrée au milieu du corps par une ceinture céladon, & furmontée par une ample draperie bleue qui, couvrant le dos & les épaules, vient le rabattre fur fes pieds. Sa tête 8 QUATRIEME SALLE. SECONDE FAÇADE. eft couverte d’un voile léger d’un gris jaunâtre qui, fe repliant en arrière, lui pafie gracieufement fur la poitrine, & dont les bouts voltigeans paroilfent au delfus de fon épaule gauche. Ce Tableau qu’on ne fauroit trop admirer , palfe à jufte titre pour un des plus beaux qu’ait fait ce fameux Maître. Il offre tout ce qu’on peut imaginer de fublime pour la compofition, le caractère, & l’expreffion. Le ton de couleur fuave & tranfparent qui y règne eft vraiment célefte. Le caractère de la Vierge eft la Sainteté même. SECONDE FAÇADE . N.° 202. PI anche xvi! L’APOTRE SAINT PAUL, PAR DOMINIQUE F ET I. DOMENICO F E T I. Peint fur toile. Haut de 3. pieds 9. pouces ; Large de 2. pieds 10. pouces. Demi - figure, de grandeur naturelle. L Apôtre eft vu de profil. Une grande draperie jaune lui couvre le corps & les bras. Le fond eft brun ; ce Tableau eft fièrement heurté. - -r rrr aji. 11 :. 1 -». ;■ .y ; 1 l. . , , jj = ===»»• N.° 203. PI anche xvi? PORTRAIT D’UN ARTISTE, qu’on dit être le GIORGIONE ancien Peintre Vénitien, PAR L E M Ê M E. Peint en 1614. ayant les mêmes dimenfions. Il eft debout, préfentant le corps de côté & la tête de face. Il a une tabatière dans les mains. Son habillement reffemble à celui des Hérauts d’armes. Le fond du Tableau eft d’archi- teèture. Dans une niche, on voit la ftatue de Vénus, dont Ha tête & les bras font tronqués. Une arcade ouverte découvre une rue de ville. On y lit MDCXIIII. Dominicus F. A°. XXV. N°. 204. QUATRIEME SALLE. 9 .SECONDE FAÇADE. SECONDE FAÇÂDE. N.° 204. Planche xviî LE NOLI ME TANGERE, PAR SIMON DE P E S A R 0. SIMON CANTARINl DA P ES A RO. feint fur toile. Haut de 5. pieds 5 Large de 4. pieds 2. pouces. Jefiis - Chriffc tient fa pelle de jardinier, & fe retourne comme pour parlera S te . Madeleine qui l’a reconnu, & quieftà fes pieds portant un vafe de parfums. planches\ 6 me . & iy m '. excepté le N\ 295. qui fe trouve parmi les Tableaux mobiles planche 23’”'. Ce Portrait eft frappant par la belle vérité, par la fonte de touche du pinceau, & en général par l’effet & l’entente du clair-obfcur. Ces mains que d’ordinaire Rembrand n’aimoit point à faire, font ici admirablement bien traitées. le haut d’une riche camifole, & le bout d’une chemife pliffée dont le col eft fermé. Une belle chaîne d’or à double chaînon, garnie d’une médaille de même métal, defcend de fes épaules fur fa poitrine. Le fond du Tableau eft d’un gris - clair. ' N.° 212. Planche xvi? PORTRAIT DU PEINTRE FLINCK, PAR REMBRAND VAN RTN. Peint fur toile. Haut de 2. pieds g. pouces; Large de 2. pieds j. ponces. Demi - figure, de grandeur naturelle. Ce Peintre regarde par une fenêtre, fur l’appui de laquelle il pofe le bras droit, en penchant le corps en avant. Il tient fes deux mains croifées l’une fur l’autre. Sa tête vue de trois quarts de face, offre le vifhge d’un bel homme âgé d’environ trente quatre ans ; il a la mouftache fous le nez & le toupet au menton ; fes cheveux font courts, crépus & châtains; il porte un bonnet noir ajufté pittorefquement en manière de toque ; le corps & les bras font enveloppés d’un large manteau noir doublé de fourrure, qui laide voir B ? 14 gluatrieme salle. SECONDE FAÇADE. ' N.° 213. Planche xvi! PORTRAIT DE LA FEMME DU PEINTRE FEINCK, faifant pendant du précédent. PAR REMBRAND V A N R T N. Et ayant les mêmes dimeniîons. Cette femme eft préfentée de face, dans une attitude tranquille , ayant fes mains gantées & croifées l’une fur l’autre. Sa tête un peu tournée de droite n’a d’autre coëffure que fes cheveux qui font blond-châtains, & relevés d’un bourlet d’où defcend par derrière une efpèce de voile rabattu fur l’épaule gauche ; elle eft en corps de jupe, avec une bufquière lacée, & des manches garnies. Une chaîne d’or lui fert de ceinture ; fi gorge eft couverte d’une chemife plilfée, avec un large collet fermé. Une belle chaîne d’or garnie de pierreries lui orne le cou. Le fond du Tableau eft d’un brun clair & tranfpârent. Ce Portrait eft du même mérite que le précédent, il femble même encore plus achevé. On regrette que le Peintre ait mis aux mains des gants qui ne font point un bel effet. SECONDE FAÇADE. N? 214. Planche xvi? DESCENTE DE CROIX, PAR REMBRAND VAN R T N. Peint fur bois. Haut de 2. pieds io. pouces ; Large de 2 . pieds 1 . pouce. Figures entières, d’environ 8. pouces de proportion. Le Corps de Jefus - Chrift déjà détaché de la croix, eft foutenu par des hommes qui le defeendent ; les uns placés fur des échelles, le foutiennent par les bras ; les autres à terre, le reçoivent dans les leurs. Un d’eux, monté au haut de la croix fur laquelle il plie tout fon corps, retient le bout d’un linceul qui fert à faciliter la defeente. La Vierge eft en avant, évanouie entre les bras des trois Maries. Les faints hommes & les faintes femmes qui alfiftent à cette action, font en arrière à la droite de la croix. Un perfonnage en habillement Arménien, placé debout à la gauche de la croix, ayant une canne à la main, regarde la defeente fans marquer beaucoup d’intérêt; il paroit cependant être Jofeph d’Arimathée. Le fond du Tableau eft payfage, avec un ciel nébuleux & obfcur. Dans le lointain, on apperçoit la ville de Jérulalem & quelques hommes qui y entrent. Rien de mieux compofé & de plus intéreftànt que le principal groupe de ce Tableau dont les figures font ( Q.UATRIEME SALLE. SECONDE FAÇADE. SECONDE FAÇADE. admirablement diftribuées, & rendues avec toute l’entente & la magie du clair - obfcur. Le Corps du Chrift, par la manière dont il eft foutenu & abandonné à fon propre poids, offre la véritable image de la mort. Ce groupe principal domine encore par la manière dont il eft éclairé, le Peintre ayant fuppofé comme dans le Tableau précédent, qu’un rayon de lumière furnaturelle vient tomber juftement fur le Corps du Chrift & fur ce qui l’environne : de forte que ce groupe eft vivement éclairé, tandis que tous les autres objets du Tableau font tenus dans la demi-teinte. On remarque que l’homme qui reçoit le Corps du Chrift entre fes bras, & dont la tête eft fi bien caractérifée & fi fpirituellement touchée, reffemble exactement à celui qui eft habillé à l’Elpagnole dans le Tableau précédent. < ^^^=±==±t====^ /P N.° 215'. Planche xvi? JESUS - CHRIST ÉLEVÉ EN CROIX, PAR REMBRAND VAN R Y N. Peint fur toile. Haut de 2. pieds 10. pouces; Large de 2. pieds 1. pouce. Figures entières, d’environ 8. pouces de proportion. La croix à laquelle Jefus-Chrift eft attaché , eft vue ici un peu de côté : elle eft prefque déjà élevée & mife à fa place par cinq hommes occupés à ce travail. Rien de mieux étudié & de mieux compofé que ce groupe d’hommes qu’on voit, pour ainfi dire, agir. Le Commandant de l’efcorte eft à cheval près de la croix, & à côté de lui font les Juges & les DoCteurs de la loi. La foule du peuple eft en arrière ; les deux larrons conduits par les foldats font un peu plus loin à gauche. Le ciel eft couvert d’un nuage obfcur & vaporeux, & l’on apperçoit dans le lointain une partie des murs de Jérufalem. Le Peintre a tenu le corps de Jefus-Chrift parfaitement éclairé, & a jetté feulement quelques traits & reflets de lumière fur les objets les plus proches de lui : ce Corps eft defliné & peint dans une exaéle vérité de nature ; la carnation eft digne du Titien. Le Chrift lève les yeux % 16 (QUATRIEME salle. SECONDE FAÇADE . vers le ciel, il tient la bouche ouverte, & femble proférer le pardon qu’il demande pour fes bourreaux & pour le monde entier. Les perfonnages font habillés d’une manière bizarre, fans refpeft pour le coftutne, comme faifoit ordinairement Rembrand. Le Commandant eft habillé à la Turque , & un des hommes qui élèvent la croix, à l’Efpagnole; il paroit être portrait : la tête qui elt bien éclairée & juftement tournée vers le fpeftateur, eft touchée avec toute la finelTe & l’efprit polfibles. TROISIEME FAÇADE . Nf 216 . PI anche xvnf L’ADORATION DES BERGERS, PAR REMBRAND VAN RT N Peint fur toile. Haut de 2 . pieds io. pouces ; Large de 3. pieds i. pouce. Figures entières, d’environ 8. pouces de proportion. La fcènq eft dans l’intérieur d’une étable, pendant une nuit obfcure. L’Enfant Je fus enveloppé de fes langes, eft couché fur un tas de paille. La S te . Vierge alfife à côté de lui le découvre, tandis que S'. Jofeph placé en arrière, l’éclaire d’une lampe pour îe mieux faire voir aux Bergers qui s’empreflent de l’adorer. Deux de ces Bergers & une vieille Bergère, les plus voilins de l’Enfant, font à genoux. Leur attitude & leurs regards expriment l’étonnement & l’admiration : des Bergers & Bergères plus éloignés font debout, & confidèrent attentivement l’Enfant Jefus, furtout une petite fille placée plus avant, dont l’attention eft plus marquée. Ürî des Bergers tient une lanterne à la main, qui ne donnant qu’une foible lumière , n’en répand que très-peu fur les objets qu’elle éclaire , ce qui fait dominer fenfiblement la lumière de la lampe que tient S'. Jofeph, qui éclairant le groupe le plus intéreflant du QUATRIEME SALLE 17 TROISIEME FAÇADE. du Tableau, y raffemble les effets les plus effentiels de lumière & de clair-obfcur. Tous les perfonnages font habillés fingulièrement à la Rembrand, & d’une manière tout oppofée au coftume. L’habillement de la Vierge, quoique commun, eft le plus fupportable. Au fond de l’étable , on apperçoit dans l’obfcurité le bœuf & l’âne, & au deflus d’eux, un coq & une poule juchés fur un appentis. TROISIEME FAÇADE . N? 217. Planche xvnî JESUS MIS AU TOMBEAU, PAR REMBRAND VAN RT N. 1 Peint fur toile. Haut de 2. pieds 10. pouces ; Large de 2. pieds 1. pouce. Figures entières, d’environ 8 . pouces de proportion. On voit dans l’intérieur d’une grotte vafte & obfcure, le Tombeau deftiné pour le Corps du Chrift. Par une ouverture de cette grotte, on apperçoit à quelque diftance, le Calvaire où font plantées les trois croix, & plus loin, une partie des édifices les plus élevés de Jérufalem. Le Peintre s’eft avifé d’orner l’intérieur de cette grotte d’un grand rideau en manière de baldaquin. Le Corps du Chrift pofé dans un linceul au deflus du Tombeau, eft prêt à y être defcendu par trois hommes qui le foutiennent. Un Vieillard qui paroit être Jofeph d’Arimathée, & qui eft à un des bouts du Tombeau derrière la tête du Chrift, tient d’une main une chandelle, & de l’autre en cache en partie la lumière. Cette lumière, jointe à celle que tient devant lui un autre homme placé plus en avant, éclaire vivement la face de ce Vieillard, le Corps du Chrift, le linceul qui l’enveloppe, & en même tems l’homme qui foutient le haut du Corps : il en réfulte des accidens de lumière C (QUATRIEME SALLE. Ï8 TROISIEME FAÇADE. intérefîàns, & une vive oppofition aux autres objets qui ne font éclairés que de reflets, & tenus dans des teintes foibles. Sur le devant du Tombeau, vers les pieds du Chrift, la S te . Vierge & la Madeleine font affifes dans des attitudes qui expriment la douleur. On voit encore plu- fieurs autres afliftans autour: un d’eux debout en arrière, richement vêtu à l’Orientale, s’appuyant de la main droite fur un bout déroché, femble un des perfonnages principaux: ce fera Nicodême. On eftime particulièrement dans ce Tableau, la manière fingulière & heureufe dont le Peintre fait intervenir la lumière. ■* . ■ ■ -rrrrrr--— TROISIEME FAÇADE. N? 218. Planche xvn! LA RÉSURRECTION DE JESUS.CHRIST, PAR REMBRAND VAN R T N. Peint fur toile. Haut de 2. pieds 10. pouces ; Large de 2. pieds r. pouce. Figures entières, d’environ 8 . pouces de proportion. La fcéne repréfente le faint Sépulchre, dans une grotte ; on y voit le Tombeau de Jefus-Chrift. Un Ange vêtu d’une robe blanche, & relplendiflant d’une lumière éclatante dont il eft environné, eft en l’air, & lève fans aucun effort la tombe de pierre qui couvrait le Tombeau du Sauveur. Les foldats quifaifoient la garde font effrayés, renverfés les uns fur les autres, & témoignent par leurs attitudes l’épouvante dont ils font faifis. Un d’eux qui dormoit fur la tombe eft enlevé avec elle, & culbuté fur fes camarades. Dans un coin à droite, fur un plan plus éloigné, on apperçoitles deux faintes femmes qui arrivent dans ce moment au Sépulchre, & font témoins du miracle qui s’opère ; elles expriment par leurs .attitudes l’êtonnement & les làints tranfports de joie dont elles font pénétrées en voyant la Réfurrection du. Sauveur. Tous les objets du Tableau font % f GLU A TRIE ME TROISIEME FAÇADE. éclairés par la lumière qui environne l’Ange. Les accidents & les reflets font amenés & traités à la Rembrand, c’eft-à- dire parfaitement. Le Peintre s’eft avifé de faire paroitre Jefus-Chrift révivifié dans le Tombeau, encore enveloppé de -fon linceul, fe foulevant foiblement & avec peine , & paroiiïànt attendre pour fortir, que la tombe foit tout-à-fait levée; mais cette idée qui eft abfolument faufle, eft une faute impardonnable: puifque Jefus - Chrift eft forti tout d’un coup & fans effort de fon Tombeau, & qu’il eft apparu aux faintes femmes environné d’une Gloire éclatante. «fl . SALLE. 19 TROISIEME FAÇADE. N? 219. Planche xvn! L’ASCENSION DE JESUS. CHRIST, PAR R E M.B RA N D VAN R Y N. Peint fur toile. Haut de 2. pieds 10. pouces ; Large de 3» pieds 1. pouce. Figures entières, d’environ 8 . pouces de proportion. Jefus-Chrift vêtu d’une robe blanche & légère avec une ample draperie de même couleur, eft debout fur des nuages, & monte au ciel; il a les bras étendus, & la tête tournée vers la Gloire qui s’ouvre au deffus de lui, &au milieu de laquelle paroit le S*. Efprit. Des Anges & des Chérubins voltigent autour des nuages qui portent le Sauveur. Les Apôtres à terre, les uns debout, les autres à genoux, regardent le miracle avec l’exprefïïon d’une lainte admiration. Tous les objets de ce Tableau font éclairés par des reflets de la lumière célefte , & de celle qui émane du Corps du Sauveur. Les Apôtres ne font qu’en demi-teinte, ce qui fait ici une belle oppofition. .1 i. V c 2 20 QUATRIEME SALLE. SECONDE FAÇADE. SECONDE FAÇADE. Suite de vint - cinq Tableaux du Chevalier ADRIEN VAN DER WERFF, diflribms fur les trois façades de la quatrième Salle excepté les N. 325. & 326. des Tableaux mobiles planche 24”". qui font aujjî partie de cette fuite. I Tiii' Ti ■ 11 N.° 220. Planche xvi? t UN SUJET ALLÉGORIQUE, PAR LE CHEVALIER ADRIEN VAN DER WERFF. . Peint fur bois en 1716. Haut de t. pieds 6 . pouces ; Large de 1. pied 9. pouces. Figures entières, d’environ un cinquième de nature. -A.il milieu d’un portique public, s’élève un grand & magnifique obélifque de granit, dont on ne voit ici que la partie inférieure, avec les focles & les gradins qui lui fervent de foubaffement. Il pofe fur le dos de quatre Lions de marbre blanc, qui font allufion aux Lions Palatins. Sur la face principale de cet obélifque on voit les Armes de la Séréniflime Maifon Palatine accolées à celles de Médicis dans un même écuffon, & fur fon foubaffement un cartouclie dans lequel eft gravée, en lettres d’or, l’infcription fuivante: JUSSU AUGUSTORUM TEMPORIS NQSTRI MECENATUM SERENISSIMI JOHANNIS GUILLELMI COMITIS PALATINI RHENI S. R. I. ARCHI - DAPIFERI ET ELECTORIS. &c. &c. SERENISSIMÆ MARIÆ ANNÆ LGUISÆ NATÆ REGLE PRINCIPIS ETRURIÆ ÇONJUGIS, HAS QUINDECIM MYSTERIORUM TABULAS OBSEQUIOSISSI iMO PENICILLO EXPRESSIT ÀDRIANUS V AN - DE R WERFF Eques & S. E. Palafc. Pictor. A®. CIOIOCCXVL Q.U AT RIEME SALLE. 21 SECONDE FAÇADE. A- Sur le devant de l’obélifque, un médaillon entouré d’un riche cadre de bronze doré, renferme les portraits de Jean Guillaume , & de fon Époufe peints en bulle. Les têtes font vues de profil , & accollées dans le ftyle de médaille. Un petit Génie tient une couronne de laurier au deffus du médaillon, & deux autres font à gauche, comme pour le foutenir : un d’eux tient en main une branche de palmier. Plufieurs femmes gracieu- fement groupées autour du Monument, figurent les Siences & les Beaux Arts. La femme qui caractérife la Peinture, effc alfife fur un degré, au pied du Monument : elle foutient de la main droite le portrait de Van der Werff. Derrière elle , fur un degré plus élevé , font alfifes la Géographie 8ç l’Aftronomie qui femblent difcourir enfemble; plus haut du même côté, à gauche du Monument, un autre groupe de trois figures debout, repréfentent laPoëfie, la Dialectique & l’Éloquence. A la droite du Monument, en avant, eft affife l’Harmonie figurée par une femme qui joue d’une guitare , dont elle feinble offrir les fons au Monument: un petit Génie tient devant elle un papier de mufiqueq derrière elle, tout-à-fait à côté du Monument, on voit une autre figure, en demi-teinte, aflife, & qui tient élevée fur fes genoux, la table de Pithagore qu’elle étudie ; fans doute que cette Figure repréfente les proportions, Toutes ces figures font gracieufement compofées , fpirituellement touchées, & drapées d’un SECONDE FAÇADE. goût excellent aulfi beau que l’antique. Les draperies qui font toutes d’étoffe fine, font rendues comme la nature. Ce Tableau eft d’une compofition auffi favante qu’élégante : l’ordonnance en eft des plus riches ; la délicateffe de touche , le préeieux fini, l’entente de clair - obfcur , & les autres perfections qui caraétérifent le talent de Van der Werff, fe trouvent ici au plus haut degré. Les deux portraits de l’Éleéleur de l’Éleétrice, de même que celui du Peintre , font touchés avec un efprit & une vérité qui étonnent, l--U: 11 c 3 22 QlüATRIEME salle. SECONDE FAÇADE. Nf 22 I. PI anche xvi? L’ANNONCIATION, PAR LE CHEVALIER ADRIEN VAN DER IVERFF. Peint fur bois en 170 6 . Haut de 2. pieds 6 . pouces; Large de 1. pied 9. pouces. Figures entières, d’environ un cinquième de nature. La Vierge aiïife fur un banc placé dans une elpèce de portique, écoute avec foumiffion & modeftie le myftère que lui annonce l’Ange Gabriel. Elle a les cheveux treffés, & eft vêtue d’une longue robe jaunâtre ferrée fur l’eftomae par une légère ceinture violette. Une draperie bleue fur laquelle elle fe trouve alfife, & dont elle tient un bout qu’elle relève contre fa poitrine , lui couvre la cuilfe & la jambe gauche. On voit fur le banc, à côté de la Vierge, fon panier à ouvrage & un livre. L’Ange Gabriel élevé fur un nuage, en avant du portique, dans une attitude refpeétueufe, tenant d’une main un lys, & portant l’autre fur fa poitrine, remplit fa million : une draperie de latin blanc qui lui entoure les reins, fait tout fon habillement A côté du portique dans le lointain, on découvre un payfage enrichi de fabriques. A droite du Tableau eft écrit: Chev 1 . v r . Werff. fec. An°. 1706. SECONDE FAÇADE. N? 222. Planche xviî LA VISITATION, PAR LE CHEVALIER ADRIEN VAN DER WERFF. Peint fur bois en 1708- Haut de 2. pieds 6. pouces ; Large de 1. pied 9. pouces; Figures entières, d’environ un cinquième de nature. Le lieu de la fcène repréfente l’intérieur du veftibule qui fait l’entrée de la maifon de Zacharie : une large porte ouverte dans le fond , lailfe voir des bâtimens , une partie de jardin & de ciel. La Vierge & faint Jofeph font déjà arrivés dans ce veftibule, prêts à en monter les degrés, lorfque S ,e . Élifabeth qui eft accourue au devant d’eux , les reçoit, en exprimant la joie la plus tendre. D’une main elle tient celle de la Vierge, & pofe l’autre fur fon épaule, pour l’embralfer ; Zacharie qui n’a pu aller aulfi vite, eft apperçu en arrière fur le feuil de la porte ; il témoigne par fon attitude & fon mouvement, le plaifir & l’empreffement de revoir des hôtes auiïi chers. La Vierge qu’on voit de côté, eft vêtue d’une robe jaunâtre, avec une ample draperie bleue par defîus : Elle a fur la tête un grand chapeau rond formé de plumes blanches. S'. Jofeph a une tunique bleue recouverte (QUATRIEME SALLE. o 23 SECONDE FAÇADE. d’un manteau brun paffé en croifière ; il tient fon fac de voyage fous le bras, & fon chapeau à la main. S". Élifabeth eft habillée d’une robe gris - jaunâtre, & d’une jupe tout-à-fait grife avec une ample mante violette. Sa coëffiire eft une efpèce de cornette grife , dont les bouts pendent comme un voile. Zacharie porte une tunique pourpre, fur laquelle eft paffé un manteau violet. Au deflous eft écrit: Cheval". v\ Werff. fec. An°. 1708. ...— ÿ» SECONDE FAÇADE . N.° 223. Planche xvi? L’ADORATION DES BERGERS, PAR LE CHEVALIER ADRIEN VAN DER WERFF. Peint fur bois en 1706. Haut de 2. pieds 6 . pouces ; Large de 1. pied 9. pouces. Figures entières, d’environ un cinquième de nature. Une vieille mazure fervant d’étable fait le lieu de la fcène, où l’Enfant Jefus vient de naître. Il eft couché dans une crèche garnie de paille & recouverte d’un lange. La Vierge à genoux derrière la tête de l’Enfant, foulève les deux bouts du lange pour faire voir le Sauveur aux Bergers. Elle eft vêtue d’une robe couleur de rofe, fur laquelle eft jettée une grande draperie verte qui couvre en grande partie fa tête & fon corps, & defcend en avant jufqu’à terre : un coin de cette draperie paffe fous la tête de l’Enfant pour y former une efpèce de couffin. Quatre Bergers & une Bergère font près de la crèche, aux pieds de l’Enfant Jefus dans des attitudes d’admiration. Ils achèvent le groupe v \ principal du Tableau. Ce groupe eft éclairé par la lumière douce & miraculeufe qui émane du corps de l’Enfant, & cette lumière fe répand fur les figures & les objets d’alentour, fur-tout fur le vifage & le devant du corps de la Vierge. S 1 . Jofeph eft debout, un peu en arrière de la Vierge : 24 QUATRIEME SALLE. SECONDE FAÇADE. il tient d’une main une chandelle allumée, qu’il garantit du vent avec fon autre main, & il regarde les Bergers. Son vêtement eft une tunique gris-pourpre , avec une draperie bleue qui fe rabat fur l’eftomac. La lumière que tient S‘. Jofeph, n’éclaire pour ainfi dire que fes deux mains , parce qu’elle fe trouve comme abforbée par la lumière divine qui émane de l’Enfant Jefus ; ce qui fait un beau contraire. Un rayon d’une autre lumière célefte & vaporeufe, qui defcend de la voûte de l’étable fur le corps du Sauveur, & qui le cède aufli en éclat à la première, acçompagne deux Anges élevés en l’air, qui font comme des Envoyés du très-haut.- L’entrée de l’étable qui eft ouverte, lailfe voir obfcurément un payfage, quelques ruines & plufieurs Bergers qui font en marche pour venir à la crèche. Sur une pierre eft écrit : Cheval 1 . v r . d . Werff. f. An°. 1705. SECONDE FAÇADE. N.° 224 » PI anche xvi? LA PRÉSENTATION AU TEMPLE, PAR LE CHEVALIER ADRIEN VAN DER WERFF. Feint fur bois en 1705. Haut de 2. pieds 6. pouces ; Large de 1. pied 9. pouces. Figures entières, d’environ un cinquième de nature. L aélion fe paffe dans l’intérieur du Temple, où eft placé en avant un autel fur lequel pofe un baflin d’or. Siméon fous la figure d’un Vieillard vénérable, eft debout au côté droit de l’autel ; il tient l’Enfant Jefus entre fes bras, & fait l’oblation au Seigneur. Dans ce moment, un rayon célefte entouré de nuages, defcend de la voûte du Temple fur l’Enfant Jefus. Le Saint eft vêtu d’une longue robe gris - changeant fur‘laquelle paffe une efpèce de manteau pourpre. La Vierge eft à genoux fur un degré, aux pieds de S 1 . Siméon, le corps un peu incliné, & les mains croifées fur là poitrine, dans une attitude de foumiflion & d’offrande : elle eft vue tout-à-fait de côté. Sa tête eft coëffée de fes cheveux trelfés & garnis de rubans blancs ; elle eft vêtue d’un grand manteau bleu qui recouvre une robe couleur de rofe. S le . Anne eft debout près de S £ . Siméon, regardant l’Enfant Jefus, & exprimant une vive admiration ; elle eft vêtue d’une longue robe grifâtre, recouverte d’une grande draperie GtUATRIE SECONDE FAÇADE. draperie couleur gris-d’ardoife rayée de rouge, qui lui fert en même tems de voile & de mante : ce vêtement eft des plus fagement compofé. S*» Jofeph eft de l’autre côté de l’autel fur lequel il appuie fon coude droit ; il tient dans fes mains deux colombes blanches, & regarde vers l’Enfant Jefus & S 1 . Siméon. Son habillement eft un grand manteau gris-violet qui lui couvre tout le corps, ne laiflànt voir que le haut de la tunique qui eft bleue. A côté de S 1 . Jofeph font un homme & une femme dont on ne voit que le haut du corps, parce que le refte eft caché par l’autel. Ils femblent prêter une grande attention à la cérémonie. A la droite de S*. Siméon, une jeune fille eft aflife fur un degré, & Un petit garçon debout derrière elle, la tenant par le corps : tous deux regardent la cérémonie avec curiofité. Plus loin,' dans le fond du Temple, on diftingue deux hommes debout, & une femme à genoux qui femble leur parler, tandis que fon enfant devant elle cherche à l’embralfer* Dans le fond du Temple , on diftingue encore, en demi-teinte, une baluftrade derrière laquelle font des prêtres & plufieurs perlonnes qui regardent en avant. Une porte ouverte derrière cette baluftrade, laifle voir un bout de ciel nébuleux. On y lit: Chev*. v r . Werff. fec. Ân°. 170p. ME SALLE. ' 2* SECONDE FAÇADE. N.° 22j. Planche xvi? JESUS AU MILIEU DES DOCTEURS , PAR LE CHEVALIER ADRIEN VAN DER tVERFF. Peint fur bois en 1708. Haut de 2. pieds 6. pouces ; Large de n pied 9. pouces. Figures entières, d’environ un cinquième de nature; Cette pièce eft une des plus belles & des plus riches de cette fuite, pour la compofition & l’ordonnance ; elle eft en même tems une des plus fraîches de couleur, & des mieux con ferrées* L’aétion fe pafle dans le Temple où font alfemblés les Docteurs de la loi: une grande arcade ouverte dans le fond, lailfe voir en dehors un beau portique d’Ordre Dorique ouvert en périftiîe, qui fait l’enceinte du Temple* L’endroit particulier de la fcèiîe eft décoré d’une riche architecture. Une grande draperie violette garnie de franges d’or, fulpendue au plafond, vient s’agraffer pittorefquement par un bout, à une grande colonne. .Sur une table à pieds de biche dont on ne voit ici qu*une partie, & qui eft couverte d’un tapis de velours violet garni de franges d’or, font placés plufieurs volumes de la Sainte Écriture. Les Doéteurs de la loi, D 2Ô QUATRIEME SALLE. SECONDE FAÇADE. font les uns alfis, les autres debout, & plufieurs font en dehors vers le portique. Jefus eft debout au milieu des Docteurs ; il regarde le principal d’entre eux qui eft derrière la table, & femble difputer avec lui. Celui-ci à demi-appuyé fur cette table, regarde & écoute Jefus en exprimant fon étonnement. Les autres Dodeurs paroiftent faifis du même fentiment. Toutes ces figures font admirablement distribuées, bien contraftées, & confervent l’unité d’intérêt & d’action ; mais celle de Jefus eft la pins intéreffante de toutes : outre la nobleffe & les grâces de fon port, il règne en lui quelque chofe de Surnaturel & de divin. Sa tête découverte laiffe voir de beaux cheveux, blonds. Son habillement qui eft noble & modefte , confifte en une tunique grife qui defcend jufqu’au deffous des genoux, & fur laquelle eft une draperie violet- pourpre. Toutes les autres figures font habillées avec le même goût & la même intelligence, tant pour l’arrangement des draperies, que pour le choix de leurs couleurs ; on n’y voit aucune diflonance. D’ailleurs les règles du coftume font partout obfervées ; & quant à la manière dont les étoffes font touchées & traitées, il fuffit de dire qu’elles font du pinceau de Van der Werffi SECONDE FAÇADE . o Dans ce Tableau tout fait pîaifir, l’enfemble & les parties: il y règne un ton d’harmonie, de fuavité, dont on eft aufii furpris que touché. Les couleurs locales font admirables. Chaque figure intéreffe par fon attitude, par fon habillement, comme par fon expreffion. Les têtes, même celles en demi-teintes & dans l’éloignement, font du plus beau caractère, & touchées le plus lpirituel- lement du monde. La lumière eft amenée de côté, de façon qu’elle tombe principalement fur Jefus qui eft vu de face. Il y a écrit au deffous: Cheval'. v r . Werff. fee. An°. 1708. <=rrrr —==±=± QUATRIEME SALLE, 2 7 PREMIERE FAÇADE. N° 226. Planche xv? JESUS AU JARDIN DES OLIVES PAR LE CHEVALIER ADRIEN VAN DER WERFF. Peint fur bois «11711. Haut de z. pieds 6 . pouces ; Large de 1. pied 9. pouces. ; Figures entières, d’environ un cinquième de nature. Un léger crépufcule & le clair de la lune répandent une lumière douce fur le jardin des olives. Cette lumière fuffit pour faire diftinguer dans le lointain, la ville de Jérufalem d’où fort la troupe de foldats conduits par Judas. Le Sauveur eft vu à quelque difiance dans le jardin, fur une petite éminence couverte d’arbres & de rochers. Il eft à genoux, le bras droit appuyé fur un morceau de roche où pofe le calice; c’eft le moment où il tombe dans l’angoifîe & la défaillance, en faifant fa prière à fonPère. Un Ange qui defcend précipitamment du ciel en laiffant derrière lui une lumière éclatante, vient à fon fecours & le foutient entre fes bras. Jefus a pour habillement une robe ou tunique pourpre couverte d’une draperie rouge qui tombe le long du dos, & dont un des bouts pofe fur la roche. Sur le devant du Tableau, on voit trois Apôtres endormis. S*. Pierre qu’on remarque dans le coin à droite , eft afîis le dos appuyé contre un PREMIERE FAÇADE. rocher; il repofe fa tête fur une main, & foutient de l’autre le pommeau d’une épée pofée debout entre fes genoux. Son vêtement eft une tunique bleue, & par deffus une grande draperie ou manteau gris-brun changeant. S*. Jean eft afîis plus bas à côté de S‘. Pierre, un bras pofe fur le même rocher, & l’autre négligemment tendu le long de fa cuiffs ; il a la tête baiflee & le corps incliné par la force du fommeil. Son vêtement eft une tunique jaunâtre , avec une ample draperie ou manteau rouge par deilùs dont un pan recouvre fa tête. Le troifième qui eft S*. Jacques dort affis, foutenant fa tête du bras droit accoudé fur fes genoux. Une tunique verte & un grand manteau gris lui couvrent le corps & la tête, On y lit: CuEv r . v r . Werff. fec. An°. 1711. -HT- " 23 QUATRIEME SALLE. ; ■ PREMIERE FAÇADE. N.° 227. Planche xv° LA FLAGELLATION, PAR LE CHEVALIER ADRIEN VAN DER WERFF. Peint fur bois en 1710, Haut de 2. pieds 6. pouces; Large de 1. pied 9. pouces. Figures entières, d’environ un cinquième de nature. Ponce - Pilate vêtu d’un grand manteau de pourpre, la verge de juftice en main, environné de quelques juges & de fes gardes, liège dans fa tribune placée au fond d’une folle d’audience: au milieu de cette falle, eft un billot de pierre auquel Jefus eft attaché avec les cordes qui lui lient les mains derrière le dos. Un foldat lui attache dans ce moment le pied droit. Son corps placé de profil, & courbé, préfente tout le dos à découvert; il ell tout- à fait nu, à l’exception de la ceinture qui eft couverte d’un linge ; fon expreflion eft la patience & la réfi- gnation. Un des bourreaux placé derrière le billot commence à le flageller, A droite un peu en arrière, un Lifteur & un des gardes du Gouverneur font affis fur un degré, PREMIERE FAÇADE . Pun pofant fa main fur l’épaule de.l’autre; ils regardent attentivement Jefus-Chrift, & s’emblent s’entretenir de lui. Ces deux figures bien compofées & bien traitées dans le coftume , font tenues en demi - teintes , & font le plus bel effet : on remarque en arrière de Jefus, deux petits garçons qui fe moquent de lui en tirant la langue. Les habillements de Jefus font jettés à terre fur le devant. * Ce Tableau eft un des plus beaux de cette fuite. On y lit: Chev", v r . Werff. fec. An®. 1710, QUATRIEME S AL LE. ■PREMIERE FAÇADE. Nf 228. Planche xv? LE COURONNEMENT D’ÉPINES, PAR le CHEVALIER ADRIEN VAN DER WERFF. Peint fur bois en 1710. Haut de 8. pieds 6 . pouces; Large de r. pied 9. pouces. Figures entières, d’environ un cinquième de nature. Le lieu de la fcène eft encore la falle d’audience de Ponce- Pilate , où l’on voit dans le fond la même tribune, fur laquelle il eft placé avec le même habillement. Jefus-Chrift eft aflis fur le billot, le corps nu hors la ceinture qui eft recouverte d’un linge ; il eft vu de lace. Un manteau que les foldats lui ont attaché par dérifion, pend fur fes épaules ; il a les mains liées enfemble, & les porte en avant du côté gauche, ainfi que la tête, pqur recevoir le rofeau que lui préfente, en fe mocquant, un foldat à genoux. Un autre foldat placé derrière lui, enfonce dans ce moment avec violence , line couronne d’épines fur fa tête. Un Licteur entre ces deux foldats, tenant fon faifceau fur l’épaule, femble s’approcher de Jefus pour l’infulter. A la droite du Sauveur, eft un autre foldat à genoux, qui relève le bas du prétendu manteau royal ; derrière celui-ci eft un fécond Liéteur debout, appuyé fur fon faifceau, tournant la tête à droite, & paroiflànt parler à quelqu’un qu’on n’apperçoit pas: plus en arrière font deux foldats, dont on ne voit que la tête, étant couverts en partie par les figures du devant. Sur ce Tableau eft écrit: Chev 1 . v r . Werff. fec. An®. 1710. 29 TROISIEME FAÇADE. Nf 229. PI anche xvii® ' ' JESUS PRÉSENTÉ AU PEUPLE JUIF PAR PONCE-PILATE, ou L'ECCE HOMO, PAR LE CHEVALIER ADRIEN VAN DER WERFF. Pçint fur toile à Rotterdam, en 16 g 2 - Haut de 4. pieds ; Large de j. pieds 5. pouces. Figures entières, d’environ un cinquième de nature. Ce Tableau le plus grand de cette fuite & en même tems le plus riche de compofition, renferme un détail étonnant qu’il n’eft pas poffible de fuivre dans la defcription ; nous nous contenterons d’en décrire l’efîentiel. On voit le palais de Ponce-Pilate & les cours qui y conduifent, remplies d’un peuple immenfe & tumultueux: l’aétion principale fe pafîe en avant de la tribune extérieure fur laquelle Ponce-Pilate eft actuellement aflis aflifté des juges. Cette tribune faifant avant-corps d’un pavillon, eft portée fur un Ibubafîôment décoré d’une architecture aufii fige qu’élégante: la porte en arrière, qui y donne entrée, eft flanquée de deux belles ftatues de femmes en caryatides ; & fur cette porte eft placé le bufte de l’Empereur Tibère* Au côté gauche de la tribune eft l’efcalier qui conduit an veftibule du paiais qui, étant ouvert D 3 30 QUATRIEME SALLE. TROISIEME FAÇADE. en péryftile de colonnes , laifie voir dans le fond une prifon & quantité de foldats en mouvement de toutes parts ; quelques - uns font placés fur une galerie intérieure* En avant de cet efcalier, dans la cour, eft la colonne où l’on attache les malfaiteurs, fur le haut de laquelle on voit une petite ftatue repréfentant un enfant aflis fur un ferpent, & tenant les mains devant fes yeux, comme pour elfuyer des larmes qu’il répand. Cette ftatue doit figurer la Punition. Une corde & une draperie rouge font attachées à cette colonne au pied de laquelle on voit les fouets à flageller. Au côté droit du bâtiment eft une grande arcade couverte en terraftè, fervant de communication d’une cour à l’autre; cette arcade eft ornée de beaux bas - reliefs ; elle eft furmontée d’une corniche & d’un attique formant l’appui de la terraftè où fe trouvent nombre de Ipectateurs, la plufpart Vieillards & Prêtres Juifs. Dans la clef de l’arcade, eft gravé le S. P. Q. R. & au deflus contre l’appui de la terraftè, eft pofé un groupe de figures repréfentant la louve qui allaite Remus & Romulus. A travers cette même arcade, on voit une fécondé cour d’entrée, au fond de laquelle eft une autre arcade couverte de même en terraftè, & fur laquelle font aufti des Ipettateurs. C’eft par là que le peuple entre en foule. Il eft remarquable comment Van der Werff a fu caractérifèr par-tout l’habitation du Gouverneur Romain. * TROISIEME FAÇADE . Ponce-Pilate aïïis fur la tribune, eft dans l’attitude de parler au peuple en lui montrant Jefus, & paroit lui dire: Voila V homme. Son habillement eft tout-à-fait dans le coftume Romain : il porte la robe Prétorienne & le manteau de pourpre comme fa charge l’exige. A côté de lui fur la même tribune, deux juges Juifs appuyés contre la baluftrade, tendent les bras vers la populace qui eft au bas, l’excitant à crier condamnation contre Jefus. Trois autres Juifs à l’autre côté de Pilate, regardent vers le veftibule. A la porte d’entrée de la tribune derrière ce Gouverneur, font des foldats Romains, dont on ne voit que le haut des cafques, & le bout des piques. Jefus-Chrift eft placé un peu de côté fur des degrés aux pieds de la tribune ; il eft préfenté au peuple par deux Licteurs ; il a la tête couronnée d’épines, le corps nu excepté les reins & le dos, qui font couverts d’un linge & d’un manteau dont il tient un bout devant lui. Un des Licteurs le tient par le bras en regardant le peuple, tandis que l’autre qui eft en arrière, tient la corde avec laquelle Jefus eft lié. La foule du peuple fe trouve vis- à-vis de Jefus, & delà s’étend dans la première & fécondé cour; les plus avancés au pied de la tribune, parmi lefquels on remarque deux jeunes femmes & une plus âgée , paroiffent les plus animés : ils lèvent tous les bras , & femblent crier : toile , de même que deux 3i QUATRIEME SALLE. TROISIEME FAÇADE. Prêtres tournés vers la populace qu’ils animent ; & cette populace y réponcl en criant & en s’agitant de toutes fes forces. A côté de Jefus, fur le même degré, deux petits garçons fe tiennent embrafles : l’un à genoux tire la langue & fe moque du Sauveur; l’autre regarde en riant les grimaces de fon camarade. Un peu en arrière on voit defcendre du veftibule un des deux larrons, les mains liées derrière le dos, & efcorté de Licteurs & de foldats. C’eft là tout ce que nous pouvons détailler de cette magnifique cornpofition, ne voulant pas en rendre la defcription trop longue. Le jour qui l’éclaire eft ménagé avec toute la fageffe & tout l’art pofiibles : la principale clarté tombe juftement fur le Sauveur, & fur les figures placées plus près de lui ; loin de trancher fur le refte, elle s’y communique au A' contraire, ou s’y perd par gradation, & félon que l’exige la pofition des objets & la perfpe&ive aerienne; ce qui procure fur l’enfemble une douceur & une harmonie admirables. On trouve ici, fi on peut le dire, la quinteflènce du clair -obfcur. TROISIEME FAÇADE. Au refte la multitude des figures, la différence fouvent eontraftante de leurs pofitiorts, de leurs mouvements, de leurs exprefiions, & même de leurs habillements, ne caufe ici aucun défordre , aucun défaut ; l’œil parcourt ou fe repofe avec plaifir. Tous les habillements des figures font traités avec toute la rigidité du coftume, & l’archi- teélure avec fes ornements. Ce Chef-d’œuvre de peinture eft d’ailleurs travaillé comme toute les autres Tableaux de ce Maître, avec ce précieux fini & cette touche délicate & fpirituelle , qu’on lui connoît. Il y a écrit au bas : Adr". v r . Werff. fec. An°. 1698» à Rotterdam. 32 GLU A T RIE ME SALLE. PREMIERE FAÇADE. N° 230. Planche xv° JESUS PORTANT SA CROIX, ET CONDUIT AU CALVAIRE, * PAR LE CHEVALIER ADRIEN VAN DER WERFF. Peint fur bois en 1712. Haut de 2. pieds 6 . pouces ; Large de 1. pied 9. pouces. Figures entières, d’environ un cinquième de nature. Jefus & fon efcorte fortent des portes de la ville de Jérufalem dont on voit les murs en partie. La campagne qui conduit au Calvaire remplit le relie du Tableau. Le ciel effc chargé de nuages fombres. Jefus-Chrifl fuccombant fous le poids de fa croix, efl tombé contre terre fur un genou & fur une main ; il femble faire effort pour fe relever, tandis que pour l’aider, trois foldats foulèventla croix. Son habillement efl une tunique pourpre, avec une draperie rouge. Derrière lui fuivent deux faintes femmes en pleurs, & S*. Jean qui efl encore fous la porte delà ville. Les deux larrons, les bras liés derrière le dos, conduits par des foldats, font en marche quelques pas en avant de Jefus. L’efcorte de foldats qui précède la marche, efl cachée en partie dans un chemin creux où elle efl engagée. Sur le flanc gauche de la marche, font deux Officiers Romains à cheval, 5 c quelques foldats près d’eux. Du même côté dans PREMIERE FAÇADE . l’éloignement, on diflingue la Vierge affife auprès des deux Maries. Plufieurs autres perfonnes fur la même place, affifes ou debout, attendent le paffage de Jefus; parmi celles-ci on remarque S*. Pierre: une pauvre jeune femme affife fur un banc , ert avant de la porte de la ville, tenant un enfant entre fes bras, regarde Jefus avec curiofité ; cette figure efl admirablement bien peinte; elle formeroit feule un joli Tableau ; mais ici elle femble ne faire qu’un épifode. En avant, & peu loin de Jefus, font encore deux petits garçons qui fuivent gaiement la marche, en s’embraffant l’un l’autre, & converfant enfemble. Ce petit groupe efl charmant ; mais il paroit ‘ contrarier le férieux du fujet. Au bas efl écrit: Cheval 1 , van D r . Werff. fec. An®. 1712. r N*. 2? T. QUATRIEME SALLE. 33 PREMIERE FAÇADE. N? 231. PI anche xv® JESUS EN CROIX, PAR LE CHEVALIER ADRIEN VAN DER WERFF. Peint fur bois en 1708. Haut de 2. pieds 6. pouces ; Large de 1. pied 9. pouces. Figures entières, d’environ un cinquième de nature. Le moment eft celui où le Sauveur vient d’expirer. Son corps eft vu un peu de côté, ainfi que la Croix à laquelle il eft attaché. La Vierge au pied de la Croix avec les trois Maries, eft afïifeàterre en pleine défaillance; elle a une main pofée fur l’épaule gauche de S te . Madeleine qui eft à genoux, inclinée devant elle, les mains jointes, témoignant la douleur la plus vive. Une autre Marie, debout derrière la Vierge, lafoutient entre fes bras, tandis que la troifième à genoux à côté, la foutient par l’épaule. Ce groupe de femmes eft d’une belle compofition & d’une expreffion touchante. La Vierge eft habillée d’une robe grifâtre & d’une grande draperie bleue qui, lui couvrant la tête en manière de voile, defcend le long du dos, fe replie en avant du corps, & de là pafle fous le bras droit. S te . Madeleine eft vêtue d’une robe verte fiins manches qui lui laifle les épaules & les bras à découvert. La Marie qui eft debout porte une robe grifâtre recouverte d’une courte tunique jaune fans manches ; un grand voile \ PREMIERE FAÇADE . verd-céladon defcendant de la tête fur le c.ôté droit & le long du dos, eft raméné en avant fur les bras. La troifième Marie eft vêtue d’une grande mante gris-pourpre qui lui couvre à la fois la tête & le corps. Un peu en arrière de ce groupe, & tout à côté de la Croix, on voit S‘. Jean debout qui, fe couvrant les yeux de fon manteau, femble pleurer amèrement Sous ce manteau qui eft de couleur pourpre , il porte une tunique courte de couleur jaune ; cet habillement eft fùpérieurement bien drapé. Un peu dans l’éloignement, deux Officiers & quelques foldats à cheval qui ont affifté au fupplice, le difpofent à retourner à Jérufalem. On lit au bas: Cheval 1 . v r . Werff. fec. An 0 . 1708. ——LLrs fr E (QUATRIEME SALLE. PREMIERE FAÇADE. N? 232. Planche xvî JESUS MIS AU TOMBEAU, PAR LE CHEVALIER ADRIEN VAN DER WERFF. Peint fur bois en 1703. Haut de 2. pieds 6. pouces; Large de 1. pied 9. pouces. Figures entières, d’enviren un cinquième de nature. Ce Tableau eft un des plus recommandables de cette fuite ; on y trouve une grande correction de deffin, qui n’eft pas toujours dans les autres. Le lieu de la fcène eft voifin d’une grotte vue de côté, d’où s’étend un payfage montagneux, couvert d’un ciel qui indique le crépufcule de la nuit. Le Corps du Sauveur vu de face en racourci, eft pofé fur une roche garnie d’un ample tapis violet recouvert d’un linceul blanc; il a le dos foulevé & appuyé contre une efpèce de doffier que forme naturellement cette roche. Cette pofition de fon Corps eft fi naturelle, & la privation de la vie y eft fi bien marquée, qu’on voit l’image parfaite d’un corps mort. Jofeph d’Arimathée vêtu d’une riche robe d’étoile blanche ouvragée en or, & d’un manteau de velours cramoifi, ayant une toque de même étoffe fur la tête, eft debout au haut de la roche fur laquelle eft pofée îa tête de Jefus - Chrift. PREMIERE FAÇADE . Il eft penché en avant, une main appuyée fur cette roche, & foutenant de l’autre la tête du Chrift. La Vierge qui eft debout à côté, porte les mains à la couronne d’épines du Sauveur, qu’elle efiaye de détacher de la tête, en employant tontes les précautions & toute la délicatefîe poflibles, comme fi elle craignoit encore que cette opération ne lui caulat de nouvelles douleurs. L’expreffion de la Vierge dans cette occupation, ajoûte un fingulier intérêt à ce beau Tableau. Elle eft vêtue d’une grande draperie bleue, qui lui couvre la tête & le corps: fous cette draperie on en remarque une autre arrangée de même, mais d’une étoffe blanche à raies jaunes. Les trois Maries font aux pieds du Chrift ; S te . Madeleine '* debout vers les pieds, penche le corps en avant pour lui foutenir le bras qu’elle baife en le mouillant de fes larmes. Son habillement eft une robe d’une étoffe rayée fur un fond pêche, avec un manteau gris-jaunâtre dont on ne voit qu’une partie fur le dos. A côté d’elle font les deux autres Maries, dont la plus avancée ayant les mains jointes, regarde Jefus avec l’exprefiion d’une vive douleur ; elle eft vêtue d’une mante violette qui lui couvre la tête & le corps, avec une autre draperie grifâtre par defious. On ne voit de l’autre Marie que la tête couverte d’une efpèce de coëffe gris - violet. Il y a encore quelques autres perfonnages, dont deux font (QUATRIEME SALLE. 3S PREMIERE FAÇADE. derrière Jofeph d’Arimathée , à l’entrée de la grotte ; ils femblent lui appartenir & attendre qu’on ait befoin de leur fervice ; un autre plus avancé, hors de cette grotte, regarde vers la campagne pour voir venir Nicodème qu’on apperçoit dans le lointain, portant avec fes domefti- ques, les vafes remplis d’aromates & de parfums pour l’embaumement. Au bas de ce Tableau eft écrit : Adr". v r . Werff. fec. An*. 1703. < 1 , 1 =r^ TROISIEME FAÇADE . N.° 233. Planche xvn! LA RÉSURRECTION DE J E S ü S-C H R I S T, PAR LE CHEVALIER ADRIEN VAN DER WERFF. Peint fur bois en 171?. Haut de 2. pieds 6 . pouces ; Large de 1. pied 9. pouces. Figures entières, d’environ un cinquième de nature. On voit dans le coin à droite, à l’entrée d’une grotte, le Tombeau qui étoit fermé d’une feule grande pierre. Un Ange la lève» & Jefus-Chrift relfufcité à l’inftant, s’élève glorieufement vers le ciel. Les foldats de garde font renverfés, & pleins d’effroi ; trois font étendus par terre’, un autre agenouillé regarde le Sauveur, & le cinquième, qui eft le plus en avant, fe fauve à toutes jambes. Au bas eft écrit : Chev% v r , Werff. fec, An®.- 1713. 3 6 QUATRIEME SALLE. TROISIEME FAÇADE. 234. Planche xvii! L’ASCENSION DE JESUS-CHRIST, PAR LE CHEVALIER ADRIEN VAN DER WERFE. Peint fur bois en 1710. Haut de 2. pieds 6 . pouces ; Large de 1 . pied 9. pouces. Figures entières, d’environ un cinquième de nature. Le Sauveur s’élève au ciel entouré d’une Gloire célefte; fes Apôtres qui le fuivent des yeux font faifis d’étonnement & d’admiration; les uns debout, étendent les bras vers lui, & femblent l’appeler ; Les autres profternés à terre l’adorent: toutes ces différentes attitudes, fi intéreffantes pour la compofition, font unes pour l’expreffion ; on voit que tous ces hommes font remplis du même fentiment ; c’eft là une perfection principale de ce beau Tableau, qui raffemble d’ailleurs toutes celles dont le Peintre étoit capable. La fineffe de pinceau, l’harmonie de copieur, l’entente de clair -obfcur, le goût & le coftume, tout s’y trouve. Les têtes des Apôtres font fi fpirituellement caractérifées, qu’on reconnoit chacun d’eux dès la première vue. On remarque encore une certaine chaleur, un enthoufiafrae qui ne font pas ordinaires dans ce Maître. Au bas 011 lit : ÇiiEv r . v r . Werff. fec. An 0 . 1710. TROISIEME FAÇADE. N.° 23f. Planche xvii! LA DESCENTE DU SAINT ESPRIT SUR LA SAINTE VIERGE ET LES APOTRES, PAR LE CHEVALIER ADRIEN VAN DER WERFE Peint fur bois en 1711. Haut de 2. pieds 6 . pouces ; Large de 1. pied 9. pouces. Figures entières, d’environ un cinquième de nature. Le lieu de la fcène eft l’intérieur d’un portique dont le fond fe trouve exhaulfé de trois degrés ; au plafond de ce portique eft fufpendu un grand rideau pourpre - foncé, agraffé pittorefquement en manière de fefton. Le S*. Efprit en forme de langues de feu, defcend au milieu d’une Gloire célefte, fur'Tes têtes de la Vierge & des Apôtres. La Mère de Jefus fe trouve placée au lieu le plus élevé du portique ; elle eft à genoux, dans l’expreffion d’un faint ravilfement, levant la tête vers la lumière du S*. Efprit. ,Elle eft vêtue d’une robe couleur de rofe ferrée à la ceinture ; fa coëffure eft d’une étoffe blanche qui lui paffe de la tête fur les épaules, & vient fe croifer en avant fur la poitrine: une ample draperie bleue couvrant le deffus de la tête, defcend le long du dos aux deux côtés du corps. Les Apôtres qui entourent la Vierge font placés plus ou moins près d’elle: les uns debout, les autres à genoux, & quelques-uns QUATRIEME SALLE. 37 'i a TROISIEME FAÇADE . affis, exprimant tous leur étonnement & leur admiration. S e . Madeleine à la droite de la Vierge eft à genoux, & s’incline vers elle les bras croifés fur la poitrine. . La compofition de ce Tableau eft plus riche que celle du précédent ; on n’y trouve pas à la vérité au même degré cette belle fimplicité, ce pathétique, & cette unité de fentimens qu’on a admirés dans le précédent; mais ici la figure de la Vierge tient lieu de tout. L’Artifte femble y avoir concentré le principal intérêt & la principale expreflion, pour n’en Iaiffer qu’en fécond aux autres figures. On voit dans ce même Tableau comme dans le précédent, plufieurs têtes fpirituellement caraélérifées, & on y reconnoit de même chacun des Apôtres. Pour les habillemens, & en général pour le faire, ce Tableau eft du même mérite que le précédent ; le clair - obfcur eft encore ici plus intéreflànt, à caufe de la lumière & de la Gloire célefte, qui éclairent le fond du Tableau, & qui produifent plufieurs beaux effets de lumière & de reflets. Dans le coin à gauche du Tableau eft écrit : Chev*. v r . Werff. fec. An 0 . 1711. , . . 1 u ’ --= »* TROISIEME FAÇADE . NT 236. PI ancRe xvii! L’x\SSOMPTION DE LA VIERGE, PAR LE CHEVALIER ADRIEN VAN D ER W E R F F. Peint fur bois en 17 14. Haut de 2. pieds 6 . pouces; Large de 1. pied 9. pouce*. Figures entières , d’environ un cinquième de nature. La Vierge eft affife fur des nuages que des Anges foutiennent en s’élevant en l’air. Elle eft dans une attitude qui exprime le faint raviffement qu’elle reffent, elle lève les yeux au ciel pour regarder la Gloire qui l’attend ; fa main gauche eft pofée contre fon fein , & l’autre tendue le long de fon corps , eft ouverte d’une manière à aider'à l’expreffion. Son habillement qui eft le même que dans le Tableau précédent, eft des plus nobles & des plus légers : les étoffes & leurs plis font admirablement rendus ; ils deffinent fidèlement toutes les parties du corps. Parmi les Anges qui accompagnent la Vierge , en foutenant les nuages fous elle , les deux plus grands font habillés, les autres font plus petits & nus; le Peintre a eu l’art de 38 QUATRIEME SALLE. TROISIEME FAÇADE. les placer tous d’une manière intéreffante ; ils font bien groupés, & paroilfent moins foutenir les nuages quç s’élever avec eux : ce qui eft judicieufement penfé. En haut du Tableau, à droite, deux autres petits Anges auffi nus font au milieu de la Gloire ; ils defcendent avec elle, & femblent venir avec empreffement au devant de la Vierge. Le bas du Tableau repréfente le fommet d’une montagne qui s’étend dans le lointain; le refte du fond eft ciel. On lit au bas : Chev", v r , Werf*. fec, An\ 1714» --- TROISIEME FAÇADE. N° 237 Planche xvn® LE COURONNEM T . DE LA VIERGE, PAR LE CHEVALIER ADRIEN VAN DER WERFF. Peint fur bois en i 71 j. Haut de *. pieds 6 . pouces ; Large de 1. pied 9. pouces. Figures entières, îd’eimron un cinquième de nature. La Vierge dans l’attitude & avec l’expreftion d’une fainte extafe, eft à genoux fur des nuages, inclinant la tête en avant, & portant fes mains croifées fur fon fein. Elle eft habillée de même que dans les deux Tableaux précédents. Deux Anges foutiennent une couronne d’or fur fa tête, en même tems que l’un d’eux lui préfente un fcèptre. Ces deux Anges font drapés légèrement. Un groupe de quatre petits Anges & de deux Chérubins placés fur le même nuage que la Vierge, devant elle, regardent fon couronnement. Au delfus de ces Anges paroit Jefus - Chrift au milieu d’une Gloire, affis fur un nuage, ayant le S*. Elprit à fa droite : il regarde avec complaifance le couronnement de fa Mère. Une draperie rouge lui couvre une partie du çorps ; le refte eft nu. Le fond du Tableau eft pur ciel. On lit au bas; Chev 1 . v r , Werff. fec. An°. 1713» 39 GtUATRIEME SALLE. >——■—— mrnrnm —— —mmmm SECONDE FAÇADE . - — ...■■■ I, . ■■■ ■ . ..... t -- - - ■ - - N? 238 Planche xvi? PORTRAIT DE L’ÉLECTEUR PALATIN JEAN GUILLAUME, PAR LE CHEVALIER ADRIEN VAN DER WERFF. Peint fur toile en 1700. Haut de 2. pieds 4. pouces ; Large de 1. pied 8- pouces. Figures entières i d’environ un quart de nature. Ce Prince eft placé fous une elpèce de portique auquel eft fulpendu un rideau violet qui vient s’attacher à une colonne. A droite en arrière, eft une pyramide ornée d’un trophée en bas - relief. Le Prince debout fe préfente de face , la tête un peu tournée du côté gauche ; fon bras droit eft accoudé fur le piédeftal d’une colonne , foutenant de fa main le globe de l’empire ; la gauche eft appuyée fur fa hanche ; il eft armé de toutes pièces ; fa tête & fes mains feules font découvertes. Il porte félon la mode de fontems, une grande perruque à cheveux flottans, dont une partie des boucles vient tomber fur le devant de l’épaule gauche. Le collier de la Toifon d’Or palfe du cou , par deflus la cuiralfe. Un grand manteau Électoral couvrant tout le bras droit, defcend le long du corps $ les coins en font relevés l’un fous le coude droit, & l’autre SECONDE FAÇADE . fur la hanche par la main qui y eft appuyée. Un peu en arrière du même côté, une table à pieds de biche eft couverte d’un tapis de velours cramoili à franges d’or, fur lequel pofe un couflin de même velours garni de galons & de houppes d’or, qui fupporte la couronne Électorale, & les gantelets du Prince. Ce Portrait eft remarquable pour la relfemblance, & toujours par le précieux fini du Peintre. Il y a écrit au bas: Adr". v r . Werff. fec. An°. 1700. - 1 40 QUATRIEME SALLE. SECONDE FAÇADE. N.° 239. PI anche xvi! PORTRAIT EN PIED DE L’ÉLECTRICE ANNE LOUISE DE MÉDICIS, ÉPOUSE DE L’ÉLECTEUR JEAN GUILLAUME. PAR LE CHEVALIER ADRIEN VAN DER WERFF. Peint fur toile en 1700. Faifant pendant du précédent , & ayant les mêmes dimenlions. L Électrice eft dans un Mon de jardin ouvert en peryftile, qui laide voir une allée garnie de beaux arbres. Ce Mon eft orné intérieurement d’une fontaine dont l’eau eft fournie par des Dauphins. La Princefle s’appuie du bras gauche fur le badin de la fontaine , & a le bras droit tendu à côté de fon corps : elle tient à la main une branche fleurie d’oranger, toute la podtion de cette figure eft de face, la tête qui eft des plus relfemblantes, a pour coëffure fes cheveux noirs & flottans, & eft ornée d’un diadème garni de pierreries tel que les Poètes le donnent à Junon ; l’habillement eft tout-à-la-fois des plus nobles & des plus galans. Une longue robe de fatin blanc, à manches & manchettes, ajuftée & pliflèe exactement comme la draperie de la Flore antique du palais de Farnèfe à Rome, eft enrichie SECONDE FAÇADE. fur les bords, d’une magnifique broderie d’or, de perles, & de pierres précieufes , avec une ceinture de même broderie. On voit un bout de chemife au haut de la gorge. Son manteau Électoral eft cramoifi doublé d’hermine : il eft agrafle fur l’épaule gauche par un ruban brodé d’or , qui pafle en écharpe de cette épaule devant le fein & fous le bras droit. Ce manteau qui couvre tout le dos & le côté, defcend jufqu’à terre, en deffînant une [grande ampleur; il eft replié vers le milieu, fous la main de la Princefle qui pofe fur le rebord de la fontaine. Au côté droit eft un vafe de marbre fculpté d’ornemens &de mafcarons, dans lequel eft un oranger chargé de fleurs & de fruits. Ce Portrait eft d’une compofition charmà'nte & pleine denoblefle: les draperies en font admirables, & traitées avec un goût & une vérité étonnante: on croit voir & toucher du fatin, du velours 8 c de l’hermine. Au bas eft écrit : Adr\ v r . Werff. fec. An 0 . 1700. - N 9 . 240. 4i QUATRIEME SALLE. TROISIEME FAÇADE. N.° 240. Planche xvn? PORTRAIT DE DON GASTON DE MÉDICIS, GRAND DUC DE TOSCANE FRÈRE PANNE LOUISE ÉLECTRICE PALATINE, PAR LE CHEVALIER ADRIEN VAN DER WERFF. Peint fur bois en 170 ç. Haut de 1. pied 6 . pouces ; Large de 1. pied 2. pouces. Figures jufqu’aux genoux, d’un quart de nature. Ce Prince eft debout, préfentant le corps tourné à gauche, & la tête vue prefque de face ; il s’appuie du bras droit fur le piédeftal d’une colonne ; il porte une grande perruque à la mode de fon teins. Son corps & fes bras font couverts de leurs armures, & le manteau Ducal qui couvre tout le côté gauche, Te croife par devant à la hauteur des reins. Au fond du Tableau, à gauche de la figure, eft une grande colonne dont on ne voit que la partie inférieure , & à laquelle eft fufpendu un grand rideau violet-pourpre, garni de galons & de crépines. Le côté droit de cette colonne laifife voir une belle ftatue pofée fur un appui de terrafte, & drapée à l’antique ; elle repréfente l’Abondance ; au de là la vue s’étend fur une partie de jardin & fur la campagne. On lit lùr le piédeftal : Che v r . v r . \\ y erff. fec. An®. 1 70 f. TROISIEME FAÇADE. ' N! 241. Planche xvn? LE JUGEMENT DE SALOMON, PAR LE CHEVALIER ADRIEN VAN DER WERFF. Peint en grifaille fur toile. Haut de i. pied 5 Large de r. pied 7. poucçs. Figures entières, d’environ un fixième de nature. Salomon dans fon habit royal, aflis fur un trône élevé, donne l’ordre de couper en deux parties l’enfant difputé par les deux mères; la véritable eft aux genoux du foldât qui eft prêt à donner le coup, & elle l’arrête, en exprimant à la fois l’horreur, la tendrefle & la crainte dont elle eft faifie. La faufle mère eft debout à côté, paroilfant au contraire demander que l’exécution ait lieu; l’enfant mort eft étendu à terre auprès d’elle. ÀuX deux côtés du trône font plufieurs Ipeclateurs des deux fèxes & de différens âges. Cette fcène fe pafle dans une falle d’audience ornee d’une magnifique architecture, où le trône de Salomon eft placé. Ce trône d’un goût noble & magnifique, eft couvert d’un baldaquin formé de draperies & de rideaux qui en garniflent le fond, & qui font agraffés aux colonnes voifines. Ce charmant camaïeu traité avec la touche fine de l’Artifte, avec la fcience dans le clair-obfcur, dans le coftume & dans le maniement des draperies, eft parfait dans fon genre. 42 / .QUATRIEME SALLE. SECONDE FAÇADE. N.° 242. Planche xviî SAINTE MADELEINE, PAR LE CHEVALIER ADRIEN VAN DER WERFF. £ Peint fur toile en 1707. Haut de ç. pieds ti. pouces; Large de 4. pieds, figure entière, de grandeur naturelle. La Sainte eft aflife dans une grotte fur une pointe de roche, le corps incliné à droite, le coude de ce côté appuyé fur un autre bout de roche, & la main relevée fur Ion fein. Elle étend le bras gauche le long de fon corps, & avec la main retourne les feuillets d’un grand livre placé à côté d’elle; elle incline la tête & a la vue fur ce livre pour y lire. Ses cheveux d’un beau blond, font épars fur fes épaules & fur fon fein : par cette pofition le corps eft vu tout-à-fait de face, un peu en raccourci. Une grande draperie bleue qui pofe fur les cuifles, v & remonte fous le coude du bras droit, fait fon feul habillement ; le refte du corps eft nu. Près d’elle font placés une tête de mort & un vafè à parfums. Par une ouverture de la grotte , on voit un payfage fauvage ; & un rayon de lumière defcendant du ciel, vient tomber fur la’ tête de la Sainte* SECONDE FAÇADE . C’eft peut-être la feule figure que ce Peintre ait faite de cette grandeur. Elle eft traitée dans le même précieux fini que fes ouvrages en petit. On admire la patience étonnante qu’il a du y employer : la carnation y eft pointillée & fondue comme la chair vivante, mais elle n’en a point la vérité de nature; elle paroit ici froide & inanimée, quant à la draperie elle eft traitée de manière à tromper les yeux : on en voit & on en toucherait volontiers la trame & le velouté. La grotte & le payfage du fond font admirablement peints. Il eft écrit au bas: Chev 1- . v r . Werff. fec. An®. 1707. ''-rSÏÏTZZJjb a * . CATALOGUE RAISONNE ET FIGURE DES TABLEAUX JO JE JUJL fi A T. T.-nrfc JEJLJECJCOJELAJJJE JD JE DV-S SJEX.JD OJEUEF. I CINQUIEME SALLE DITE DE RUBENS. î(eeAc( Air - J&ujil <)c/ LE OOLORLS V CINGlUIEME SALLE dite de RUBENS. i PREMIERE FAÇADE. Cette Salle contient une faite de quarante fix Tablsaux de PIERRE PAUL RUBENS la plupart des plus beaux de ce grand Peintre j cette fuite précieufe fait une des principales ricbejfes de cette Galerie & contribue le plus à fa renommée. 4 I., ■■ -- ■ Nf 243. PI anche xvm! PORTRAITS DE MILORD ARUNDEL ET DE SON ÉPOUSE. Peint fur toile. H--ut de 8. pieds ; Large de 8. pieds 4. pouces. * Figures entières, de grandeur naturelle. Milord & Miladi font fous un magnifique portique au plafond duquel efl fufpendu un grand rideau , dont les coins s’agraffent à des colonnes. Ce rideau eft ouvragé, • & on y voit les armes de la maifon d’Arundel en broderie. PREMIERE FAÇADE. Le pavé du portique eft couvert d’un beau tapis de Turquie. On découvre entre les colonnes une partie d’un payfage, & dans le lointain, un château de plaifànce qui eft vraifem- blablement celui de Milord. Miladi eft affife dans un fauteuil, de façon qu’elle préfente le corps & la tête prefqüe en face ; elle appuie fa main gauche fur un bras du fauteuil, & de l’autre elle careffe un grand chien blanc qui eft devant elle. Elle eft vêtue d’une robe noire en corps de jupe ajuftée à la mode du feizième fiècle ; elle a un” tour de gorge de dentelle, & une collerette relevée en éventail derrière la tête. Elle eft parée d’un collier de perles, de bracelets d’or, d’un efclavage mêlé de perles, & d’une chaîne d’or qui marque la taille. Elle a pour coëffure fes propres cheveux qui font blonds, garnis de perles, & ornés d’un plumet. Milord eft debout derrière fa femme; il appuie la main droite fur le doffier du fauteuil, & l’autre fur la garde de fon épée. Sa tête nue eft couverte de cheveux blonds & courts; il porte une mouftache, & le toupet de barbe au menton. Son habillement eft un pourpoint brodé, de couleur olive, fur lequel paffe un manteau brun, doublé en cramoifî ; il a une fraife au cou. A 2 / CINQUIEME SALLE dite de RUBENS. PREMIERE FAÇADE. En avant de Milord & de Miladi, on voit un petit garçon richement vêtu en velours cramoifi, galonné d’or : il tient un faucon fur la main droite. Un nain d’une figure laide habillé en boutfon, eft placé derrière le chien qui eft près de Miladi; il appuie une main fur le dos de cet animal, & tient l’autre attachée au grand rideau, à côté de Miladi* Cette composition eft pleine de noblefîè: le caractère des têtes eft des plus beaux, & indique que la reffemblance a dû être parfaite. Les habillemens, traités dans le coftume du tems, font admirables* « fl ' PREMIERE FAÇADE . N° 244. Planche xviii' UN ENLÈVENT. DE DEUX FEMMES. Peint fur toile. Haut de 6. pieds 11. pouces; Large de 6 . pieds 5. pôuees. Figures entières, de grandeur naturelle. Le fujet de cet Enlèvement n’eft pas bien connu: toutes fois il paroit plutôt héroïque qu’hiftorique : c’eft vraifem- blablement un amant guerrier & fon ami ou fon Écuyer, également amoureux qui, fe prêtant un mutuel fecours, enlèvent de concert leurs maîtrelfes. Le guerrier eft monté fur un beau cheval bai qu’un petit Amour qui eft en l’air, retient par la bride. Il eft prefque en polfeftion de celle qu’il ravit, la tenant déjà foulevée entre fes bras, & étant prêt à la placer fur fon cheval. Son ami qui eft à terre, l’aide autant qu’il eft poljible, foutenant en l’air la belle par le dos, en même tems qu’il arrête fa maîtrefle, qui eft à genoux à fes pieds. La paflion la plus vive eft exprimée dans ces deux hommes ; la frayeur & le défelpoir le font au même degré dans les femmes. Elles font prefque nues, les draperies qui les couvroient tombant à terre par les efforts qu’elles font. Le fond du Tableau eft un payfàge de plaine. Cette belle compofition, dans un feul groupe de figures, eft \ 3 CINQUIEME SALLE dite de RUBENS. ^« waw»ni^w«WB»iwroBB PREMIERE FAÇADE N.° 251. Planche xvm* * DÉVOUEMENT DE DÉCIUS POUR LE SALUT DE SA PATRIE* Peint fur bois. Haut de 2. pieds 4. pouces ; Large de 2. pieds 19. pouces. Figures entières, d’environ un tiers de nature. Décius debout, là tête couverte de la Chlamyde rouge de Pontife, le corps incliné dans une attitude de refpeél reçoit l’impofition des mains du Pontife, & paroit écouter les paroles du dévouement qu’il lui dicte. Un autre Prêtre effc derrière comme affiliant ; un petit garçon à côté, tient une torche allumée. Près de Décius font des Liéteurs, & un Écuyer qui tient fon cheval par la bride : fon bouclier, fon cafque & fon épée font pofés à terre. C’eltl’Efquilfe originale du grand Tablêau qui fe trouve dans la collection du Prince de Lichtenflein à Vienne. I 8. CINQUIEME SALLE dite de RUBENS. i i MW i i üL aw iMariiiMWliwlinnnr iiT'ii i ii iiBii i itiw i m— i mum— m i n i n n um h ■ ■>! ww mn 'iiiiiiiii w ii m i —h i ih h w mT—rwwMBiwui n i im TTw» rf ii ii i m > wi iii n iiiii — i i n > i mr Mcnsaman «wwwwww PREMIERE FAÇADE. Nf 252. Planche xvmî LES FUNÉRAILLES D’UN GÉNÉRAL ROMAIN. Peint fur bois. Haut de 2. pieds 8- pouces ; Large de }. pieds 10. pouces. Figures ent ; ères , d’environ un tiers de nature. Le corps du Général couvert d’un manteau rouge, la tête couronnée*de laurier, eft expofé fur un magnifique lit de parade autour duquel font des Li&eurs, des guerriers & des captifs. On y diftingue le Commandant qui préfide à la cérémonie des funérailles : il fait apporter par des efclaves les vafes & les parfums. On y voit aufli des foldats qui traînent des captifs des deux fèxes deftinés à être enchaînés aux pieds du lit, & enfuite facrifiés aux mânes du défunt. Derrière le lit eft un grand trophée d’armes de toutes efpèces auquel on travaille encore: deux têtes de captifs toutes fanglantes y font expofées fur des piques ; quatre trompettes fonnent aux deux côtés du trophée ; les Liéteurs & les foldats portant des torches, font placés dans le fond; où en voit aulfi qui apportent des cyprès, & d’autres plus loin, qui coupent le bois pour le bûcher. Le fond eft payfage & ciel. Ce Tableau eft compofé exactement fuivant les notions que l’hiftoire nous donne de ces fortes de cérémonies chez les Romains. C’eft une belle Efquiffe colorée dont on voit le Tableau chez le Prince de Lichtenftein à Vienne. PREMIERE FAÇADE . N? 253. Planche xviii? UNE SOLDATESQUE COMMETTE DES EXCÈS CHEZ DES PAYSANS. Peint far bois. Haut de t. pied 11. pouces ; Large de 2. pieds 9. pouces. Figures entières, d’environ un quart de nature. Le Peintre s’eft égayé dans ce Tableau tragi-comique, en exprimant bien la nature ; les Payfans pour fe fauver du pillage & fe garantir de la mort préfentent aux Soldats, non feulement à boire & à manger, mais auffi de l’argent. La terreur vivement fentie eft exprimée généralement d’une manière fi conforme aux mœurs & à la fimplicité des objets, qu’il en réfulte néccfiàirement du comique. La fcène fe paffe devant une maifon de payfans ifolée au milieu de la campagne. Cette Compofition quoique grotefque, eft pleine d’idées & d’effets ; c’eft une charmante Efquiffe dont le Tableau eft dans la Galerie Impériale à Vienne. N\ 2Ç4- CINQUIEME SALLE dite de RUBENS. 9 SECONDE FAÇADE. Nf 2S4. PI anche xx! LA RENCONTRE DE JACOB ET D’ÉSAÛ. Peint fur toile. Haut de io. pieds 4. pouces ; Large dé 8. pieds 7. pouces. Figures entières, forte nature. Jacob fuîvi de fa famille & de fes troupeaux rencontre dans une plaine, Éfaü avec fes guerriers ; ils s’approchent l’un de l’autre avec des marques de réconciliation & de tendrelfe ; Jacob d’un air fournis , un genou en terre , ayant une main pofée contre là poitrine, & tenant de l’autre celle d’Éfaü, femble avoir porté le premier la parole à fon frère; celui-ci lui tend affeélueufement les bras & paroit lui répondre. Il y a beaucoup d’exprefîion dans ces deux figures. Jacob eft vêtu d’une tunique verte, fur laquelle eft jettée une draperie d’un gris - rougeâtre ; & Éfaü efl; en habit de guerrier, avec une draperie rouge, paffée en croifière par deflus. Rachel femme de Jacob efl; à genoux dans le coin à droite, tout-à-fait en avant, tenant fes deux enfàns, l’un afïïs à côté d’elle, l’autre monté fur fon épaule droite ; elle regarde attentivement Éfaü qu’elle femble implorer. Elle efl; vêtue d’une robe à manches courtes de couleur jaune, fur laquelle eft jettée une bande de draperie grifatre en manière de mantille; derrière Jacob eft une SECONDE FAÇADE . autre femme debout, dont l’attitude & l’expreflion font très-agréables ; elle a les bras croifés devant elle & regarde Éfaü avec intérêt ; e’eft Lia fœur de Rachel ; elle efl; vêtue d’une robe rouge, & parée d’un collier & de boucles d’oreilles de perles. Les autres figures font des ferviteurs mêlés parmi les beftiaux qu’ils conduifent. Ces beftiaux font des chameaux, des vaches, des brebis &c. Derrière Éfaü on voit fon cheval qui eft gris,' tenu par un jeune Écuyer, & à côté de lui font quelques guerriers. Ce Tableau admirablement bien compofé & plein de fituations , n’eft ni touché ni colorié de la manière ordinaire de Rubens; ce qui fait croire à plufieurs Connoif- feurs, qu’il eft plutôt de la main de Van Dyck, ou du moins, quül y a travaillé : cette préemption n’ôte rien au mérite du Tableau, qui eft regardé comme un des plus correds & des plus harmonieux de couleur qui foient dans cette Salle. R 10 CINQUIEME SALLE dite de RUBENS. SECONDE FAÇADE. N.° 2!f. PI anche xx! LA S te . VIERGE ET L’ENFANT JESUS DANS UN TABLEAU ENTOURÉ D’ANGES ET D’UNE GUIRLANDE DE FLEURS. • Peint fnr bois. Haut de pieds 9. pouces ; Large de 6 . pieds 7. pouces. Figures entières, de grandeur naturelle. Ce Tableau fingulier repréfente lui-même Un Tableau à cadre noir, autour duquel une troupe d’Anges foutiennent une grande guirlande de fleurs , & dans lequel on voit la Vierge, tenant l’Enfant Jefus debout fur une tablette placée devant elle. Elle eft vêtue d’un corps de jupe rouge, à manches bleues, avec une elpèce de manteau gris-foncé par deflus ; fa coëffure eft de rubans plilfés derrière la tête, d’où pend un voile de gaze qui retombe fur fes épaules. L’Enfant Jefus, qui eft tout-à-fait nu, fe préfente de face, les bras tombant à côté de fon corps & pofant fur la Al ère ; il regarde hors du Tableau. Le bel acceflbire qui enrichit ce Tableau, eft compofé d’onze Anges dans des attitudes enfantines & gracieufes, qui voltigent & forment enfemble une elpèce de chaîne autour de la grande guirlande de fleurs, la foutenant en l’air, & parodiant vouloir en faire un ornement au Tableau» SECONDE FAÇADE . Dans cette pièce aufii agréable que lingulière, Rubens a employé tout le brillant de fon coloris, tout l’efprit & le moelleux de fon pinceau. Les Enfans font charmants & pleins de grâces. La guirlande eft peinte par Breughel dit des Fleurs. Elle eft fupérieurement bien compofée, tant pour l’alfein- blage, que pour l’arrangement des fleurs dont il a réuni toutes les efpèces connues ; elles font rendues avec la plus grande vérité de nature, & touchées avec la plus grande fineffe de pinceau. Sur ces fleurs, on voit quantité de mouches & d’autres infeftes, aufli bien travaillés que le refte. Un mérite particulier de ce Tableau, & qu’on ne doit point manquer d’obferver, c’eft que le brillant des fleurs, leurs vives & diverfes couleurs, ne font point de tort aux figures de Rubens: fon coloris foutient cet éclat, & il en naît même dans l’enfetnble, une harmonie des plus agréables & des plus heureufes. CINQUIEME SALLE dite de RUBENS. ii ■ SECONDE FAÇADE. ■ N? 2*6. PI anche xix! L’ASSOMPTION DE LA S". VIERGE. Peint fur bois. Haut de i;. pieds i. pouce; Large de 8. pieds 9. pouces. « ^ Figures entières, de grandeur naturelle. La Vierge eft portée au ciel fur des nues, par des Anges qui la foutiennent ; elle a la tête tournée vers la Gloire qui l’attend: fon expreflion eft celle de la Béatitude; elle eft vêtue d’une longue robe rouge ferrée fous le fein, avec une draperie bleue par deftus, dont les bouts voltigent & qui lui couvre l’épaule & le bras gauches ; un des Anges qui l’entourent, tient une couronne de rofes élevée fur fa tête. Les douze Apôtres & les trois Maries font à terre, autour de la tombe de la Vierge, dans différentes attitudes qui toutes témoignent l’étonnement & l’admiration; la ' plûpart regardent la S te . Vierge monter au ciel, tandis que d’autres fembîent la chercher encore dans la tombe. Ce Morceau eft compofê dans le grand ftyle du Maître. La figure de la Vierge eft tout à la fois élégante & majeftueufe : le mouvement y eft fi bien imprimé, qu’on croit la voir réellement monter au ciel. Les quatre Apôtres fur le devant à droite, forment un groupe de figures admirablement bien dilpofées, bien contraftées, & remplies d’expreffion. Les draperies font fièrement & Largement traitées. SECONDE FAÇADE . N.° 257 . Planche xxi! SAINT MICHEL PRÉCIPITANT LES ANGES RÉBELLES. Peint fur toile. Haut de ij. pieds 7. pouces; Large de 9. pieds. Figures entières, de grandeur naturelle. Saint Michel armé de fon épée flamboyante & de fon bouclier, fond fur Lucifer & fes Compagnons , qu’il précipite les uns fur les autres. Quatre Anges aux côtés du Saint le fécondent par les coups qu’ils portent aux Rébelles, & la foudre qu’ils lancent fur eux. On voit au haut du Tableau, le Père Éternel aflis fur des nuages, ayant le bras droit étendu & élevé, & tenant le globe de fa main gauche. 4 ~ . •• B 2 12 t. CINQUIEME SALLE dite de RUBENS. SECONDE FAÇADE. N.° 2j8. Planche xxi? L’ADORATION DES BERGERS; Peint fur toile. Haut de 14. pieds 9. pouces ; Large de 8- pieds 7. pouces* Figures entières, de grandeur naturelle. La S te . Vierge debout dans l’étable où vient de naître le Sauveur , qui eft couché dans une Crèche couverte de foin, lève doucement les langes qui l’enveloppent, pour le faire voir aux Bergers. Ceux-ci profternés devant la Crèche, témoignent leur joie & leur adoration. S 1 . Jofeph eft derrière la Vierge, regardant les Bergers. Le bœuf & l’âne font proche de la Crèche. Une troupe d’Anges au haut de l’étable, chantent la gloire du Sauveur, & portent une longue banderole fur laquelle eft écrit : Gloria in exceljts Deo. La tendrefie & la modeftie font Pexpreffion de la Vierge. Elle eft vêtue d’une tunique rouge à manches bleues, avec pn manteau gris fur les épaules : fa tête eft couverte d’une coëffe légère en manière de voile. Les Bergers font pleins d’expreffion & de naturel. Le groupe d’Anges eft biep traité dans le raccourci, SECONDE FAÇADE. y- .. . 11 . . - ■ - N.° 259. Planche xix! LA DESCENTE DU SAINT ESPRIT. Peint fur toile. Haut de 14. pieds 10. pouces ; Large de 8- pieds 7. pouces, Fgures entières, de grandeur naturelle. La S te . Vierge, les Apôtres & les Difciples font raffemblés fur un parvis, en avant d’ün portique, au moment où le Saint - Efprit defeend fur eux en forme de langues de feu. La Vierge au milieu d’eux , vêtue d’une robe rouge recouverte d’un manteau bleu, a les mains jointes & la * tête levée vers le ciel, exprimant fon admiration & la fainteté de l’Eiprit dont elle vient d’être illuminée. Tous ceux qui font autour d’elle, font enflammés des mêmes fentiments qu’ils expriment chacun d’une manière différente. Cette Compofition pleine de génie eft exécutée avec toute la fupériorité du pinceau de Rubens, CINQUIEME SALLE dite de RUBENS. 13 SECONDE FAÇADE. NT 260. PI anche xix* LE MARTYRE DE SAINT LAURENT. Peint fur bois. Haut de 7. pieds 9. pouces ; Large de ç. pieds 6 . pouces» Figures entières, de grandeur naturelle. Le lieu de la fcène eft une place publique où l’on voit la ftatue de Jupiter , devant laquelle le Saint a refufé de facrifier. Il a les yeux tournés vers le ciel, d’où il attendfà récompenfe, laiflànt agir les bourreaux qui, dans ce moment, le renverlent fur le gril déjà rougi par le feu. Son corps eft nu à la réferve d’une draperie qui lui entoure les reins. Un Prêtre, la tête couverte d’une Chlamyde rouge, montre l’Idole de Jupiter au Martyr, pour l’engager à fauver là vie en l’adorant. Un homme en avant près du gril, verfe un panier de charbon delfous, pour augmenter la violence du feu 5 des foldats à pied & à cheval entourent la place. Un Ange defeendant du ciel, apporte au Saint la palme & la couronne. Ce Morceau eft d’une grande compofition. La figure du Saint eft de la plus belle étude de nature ; par la manière dont elle eft éclairée, elle prédomine fur toutes les autres, comme cela doit être? SECONDE FAÇADE . KM. : . ■' : -rr—. ' . ■ ■ N° 261. Planche xxi? PORTRAIT A CHEVAL DE DON FERDINAND INFANT D’ESPAGNE FRÈRE DE PHILIPPE IV. Peint fur toile. Haut de 8- pieds 4. pouces; Large de 6 . pieds 9. pouces. Figures entières, de grandeur naturelle. Le Prince monté fur un cheval bai en plein galop , eft armé de toutes pièces ; mais il porte un chapeau rabattu fur la tête. Une grande écharpe rouge lui palfe de l’épaule droite au côté gauche, & flotte derrière lui ; d’une main il tient la bride de fon cheval, & de l’autre fon bâton de commandement qu’il appuie fur l’arçon de là fèlle qui eft de velours cramoifi. Le cheval eft vu de profil fur toute là longueur, mais le Prince fe préfente de manière que fa tête eft vue prefque de face ; on apperçoit dans le lointain une bataille fanglante, qui doit être celle de Nordliugen où l’Infant fe trouva. La compofition de ce Portrait eft d’une noble fimplicité; & l’attitude eft des plus heureufes» 14 CINQUIEME SALLE dite de RUBENS, SECONDE FAÇADE . N.° 262 . Planche PORTRAIT - DE L’INFANT DON FERDINAND EN HABIT DE CARDINAL, Peint fur toile. Haut de $. pieds g. pouces ; Large de 3. pieds 7. pouces* Figures jufqu’aux genoux, de grandeur naturelle. » eft le même Prince dont on vient de parler au N*, précédent qui, quoique Général étoit aufli Cardinal. Il eft vu des trois quarts de face; il a la robe, le camail & le bonnet rouge : il tient un livre de la main gauche, qu’il appuie contre fa robe ; l’autre main tombe négligemment à fon côté. Le fond eft d’architecture. SECONDE FAÇADE. Nf 263. Planche xx? , PORTRAIT D’UN ESPAGNOL. Ayant les mêmes dimenlions. Çet homme eft vu de face, une main fur le côté & careflànt de l’autre un grand levrier, fes mains font gantées. L’habillement eft un pourpoint rouge galonné d’or, avec un petit manteau de même couleur par deffus. Il a un rabat qui tombe fur fes deux épaules. Les cheveux font noirs & pendants ; un grand chapeau rond couvre fa tête, une épée pend à fon côté. Le fond eft d’archite&ure, avec un rideau cramoifi derrière la figure. La tête de ce Portrait eft intéreflànte, & exprime bien la gravité Efpagnole. •«; «' » ' . 1 !' 1 II'— 1 ! m ■ - ".-^—.111 — N,° 264. Planche xx» PORTRAIT D’UN GÉNÉRAL DES RÉCOLLETS. Peint fur toile. Haut de j. pieds 3. pouces; Large de 2. pieds 8. pouces Figures jufqu’aux genoux, de grandeur naturelle. Il eft en habit de fon Ordre, tenant un livre d’une main, & une tête de mort de l’autre. La tête qui eft d’une fingulière vérité offre les traits d’un homme favant &fpirituel; l’habillement eft parfaitement traité, Le fond eft brun. CINQUIEME SALLE dite de RUBENS. SECONDE FAÇADE. N.° 265’. Planche xxî PORTRAIT DU DOCTEUR VAN THÜLDEN, Peint fur bois. Haut de 3. pieds 10. pouces ; Large de 3. pieds 4. pouces» Figures jufqu’aux genoux, de grandeur naturelle. Le Docteur eft vêtu d’une (butane noire avec un colet blanc; & par deflus, d’un manteau à manches, auffi noir; il eft affis dans un fauteuil, fur un bras duquel il appuie la main gauche. Il tient de l’autre un grand livre; la tête découverte lailfe voir des cheveux bruns, coupés courts. * Cette tête eft du plus beau caractère, & d’une carnation qui refpire la vie, auffi bien que les mains qui font d’ailleurs admirablement bien deffinées. SECONDE FAÇADE . N.° 266. Planche xx? L’ARMÉE DE SENNACHEREB DÉTRUITE PAR L’ANGE Dü SEIGNEUR. Peint fur bois. Haut de 3. pieds ; Large de 3. pieds 10. pouces,. \ Figures entières, d’environ un cinquième de nature. Des nuages fombres & noirs qui impriment la crainte & l’horreur, font tout-à-coup brifés par une lumière auffi vive & auffi prompte que l’éclair, d’où fortent en fe précipitant quatre Anges armés de la foudre, qu’ils lancent fur l’Armée de Sennacherib, où ils fement la terreur & l’effroi. On voit une partie des troupes fe renverfer les unes fur les autres, tandis qu’une autre partie fe difperfe & prend la fuite ; il règne dans cette Compofition un fracas épouvantable, & en même tems furnaturel. L’expreffion dans les figures, les accidents effrayants de lumières & d’ombres, la touche extraordinaire de pinceau & même le ton des couleurs locales, tout annonce la puifîànce du Seigneur. 16 CINQ.UIE ME SALLE dite de RUBENS. SECONDE FAÇADE. N.° 267. Planche xx! LA CONVERSION DE S'. PAUL. Fuifant p endant du précédent , Feint fur toile. Haut de 3. pieds ; Large de 3. pieds 10. pouces. Figures entières , d’environ un cinquième de nature. Jcfus - Chrift entouré d’Anges & d’une lumière des plus vives, apparoit tout - à - coup à S*. Paul, les bras tendus vers lui, & paroiffant lui dire: Saul , Saul , pourquoi me perfécutea - vous ? Celui-ci frappé de terreur & d’effroi, fe trouve renverfé de fon cheval, & étendu à terre ; ceux qui l’accompagnent également effrayés & en défordre prennent tumultueufement la fuite. Ce Tableau eft d’un grand effet, mais n’a pas au même degré, l’énergie du précédent, auquel il fait pendant. SECONDE FAÇADE. N? 268. Planche XIX® SENÈ QUE MOURANT. ' Peint fur bois. Haut de ç. pieds 8' pouces ; Large de 4. pieds 9. ponces. Figures entières, de grandeur naturelle. Le Philofophe eft nu à l’exception des reins qui font couverts d’une draperie blanche ; il fe tient debout, les pieds dans un grand baffm de cuivre rempli d’eau déjà teinte de fon fang ; la pâleur & la débilité fe remarquent fur fon corps & fur-tout à la tête. Cependant Senèque conferve fa fermeté d’ame, & parle Philofophie dans ce cruel moment, car il eft dans l’attitude de dicter encore à fes Difciples. On voit à côté de lui le Chirurgien qui vient de lui ouvrir la veine au bras gauche, & qui le foutient d’une main, en lui ferrant la bande de l’autre. Ün Difciple à côté de Senèque, eft occupé à écrire fes dernières paroles. On voit devant lui plufieurs livres étalés à terre. Deux foldats placés un peu plus loin attendent la mort du Philofophe. Le fond du Tableau eft d’architedture. Ce fameux Tableau connu parla bonne gravure ancienne eft une vraie étude du nu & des mufcles. Rubens a pris pour modèle la Statue du Senèque antique, qu’il a placé ici dans la même attitude. ! 7 CINQUIEME SALLE dite de RUBENS. SECONDE FAÇADE. N® 269. Planche xx* SAMSON TRAHI PAR DALILA. Peint fur toile. Haut de J. pieds 9. pouces; Large de 4. pieds x. pouce. Figures entières, demi-nature. Le fatal cifeau a déjà coupé les* cheveux de Samfon, dans lefquels confiftoit toute fa force. Dalila confomme dans le moment fa trahifon, en le livrant aux Philiftins ; & ceux-ci fe rendent maîtres de fa perfonne, en lui liant les bras derrière le dos. Ce malheureux Ifraëlite, furieux de fe voir ainfi furpris, fe lève brufquement du lit où il étoit couché à côté de Dalila, & veut employer vainement, pour fe défendre, des forces qu’il n’a plus ; la honte & le défeljpoir qu’il en relient font peints dans fes yeux & exprimés par fon attitude. Il a le corps plié en avant, une jambe portant à terre, & l’autre pofant à genou fur le lit. Il eft couvert d’une courte tunique grife traverfée par une peau de lion. Dalila à demi-couchée fur le lit, tenant encore d’une main le cifeau inffcrument de fa perfidie, cherche à éviter la vengeance de Samlon ; on la voit fàifie de crainte ; fon corps légèrement couvert d’une chemife, eft prefque entièrement hors du lit ; les jambes feules font cachées fous la couverture, qui eft cramoifie brodée d’hermine. Une vieille femme prend Dalila fous les bras, SECONDE FAÇADE. pour l’attirer à elle & l’éloigner de Samfon ; les foldats font empreffés à le lier, en le menaçant de leur armes; un d’eux tient un flambeau. Quoique ces foldats fe trouvent maîtres de leur ennemi, ils femblent encore le craindre, tant il leur étoit redoutable quelques moments auparavant. Le lit de Dalila eft peu élevé de terre, comme étoient ceux des anciens, & eft couvert d’un grand rideau cramoiîi fufpendu au plafond de la chambre. Il y a beaucoup d’expreflion dans ce Tableau. La figure de Dalila eft des plus belles ; fa tête eft même d’un caractère plus noble & mieux choifi, que ne le font ordinairement celles de Rubens. On feroit prefque tenté de dire que la carnation paroit auffi plus naturelle. c / \ CINQUIEME SALLE dite de RUBENS- ^ 1? 18 SECONDE FAÇADE. N? 270. Planche xxf LA BATAILLE DES AMAZONES. Peint fur bois. Haut de 3. pieds 9. pouces ; Large de 3. pieds 2 . pouces, figures entières, d’environ un cinquième de nature. Ces fameufes Guerrières font totalement défaites par les Grecs fur le pont du fleuve Thermodon, près de Troye. Celles qui fe défendent encore fur ce pont font impitoyablement maflacrées ; plufieurs font précipitées avec leurs chevaux dans le fleuve; celles qui cherchent leur falut dans la fuite font atteintes par leurs ennemis, ou dans le fleuve même qui fe teint de leur fang, ou fur fes rives qui s’en abreuvent. Au travers des arches du pont on voit une ville en feu ; les flammes & la fumée en tourbillons s’élèvent dans les airs, particulièrement vers le pont où eft le fort de la mêlée, ce qui répand encore plus d’horreur fur la fcène. Ce Tableau plein de force & d’expreflion offre aux yeux avec la plus grande énergie, le mouvement & les affrétions de famé dans une bataille fanglante, & fur-tout dans celle-ci où les deux fèxes combattent l’un contre l’autre. H falloit exprimer dans les figures des femmes, le courage. & 0 la force guerrière alliés avec la délicateflè SECONDE FAÇADE . de corps de ce fèxe ; & d’un autre côté peindre la fureur & la vengeance des hommes , qui fe croyant inlultés & bravés par des femmes, ferment les yeux fur leurs charmes* pour ne fonger qu’à venger leur propre gloire. Ce magnifique Tableau eft un des premiers que l’Éleéteur s Jean Guillaume ait acquis, pour former fa Colleétion. Il eft connu de tout le monde par la belle Eftampe qu’en a faite Luc Vorjlerman . ' / 19 CINQ.UIEME SALLE dite de RUBENS. SECONDE FAÇADE. .N? 271. Planche xixî DES ENFANS PORTANT UNE ' GUIRLANDE DE FRUITS. Peint fur toile, Haut de }, pieds 9. pouces ; Large de 6. pieds 4. pouce», Figures entières, de grandeur naturelle. Ce charmant Tableau eft compofé de fept Enfans occupés à porter une guirlande formée de branches chargées de fruits. Celui qui eft à la tête, porte un bout de la guirlande fur fon dos & fur fa tête, en la tenant des deux mains, & femble plier fous le faix. Cinq autres en foutiennent le milieu, les uns en avant, les autres en arrière : Le dernier porte l’autre bout de la guirlande fur l’épaule, tenant d’une main le cordon qui la lie. Cette agréable fcènefe pafîe au pied d’un rocher élevé, au côté duquel la vue s’échappe fur unpayfàge. ( Ces Enfans, chacun dans une attitude différente, ne forment enfemble qu’un feul groupe avec la guirfande. Ils font tous nus, ce qui a fourni au Peintre un beau champ, pour développer le brillant & la fraîcheur de carnation qu’il poffédoit fi éminemment, & imprimer ce caractère gracieux & naturel qu’il favoit fi bien donner aux enfans. La guirlande eft peinte par Pierre Snyders, de manière à faire honneur à l’ouvrage de Rpbens, SECONDE FAÇADE . ---:--y---- N.° 272. Planche xxi! LATONE ET SES ENFANS. Peint fur toile. Haut de j. pieds 10. pouces; Large de 2. pieds 7. pouces. Figures entières, de grandeur naturelle. Latone avec fes jeunes enfans (Apollon & Diane) voulant fe rafraîchir au bord d’un étang, en eft empêchée infolem- ment par des payfans qui nétoyent cet étang ; cette Déeffe en demande vengeance à Jupiter, & fur le champ ce Maître des Dieux change ces payfans en grenouilles. Un d’eux a déjà la tête & le haut du corps de cet animal ; & la métamorphofe commence chez un autre. Latone eft vêtue d’une robe jaunâtre ferrée à la taille, avec une bande de draperie grife qui enveloppe fes épaules & fè croife fur le devant du corps. Ce Tableau eft un des plus recommandables de ce Maître. Le payfage en eft beau ; on remarque que Rubens a répété ici dans les figures de Latone & de fes enfans, celles de Rachel & de fes enfans qui fe trouvent dans le Tableau, de la Rencontre de Jacob & d’Éfaü N®. 2f4* C 2 20 CINQUIEME SALLE dite de RfUBTNS. SECONDE FAÇADE. N? 273. Planche xix? UN CRUCIFIX. Peint fur bois. Hatit de 4.. pieds ç. pouces ; Large de 2. pieds 10. poucafe Figure entière, petite nature. Le Chriffc vient d’expirer ; fon corps fe colore déjà du ton pâle & livide de la mort, & fi quelques reflets fànguins fe font encore appercevoir, c’efl: pour difparoître bientôt Ce corps efl: fuppofé éclairé d’une manière furnaturelle, au milieu des ténèbres qui l’environnent. L’éclipfe efl: à fa fin , de façon qu’on apperçoit déjà dans le lointain, la ville de Jérufalem. SECONDE FAÇADE. N! 274. Planche xixî JESUS-CHRIST RECEVANT LA PÉNITENCE DES QUATRE PÉCHEURS. * Peint fur bois. Haut de 4. pieds 7. pouces; Large de 4. pieds 1. pouce. Figures jufqu’aux genoux, de grandeur naturelle. Il efl: debout dans une attitude qui exprime la bonté & la miféricorde. Son corps efl: nu, à l’exception d’une draperie rouge, qui lui paffe du dos fur les reins, & tombe en avant fur fes genoux. S te . Madeleine, qui efl: le perfonnage le plus voifin de Jefus-Chrift, fe profterne devant lui, les mains croifées fur la poitrine ; elle efl vêtue d’une robe grife qui fe rabat fur les reins, & laifle â découvert le haut du corps : fes cheveux épars fur le dos & fur les bras, font ramenés en partie fur fa gorge qu’elle couvre de fes mains.. S'. Pierre eft en arrière à côté du Sauveur, ayant * les mains jointes ; plus loin efl: le bon Larron tenant là croix, & David fe trouve entre eux deux. Tous les quatre pleurent leurs péchés & regardent le Sauveur. Le fond efl: un payfage , avec un rocher fur le devant CINQtUIEME SALLE dite de RUBENS. 21 SECONDE FAÇADE . N.° lys. Planche xix* UN PAYSAGE AVEC UN ARC-ENXIEL. ET ORNÉ DE FIGURES. Peint fur bois. Haut de pieds ; Large de j. pieds io. pouces. Figures entières, de 6 . pouces de proportion. e Tableau fait du premier trait, montre ce que peut produire un habile homme, en peu de tems, avec quelques coups de pinceau. On voit fur le devant des payfans dont les uns font occupés à la moifîon, & les autres à faire abreuver un troupeau de vaches dans un ruiffeau, où des canards s’égayent. Un peu plus loin à droite, commence une forêt qui s’étend par petits bois dans le lointain à perte de vue. Le refte du Payfage à gauche offre une vafle plaine enrichie de plufieurs villages & chargée de bleds qui ne font point encore moiffonnés. Mais ce qui vivifie le plus agréablement ce Payfage, c’eft* un bel Arc-en-ciel qui le croifè, & dont un bout, pofant à uné petite diftance fur un champ de bled & fur les moiffonneurs qui s’y trouvent, produit, dans tout fon éclat & avec toute la vérité de nature, l’effet ordinaire de ce météore. SECONDE FAÇADE. •se--- ■ ■■ ■" - ■■■"■—=■■ -■■■-- N.° 276. Planche xix? SAINT CHRISTOPHE PORTANT L’ENFANT JESUS SUR SES ÉPAULES. Peint fur bois. Haut de 2. pieds pouces; Large de 2. pieds 2. pouces. Figures entières , d’environ un tiers de nature. eft une Efquifle terminée qui a fervi pour le grand Tableau qu’on voit dans la Cathédrale d’Anvers. Le Saint appuyé fur fon bâton, & portant l’Enfant Jefus fur fes épaules, paffe à pied une rivière pendant la nuit, & eft prêt à arriver à l’autre bord. Un hermite fur le rivage, tient en main une lanterne dont il préfente la lumière fur l’Enfant Jefus, comme pour l’éclairer & le voir; ce qui produit de beaux effets de lumière. , .-i-- :.-==== fr» 22 CINQUIEME SALLE dite de RUBENS. SECONDE FAÇADE. SECONDE FAÇADE. N.° 277, Planche xxé LA CHUTE DES PÉCHEURS DANS L’ENFEE. Des millions de ces malheureux fe trouvent déjà précipités dans les feux éternels, leur fupplice eft encore augmenté par des tourments de toute efpèce, que leur font fouffrir les Démons. Le feu fe fait voir ici d’une manière terrible, & fous toutes les nuances, tantôt rouge, tantôt bleu, tantôt jaune : d’un côté il s’élève en flammes & en tourbillons; de l’autre il coule en liquide brûlant ; & par-tout Peint fur bois. Haut de g. pieds 11. pouces; Large de 6 . pieds 10. pouces. Figures entières, d’environ un cinquième de nature. il cherche à dévorer les corps des malheureux qui ne doivent jamais être confumés. Il n’efl; pas poflible de détailler ce prodige de peinture, où l’Artifte a mis toute la fcience, %V oici une penfée étonnante de génie, difficile à concevoir, & plus difficile encore à repréfenter; il falloit un Rubens, pour en tenter l’exécution, & pour y réuflir. Elle n’offre d’abord qu’un cahos affreux d’objets, qui font ; il a toute l’énergie, & tout le poétique de fon art ; il a raffemblé toutes les qualités qui diffinguentfon rare pinceau. frémir la nature. Il y règne une telle agitation, un tel bouleverfement, on y voit fouffrir des tourments fl cruels, fi multipliés , que l’œil épouvanté ne fait où s’arrêter ; cependant quelle admirable eompofition! quelle force! quelle expreffion! quelle abondance d’idées, & quelle fublimité de génie! cependant encore, quel favoir! quelle magie de l’art dans la touche, dans le coloris, dans le clair-obfcur ! enfin quelle harmonie, & quel accord dans l’exécution d’un fujet aufli horrible & auffi compliqué ! S*. Michel & les Anges vengeurs du péché, defeendent avec rapidité du milieu d’une lumière éclatante ; ils foudroyent & précipitent les Réprouvés ; ceux - ci tombent par colonnes entières , les uns fur les autres, & tout en tombant, font déjà tourmentés par les Démons, qui les entraînent dans l’abyme. CINQUIEME SALLE dite de RUBENS. 23 SECONDE FAÇADE. ' " " * " " ' ' . V~ N? 278. PI anche xxi! LA S". VIERGE ET L’ENFANT JESUS. Peînt fut bois. Haut de 3. pieds 3. pouces ; Large de 2. pieds %. pouces. Demi-figure, de grandeur naturelle. Elle eft debout devant un appui de pierre, fur lequel elle tient l’Enfant Jefus également debout, les pieds pôfés fut fes langes: il effc nu, & paroit attentif à quelque chofe qui fe pafie hors du Tableau. L’habillement de la Vierge eft une robe rouge avec dés bouts de manches bleues : une draperie violet - changeant, attachée au haut de la tête, lui pafie derrière le dos en manière de voile, & lui tombe de côté fur le bras droit Le fond eft brun. Ce Tableau eft d’un coloris un peu trop vif ; mais la touche en eft admirablement bien fondue* SECONDE FAÇADE . ■■ - - ....*■■! — ■ ■■■ 1 1 > ■ i n ■ 1 -■ 1 1 ’• N? 279. Planche xxi? LA RÉCOMPENSE DES JUSTES. Peint fur bois. Haut de 3. pieds 9. pouces; Large de 2. pieds n. pouces. Figures entières, d’environ 6 . pouces de proportion. On voit au haut du Tableau le Père Éternel, au milieu d’une Gloire refplendiïïànte dé lumière: Jefus-Chrift eft plus bas fur un Arc-en-ciel, & fous lui font placés la S te . Vierge & les Saints* Les Élus , appelés au fein de la Gloire, & conduits par des Anges, y montent par bandes, fur des nuages légers & tranfparents qui fe mêlent avec les corps ; & ces corps font fi rapprochés les uns des autres, & tellement liés enfemble, que d’un côté il s’en forme line colonne mouvante continuellement renaiflante, dont la bafe tient à la terre, & la cime fe perd dans les cieux ; & de l’autre côté une efpèee de voile mobile , continuellement afcendant de la terre au ciel. Des Anges mêlés parmi ces corps, font occupés à les aider à monter. Dans le lointain, le refte des reflufcités remplit une plaine immenfe ; des Anges y féparentles Élus d’avec les Réprouvés; dans le coin, les feux de l’Enfer s’élèvent, & commencent à frapper les yeux. 24 CINQUIEME SALLE dite de RUBENS, SECONDE FAÇADE. Ce Tableau qui n’eft qu’une Efquifle terminée, eft de la plus riche & de la plus fublime compofition ; on y trouve une étendue d’idées, une force de génie étonnantes , & une grande correction de deffin: toutes les petites figures font bien deffinées ; elles font d’ailleurs touchées avec le plus grand goût, & la plus grande finefle de pinceau : il règne dans le coloris un ton lumineux & tranlparent qui devient véritablement célefte, & qui foutient merveilleufemenfc le fujet du Tableau. ♦ % 1 _-ü—z — -— Sfr SECONDE FAÇADE . N? 280. Planche xxi* PORTRAIT DE SAINT IGNACE. * Peint fur bois. Haut de 1. pied n. pouces ; Large de 1. pied 6 . pouces» Bufte de grandeur naturelle. Il eft vu de face en habit de fon Ordre, avec une Gloire dorée autour de la tête. Le fond eft gris-brun. •g — . — m j ..h,.h i b.t "re; 1 ■'■ ■ i—rrritm a . . 1» N.° 281. Planche xxi! t BUSTE D’UNE FEMME FLAMANDE. Peint fur bois. Haut de 1. pied 6 . pouces ; Large de 1. pied 4. pouces. , Grandeur naturelle. Elle regarde de face ; fes cheveux font blonds & frifés naturellement ; elle a fur la tête une petite toque noire. Son habillement eft une robe noire, avec un tour de gorge blanc. Ce Portrait paroit de la plus grande vérité pour la reflèmblance. N*. 282. CINQUIEME SALLE dite de RUBENS. V TROISIEME FAÇADE. N.° 282. & 2.83- Planche xxnî PORTRAITS DE SIGISMOND ROI DE POLOGNE ET DE LA REINE CONSTANCE SON ÉPOUSE. Peints fur toile. Hauts de 6 . pieds 10. pouces; Larges de 4. pieds 1. pouce. Figures entières, de grandeur naturelle. Ce Monarque eft repréfenté un peu de côté, affis fur fou trône & revêtu de fes habits royaux, ayant la couronne fur la tête, le fceptre & le petit globe d’or en main, & regardant de face ; il a la mouftache fous le nez & la barbe au menton, ce qui lui donne un air fevère. Le trône & le dais font garnis de velours rouge enrichi d’une crépine d’or. L’un & l’autre occupent prefqu’entièrement le fond du Tableau, & ne laiifent voir qu’une colonne de côté, & une échappée de vue fur un jardin. La Reine eft repréfentée dans la même pofition & avec les mêmes attributs que fon Mari. Son habillement royal confifte en une robe de moire blanche brochée d’or, taillée en corps de jupe, à laquelle font attachées de longues manches doublées d’étoffe ponceau. Son cou eft garni d’une grande fraifè, & elle a des boucles d’oreilles de perles. TROISIEME FAÇADE. N.° 284. & 285. Planche xxnf PORTRAITS DE PHILIPPE IV. ROI D’ESPAGNE, ET D'ÉLISABETH DE BOURBON SON ÉPOUSE. Peints fur toile. Hauts de pieds 7. pouces ; Larges de 2. pieds 8 pouces. Figures jufqu’aux genoux, de grandeur naturelle. Le Prince eft vu de face, & debout, la tête découverte, en habit Efpagnol de velours brun, avec un manteau noir, la chaîne de l’Ordre de la Toifon d’Or paffée au cou. Ses cheveux font blonds. Il appufe la main gauche fur la poignée de fon épée, & tient de l’autre le bout de fon manteau ; les manches du pourpoint font d’étoffe d’or. Le fond du Tableau eft une architecture recouverte en grande partie d’un rideau cramoifi. La Reine debout à l’oppofite de fon Mari, appuie le bras droit fur le coin d’une table ; elle a un éventail à la main droite, & tient un mouchoir blanc de la gauche. Elle eft habillée à l’Efpagnole: une robe de foie noire fermée par des petits boutons d’or , une groffe fraife autour du cou, & un grand collier à double rang de perles en manière d’Ordre, au bout duquel pend un médaillon, forment fon vêtement & fa parure. Le fond eft un rideau cramoifi. D 2Ô CINQUIEME SALLE dite de RUBENS. * TROISIEME FAÇADE. N° 286. Planche xxii! PORTRAITS EN PIED DE RUBENS ET DE SA PREMIÈRE FEMME. Peint fur toile. Haut de ç. pieds 6. pouces; Large de 4 . pieds j. pouces. Figures entières, de grandeur naturelle. Ils font afïis à côté l’un de l’autre, fous un feuillage de chèvre-feuille. Le Mari, fur une efpèce de banc champêtre, ayant le corps incliné vers fa Femme , s’appuie fur le pommeau de fon épée qu’il tient droite à côté de lui: 11 a les jambes croifées l’une fur l’autre ; fon bras droit, qu’il paffe en avant du corps, repofe fur fon genou gauche, où il reçoit fur fa main celle de fa Femme; il effc vu de face regardant hors du Tableau; il a une mouflache fous le nez, & le toupet au menton ; fes cheveux font châtain - clair & courts; il effc habillé d’un pourpoint gris-jaunâtre bordé de chenilles ou filets noirs, par deffus lequel effc jetté un manteau de même couleur doublé d’étoffe violette; les culottes font d’étoffe noire cizelée, les bas jaunes, les fouliers noirs, attachés avec des rubans ; il porte un chapeau noir pointu , enrichi d’une boucle d’or ornée de pierreries. Cet habillement qui, par la defcription, pourroit paroitre bizarre & difcordant, ne l’effc pourtant point ; il effc au contraire afforti à la mode du tems, avec beaucoup dégoût TROISIEME FAÇADE . & de galanterie, & effc fur-tout très d’accord avec le reffce du Tableau. La Femme affife plus bas à côté de fon Mari, a un air très* agréable ; elle regarde hors du Tableau, & femble fourire au Tpecfcateur ; elle a la main droite pofée fur celle de fon r Mari, & la gauche qui tient un éventail, effc nonchalamment étendue à côté d’elle. Un chapeau de paille pointu lui couvre galamment la tête. Elle a au cou une fraife de fine toile garnie de dentelle. Sa robe eft d’étoffe noire ferrée à la taille, ouverte par devant, laiffant voir une large bufquière de drap d’or, &une juppe de foie pourpre, galonnée d’or. Ce Tableau effc d’une compofition gracieufe, d’une belle naïveté & d’une grande vérité, • Les mains font admirablement peintes. i TJ CINQUIEME SALLE dite de RUBENS. TROISIEME FAÇADE . N.° 287. Planche xxn?- LE JUGEMENT DERNIER APPELLE COMMUNÉMENT LE PETIT JUGEMENT. Peint fur bois. Haut de pieds 9. pouces ; Large de 3. pieds 8- pouces. Figures entières, de g. pouces de proportion. Jofus-Chrift afiis au haut du ciel fur des nuages, au milieu d’une Gloire & des Saints, prononce fon Jugement terrible. * Les Anges fonnent de la trompette ; les hommes reffufcitent; les Élus pleins de joie montent au fein de la Béatitude, fur des nuages légers & lumineux qui tracent le chemin du Ciel; les Réprouvés en bien plus grand nombre, font foudroyés & précipités par S‘. Michel & par les Anges vengeurs de la Divinité. Les Démons reçoivent ces malheureux & les entraînent dans l’abyme , où plufieurs font déjà livrés aux flammes & à des tourments divers. Ce lieu de fupplice & d’horreur s’annonce par les tourbillons de flammes & de fumée qui en fortent, & qui en s’élevant, entourent de toutes parts les corps de çeux qui y font précipités. On voit dans le lointain à gauche la vallée de Jofaphat, où s’opère la réfurreélion des morts. Ce précieux Tableau eft d’une com- pofition fublime. Il offre une multitude innombrable de figures & pourtant fans confufion. Plein d’expreflion & de force, il rend- d’une manière frappante l’idée qu’on nous donne de ce Jugement terrible. Quant au mérite de la peinture, la touche la plus délicate, le coloris le plus brillant & le clair-obfcurle * mieux entendu en font un morceau vraiment admirable. TROISIEME FAÇADE. N.° 288. Planche xxii® LE JUGEMENT DERNIER APPELLÉ COMMUNÉMENT LE GRAND JUGEMENT DE RUBENS. Peint fur toile. Haut de i8* pieds 9. pouces; Large de 14. pieds 1. pouces* Figures entières, forte nature. Ce Tableau efl: un des plus conlidérables, & fans contredit le plus beau qu’ait jamais fait ce grand Maître. Le moment efl: celui où les hommes font appelés au Jugement terrible, & où les bons font féparés d’avec les méchants; les premiers montent au Ciel, les autres font précipités dans l’Enfer. Jefus-Chrift aflîs fur des nues élevées, entouré de Saints, ayant au deffus de lui Dieu le Père, le Saint-Elprit & toute la Gloire célefte, témoigne par fan attitude & fon expreflion, la juftice dont il efl: animé dans ce moment: le fceptre de juftice & l’épée flamboyante font fufpendus à fes côtés. La Vierge debout à la droite de fon Fils, paroit implorer fa clémence pour les pécheurs. Derrière elle font les Apôtres & tous les Saints du nouveau Teftament ; ceux de l’ancien font placés vis-à-vis. Us font tous portés fur les nues, & éclairés de la Gloire qui vient d’en haut. Qn D 2 % \ 28 CINQUIEME SALLE dite de RUBENS. .. , .. : - - - ■ ■ . - \ TROISIEME FAÇADE. TROISIEME FAÇADE. voit fous les pieds du Seigneur les Anges qui Tonnent de . la trompette; & plus bas en avant, S*. Michel lançant la foudre fur les Réprouvés ; ceux-ci font précipités les uns fur les autres, par les Anges vengeurs dans les feux de l’Enfer, où les Démons les reçoivent, & les entalfent en les accablant de tourments. La douleur, l’effroi, le défefpoir font les feules expreffions de ces malheureux. Mais les Élus conduits par des Anges, inontent à la droite du Seigneur, pleins de joie & d’allégreffe ; la Béatitude dont ils Tentent déjà la jouiffance, effc exprimée fur leurs vifages & fur leurs corps, qui paroiffent entourés d’une vapeur célefte & tranfparente, qui en éclaire d’une manière furnaturelle, toutes les parties, fans pourtant affoiblir les contours , ni les nuances de la nature : c’eft une vraie transformation du corps de l’homme en corps de Saint. Du côté des Élus on diftingue une belle femme accroupie, ayant les mains croifées fur fon fein ; c’eft le Portrait de la fécondé femme de Rubens, & une des plus intéreffantes figures de la compofition, où le Peintre s’eft plu à développer toutes les beautés de fon pinceau, & à laquelle il a donné toutes les grâces imaginables. On prétend qu’il fe trouve lui même dans ce Tableau fous la figure de l’homme qu’on apperçoit derrière fa femme, & qu’un Ange enlève. Dans le lointain, on voit une partie de la vallée de Jofaphat, où fe continue la féparation des Élus & des Réprouvés. Pour terminer la defcription de ce magnifique Tableau, il faudrait joindre le détail des beautés de l’art, à celui des richeffes du génie; mais nous aivonsdit quec’étoitle Chef- d’œuvre de Rubens, & nous croyons par la en avoir affez dit. Wolffgang Güillaume Duc de Neubourg, fit faire cette grande pièce par Rubens, & la dépofa dans l’Églife des Jéfuites à Neubourg, d’où l’Éleéleur Jean Guillaume la tira, pour la placer dans la Gallerie de Duffeldorff. Pour remplacer ce Tableau dans cette Églife, ce Prince fit faire par Carlo Cignam à Bologne, un autre Tableau représentant l’Affomption; mais il trouva celui-ci fi beau qu’il le réferva encore pour fa Galerie. On le voit dans la troifïème Salle au N°. 108. Enfin il chargea Dominique Zanetti , bon Peintre à fon Service, de faire un troifïème Tableau repré- fentant de même une Affomption, & celui-ci a été réellement placé dans l’Églife de Neubourg où il eft regardé comme un .très-beau Morceau. \ i / ) ! CATALOGUE RAISONNÉ ET FIGURÉ DES TABLEAUX 2DJ£ JL^L GdLJLÆLlEUCfe IBLJLjBLCT OTL.A1L3& 3BJ£ JDXTS S JEL3L3D OXIFF. ) PIÈCES NOMMÉES MOBILES PLACÉES DANS LES CINQ SALLES SUR LES VOLETS DES FENÊTRES. TABLEAUX PORTRAITS, BUSTES & TETES. Ces Tableaux NLobiles font des pièces que l'on * tranfporte à volonté d'une Salle à P autres ils font diflrihuêsfur les volets des cinq Salles > & nous les plaçons ici fuivant l'ordre , des Sujets . .JL-*- 1 ' - ■ i N.° 289. Planche xxm? PORTRAIT EN PIED DU PRINCE EUGÈNE, PAR JEAN KUPETZK Y. Peint fur toiie en 171 ç. Haut de 8- pieds 1. pouce ; Large de f. pieds 2. pouces. Figures entières, de grandeur naturelle. Cet illuftre Général eft repréfenté debout, prêt à fortir de fa tente ; il tient de la main droite fon bâton de commandement, avec lequel il femble indiquer aux Troupes un mouvement qu’il vient de réfouJre; l’autre*main eft appuyée fur la garde de fon épée. Il eft armé d’une cuiraffe, de braflards & de cuiffards, & porte le manteau de Prince agrafte fur l’épaule droite, defcendant de ce côté jufqu’à terre. Le Cordon de la Toifon d’Or lui palfe au cou, & tombe fur fa poitrine ; une écharpe d’étoffe d’or lui C MOBILES. 1 PORTRAITS, BUSTES & TETES. ceint les reins ; fa tête eft couverte d’une grande perruque, & il a aux jambes des bottes garnies de leurs éperons. Derrière lui eft un jeune Nègre qui porte fon cafque. A quelque diftance dans l’éloignement, on voit une Bataille qu’il femble lui même commander de l’endroit où il fe trouve. On prétend que c’eft la Bataille de Belgrade où il remporta fi glorieufement la viétoire ; elle eft peinte ici par Philippe Rugendas. Ce Portrait fait d’après nature eft très - reffemblant, & eft en même tems un des plus beaux de Kupetzkv. Le Prince Frédéric des Deux-Ponts Général Feldmarechal de l’Impératrice Reine Marie Thérèse , en a fait l’acquifition â Vienne en 176^ , pour l’Électeur Palatin Charles Théodore fon Beau-Frère; &S. A, S. Électorale a. voulu en orner fa Galerie de Duffeldorff. =*• A 2 A TABLEAUX MOBILES. PORTRAITS, BUSTES & TETES. N? 290. Planche xxm? PORTRAIT DE L’ÉLECTRICE PALATINE, ANNE LOUISE DE MÉDICIS, PAR ANTOINE SCHOONJAN S. Peint fur toile. ' Haut de 7. pieds 1. pouce ; Large de ç. pieds. Figure entière, de grandeur naturelle. Cette Princefîe eft debout & fe préfente de face; fon habillement eft une robe de drap d’or richement ornée, pittorèfquement croifée fur le devant, & furmontée du manteau Électoral. Elle n’a d’autre coëffure que fes cheveux, qui font noirs & garnis de fleurs. D’une main, elle prend des fleurs qui lui font préfentées dans une corbeille par ml jeune Nègre, qui porte en même tems la queue de fon manteau ; de l’autre main, qu’elle a négligemment à côté d’elle, elle retient ce manteau. Devant elle eft un joli petit chien épagneul qui lui fait des carefles. Le fond à droite eft d’architecture ; à gauche il préfente la vue d’un jardin en amphithéâtre. Ce Portrait bien compofé & d’un beau coloris, paroit très-reflemblant. Les draperies en font bien traitées. PORTRAITS , BUSTES & TETES . N.° 291. Planche xxin* PORTRAIT D’UN HOMME, PAR PIERRE FRANÇOIS M 0 L A. P I ET RO FRANÇESCO M 0 L A. Peint fut toile. Haut de i. pied xo. pouces 5 Large de 1. pied 6 , pouces. Bulle, de grandeur naturelle. Il eft habillé comme les Abbés Romains, en manteau noir & en rabat blanc ; il préfente le corps & la tête de côté ; fes cheveux aflez mal peignés, font noirs & pendans ; fon manteau qui enveloppe tout fon corps, eft fermé par devant : il en fort une main qui eft vue en raccourci. Le fond eft brun. Ce Tableau eft d’une touche forte & marquée, les ombres font un peu trop tranchantes ; la main eft admirablement defîinée, & de relief. \ TABLEAUX MOBILES. 3 PORTRAITS, BUSTES & TETES. N.° 292.' PI anche xxni* PORTRAIT D’UNE DAME, PAR JUSTE VAN E G M 0 N D. Peint fur toile. Haut de i. pied 9. pouces ; Large de 1. pied 6 , pouces. Bufte , de grandeur naturelle. mmi , ■ Ile eft vue de face, & habillée à PEfpagnole d’une étoffe noire. Elle porte au cou une fraife ; fes cheveux font blonds, treffésau tour de la tête & ornés d’un cordonnet noir, & d’une pointe de gaze noire fur le devant, ce qui indique que la Dame eft veuve. N.° 293. Planche xxm? PORTRAIT D’UN HOMME A BARBE ROUSSE, PAR ALDEGRAE F. Peint fur bois en 1556. Haut de 1. pied ç. pouces; Large de 1. pied 1 . pouce. Bufte, demi - nature. Il fe préfente de face, porte une robe de velours cra- moifi, & fur les épaules, une efpèce d’aumufTe. Sur fa tête eft une efpèce de toque; fes cheveux font roux ainfi que £1 mouftache & fa barbe; il tient dans fes mains un rouleau de vieux parchemin écrit. On lit fur ce Tableau : ÆTATIS SUÆ 41- ANNO iff 5 . PORTRAITS , BUSTES & TETES. N.° 294. Planche xxm! PORTRAIT D’UN HOMME A BARBE GRISE, PAR ALDEGRAE F. Peint fur bois en i ç ç 6 . Haut de i. pied pouces; Large de n. pouces. Bufte, demi-nature. Il eft vu de face, la tête couverte d’un bonnet en toque, le corps vêtu d’une foubre-vefte & d’un manteau noir; on découvre la moitié de fes mains ; il tient dans l’une une lettre fur laquelle eft écrite fon adreflè: J. Jacques von Difftdert, & fur le fond du Tableau eft écrit: AN°. DNI iff 6 . ÆTATIS SUÆ n- H fr -:5r=_' A a i I 4 • i* TABLEAUX MOBILES. PORTRAITS, BUSTES & TETES: Nf 2 9î . PI anche xxm? PORTRAIT DE REMBRANDT par lui-même* Peint fur bois. Haut de 2. pieds 6. pouces ; Large de 2. pieds pouce. Demi - figure, de grandeur naturelle. •Ce célèbre Artifte fe pré fente un peu de côté, à trois quarts de face; il a des cheveux châtains; fa tête eft couverte d’un bonnet de pelilfe ajufté pittorefquement ; il porte fur le corps une efpèce de manteau de velours mordoré, à demi-fermé, orné de brandebourgs d’or, fous lequel eft une vefte de drap d’or; la main gauche gantée, eft appuyée fur la poitrine, & le bras droit dont la main eft cachée , pend le long du corps. Le fond eft brun. Ce Portrait eft excellent : on y trouve cette touche pâteufe & fondue, cette magie de clair-obfcur qui caracté- rifent le pinceau de Rembrandt; il eft d’autant plus inté- relfant qu’en renfermant les perfections de l’art, il offre la reffemblance parfaite. Ce grand Peintre s’eft peint ici à l’âge d’environ 60 . ans. PORTRAITS , BUSTES & TETES . N? 296. Planche xxm? DIOGÈNES TENANT SA TASSE, PAR JEAN LIV EN S. Peint fur toile. Haut de 2. pieds 4. pouces ; Large de 1. pied 10. pouces. Demi-figure, de grandeur naturelle. Il a la tête découverte ; fes cheveux font courts & gris ; la barbe eft de même couleur. Son corps eft enveloppé d’un drap greffier de couleur grife, affujetti par une ceinture. Il tient fa taffe , ou plutôt fon écuelle de la main gauche. Le fond du Tableau eft brun. Ce Tableau dans le ftyle de Rembrand, eft touché avec le même elprit que ceux de ce Maître, \ TABLEAUX PORTRAITS, BUSTES ëf TETES. N° 297. Planche xxm! ' PYTHAGORE TENANT SA TABLE DESNOMBRES, Faifant pendant du précédent , * PAR LE MÊME. Et ayant les mêmes dimenliüns. ïl eft vu de face, fous la figure d’un vénérable Vieillard, avec une longue barbe grife; fa tête eft couverte d’un bonnet de velours vert recouvert de pelifie ; fon habillement eft une robe riche, avec une large ceinture qui monte jufqu’à la poitrine ; un grand manteau de couleur olive, pend des épaules fur le dos ; devant lui eft la Table des chiffres de fon invention communément appellée la Table de Pythagore. Le fond du Tableau eft brun-foncé. Le fingulier ajuftement que le Peintre adonné à cette figure, la fait plutôt reffembler à un Rabbin, ou à un Prêtre Arménien, qu’à un Philofophe. Ce Morceau eft de même que le précédent, dans le 1* ftyîe de Rembrandt. \ MOBILES. S PORTRAITS, BUSTES & TETES. N° 298. Planche xxmî UN PETIT SAINT JEAN, PAR CHARLES C I G N A N I. CARLO Cl G N A NI. Peint fur toile. Haut de 1. pied 8- pouces ; Large de x. pied 4. pouces. Figure entière, de grandeur naturelle. Il eft repréfenté encore enfant, affis par terre, appuyant fon corps & une main fur un agneau qu’il careffe. Il eft prefque nu , n’ayant que fa petite peau d’agneau paffée en bandoulière fur le dos. Le fond eft un Payfage. A ? 6 TABLEAUX MOBILES. PORTRAITS, BUSTES & TETES. N.° 299. Planche xxm? PORTRAIT D’UN HOMME EN HABIT NOIR, PAR ANTOINE VAN D T C K. I Peint fur toile. Haut de 2. pieds 3. pouces ; Large de 1. pied 9. pouces. Demi-figure, de grandeur naturelle. eft un homme d’environ trente ans. Le corps eft vu de face, & la tête un peu de côté; elle eft découverte, & préfente des cheveux tirant fur le roux, négligemment arrangés. Il porte une barbe & des mouftaches ; ion habillement eft noir, avec un manteau de même couleur, croifé fur le devant On voit en partie une de fes mains, qui retient fon manteau. Le fond eft brun foncé. La tête de ce Portrait eft pleine de vérité ; on y remarque ce beau faire, & cette belle carnation du Maître. / PORTRAITS, BUSTES & TETES. N° 300. Planche xxm? LA LUMIÈRE VAINEMENT SOUFFLÉE, PAR G E 0 F F R 0 I SC II ALCKE N. Peint fur toile. Haut de 2. pieds 6 . pouces ; Large de 2. pieds. Demi-figure, de grandeur naturelle. » eft un fujet de nuit, qui repréfente une jeune fille portant une lumière qu’un jeune homme veut fouffler. Elle eft vue de face, vêtue d’une étoffe bleuâtre à fleurs, & coëffée d’une cornette de dentelle à longues barbes pendantes ; elle tient d’une main un chandelier avec une chandelle allumée; & de l’autre, elle couvre la lumière; pour empêcher qu’elle ne foit éteinte. Elle fourit de voir l’inutilité des tentatives du jeune homme, qui fouffle derrière elle; celui-ci eft vêtu d’une camifole, & a la tête couverte « d’un bonnet d’étoffe plat. Le fond du Tableau eft une chambre, où l’on apperçoit confufément un rideau à gauche, & le bas d’un Tableau fufpendu au mur, à droite. On remarque dans cette pièce fingulièrement belle : premièrement la lumière de la chandelle qui fait la plus grande illufion ; enfuite la vapeur du fouffle du jeune homme qu’on voit gliffer par deffus l’épaule de la jeune fille pour TABLEAUX PORTRAITS, BUSTES âf TETES. fe porter fur la lumière, qui s’en trouve"effectivement très- agitée; puis la main de la jeune fille devant la lumière, dont les doigts font peints avec toute la tranfparence que leur donne l’interpofition de la lumière : on y voit pour ainfi dire, circuler le fang; enfin les effets de la lumière fur toutes les parties qu’elle éclaire, particulièrement fur la main qui tient le chandelier, fur le chandelier lui même qui eft de cuivre, fur le vifage & la poitrine de la jeune fille, qui en font éclairés de bas en haut, & fur le vifage du jeune homme qui foufflç. Tous ces effets de lumière font rendus d’une manière fi naturelle, que l’œil y eft trompé. Ce Tableau n’eft pas moins recommandable par la beauté de la çompofition, par la fineffe & l’efprit de la touche, & par l’entente du clair-obfcur. On y lit : G. SCHALCKEM, M OR ILES. 7 PORTRAITS, BUSTES & TETES. N.° 301. & 302. Planche xxiiiü DEUX PORTRAITS, PAR A R N IR AL C A RR A C HE. ANNIBALE CARRACCI. Peints fur toile. Hauts de 1. pied 6 . pouces; Larges de 1. pied j. pouces. Bulles, de grandeur naturelle. Le premier eft le Portrait du Peintre lui-même. Î1 fe préfente de face, le corps penché, à gauche. La tête eft découverte, les cheveux courts & bruns; il a une fraifc & un habit grifâtre. Il tient devant fà poitrine une main ouverte, de / laquelle il pince fon habit. Le fond eft brun. Ce Portrait fait du premier coup, montre la facilité du favoir faire d’un grand Maître, & la vérité de fa reffem- blance, qui n’eft pas moins intéreffante. Le fécond eft le Portrait du Savant Agucci. On ne voit que la tête qui eft chauve, & un bout du collet qui eft blanc. L’habit eft noir. Cette tête eft touchée fièrement & paroit relfemblante. Le fond eft brun très-fonce. Ce Portrait eft nommé dans les anciens Catalogues, comme on le nomme ici. 8 TABLEAUX MOBILES. PORTRAITS , BUSTES & TETES. N.° 303. Planche xxm? UN JEUNE GARÇON SE JOUANT AVEC UN PIGEON. PAR PIERRE PAÜL GOBBO , dit le CARRA ÇHE. PIETRO PAOLO GOBBO , dit il CARRACCI. Peint fur toile. Haut de %. pieds 9. pouces; Large de 2. pieds 2. pouces. Demi-iigure , de grandeur naturelle. eft un jeune Payfan bien réjoui, qui a un chapeau de paille fur la tête; il tient un pigeon ramier fur fon livre d’école, dans lequel il n’eft point tenté de lire. Le fond eft une chambre obfcure. PORTRAITS , BUSTES & TETES. N° 304, Planche xxm! PORTRAIT D’UN SCULPTEUR, PAR JACQUES ROBUSTI, dit le TINTORET. GIACOMO ROBUSTI , dit il TINTORETTO. Peint fur toile. Haut de 2. pieds 4. pouces; Large de 1. pied n. pouces. Demi-figure, de grandeur naturelle» Il eft vu de côté affis dans un fauteuil, la tête tournée en face; elle eft découverte & exprime beaucoup de feu & de génie; fes cheveux font noirs & très-courts; fa barbe eft aufli courte & forte ; il a une fraife fine & plilfée. Son habillement eft un pourpoint de couleur olive; d’une main il tient un compas, de l’autre un petit modèle de figure commencé. Le fond du Tableau eft une chambre dont une fenêtre ouverte, lailfe voir un payfage. Ce Morceau d’une touche large, eft admirablement delfiné & colorié. .--n * N°. jof. TABLEAUX PORTRAITS, BUSTES & TETES. N.° 305, Planche xxm' UN SAINT JÉROME, PAR LE GUIDE. G UID 0 RE N I. Peint fur toile. Haut de 2. pieds 2.,pouces ; Large de 2. pieds. Demi - figure ; de grandeur naturelle. Il préfente le corps de face; la tête tournée à gauche eft prefque vue de profil; il tient devant lui une tête de mort Une draperie rouge lui paffe fur le dos, & fur l’épaule gauche. Le fond eft brun. Ce Tableau eft de la première manière de ce Maître. « ■ ■ ' 1 ■" 1,1 -u»' ‘ 'n - ■ 1 .t N! 306. Planche xxiii? UN SAINT JEAN-BAPTISTE, PAR LUCAS J 0 RD A N E. * LU C A GIORDANO. Peint fur toile. Haut de 1. pied pouces ; Large de 1. pied 10. pouces. Demi-figure, de grandeur naturelle. C eft l’Étude terminée d’un faint Jean - Baptifte encore jeune. Le corps eft effacé de côté & la tête vue de profil. Il regarde en l’air, ayant une main pofée fur une roche qui eft placée devant lui, à la hauteur delà poitrine. Le fond eft brun. Cefcte Étude eft d’une touche forte & large. MOBILES. 9 PORTRAITS, BUSTES & TETES. N.° 307. PI anche xxiii! UN SAINT A N DR É, PAR CHARLES LO T H. CARLO L 0 T H. feint fur toile. Haut de 2. pieds r. pouce; Large de r. pied 9. pouces. Demi-figure, de grandeur naturelle. Il eft vu de profil & a la tête élevée en arriére' pour regarder le ciel. Ce Morceau paroit l’Étude terminée d’un grand Tableau ; il eft heurté de goût, & bien mufclé. ■ " .-■= l » N.°3o 8, PI anche xxinl PORTRAIT D'UN HOMME, PAR TITIEN V E CELLI. T IZ IA N 0 VECEL LL Peint fur toile. Haut de 2. pieds 3. pouces ; Large de 1. pied 10. pouces. Bufte, de grandeur naturelle. Il eft vu de trois quarts de face ; un bonnet verd - fonce lui couvre la tête; il porte au cou un collet large furmonte d’une petite - fraife. Le refte de fon habillement eft une étoffe verd-foncé; on ne lui voit point de mains. Le fond du Tableau eft gris. On retrouve ici la touche fondue du Titien. B * IO TABLEAUX SUJETS D’ HISTOIRE. N° 309. Planche xxiv! SK JOSEPH ET L’ENFANT JESUS, PAR NICOLAS B AM B INI. N I C 0 L 0 B A MB IN I. . Feint fur toile. Haut de 3. pieds xi. pouces; Large de 2. pieds 9. pouces. Demi-figure, de grandeur naturelle. Le Saint tient l’Enfant Jefus debout fur une table. Une Gloire & des Chérubins compofent le fond du Tableau. ■g s^-L-L. ".!■■■ -.1-- <•'. N? 310. Planch e xxiv® LA CONTINENCE DE SCIPION, P 4 R NICOLAS POUSSIN. Peint fur toile. Haut de 4. pieds ç. ! pouces ; Large de 4. pieds 5. pouces. » Figures entières, demi-nature. 0 eft une grifaille imitant un bas * relief antique. Scipion affis fur une chaife curule, au pied de laquelle eft écrit: S. P. Q. R, remet la jeune captive qu’on lui a amenée, & refufe le prix de fa rançon. D’une main il tient celle de la captive, & de l’autre il fait-ligne à fes parens de reprendre leur or & leurs bijoux. On diftingue parmi ces derniers la mère de la captive qui pleure, & l’amant qui eft dans l’inquiétude : les autres perfonnages font des Licteurs & des Guerriers , rangés derrière Scipion, l ?T, - .-VS. MOBILES. SUJETS D’HISTOIRE. N.° 311. PI anche xxiv! LA S te . VIERGE ET L’ENFANT JESUS, PAR JEAN ANTOINE LICINIO , dit le PORDENON. GIOVANNE ANTONIO LICINIO , dit il P ORD EN ONE. Peint fur toile. Hapt de ç. pieds 11. pouces; Large de 4, pieds 4. pouces. Figures entières, de grandeur naturelle. La Vierge eft fur un trône, tenant l’Enfant Jefus devant elle. Saint Jean-Baptifte & faint Jacques font aux pieds du trône. Le fond eft une arcade ouverte d’où pend un rideau retroulfé, qui laifle voir un Payfage. — mrr-.. .. ..U-'... . i J--- ' —L , "Tir-r.. . - » N.° 312. Planche xxiv? LA RÉSURRECTION DU LAZARE, PAR MICHEL C 0 X I S. MICHAEL C 0 X I S. . Peint fur bois. Haut de ç. pieds; Large de 5. pieds ç. pouces, Figures entières, de grandeur naturelle. TTableau ancien, un peu froid de compofition & d’ex- preftion, mais remarquable par le deflin des têtes, dont quelques-unes font d’un beau caractère, & par le ftyle du Peintre qui tient de Jules Romain & de Franz Floris, II TABLEAUX MOBILES. SUJETS D’ HISTOIRE. N.° 313. Planche xxiv! UN ECCE HOMO, PAR JEAN DE H E 31 E S S E J AN VAN HE 31 S EN. Peint fur bois en 1^44. Haut de J. pieds 9. pouces; Large de pieds 1. pouce!. Figures jufju’aux genoux, de grandeur naturelle. Jefus-Chrift nu, à l’exception des reins qui font couverts d’une draperie blanche &' d’un manteau bleu, qu’on lui a jetté par dérifion fur les épaules, * eft debout, les mains liées tenant un rofeau j fa tête eft couronnée d’épines & enfanglantée. Les Juifs font autour de lui, l’infultent & le maltraitent ; des enfans même fe joignent au peuple pour l’infulter. Le fond eft d’architecture. Ce Tableau plus remarquable par fes détails minutieux & fon fini peiné , que par un vrai caractère de génie, mérite cependant mieux que de l’eftime, parce qu’étant du premier tems de la peinture à l’huile, le Peintre a déjà fu porter à un très-haut degré la délicatelfe de touche & la tranfparence du colons. On y lit: Joannes de Hemésse» pingebat An°. if44. SUJETS D'HISTOIRE. N.° 314. Planche xxiv! LES VIERGES SAGES ET LES VIERGES FOLLES, PAR G E O F F R 0 1 S C H A L C K E N. Peint fur toile en 1700. Haut de 2. pieds 11 . pouces ; Large de 5. pieds 6. pouces. Figures entières , d’environ un tiers de nature. C eft un fujet de nuit des plus agréables & des plus frappants qu’on connoiflè de ce Maître. Le lien de la fcène eft une place devant un édifice publie, où les Vierges paffent pendant la nuit tenant leurs lampes allumées ; à côté de cet édifice, la vue porte fur un Payfage, qu’on diftingue au clair de la lune. Les Vierges au nombre de huit, offrent toutes des figures.aüffi agréables que variées dans leur beauté. Elles font vêtues d’une manière galante & en même tems décente: les cinq premières ont le maintien gai & enjoué, & marchent d’un pàs lefte, portant leurs lampes bien allumées ; trois autres en arrière font fort embarraffèes ; une eft à genoux tenant fa lampe prête à s’éteindre: elle femble demander affiftance à fes compagnes • qui font en avant ; la fécondé dont la lampe eft tout-à-fait éteinte, les implore les mains jointes ; la troifième s’occupe vainement à fouffler fur la fienne pour la rallumer. Sur le 12 TABLEAUX MOBILES. SUJETS D’HISTOIRE. devant du Tableau on voit couché fur une draperie qui eft à terre, le vafe dans lequel étoit la provifion d’huile qui a fervi à remplir les lampes ; & auprès des premières Vierges , un lumignon tombé d’une des lampes, qui eft peint fi naturellement, qu’on croit le voir brûler, & qu’on eft tenté de l’éteindre pour qu’il n’endommage pas le Tableau. Ces effets de lumière, ceux des reflets qu’elle occafionne, & ceux du clair-obfcur qui en eft la fuite, font employés dans ce charmant Tableau, avec un art qui fait illufion. On y trouve de plus une compofition gracieufe, un deiïin corred, & une touche de pinceau aufli Ipirituelle que délicate. Les curieux s’attachent finguHèrement & avec raifon à ce Morceau fupérieur, qu’on peut appeller à jufte titre le Chef-d’œuvre de cet habile Artifte. Il y a écrit: G. Schalcken 1700. SUJETS D'HISTOIRE. N.° 31?. Planche XXIV? JESUS AU MILIEU DES DOCTEURS, GERBRAND VAN DEN ECKHOUT. Peint fur toile en 1 6 6 2 . Haut de 2. pieds 1. pouce; Large de 2. pieds 7. pouces. Figures entières , d’environ un fixième de nature. Jefus aflis dans le Temple fur le marche-pied de l’autel, femble parler aux Prêtres & aux Dodeurs qui l’entourent & qui l’écoutent, & dont les uns font aflis & les autres debout, quelques-uns tenant des livres. Ce petit Morceau eft peint dans le goût de Rembrandt Le coftume y a été peu confulté, mais il a le mérite du beau clair-obfcur, qui le rend très-intéreflànt On y lit: G. V. Eckhout fec. A 0 . 1662. « *1=--L2STTT. ! TABLEAUX * SUJETS D’HISTOIRE. Nf 316. PI anche xxiv? SAINT FRANÇOIS RECEVANT LES STIGMATES, PAR GRÉGOIRE L A Z A RJ N I. G R E G 0 R I 0 L A Z A RI N L Peint fur toile. Haut de j, pieds 4. pouces; Large de 4. pieds 10. pouces» Figures entières, demi - nature. Le Saint en habit de fon Ordre eft à genoux ert extafé, foutenu par un Ange placé derrière lui; il étend les bras, & élève la vue vers une Gloire> au'milieu de laquelle paroit Jefus-Chrift fous la figure d’un Séraphin refplendilfant de lumière ; c’eft dans ce moment qu’il reçoit les ftigmates. Deux petits Anges placés à terre en avant du Saint, tiennent ouvert le livre, dans lequel il lifoit avant le miracle. On voit à coté une croix de bois pofée â terre, & une tête de mort. 13 MOBILES. SUJETS D' HISTOIRE. Nf 317. Planche xxiv! LE ROI BOIT, PAR GABRIEL-METZ U* « Peint flir toile. Haut de 2. pieds pouces; Large de j. pieds. Figures entières, d’environ un tiers de nature. Une chambre de payfan qui fert en même temS de cüifine, eft le lieu où le fait le repas. Un morceau de rôti froid, du pain & de la bierre, mis fans ordre fur une table couverte V. d’un tapis & d’une nappe par defîbs, compofefit le fobre régal de la petite famille agrefte, qui eft affife ou debout autour de cette table, & qui fe livre entièrement à la joie. Un Vieillard que le fort a fait Roi de la fête, & qui paroit être le père de famille, eft affis dans le fauteuil d’honneur, une couronne de papier jaunâtre fur la tête ; il boit dans un verre allongé fans pied, tandis que l’affemblée femble crier le Roi boit. La vieille mère eft vis-à-vis debout, tenant la cruche à bierre, & criant comme les autres ; le fils ou le gendre de la maifon eft auflî debout derrière elle en habit de fou, tenant un violon à la main & criant de toutes les forces, en montrant le Roi. La femme alfife au coin de la table en avant, appuyant le bras droit fur la table, & le poing gauche fur la hanche, paroit avoir bu fans modération ; elle eft fi ivre qu’à peine peut-elle fe foutenir, & qu’elle B ? * I TABLEAUX MOBILES. SUJETS D’HISTOIRE. fèmble ne crier avec les autres qu’en bégayant ; trois petits garçons dont le plus jeune eft affis dans une chaife d’enfant, mêlent leurs cris à ceux des grandes perfonnes ; auprès de la cheminée''qui eft à gauche, une vieille femme fait la cuifine à un feu de tourbe ; dans le fond de la chambre fous une porte élevée, eft une jeune fille qui tient un plat d’une main, & de l’autre_la chandelle à trois branches des trois Rois ; * elle crie de loin le Roi boit. Une plus petite fille à côté d’elle lui demande la chandelle ; enfin dans le coin à gauche, un homme defcend un efcalier de bois, portant devant lui un panier de tourbe & de morceaux de bois. Une cage renfermant un oifeau eft fufpendue au plafond de la chambre près de la cheminée. Ce Tableau eft d’une compofttion auffi gracieufe que naïve, d’une touche fine & fondue, & de la plus belle entente de clair-obfcur: la jeune femme ivre eft la figure la plus frappante ; elle exprime de la manière la plus naturelle , & fans infpirer aucun dégoût, la gaieté vive de rivrefle : on ne peut voir fon vifage rubicond fans rire. Au bas eft écrit: G. Metzu. i SUJETS D'HISTOIRE . .. wnr L^ ■ N.° 318. PI anche xxiv® JESUS-CHRIST ENTRE L ES DEUX LARRONS. ;P,A R ANDRÉ SCHIAVON E. A N D,R EASCHIAVONE , Feint fur toile. Haut de pieds; Large de 3 . pieds 6 . pouces. Figures entières, d’environ un fixième de nature. Le Chrift eft élevé à une Croix fort haute; il vient de recevoir le coup de lance par Longin qu’on voit à cheval à côté de la Croix, & qui retire dans ce moment la lance enlanglantée. La Vierge, S*. Jean & les Maries pleurent au pied de la Croix. Les deux Larrons font élevés fur des Croix auffi fort hautes, & ont déjà les jambes caffées: le bon Larron qui eft à droite du Chrift, femble prononcer fa confeffion de foi. Les Prêtres, les Docteurs de la Loi & les foldats, entourent les Croix. Le fond du Tableau eft Payfage ; on voit dans le lointain la ville de Jérufalem. Le ciel indique l’éclipfe qui eut lieu dans ce moment. Ce Mor- * ceau a un peu fouffert. ï s TABLEAUX SUJETS D'HISTOIRE. I Nr 319. pi anche xxiv? PROMÉTHÉE ATTACHÉ AU ROCHER. PAR FRANÇOIS B R I Z I 0. FRANCESCO B R I Z I 0. Feint fur toile. Haut de 3. pieds 2. pouces ; Large de 4. pieds ç. pouces. Figure entière, de grandeur naturelle. Prométhée eft couché furie dos, la tête tout-à-fait renverfée en arrière, la douleur lui fàifant faire des contorfions & jetter des cris ; le bras & la jambe droite font attachés au Rocher; il eft tout nu, fi l’on en excepte les reins qui font couverts d’une draperie blanche. Le Vautour après lui avoir ouvert le flanc, lui dévore le foie. Le fujet de ce Tableau rendu avec la plus forte exprefîion fait frémir la nature. Le deflin en eft correét, & le raccourci en augmente infiniment le mérite; le tems l’a un peu noirci : c’eft une perte que les beautés confervées font encore mieux fentir, MOBILES. 1 s SUJETS D'HISTOIRE. «S -T—.... -- N,° 320, Planche xxiv? DAVID VAINQUEUR DE GOLIATH, PAR PAUL FARINATI. P A 0 L 0 FARINAT /. Peint fur toile. Haut de 2. pieds xi. pouces ; Large de 2. pieds 7. pouces. Figures entières, demi-nature. David ayant abbattu Goliath, & lui ayant coupé la tête avec l’épée même du géant, femble l’offrir à Dieu qui lui a procuré la victoire» Il eft vêtu d’une vefte rouge. On voit dans le lointain les deux armées des Philiftins & des Ifraëlites en mouvement, l’une fuyant honteufement, l’autre la pourfuivant avec vivacité. » v 16 T TABLEAUX MOBILES. SUJETS D’HISTOIRE. N.° 321. PI anche xxiv? TARQUIN ET LUCRÈCE, PAR BARTHELEMY SPR4NGER* Peints fur toile» Haut de 3. pieds 3. pouces; Large de 2. pieds 4. pouces. Figures entières, demi-nature. Tarquin le poignard à la main, fe trouve dans la chambre de Lucrèce ; il a déjà le genou pofé fur le lit où elle eft couchée. Cette Héroïne faifie d’effroi, fait tous fes efforts pour fe défendre contre le rayiffeur. Une femme figurant une Furie eft derrière le lit; d’une main elle lève le rideau, de l’autre elfe tient fon flambeau : c’eft la feule lumière qui éclaire cette fcène. La penfée de ce Tableau eft affez heureufe, mais on délirerait que Je delfln n’en fut pas fi maniéré, SUJETS D' HISTOIRE. N° 322. Planche XXIV? UNE SAINTE MADELEINE, PAR GEOFFROl SCHALCKE H. Peint fur toile en 1700. Rapt de %. pieds ia. poupes; Large de 2. pieds 1. popce. Figures entières, demi-nature. Sujet de nuit où S*'. Madeleine eft aflife près d’une tombe, fur laquelle elle appuie le bras droit, foutenant de cette main une lampe allumée qui pofe fur un livre. Elle élève l’autre bras en ligne d’invocation, tournant la tête vers une Gloire qui defcend du ciel fur elle, & dont un rayon eft réfléchi fur fon front Un Ange lui apporte une palme & une couronne. La Sainte fbule aux pieds fes riches vêtements, ainfi que toutes les pièces de fa toilette. Elle n’eft vêtue dans le moment que d’une efpèce de chemifette de fatin avec une grande draperie bleue, qui lui paffe fur les reins & fur les cuiffes, s’étendant de là fur le fiège où elle eft aflife. Au deffus de la tombe eft fufpendu un ample rideau d’étoffe cramoifie, garni de franges de même couleur. Une colonne avec fon piédeftal, & une échappée de vue ' qui laifle voir la mer agitée achèvent de former le Tableau. On admire ici la fcience & la pratique confommée de l’Artifte dans ce genre de pièces de nuit. Celle-ci eft éclairée d’une manière fingulière, par deux lumières très-différentes; la première SUJETS U HISTOIRE. première venant de la lampe qui eft près de la Sainte, éclaire naturellement fa main, fa poitrine & tout le devant de fon corps, en reflétant en partie fur la tombe & fur les plis du grand rideau. La fécondé qui eft furnaturelle, venant de la Gloire célefte, éclaire tous les objets en maflè, & éclaire (fi cela fe peut dire) la lumière même de la lampe, qui fe trouve juftement dans la direction de fes rayons; ce choc de lumières caufe{ansdoute cette vapeur roufiè, qu’on apperçoit autour de la flamme. L’idée de ces deux lumières ainfi contraftées & dont la douceur de l’une furmonte & affoiblit la vivacité de l’autre, eft des plus fingulières ; il falloit être Schalcken pour ofer l’entreprendre. Au refte l’ordonnance du Tableau eft des plus riches ; & la finefîe de touche fe trouve {ci, comme dans les autres Morceaux de ce Maître; on y admire de plus, la manière furprenante & vraie, dont font rendus les pièces & joyaux de toilette, que la Sainte foule aux pieds. On y lit G. Schalcken 1700, MOBILES. 17 SUJETS H HISTOIRE. % N.° 323. Planche-xxiv? JESUS ET S T . JEAN BAP IE . ENFANS, * PAR SCARCELLIN 0 DE FERRARE SCARCELLINO DA F E R R A R A. Peint fur toile. Haut 4 e 3 . pieds 10. pouces ; Large de 3. pieds 10. pouces. Figures entières, de grandeur naturelle. Dans un Payfage, l’Enfant Jefus dort fur la peau d’agneau & entre les bras du petit Si Jean qui femble le veiller ; ils font tous deux nus. Ce Tableau eft compofé gracieufement. On y voit ce Monogramme 1,11 ' ■-U-i=g^i^ ==8== LM = ^^ . * N! 324. PI anche xxiv* S T . ROCH ET S TE , MADELEINE ADORANT L’ENFANT JESUS, PAR PARIS B O R D O N E. Peint fur bois. Haut de 2. pieds 1. pouce; Large de 2. pieds 10. pouces» Figures entières, d’un tiers de nature. L Enfant Jefus foutenu par la Vierge, alfife avec lui fur un focle de pierre , préfente un chapelet à S*. Roch qui eft à genoux aufli bien que S te , Madeleine qui eft derrière lui, tenant en main un petit vafe & une palme. Le fond du Tableau eft payfage ; il tient du ftyle du Titien, maître de Bordone : le SV Roch & la Madeleine font Portraits. V 18 TABLEAUX MOBILES. SUJETS D’HISTOIRE. n: 32^. pi anche xxiv? SARA PRÉSENTA AGAR À' ABRAHAM > PAR LE CHEVALIER ADRIEN VAN DER WERFF. Peint fur toile en i 6 9 9. Haut de z. pieds 4. pouces ; Large de 1. pied 10. pouces. Figures entières, d’environ un quart de nature. Abraham couché fur un lit magnifique à l’antique, s’y tient fur fon féant, écoutant Sara qui lui préfente Agar. Il a la partie fupérieure du corps tout-à-fait nue, & l’autre eft cachée fous la couverture du lit qui eft d’un beau bleu- foncé. Sara debout eft à fon côté gauche, vêtue d’une robe rouge par défions & d’une longue mante grife par delfus, qui lui couvre en même tems la tête. Elle fernble alfurer Abraham de la fagefle & de la beauté d’Agar, qu’elle vient de lui préfenter. Celle-ci placée debout devant Sara & à côté dp lit, eft dans une attitude modefte & foumife $ elle cache fa gorge d’une main, y attirant un bout de draperie blanche, dont elle cherche à la mieux couvrir ; de l’autre main elle retient fes habits, qui ne lui couvrent plus que le bas du corps & qui font prêts à tomber. Abraham lui pofe une main fur l’épaule, ce qui fernble augmenter l’embarras de la jeune fille. On voit à un des côtés du lit, les habits d’Abraham pofés fur un fauteuil, & de l’autre une aiguière d’or pofée fur un piédouche. Une SUJETS D' HISTOIRE. grande draperie jaunâtre pittorefquement retroulfée, eft fufpendue au delfus du lit en manière de rideau. Une autre draperie violet-changeant, aufii artiftement fufpendue & arrangée, couvre en partie le fond de la chambre $ le refte préfente une riche architecture. Le Peintre s’eft étrangement écarté du coftume en mettant autant de luxe dans la chambre de cet ancien Patriarche ; mais ce luxe même a donné un fi beau champ à fon pinceau, & fon exécution répond fi bien au brillant détordre de fon imagination, qu’on lui pardonne volontiers cet écart Au refte ce Tableau eft touché avec tout l’efprit, toute la finefie de pinceau, & tout le charme du coloris & du clair-obfcur, que ce célèbre Artifte polfédoit. Il y a écrit: Ap n . v". der Werff, fec. An°. 1699. . TABLEAUX SUJETS D’HISTOIRE. N? 326. Planche xxivf ABRAHAM RENVOYANT AGAR ET ISMAËL, faifant pendant du précédent , PAR LE MÊME. Peint fur bois en 1701. _ Haut de 2. pieds 4. pouces ; Large de 1 . pied 10. pouces*. Figures entières, d’environ un quart de nature. La {cène fe paffe devant la maifon d’Abraham, ce Patriarche eft fur les degrés , reconduifant jufques-là Agar & fon enfant qu’il renvoie ; par fon attitude & fon gefte , il exprime le devoir qui l’oblige à cette action. Sa figure eft vénérable & fon air vrai. Son habillement eft une longue robe couleur brun-jaunâtre, ferrée fur les reins par une ceinture. Une ample draperie violet-foncé par delfus la robe, lui entoure un côté & le bas du corps. Agar porte un mouchoir à fes yeux, tenant de l’autre main le jeune Ifmaël qui pleure comme elle \ ils paroiifent s’éloigner déjà de la maifon, & ils font vus par le dos. Agar eft vêtue d’une juppe & d’une robe courte fans manches, l’une d’étoffe verdâtre, l’autre jaunâtre: une ceinture verd-obfcur lui ceint les reins. Par défiais l’habillement eft une efpèce d’écharpe en croifière, à laquelle eft attaché un flacon, pour MOBILES. 19 SUJETS D’HISTOIRE. les befoins du voyage. Le petit Ifmaël eft vêtu d’une tunique jaune à raies bleues, qui ne lui couvre qu’une épaule, & ne defcend que jufqu’aux genoux. Une autre petite ( draperie bleue pofée fur l’épaüle droite flotte en avant. Dans la fécondé arcade de la maifon, derrière Abraham, on voit Sara, qui, regarde de loin, le départ d’Agar : elle tient par la main le jeune Ifaac. La compofition de ce Tableau eft belle. Le Peintre y a obfervé cette noble fimplicité de mœurs des anciens Patriarches qu’il a tant oubliée dans le précédent. On défireroit pourtant que l’habillement d’Agar fût moins élégant : l'on éclat contrafte trop avec fon état fübordonné, fur-tout au moment qu’on la renvoie. Ce Morceau qui fait pendant au précédent eft du même mérite, pour l’exécution du pinceau ; & a de plus celui d’une meilleure expreffion. On y lit: Ad", v\ Werff. fec. A°. 1701. C 2 \ 20 TABLEAUX MOBILES.' SUJETS D’HISTOIRE. N° 327. Planche xxivî LES CINQ. SENS, PAR FRANÇOIS FRANCK dit le JEUNE, Peint fur bois. Haut de 1. pied 1. pouce; Large de 2. pieds 11. pouces. Petites figures entières. t Les cinq Sens font repréfentés par une aflemblée de perfonnes à table, qui converfent & qui font de la mufique. Le lieu où ils fe trouvent eft une falle décorée de peintures & de bulles antiques. On voit fur le devant une table couverte d’huitres, de citrons & d’un pâté, autour de laquelle font aflis deux Cavaliers & deux Dames qui mangent & qui boivent : ils repréfentent le goût. Dans un coin à droite, au fond de la falle, font trois autres perfon- nages. Une Dame alîife fort bas, qui flaire des fleurs qu’elle a prifes d’un vafe qui eft devant elle, ce qui lignifie l’Odorat. ' Un Cavalier aflis fur une chaife à côté d’elle, & qui joue de la guitare, doit être l’Ouïe. Un troilième debout confidère avec une loupe un petit Tableau qu’il tient dans fes mains : il figure la Vue. Quatre autres p'erfonnages fe chauffent près de la cheminée placée au fond de la chambre; une Dame de ce quadrille aflife fur une petite chaife, tient un charbon brûlant au bout d’une pincette, & l’approche malicieufemer.t de la main d’un Cavalier qui eft debout, SUJETS D'HISTOIRE . le dos tourné contre la chéminée, & les mains croiféespar derrière; ce qui marque le Tad d’une manière, à la vérité, aflez vive. Les deux autres perfonnages qui font des jeûnes gens, s’amufent de cette petite malice. Un Page entre dans la falle, & tient un plat chargé de deux volailles cuites. On voit encore dans la falle deux perroquets perchés fur leurs échelles. Üné table à côté de celle où l’on mange eft chargée de livres, de coquilles, & d’un bas-relief repré- fentant l’Amour couché. Un peu plus loin fur une banquette, eft un coffret d’argent. Cette falle eft éclairée par une grande fenêtre placée à droite. Cette compofition eft des plus gracieufes & d’une naïveté charmante ; elle eft exécutée avec tout l’elprit & toute la fineffe de pinceau poffibles. Parmi les Tableaux qui font fufpendus aux murs , on remarque ceux qui repréfentent un S c . Jerome, une S te . Vierge, un Saîvator Mundi , un Banquier, un Samfon & Dalila, des Payfiges &c. &c. Une porte de cette falle qui eft ouverte, laifle voir dans la chambre voifine un autre Tableau qui repréfente le Noli me tangere. Il y a écrit: D av . F. Franck inv. & f. TABLEAUX SUJETS D’HISTOIRE. N.° 328. PI anche xxiv? LA VIERGE, L’ENFANT JESUS ET SAINT JEAN BAPTISTE, PAR TITIEN V E C E L L L T I Z I A N 0 V E C E L L I. Peint fur toile. Haut de 2. pieds 3. pouces ; Large de 2. pieds 9. polices. Figures entières, d’un tiers de nature. La Vierge vêtue d’une robe rouge & d’un manteau bleü, eft afiife foutenant l’Enfant Jefus des deux bras, tandis que S*. Jean Baptifte debout le corps courbé, le porte fur fon bras droit foutenu fur fa cuifie. Le Saint n’eft couvert que de fa peau d’agneau qui entoure fes reins. Le petit Jefus embralfe la Vierge, tandis qu’il regarde S*. Jean, & femble répondre à fes careffes. Un agneau effc aux pieds du dernier. On voit dans le coin du Tableau à droite un homme, à genoux, ayant les mains jointes en attitude de prier; c’eft un Portrait Le fond du Tableau effc payfage. * La figure duS‘. Jean Baptifte qui eft d’un deffin élégant, fait une belle Étude d’académie. MOBILES. 21 PA T SA G ES & SUJETS DIVERS. N° 329* Planche xxv! LA PRÉDICATION DE S\ JEAN BAPTISTE DANS LE DÉSERT, PAR PIERRE BREUGHEL , dit le VIEUX. Peint fur bois. Haut de 3. pieds ?. pouces ; Large de $. pieds 3. pouces. v Figures entières , d’environ un fixième de nature. Saint Jean vêtu d’une robe de bure, placé fur une petite éminence, prêche & annonce la venue du Meffie à un peuple innombrable qui l’entoure , parmi lequel on voit des figures des deux fèxes, de tout âge & de toute condition, habillées fantaftiquement en Juifs modernes, en Turcs, en Arabes , en Moines , Religieufes , Pèlerins &c. Malgré cette irrégularité fi diffonante, & d’autres défauts que l’on trouve du côté de la gradation de lumière, de l’accord des couleurs & de l’expreiïion , ce Tableau plein de feu & d’imagination fe fait pourtant eftimer. La plûpart des têtes font intércffantes, & touchées lpirituellement. C i l 22 TABLEAUX MOBILES. PA TSA G ES & SUJETS DIVERS. N° 330. Planche xxvî S T . PHILIPPE BAPTIS T . L’EUNUQUE, PAR J 0 D 0 C DE MONTRÉ. Peint fur toile. Haut de 3. pieds 4, pouces ; Large de ç. pieds 10. pouces. Figures entières, d’environ un cinquième de nature. La fcène eft un beau Payfage montagneux, fur le devant duquel coule une large rivière. L’Eunuque, les épaules couvertes d’un manteau jaune, eft dans l’eau jufqu’à mi- jambe , le corps incliné & les mains jointes. S‘. Philippe lui verfe de l’eau fur la tête. La fuite de l’Eunuque eft fur le bord de Peau; un petit Nègre porte fes habits. Un carolfe attelé defix chevaux, des mulets chargés de bagages, des chiens de chafl'e, des faucons &c. arrêtés à quelque diftance, indiquent que l’Eunuque voyageoit & vouloit chafler chemin fàilànt, lorfqu’il rencontra S'. Philippe, & qu’il s’arrêta pour recevoir le Baptême. Ce Tableau eft ingé- nieufement compofé: On y défireroit feulement plus de coftume & de gravité. 11 n’y a guère que le groupe de l’Eunuque & de S 1 . Philippe qui foit caraélèrifé dignement. Le carolfe & les fix chevaux fort bien deffinés, ne font pas dans le coftume ^ d’ailleurs ils font dans le Tableau un fracas qui diminue l’intérêt du principal groupe. Le Payfage eft des plus beaux & dans le goût de J. Breughel dit de Velours, à qui beaucoup de perfonnes attribuent même le Tableau. PATSAGES & SUJETS DIVERS. N° 33r. Planche xxv? PAYSAGE ORNÉ DE FIGURES, PAR GASPARD DUGHET , dit le GUASPRE Il G A S P A R O P 0 U S S I N 0. Peint fur toile. Haut de 4. pieds 1. pouce ; Large de 3. pieds 11. pouce*. Figures entières, petite nature. Ce Payfage repréfente un lieu couvert & folitaïre, ou par échappée, l’on voit quelques fabriques dans le lointain ; le moment eft le coucher du foleil. Il eft animé fur le devant par des figures de Faunes & de Satyres qui danfent; un d’eux verfe à boire à une Nymphe qui fe repofe; quelques autres plus loin pourfuivent des Nymphes dans les bois. On apperçoit fur le haut d’une colline, une autre troupe de Satyres & de Nymphes qui font un làcrifice au Dieu Pan. Toutes ces figures font peintes par Carlo Maratti. Ce Tableau eft fupérieurement compofé: il exprime bien un lieu tranquille & foütaire, les bois & leurs verdures font très-bien malfés, très-bien nuancés5 Le feuillé des arbres y eft admirable ; enfin on y reeonnoît dans toutes fes parties le pinceau du Gualpre. TABLEAUX PAYSAGES & SUJETS DIVERS. N.° 332. & 333. Planche xxv® VUES DE L’ANCIEN CHATEAU DE BENRATH, L’UNE DU COTÉ DU NORD, L’AUTRE DU COTÉ DU MIDI, PAR JEAN DE NICKELE N. J AN VAN NICKELEN. Peints fur toilp. Hauts de 2. pieds 2- pouces ; Larges de 2. pieds xi. pouces. (Tétoit une raaifon de plaifance avec un parc, à deux lieues de Dufleldorff, où l’Élefteur Jean Guillaume fe plaifoit ; il la fit réparer augmenter & embellir, & c’eft dans çet état que l’habile Payfagifte Jean de Nickelen qui étoit au fervice de ce Prince, en a peint ces deux Vues qui font rendues d’après nature avec autant d’art que de fidélité. La première a été peinte en 171?, & la fécondé en 1714. Ce Château a été démoli en 175" 6. par l’Électeur Palatin Charles Théodore qui en a fait bâtir un autre dans le goût moderne, à quelque diftance de l’ancien emplacement; & qu’il a orné de beaux jardins, d’après les delfins & fous la direction du Sieur de Pigage, Architecte Lorrain, & Directeur des Bâtiments de ce Prince. MOBILES. 2? PAYSAGES & SUJETS DIVERS. N.° 334. Planche xxv? LA FONTAINE DE VÉNUS ET DE CUPIDON. PAR JEAN HULSMAN N. ' Peint fur bois en 1644» Haut de 2. pieds 4- pouces; Large de 4. pieds 7. pouces. Petites figures entières. Tableau très-agréable, defiiné d’abord à être un deffus de clavecin, & qu’on a enfuite rendu carré pour l’ajufter dans un cadre. La fcène préfente une terrafie fur le devant du Tableau, où l’on voit à gauche fur un fond de verdure, une fontaine avec un baflin à cuvette, dont l’eau ell fournie par les mamelles d’une ftatue de Vénus, placée debout avec Cupidon. Derrière la verdure qui fait fond à la fontaine , on voit le haut d’un édifice orné de pilaftres & d’arcades, qui doit être un bâtiment d’orangerie. Sur le côté de ce batiment, un peu en avant, font quelques ruines & une porte ouverte en arcade à laquelle répond une allée de jardin. De la partie de la terrafie qui fe montre à découvert, on a la vue fur une rivière qui pafle au pied, & fur un vafte Paylàge qui s’étend fort loin. Près de la fontaine, des Dames & des Cavaliers s’amufent à fe faire des niches & fe jettent de l’eau : 24 TABLEAUX MOBILES. PA T SA G ES & SUJETS DIVERS. une jeune Dame y eft occupée à faire rafraîchir du vin, & à rincer des verres. A l’autre bout, desperfonnes de même état font à table & font un repas égayé par le chant Une Dame & un Cavalier arrivent à cheval ; une partie de la compagnie fe lève, les prévient & les reçpit ; tout marque l’emprefiement : des chaifes font renverfées , des chiens aboyent au bruit, la maîtrelfe embrafle fon amie, & l’aide à defcendre de cheval. Non loin des convives, trois muficiens affis fur un banc, jouent de leurs inftrumens. Un des convives qui eft refté à table fans s’embarrafler des nouveaux venus, parqit le plus joyeux de la bande ; il excite les muficiens, & femble mêler fa voix à leurs inftrumens, • f par un air bachique. Il tient élevé un grand verre rempli de vin blanc, qu’il eft prêt à faire paftèr dans fon gofier. Rien de plus agréable & de plus naïf que la compofition de ce Tableau: il exprime la gaieté, l’honnêteté desplaifirs, & la franchile de l’amitie. Le Peintre a fu joindre à l’expreffion de cet aimabje caractère, le beau faire, & tout l’elprit de fon pinceau. On y fit: J, IIulsmahn f. 1644. . ■&» PATSAGES & SUJETS DIVERS. N? 335. & 336. PI anche, xxv! MARCHE D’ÉSAÜ ALLANT A LA RENCONTRE DE JACOB. MARCHE DE JACOB ALLANT A LA RENCONTRE D’ÉSAÜ, PAR PIERRE M U L I E R. PETER M U L I E R.' Peints fur toile. Hauts de i. pied io. pouces; Larges de 2. pieds 3. pouces. . Petites figures entières. Ces deux Tableaux font d’une riche compofition, traitée tout-à-fait dans le coftume , & d’après l’hiftoire. Le fite du Payfage eft montagneux, & les marches fe font dans des vallons oppofés & correlpondants, ce qui préfente une même chaîne de montagnes dont la fuite non coupée fait préfumer que la rencontre des deux voyageurs aura bientôt fieu. f '. . N°. 337» TABLEAUX PATSAGES & SUJETS DIVERS. N° 337. Planche xxv! UN MÉDECIN TATANT LE POULS A UNE JEUNE FEMME MALADE, •PAR JEAN S T EE N. Peint fur toile. Haut de 1, pied 10. pouces ; Large de 1. pied 7. pouces, Figures entières, d’environ g. pouces de proportion. Le lieu de la fcène eft une chambre à coucher dans laquelle on a modéré le jour, en fermant à demi les volets & les rideaux de la fenêtre. On voit dans cette chambre un lit, une table, deux chaifes , un réchaud avec du feu. La Malade eft coëftêe d’une fimple cornette , & vêtue d’une jupe de latin violet bordée d’une gaze d’or, avec un mantelet de velours ponceau garni de fourure blanche en dedans; elle eft aflife fur une chaife, à côté d’une table couverte d’un tapis de Turquie, & d’un couffin fur lequel ellepofe un bras, préfentant l’autre au Médecin, qui lui tâte le pouls. Elle regarde attentivement le Médecin , comme pour apprendre de lui ce qu’il penfe de fa maladie. Celui-ci eft debout devant elle, dans une attitude inclinée & grave, comptant les pulfations du pouls. ' Il eft vêtu d’un pourpoint de couleur brune, avec un manteau, un haut de chauffes, des bas noirs, une ffaife au cou & un chapeau pointu fur la tête. Derrière la Malade, entre le lit & la table, eft une » MOBILES. 2s PA TSA G ES & SUJETS DIVERS. garde-malade, vêtue comme Une béguine. Elle paroit attentive à l’a&ion du Médecin. Un petit chien épagneul fe tient à la porte de la chambre qui eft ouverte, les oreilles aux aguets, parce qu’il entend parler au dehors. C’eft la fervante de la maifon, qui héfite de procurer à l’amant de la Dame , l’entrée de la maifon , mais qui va céder à l’éclat puiffant de l’or qu’il fait briller à fes yeux. Ce dernier Médecin guérira la Malade plutôt que le premier. Une petite ftatue de l’Amour, placée à l’entrée de la porte, d’où on voit l’amant en dehors , confirme cette fuppofition très- vraifemblable. Ce petit Tableau eft charmant pour la penfée & l’exécution: il réunit l’expreffion à une belle vérité de nature, & à une grande fineffe de goût. Le fatin, le velours & la fourrure de l’habillement de la Dame, ainfi que le tapis qui couvre la table, font à tromper l’œil. On y lit: Daer baet geen Medecyn , JVant bet is minne pyn. ' Stem. Cejl-a-dire : Nul Médecin ne peut guérir, Celui que l’amour fait fouffrîr. 2Ô TABLEAUX MOBILES. P ATSAGES & SUJETS DIVERS. N? 338. PI anche* xxv? UNE HALTE DE PROCESSION ET DE PÈLERINS, PAR SEBASTIEN VRANX ou FRANCK. Peint fur bois en 1622. Haut de 1. pied 9. pouces; Large de pieds 8* pouces. ► Figures entières, très - petites. Le Paylage repréfente une belle & agréable plaine, où l’on voit fur le devant, la Proceffion qui fait halte autour d’une grande croix de pierre; un peu plus loin eft un village, dont peut-être on célèbre la fête; & tout-à-fait dans le lointain à droite, on diftingue une partie d’une ville, entourée de moulins à vent. Cette fituation eft furement prife d’après nature. Les aéteurs de la Proceffion, les Pèlerins & les Pèlerines, font rangés en avant fur plulieurs lignes, & en pluüeurs pelotons, hommes, femmes & enfans mêlés enfem- ble, les uns affîs, les autres debout, recevant chacun à leur tour le régal que le Seigneur du lieu leur fait diftribuer; un habit noir fert à le faire diftinguer ; il a d’ailleurs une épée droite appuyée furie bras, & il commande àfesOfficiers la diftribution des vivres. Plulieurs curieux de diftindion, à pied & à cheval, font occupés à voir le repas de cette multitude. Ce Tableau eft plein de petits détails intérelfants. Le coloris en eft malheureufement un peu dur. On y lit ce monogramme v. 1622. PA ISA GES & SUJETS DIVERS. N.° 339. Planche xxv! LA MUSICIENNE ENDORMIE, PAR JEAN BAPTISTE WÉENIX le PÈRE. Feint fur toile en 1 6 $ 6. Haut de 2. pieds 1. pouce; Large de 1. pied g. pouces. Figures entières, d’environ 14. pouces de proportion. Ce Tableau frappe d’abord par la beauté des fabriques, d’architedure qui forment le lieu de la ftène : c’eft une efpèce de portique à colonnes & arcades où l’on voit, entaffées à terre, différentes ruines d’architedure. ( Une jeune fille eft endormie, le corps pofé & adoffé fur ces ruines en avant. Son inftrument qui eft un tambour de bafque eft à côté d’elle. Un chien épagneul eft de l’autre côté ; plus haut, un jeune homme affis joue d’une efpèce de tympanon. Cette pièce eft des plus belles,' pour l’effet & pour l’entente du clair-obfcur & de la perfpedive aerienne. On diftingue tous les plans du fite; on peut pour ainfi-dire, mefurer les diftances. Le chien qui eft blanc tacheté de brun, paroit vivant. L’Auteur de ce beau Tableau eft le Père de Jean Wéenix, Peintre d’animaux qui étoit au fervice de l’Électeur Palatin Jean Guillaume, & pour lequel il a peint tant de belles pièces au château dé Bensberg. On lit au bas: CBetlêci C We&iwyo. An c . i 6 ç 6 .' $ TABLEAU PA TSAGES & SU J ETS DIV ERS. N? 340. Planche xxv? UN PAYSAGE ORNÉ DE FIGURES, PAR É G L 0 N VAN D E R N E E R. Peint fur bois. Haut ds 2. pieds 2. pouces; Large de 1. pied 9. pouces. Figures entières, d’environ 6 . pouces de proportion. Le moment eft une après-dînée. Le fite du Paylàge préfente un pays de montagnes & de rochers, interrompus par des vues de villes & bourgades placées dans le lointain. Sur le premier plan une femme qui garde des vaches lave fes pieds à une fontaine. Ce Payfage eft bien travaillé; un arbre tortueux, les rochers, les fleurs & les arbuftesy font peints avec un foin finguîier. ---- U ‘ --=—-^- 1 - N.° 341. Planche xxv? AMUSEMENT DES AMOURS, PAR L E MÉ M E. Peint fur toüe. Haut de 1. pied 5. pouces ; Large de 1. pied 2. pouces. Figures entières , d’environ 8* pouces de proportion. Un petit Amour fur le devant d’un Payfage joue avec un chien, qu’il agace; d’autres, dans le fond, jouent avec une chèvre, & touchent du tambourin ; plulieurs volent en l’air & répandent des fleurs. Égl. van der Meer étoitau fervice de Jean Guillaume & eft mort à Duflèldorff en 170?. quelque tems après ce Prince. MOBILES. 27 P ATS AGES & SUJETS DIVERS. N° .342. Planche xxvf UN ESTAMINET, PAR ADRIEN B R A U E R. • Peint fur bois. Haut de i. pied ?• pouces; Large de i. pied 7. pouces. Figures entières , d’environ un iixième de nature. u. Un gros artifan aflis auprès de la maîtreffe de l’Eftaminet, lui demande un verre, tandis que d’autres ivrognes autour de la cheminée, font occupés à boire & à fumer. N? 343. Planche xxv? UN REPOS EN ÉGYPTE, PAR JACQUES J 0 R D A E N S. Peint fur toile. Haut de 2. pieds 2. pouces ; Large de 1. pied 11. pouces. Figures entières, d’environ un fixième de nature. La Vierge eft aflife à terre tenant l’Enfant Jefus d’une main, & careflant un chien de l’autre, pour amufer l’Enfant, qui y prend plaifir ; S*. Jofeph eft occupé à arranger une crèche entre des arbres. Une lanterne pofee à terre entre S*. Jofeph & la Vierge, donne la feule lumière qui éclaire ce fujet: elle porte juftement fur l’Enfant & fur la Vierge: ce qui fait le principal effet du Tableau. D 2 28 ? TABLEAUX MOBILES. \ GIBIER, FLEURS, FRUITS, &c. I N° 344- & 345- PI anche xxv il DEUX TABLEAUX DE FRUITS, « P 4 R CATHERINE T R E ÏI, Feints fur toile. Hauts de i. pied ri. pouces; Larges de i. pied 7. pouces. Grandeur naturelle. Dans le premier on voit fur une tablette de marbre, un bocal de criflal, groupé avec un plat d’argent, autour defquels font pittbrefquement étalés des pommes, des poires & des raifins. Quelques infectes font pofés fur ces Fruits. Le fécond préfente une tablette de marbre où l’on voit un plat de porcelaine blanche, fur lequel pofent deux beaux ananas; un grand verre en manière de bocal pyramidal, avec un refte de vin rouge ; un autre verre, rempli aux deux tiers de vin blanc ; un vafe d’argent plein de cerifes & de figues ouvertes ; des citrons ; des grofeilles blanches & des coquilles, le tout arrangé & grouppé avec art. Les fonds font d’architecture grifâtre. Ces deux Morceaux font peints avec beaucoup de vérité & de fineffe de touche. Ils ont été faits en 1768 , & en 1769. tems auquel M le . Treüeft entrée au fervice de l’Électeur Palatin, où elle jouit de toute l’eltime & la conlîdération que fon talent mérite. On voit d’elle dans la Galerie de Mannheim deux autres pièces de même genre qui font plus confidérables. Elle fait journellement pour l’Angleterre & pour d’autres pays des Morceaux qui lui font, beaucoup d’honneur. GIBIER , FLEURS , FRUITS , &c. # ___________ N° 346 . & 347- PI anche xxvi! . DEUX TABLEAUX DE FRUITS ET DE FLEURS, PAR RA CHEZ R U T S C H. Peints fur toile. Hauts de 2. pieds 10. pouces; Larges de 2. pieds 2. pouces. Grandeur naturelle. Le premier, un des plus beaux de cette fàmeufe Artiffce, eft d’une compofition admirable, d’une touche fine & fpirituelle, & de la plus belle entente de clair-obfcur. Tous les Fruits qui meurilfent à peu près dans la même faifon: citrouille, melons, bled de Turquie, raifins, châtaignes, neffies,, pêches, prunes, glands & c. y font entaffés au pied d’un arbre d’une manière pittorefque, & rendus avec la plus grande vérité de nature. Quantité de mouches & d’infectes attaquent ces Fruits. On voit devant les Fruits un nid d’oifeau garni de fix œufs, dont un qui eft caffé, efl fucé par un lézard. Auprès du nid font quelques petits efcargots de jardins. Plus en avant à gauche, on voit quatre gros champignons des bois fortant de terre. Le fond ell d’architeéture ruftique & obfcure. Dans le fécond on voit un vafe pofé fur une tablette de marbre rempli de Fleurs de toute efpèce, pittorefquement arrangées en manière de gros bouquet. Le fond eft brun, Çes deux charmants Tableaux offrent toutes les perfections de ce genre de peinture. L’un a été peint en 1708, l’autre en 1709. p TABLEAUX GIBIER, FLEURS, FRUITS, &c. îsrr 348: pi anche xxvi* UN VASE DE FLEURS, PAR HERMANN VAN DER MTN. ‘ î Peint fur toile. Haut de 2. pieds $. pouces; Large de 1. pied 11. pouces. Grandeur naturelle. Un grand Vafe de porcelaine bleue pofé fur un piédeftal de marbre gris, eft rempli d’un gros bouquet de Fleurs bien afforties & du plus beau fini. Quelques papillons voltigent autour des Fleurs. Le fond eft brun. •g .^ = - — — —- - - ■ — '■ I—- »£>■ N.° 349- 6c 35°- Planche xxvi? PAYSAGES ET ANIMAUX, PAR ROLAND S A V p R I. Peints fur bois en j6zj. Hauts de 1, pied 7. pouces ; Larges de 3. pieds 2. pouces. Petites ligures entières. Le premier eft compofé prefque de tous les quadrupèdes & les oifeaux connus, placés félon l’inftinct de chaque elpèce. C’eft un Tableau curieux, mais peu agréable. Le fécond eft moins chargé d’Animaux, le Payfageen eft plus agréable ; on y voit à un coin un beau vallon à perte de vue, oùferpente une rivière qui arrofe des villes & des villages ; à l’autre coin eft un hermitage. On lit fur ces deux Tableaux : Roelant Savery Fec. 1623. 29 MOBILES. GIBIER, FLEURS, FRUITS, &c. ,;N° 351: '& '352. Planche xxvi! FRUITS, FLEURS ET CURIOSITÉS, PAR HERMANN VAN DER MTN. Peints fur toile. H*uts de 2. pieds 10. pouces ; Larges de 2. pieds 2. pouces. Figures entières, de grandeur naturelle. Dans le premier, un enfant affis fur une elpèce de banc recouvert d’une draperie de velours, foutient des Fleurs fur fes genoux, & porte de la main gauche un perroquet attaché à une chaîne d’or. Un chien pofe fes pattes fur le banc Sc aboie contre le perroquet, On voit à terre, entalfés l’un fur l’autre des inftruments & des livres de mufique, des coquilles, une montre ouverte dont on voit les rouages ; & dans le fond du Tableau à droite, une grande draperie ouvragée. La gauche offre un Payfage. Ce Tableau eft du plus beau fini, la grande coquille, la montre & les fleurs font d’une grande vérité, mais feulant n’eft pas' d’un égal mérite. Le fécond préfente fur le devant un tapis de Turquie couvert de toutes fortes de Fruits, fur lequel un petit écureuil cherche à attraper un grain de raifin. Derrière ces Fruits eft un piédeftal, fur lequel pofe un vafe orné de bas-reliefs, dont 011 ne voit que la partie inférieure ; une guirlande de Fleurs naturelles, entoure ce vafe, & retombe gracieufement deflus, en avant du piédeftal. Deux petits eflfans à côté, fe jouent, l’un avec des fleurs, l’autre avec des Fruits. Le fond du Tableau eft Payfage, D 3 30 TABLEAUX MOBILES. GIBIER, FLEURS, FRUITS, &c. LES QUATRE ÉLÉMENTS, P A R J. R U D 0 L P H E £ T S. Peints fur bois. Hauts de 2 , pieds 6 . pouces; Larges de pieds 8. pouces. Petites figures entières. Ils font reprêfentés dans quatre Tableaux ou Payfages biftoriés , enrichis d'animaux & de productions analogues y f a chaque Elément. N,° 353. Planche xxviî LA TERRÉ. Un riche Payfage, dans lequel le Peintre a placé, de la manière la plus naturelle, les productions de la terre & les quadrupèdes de toute efpèce qui s’en npurriflent, défigne ici cet Élément. Ce Payfage eft enrichi, d’un côté par un magnifique portique d’architeCture de forme mi-circulaire; en avant du portique eft placée la ftatue de Cibèle, élevée fur un piédeftal. Des petits Génies voltigeant autour de l’édifice, y attachent des guirlandes de fleurs, tandis que d’autres en foutiennent une autre, en forme de grande couronne, fur la tête de Cibèle : un Prêtre de la Déeiïe & plu- fieurs afliftans font actuellement un facrifice en fon honneur. Flore, Pomone, Bacchus & Cérès, fuivis d’animaux de charge, apportent & étalent en offrande les productions GIBIER , FLEURS, FRUITS, &c. des quatre Saifons ; tandis que Diane, fes Nymphes & des chafîeurs, offrent de leur côté du gibier de toutes les efpèces. Tous les animaux quadrupèdes connus font raflemblés dans ce Payfage; les uns groupés, les autres feuls & épars, plufieurs font en aétion, tandis que d’autres repofent; mais tous font caractérifés fuivant leur naturel & leur inftinét; il eft à remarquer qu’ils fe trouvent tous ici par couple, un mâle & une femelle. Le Payfage, qui eft ouvert à perte de vue du côté droit, préfente d’ailleurs des campagnes des plus riches & des plus variées, & dans le lointain plufieurs villes, bourgades & fabriques d’architecture. 4 1 ■■■. / TABLEAUX GIBIER , FLEURS > FRUITS , N.° 354. Planche xxvi? L’EAU. Pour figurer cet Élément, le Peintre a compofé un Payfage avec une vue de mer & un port, où il a raffemblé lur le rivage, en avant, une quantité innombrable de poifions, de coquillages & de productions de mer. Il a fait intervénir Neptune,qui femble ici commander aux Tritons,aux Néréides & aux Génies des Eaux, de mettre aux pieds de Thétis toutes ces richefles de fon empire. Cette Déeffe affife au pied d’un rocher, fous une efpècede tente que des Génies attachent à des branches d’arbres, eft accompagnée de trois Nymphes. Elle examine les préfens du Dieu de la mer. Les Naïades & les Dieux des rivières font auffi occupés à porter les productions d’eau douce. Deux petits Génies qui ont formé une guirlande de coquillages font occupés à l’attacher aux branches d’un arbre. On voit en mer le char de Neptune attelé de quatre chevaux marins que l’Amour conduit vers la pleine mer, & quantité de petits Génies & de Tritons qui fe jouent fur les Eaux, & fur le dos des Dauphins. Ce Payfage du côté de la terre ne préfente que des montagnes efcarpées de toutes parts: du haut d’une de ces montagnes, à droite, on voit tomber en cafcade une rivière qui va fe jetter dans la mer. t MOBILES. 31 GIBIER, FLEURS, FR UI TS, &c. NT 3 $ 5 . Planche xxvi! L'AIR. Peint en 1708. Ii eft figuré par tous les oifeaux qui refpirent & volent dans les Airs. Chaque efpèce eft placée fuivant fon naturel & fon inftinCt : les uns planent dans les Airs ; les autres font perchés fur des arbres, fur des rochers ; d’autres marchent à terre ; d’autres enfin nagent dans les eaux. Pour perfonnifier plus particulièrement l’Air, le Peintre a fait intervenir Junon, comme Déeffe de cet Elément. Elle eft affife fur fon char pofé fur des nues, & traîné par des paons. Devant elle eft Iris qui s’élève fur des vapeurs, & commence à former l’ard-en-ciel. Junon commande à Éôle qui eft à quelque diftance, à la porte de fon antre, de faire fortir les Zéphirs. Celui-ci obéit, & entr’ouvre la porte de l’antre; les Zéphirs paroiffent en fortir, & fe répandre fur la terre. Le Payfage eft affez bien ordonné. On voit dans le lointain une vills maritime & fon port «< I * G IB 1ER, F LE U RS, FR £77 T S, &c. N? 3 s 6 . PI anche xxvi? LE F E ü. Ici le Peintre n’a pu employer aucun animal qui ait vie pour figurer cet Élément ; il a pris des fujets dont le feu eft la caufe & le principal agent. Le lieu de la fcène repréfente, dû côté gauche, les antres & les forges de Vulcain , apperçus un peu dans l’éloignement: on y fond les métaux, on y forge des armes & des inftruments de guerre ; en avant de ces antres, font placés des fourneaux, des alambics, des cornues, descreü- fets dé Chimie & d’Alchimie, que le Feu met partout en action. Cùpidon & les Amours vus dans l’éloignement font occupés à forger des flèches. Dans le coin à droite, on remarque Vénus & Mars couchés fur une roche, & furpris dans le moment par Vulcain qui s’approche pour les couvrir d’un filet ; deux Amours inquiets fur l’évènement accourent à toutes jambes, apportant une draperie pour en couvrir la Déelfe & le Dieu, & les cacher, s'il en eft tems encore. D’autres Amours, & les Nymphes de la fuite de Vénus j fans favoir ce qui fe paflè, font occupés à préparer un repas qui fans doute n’aura pas lieu. Ces quatre Tableaux qui contiennent un détail infini, font beaucoup de fracas, fans caufer beaucoup de plaifir, parce que l’œil n’y trouve point de repos, ni d’unité d’adtion. On lit au bas de chacun de ces Tableaux I. R. Bvs. Fec. A°. 1708. GIBIER , FLEURS, FRUITS, &c. t N.°. 3j7* Planche xxvif TABLEAU DE FRUITS, DE GIBIERS ET DE LÉGUMES, PAR FRANÇOIS S N T D E R S. Peint fur toile. Haut de 2. pieds $ pouces; Large de j. pieds 7. pouces. Grandeur naturelle. 1 . eft une efpèce de garde-manger, où l’on voit une hure de fanglier fur une table, une écrévifle de mer fur un plat, des afperges dans un pot de terre , des artichaux, un mar- caffiri fufpendu; des oifeaux & un panier de Fruits. Un chat brun rode fur cette table, pour dérober quelque ehofe. Le fond eft un mur gris. Ce Tableau préfente très-bien la nature. • g -à - -, ~ . =L± —u » N.° 318. Planche xxvif TABLEAU DE FLEURS, PAR JEAN BREUGHEL , dit de VELOURS. Peint fur bois. Haut de j. pieds 10. pouces ; Large de 2. pieds 11. pouces. Grandeur naturelle. Un Tonnelet pofé fur le plancher d’une chambre, contient un grand bouquet compofé de toutes fortes de Fleurs rendues avec une vérité & un elprit admirables, mais arrangées avec trop d’ordre & de fymétrie. Ce Tableau agréable, eft une véritable école pour les formes, les couleurs & les nuances de la nature dans les Fleurs. F 1 N. TABLE ALPHABÉTIQUE DES PEINTRES JV O JWf 3£ JÈ & JO AL W S t JÊ.: djLÆjLïiÙ&W&i c AVEC LEURS NOMS ET SURNOMS NATIONAUX ET FRANÇOIS, LEUR PATS ET LES DATES DE LEUR NAISSANCE ET DE LEUR MORT. tJfë 3 5 4E TABLE ALPHABETIQUE DES PEINTRES NOMMÉS DANS CE CATALOGUE, Avec leurs Noms & Surnoms nationaux & franco}s , leur Pays > & les Dates de leur Naiffance & de leur Mort, A. •Acken , (Hans van) Jean van Achen , né à Cologne en Iff 5 . voyez N°. 72. Albani, (Francefco) François Albani, ou communément FAlbane , né à Bologne en mort en 1660. v. N°. if8. Albert Durer, v. Durer. Aldegrevers , ( Albert) ou Aldegraef, \ ou Aldegraf, né à Soëft en Weftphalie en if02. v. N\ 293. 294. Allegri. v. Correggio. Amorosi, (Antonio) Antoine Anwroji , vivoit à Rome en Ï730. v, N°, 211. Andrea del Sarto, v. Sarto. Asselyn, (Jean) dit Crabettie, né à Anvers én 1610, mort en i66o. v, N°. 8* AwiNGEN. v. Wingheu , B. Bambini ou Rambino , (Caval. Nicolo) le Chevalier Nicolas Bambini , Peintre Vénitien , né en 1662, mort en 1736. voyez N°. 309. Barbiéri, v. Guercino. Barocci ou Barozzio, (Federico) Frédéric Baroche , ou communément le Baroche , né à Urbino en If 28 j mort en 1612. v. N°. 104. Bassano, (Giacomo da Ponte ) Jacques Dupont, ou communément leBaJfan , du lieu de Fa nailfànce, né à Baflàno dans les États de Venife en ifiq, Vort en IÇ92, v. N*. 125 . * Belucci, (Antonio) Antoine Belucci , né à Venilè em 5 f 4 , mort en 1725. v. la Préface, & N°. 40. 41. ioj. Benedetto Luti. v , Luti. Ben'zi. v. Soldant. E 2 f 3 6 TABLE DES PEINTRES. Berettini , ( Pietro ) da Çortona, Pierre Berettin de Cortone , communément Pierre de Cortone , né à Cortone en Toîcanë en if96, mort en 1 669. voyez N\ .128* ■> ÈërreTtoni, (Nicolo) Nicolas Berrettoni , né à Macéra dans les États de PÉglife en 1637, mort en 1682. v. N°. 143- Berghem, (Nicolas) né à Harlem en 1624, mort en 1683* v. N°. 89. 90. Bloemaert, ouBlomart, (Abraham) né à Gorcmn en if7 6 ou if09, mort en 1647; v. N°. 21. Bordone, (Paris) ou Bordon , ou communément le Bordon , né àTrevife en 146Ç , mort en 1^40. v . N°. 324. Both , ( André) né à Utrecht. v. N°. 9. 64* Both , (Jan) Jean Both , ou le Both mort en 1719. v. N". 108* Hf. Jfo. 298* Ciro Ferri, v. Ferri, Corregio, (Antonio Allegri da) Antoine Allegri de Corrige, ou communément le Corrige , né à Corrège dans le Modenois en 1492, mort en if34. v. N 8 . 174. CoRTONA. v. Berettini. Cossiau, (J. J, D.) né proche de Breda en 1664, mort vers 1732. v. N”. 210. Courtois, (Jacques)dit le Bourguignon, les Italiens l’appellent Giacomo Cortefe, dit il Borgognone, né à S te . Hyp- polite en Bourgogne en 1621, mort en 1 676. v. l^ 8 .138.13 9 * . Coxis ou Coxie, ( Michel ) Michael Coxis , né à Malines en 1497, mort en if92. v. N 8 . 312. PEINTR ES. 37 * Crabettie. v. AJJelyn. Crayêr, (Jalper 'de) ou Gafyard de Crayer, né à Anvers en if 82, mort en 1669. v. N 8 , 12, Crespi , (Giufeppe Maria) dit il Spagnmlo, ou JofephMarie CreJ])i furnommé PEf^agnol , né à Bologne en 1665 , mort en 1747. v. N°. 107. D. De Hemessen. v. Hemfen . De Vos. v. Vos. Differents Peintres Flamands, v. N*. 7. Dolci ou Dolce, (Carlo ou Carlino ) Charles Dolci, né à Florence en 1616 , mort en 1686. v. N 8 . 127. if9. 160. 1 66. Domenichino ou Dominiquain. v. Zampieri. Dow ou Dou, ("Gerhard) Gérard Dow, né à Leiden en 1613, mort en 1680. v. N 8 . 63F - Douffet ou Duffeit , (Gérard) Liégeois; ilvivoiten 1630. v. N 8 . 39. 6f. 197. 199. Douven, (Chev. Jean François van J né àRuremonde en 1 6f6, mort en 1727, v. la Préface & les N 8 .1.34-191* 198. Dughet, (Galpard) dit le Guajfrre, &en Italien, il Gafraro PouJJino , parce qu’il étoit Beau-frère &difciple de Nicolas Poujjin , né à Rome en 1613 , mort en 1 67 f. v. N°. 142. 331. Dupont, v. Bajjarn. F 38 TABLE DES Durer, (Albert) né à Nuremberg en 1470, mort en if2& voyez N°. 88- Dyck, (Antoine van ) né à Anvers en ïf99» mort en 1641* t>. N 8 . 22. 23. 24. 2f. 2 6. 27. 28. 29. 43 - 57* f8* f9* 60. 61. 68- 69. 70. 82. 83- 84- 8f. 299- E. Eckhout, ( Gerbrand van den) vanEckhout , né à Amfter- dam en 1621, mort en 1674. v. N°. 3if. Egmond, (Julius van) Jtijle van Egmond , né à Leiden eri 1602, mort en 1674. **>• N°. 30. 292. F. Farinati, (Paolo) Paul Farinati , né à Vérone en 1 f 22, mort en \6o6. v . N 8 . 320. Ferri, (Ciro) Cire Ferri, né à Rome en 1634, mort en 1689- v. N 8 . 194* Feti, ("Domenico) Dominique Feti, ou communément le Feti , né à Rome en if89, mort en 1624. N 8 .202.203. Fischer, (Jean ) Allemand, né à Neüs à une lieue de Duffeldorff, Peintre d’architecture & de perfpedive, travailloit au fervice de PEledeur Jean Guillaume en 1710, mort en 1726. v. la Préface. Flamands, v. Différents Peintres Flamands. Flemael, (Bartliolet) né à Liege en 1614, mort en 167f* v. N°. 71. PEINTRES. Franck, ( François ) dit le Vieux , né à Herrenthals en • K40, mort en Ï606. voyez N°. 85. Franck, ("François ) dit le Jeune , né à Anvers en if8o, mort en 1642. v. N 8 . 11, 327. Franck, (Sebaftien ) ou Vranx , né environ Pan i?73, v. NV 338. Francisque, fie J v. Millet. Fkutti. v. Gobbo. 4 Fyt, (Jean) né à Anvers vers Pan if8o. v. N°. if. 15. 17. 18. G. Gabbiani , ( Antonio Domenico ) Antoine Dominique Gabbiani , né à Florence vers l’an 16S2 , mort en 1725. v. NV i3f. Gaspard Poussin, v. Dughet & Pouffîn. Gérard Dou. v. Dow. % Giordano, fLuca ) Lucas Jordane, né à Naples en 1632, mort en 170p. v. N 8 . 2. 3* f2. 101. 109. 110. 117. 118. 145. 147. 148. 149- If2. I>"3* If5. if7. 305. Gobbo, fPietro Paolo ) Pierre Paul Gobbo , dit dai Frutti , nommé auffi Gobbo Carracci , né à Cortone vers Pan if7o, mort en 1530. v. N 8 . 303. Guaspre. (le)*?. Dughet. GuerciNo , ( Giov. Francefco Barbiéri ) dit Guercino da Cento , Jean François Barbiéri dit Guerchin de Ctnto , ou communément le Guerchin , né à Cento proche Bologne en if90, mort en 1666 . v. N°. 129. % TABLE DES Giulio Romano, Jtiles Romain ; fon vrai nom eft Giulio Pipi j né à Rome en 149s, mort en if45. voyez N°. 177. Guido Reni. v. Reni. H. Hans van Aken. v. Aken. IIemsen , ( Jan van ) Jean de HemeJJen , né à Anvers, travailloit en if 44 « v. N°. 313. Hemskeric ; (Martin ) fon vrai nom eft Martin van Ween , né dans le village de Hemskerk en Hollande en 1498 > mort en if74. v. N°. 81. Hqnt-Horst, C Gerhard) Gérard Hont - Horfl, néàUtrecht en 15-92, mort en 1662. v. N% 36. Hulsmann , ou Hoezmann , ( Hans ) Jean Hohmaun , Peintre de Cologne, mort en 1639. v, N°. 334- J. Jordaens ou Jordan, (Jacques) né à Anvers en 15-94, mort en 1675. v. N°. 7. 20. 208- 343- JoRDANE. v. Giordano. Jules Romain, v. Giulio Romand. r -- 1 - : - K. Karsch, (G. Jofeph ) le Père; on le croit Allemand. Ilétoit t aufervice de l’Électeur Palatin en 1715. v. la Préface, & t PEINTRES. 39 l’explication des Peintures de l’efcalier & du plafond, 4 ” immédiatement après la Préface. Kupétzky, CJean ) né en Hongrie en 1667 , mort en 1737. voyez N*. 289 * L. Lairesse, ( Gérard ) né à Liège en 1640, mort en 1711. * N. 37* 38» 73* L’Albane. v. Albani. Lanfranco, (Caval. Giovanni) le Chevalier Jean Lanfranc , né à Parme en 1581, mort en 1547. v. N°. 171. LAzarini, (Gregorio) Grégoire Lazarini , né à Vende en 16ff, mort en 1735. v. N°* 316- Le Barroche. v. Barrocci. Le Bassan. v. Bajjano. Le Benedetto. v. Cajliglione. Le Bordon. v. Bordone. Le Bourguignon, v. Courtois< Le Calabrese. v. Preti. Le Capucin, v. Strozza. Le Carrache. v> Caracci Le Carra va ge. v. Carravaggio, Le Castiglione. v. Cajliglione . Le CoRREGE. v. Corregio. Le Dominiquin. v. Zampieru L’Espagnol, v. CreJJi. L’Espagnolet. v. Ribera . Le Feti. v. Fétu F 2 40 TABLE DES PEINTRES. Le Francisque, voyez Millet . Le Guaspre. v. Dughet. Le Guerchin. v. Guercim , ' Le Guide, v. Reni. ' ' Leonardo da Vinci, v. Vinci. Le Par aiesA^ f. v . Mazzuola . Le Poussin, v. PouJJin. Le Tintoret. v, RobufiU Le Titien, v. VeceUi. Le Trevisan. v. Trevifani. Le Valentin, v. Valentin. I Licinio ,~ (Giovanni Antonio J Regillo da Pordenone , Jean Antoine Licinio Regillo Pordenon , ou communément le Pordenon , né à Pordenon dans le Frioul en 1484, mort en if40. v. N°. 311. Livens, (Jean) né à Leiden en 1507. v. N 9 . 296. 297. Loth, (Giov. Carlo) Cari Loth , né à Munich en 1611, mort en 1598. v. N 8 . 111. ifi. 307. Lucas Jordan, v. Giordano. Luti, (Benedetto) Benoit Luti f né à Florence en 1 666, mort en 1724* N 8 . 134. M, MarattI) (Carlo) Charles Maratte , né dans la Marche d’Ancone en i62f, mort en 1713. v. N°. 99. lof. Matthei, (Paolo de ) Paul de Matthei , né à Cilento en 1663, mort en 1728. v. N% 17& Mazzuola, (Francefco) dit il Parmegianïno , ou communément le Parmefan, né à Parme en ifc>4, mort en if4o. voyez N*. 120. Metzu, (Gabriel) né 4 Leiden en i6if , mort en i6f8» v. N°. 317* Michel-Ange. v. Buonarotti . , Milanese , (Antonio) Peintre d’archite&ure & de per- fpeélive, né à Milan, vivoit en 1710. v. la Préface. Millet ou Mile, ( Jean François) dit le Francifqne , né à Anvers en'1643, mort en 1680. v. N*. 6 . Merigi. v. Carravaggio. Molà , (Pietro Francefco) Pierre François Mola , né à Coldré près de Corne dans le Milanojs en 1621, mort en 1 666. v. N 8 . 141. 291. Molyn. v. Millier . Monpré, (Jodoc de) ou Jodocus Monper , né à Anvers en if80. v. N°. 330. Mulier ou de Mulieribus, (Pierre ) furnommé le Chevalier Tempejla; fon vrai nom eft Pierre Molyn , né à Harlem en 1637» mort en Ï7 01 * N 8 . 3 3 f- 336. Myn, (Hermann van der) né à Amfterdam en 16S4, mort en 1741. v. N 8 . 348- 3fi. 3f2. N. Neer, ( Eglon van der) né à Amfterdam en 1 64 3, mort en 1703. v. la Préface &N 8 . 340* 341». Nikelen ou Nickelen, (Jan van) Jean de Nikdm , de Harlem, fioriflbiten I7if. v. la Préface & les N 8 . 33s. 333. 0 . 4i TABLE DES PEINTRES. P. P A LM A, ( Giacomo ) dit il Vecchio, Jacques Palme dit le Vieux*, né à Serinalto en IÇ40, mort en if88. voyez N°. 32. Palma , ( Giacomo ) dit il Gibvane , Jacques Palme dit le Jeune , né à Venife en IÇ44 , mort en 1628. v. N°. 164. PAOLO VERONESE, Paul Veroneffe. v. Cagliari. PARMEGIANINO, ("il) ou le Parmefan. v. Mazzuola. Pellegrini, (Antonio) Antoine Pellegrini, néàPadoue en 1674, mort en 1741. v. la Préface. Pesaro. (Simon Cantarini da) v. Çantarini. Piemontini. Cet Artifte étoit au Service du grand Duc de Tofcane, & vivoit en même tems que Soldani. v. N°. 183* PlETRO DA CoRTONA, Pierre de Cortone. v. Berettini. PoLIDORO CaldarA DA CARRAVAGG 10 , Polidore de Carra- • vage, ou communément le Polidore , né à Carravagg : o dans le Milanois en I49f, mort en if43. v. N°. 184. I8f."i8 6. 187- 188. 189* 1 9 °- Peintres Flamands, v. Différents Peintres. PlPI. v. Giulio Romano. PüRDENONE. (il) V. Licitlio. Poussin, (Nicolas) en Italien, Nicolo Poujffno , né à 'Andely en Normandie en if94, mort paralytique à Rome en 166ï' v. N. 96. 97* 162. 310» Poussin , ( Gafpard ) v. Dughet. PRETE Genoese , Prêtre Génois, v. Strozza. Preti, (Mattia) dit il Cavalière Calabrefe , Matthias Preti , dit le Chevalier Calabrais , né à Taverna dans la Calabre en 1613 , mort en 1699* v. N°. 78. Procaccini, (Camille) Camillo Procaccini, né à Bologne en IÇ4 5 , mort en 1626. wj^N 0 . 140. Procaccini, (Giulio Cqfa je) Jules- Cefar Procaccini, né à Bologne en If48, mort en 1626. v. N°. 119. R. Raphaële Sanzio d’Urbino, Raphaël Sanzio tfUrbin, ou communément Raphaël , le Prince des Peintres, né à Urbin en 1483, mort en 1^20. v. N°. 122. i6f. Rachel Reusch. v. Ruyfch. Rembrand van Ryn, (Paul) né en Hollande dans un moulin fur le Rhin & fur la route de Leiden en 1606, mort en 1674. v. N°. 212. 213- 214. 2if. 215. 217. 218. 219. 29 f- Reni, (Guido) le Guide , né à Bologne en If7f, mort en 1642. v. N°. 98. 178. 201. 30f. Ribera, (Giufeppe) dit il Spagnoletto, Jofeph Ribera dit VEffagnolet , né à Xativa en Efpagne en 1 f 89 , mort à Naples en 1 6 ç 6 . v: N°. f 4 . 19f* Ricci, ( Sebaftiano) Sebajlien Ricci , né à Belluno dans les États de Venife en 16*9, mort en 1734. v. N°. ff. Robusti, (Giacomo ) dit il Tintoretto , Jacques Robujli dit le Tintoret , né à Venife en ifi2, mort en 1^94. v.'NV 112. 132 * 3 CH* Roland Savery. v. Savoy. Romano. v. Giulio. G % 42 TABLE DES PEINTRES. Romeyn ou Rome y, (Wilhelm) Guillaume Romeyn , Hol- landois, on ignore les dates de fa naiffance & de fa mort voyez N*. 49. Roos, (Jean Henry) dit le Vieux , né à Otterdorff dans le bas Palatinat en 1631, mort en i 58 f* v. 3 NT. 46. Rosa, ( Salvator) Salvator Rofe, né dans le village de Venetta proche de Naples en i6if, mort en 1673. v. N 8 . 106. . Rubens, (Pierre Paul) né à Cologne en 1^77, mort en 1640. v. N 8 .19. & depuis 245. jufques 288. inclufivement. Huysch , (Rachel ) & non pas Reufch, née à Afnfterdam en 1664, morte en i6fo. v, la Préface & N 8 . 346. 347. Ryn. (van) v. Rembrand. S. Salvator Rosa. v. Rofa. Sanzio. v. Raphaël. SarTo, (Andrea del) André del Sarte , fon vrai nom eft Andréa Vannucçi , né à Florence en 1488) mort delapefte en IÏ30. v. N 8 . 121. i2f. Savery, (Roland) né à Courtrai en 1 $76, mort en 1639. v. N 8 . 349* 3fo. Scarcellino da Ferrara, (Hyppolite) né à Ferrare, mort en 1620. v. N 8 . 523. Schalken ou Scalken, (Geoffroi) né à Dordrecht, en 1643, mort à la Haye en 1705. v . la Préface & les N 8 . 62. 300. 314. 322. Schiavone, (Andrea) né à Sebenico dans la Dalmatie Vénitienne en 1522, mort en if82. wyra.N 8 . 79. 318. Schoonjans, (Antoine) né à Anvers en i< 5 ff, mort en 1726. v. N 8 . 4. f. 31. 7f* 87* 300. 290. Simon de Vos. v. Vos. Snyders (François) qu’on écrit auiïi Snyers, Sneyers , Sney- ders & Schnyers , né à Anvers en 1579, mort en 1^7, v. N 8 , 13. 19 - 80. 357 * Snyders, (Pierre) v. N 8 . 271. Soldani , ('Mafïimiliano) Maximilien Soldant dit Benzi , Sculpteur & Cifeleur, né â Florence en i6f8, mort en 1740. v. N 8 - 179. i§o. 181. 182. Sole , ( Giov. Giufeppe del) Jean Jofeph del Sole , né à Bologne en 1674, mort en 1719. v. N 8 . 137* Solimena, f Francefco) François Solimène, nèàNoceradei Pagani en 1657, mort en 1747. v. N 8 . 159 * Spagnoletto. v. Ribera. SPAGNUOLO. v. Crejjn. Spranger, (Barthelemi) né à Anvers au commencement duXVI. Siècle, mort;en if84» v. N°. 321. Steen, {Jean) Jean Steey> né à Leiden en 1636, mort en 1589 * v. N 8 . 337 * Strozza, (Bernardo) dit ilPrete Genoefe , ou il Capucino, Bernard Strozza , dit le Prêtre Génois ou le Capucin , rie à Gênes en if8i > mort en 1644. v. N°. 192. Strudel, (le Baron Pierre) Élève de Carl Loth , né à Kloës en Tyrol en 1660 , mort en 1717* v. N 8 » 42. * 66. 67. 170. TABLE DES 1 1 y ' 1 ' "7; TT-'VI- - *" r ' -—-—- ■■■ — ■ ' T, TEMPESTA. voyez Mtdier. Teniers, (David) le Jeune > né à Anvers en 1610, mort en 1(594. v - N“. 47. Testa, ( Pietro di ) Pierre Tejie. Élève de Pierre de Cornue , né àLuca en 1611 , mort en 1648. v. N 9 . 130. 131. Thulden , (Théodore van) né à Bois-le-Duc en 1607, vivoit encore en 1662. v. N*. 33. Tintoretto, Tintoret v. Robnjli. TlZlANO, Titien, v. Veceîli. Trevisani , ( Francefco) François Trevifani , communément le Trevifan , né à Trevifes en i 6 f< 5 , mort en 174 6 . v. N". 136. Treü, (Catherine ) Artifte vivante au fervice de l’Éleéteur Palatin, né à Bamberg en 1745, v. N\ 344. 34 f. y, Valentin, ( Moyfe) hé à Colomiers en Brie l’an 1600, mort aux environs de Rome en 1632. v. N°. 37. Van Acken. v. Acken. Van der Helst, (Barthelemi ) né à Harlem en 1613 , mort en ... v. N 9 , fo. Van der Myn. v. Myn. Van der Neer. v. Neer. Van der Werff. v. Werff. Van Douven. v. Donven. " Van Dyk. v. Dvk. 43 PEINTRES, Van Eckhout. voyez Eckhout. Van F.gmond. v. Egmond. Van Leyden. v. Leyden. Van Nikelen. v. Nikelen. Van Thulden. v. Thulden. Van Winghen. v. Winghen. Vanndcchi. v. Sam, Vecelli, (Tiziano ) da Çadore , Titien Vecelli , ou communément le Titien , né à Cadore dans le Frioul en 1477, mort en 1576. v. N°. f 3 - 93 * 207. 308. 328. Velasquez , (Diego ) né à Séville en if94 > mort en 1 660. v. N*. 92. 1 96, Velours, ("de ) v. Breughel. VERONESE. v. Çarlo 0 f Paolo Çagliari. Vinci, (Leonardo da) Leonard de Vinci , né à Vinci proche Florence en 144**, mort en 1520. v, N°. 167. Vinck-Boons, (David) né à Malines en 1578, il vivoit encore en 1611. v. N\ 74. Vos, (Simon de) né à Anvers en 1603, mort en , . „ .' v. N°. 14. Vouet, (Simon) né à Paris en ifBs j mor t en 1641. v. N°. Ç 6 . Vranx. v. Franck. Urbino ou ÜRB INI. v. Raphaël. G 0 44 TABLE DES PEINTRES. w. WeeN. voyez HeMSKERCK. Wéenix, (Jean Baptifte) le Père, né à Amfterdam en j 62 i, mort en 1660. v. NV 339. Wéenix, (Jean) par erreur Weeninx , Fils du précédent, ne à Amfterdam en 1644, mort en 1719. v . la Préface & N°. 44- 4 f- Werff, ( Chev. Adrien van der) né dans un village près de Rotterdam en i6f9, mort en 1720. v . la Préface & les N\ depuis 220. à 242. inclufivement & enfuite 32f. 8c 326. Winghen, (Joas van) Jodocus de Winghe , né à Bruxelles en if44, mort en 1605. v . N°. 209. Wouvermanns , (Philippe ) né à Harlem en 1620, mort en 1670. v . N°. 48. Z. Zampieri, ( Domenico) dit ilDominichim , communément le Dominiqmin , né à Bologne en if8i, mort en 164.T. v . N°. 113 » Zanetti, (Domenico ) Dominique Zcmetti, né à Bologne, travailloit au commencement du XVIIL Siècle, v. la Préface & les N*, f 1. 7 6. 100. 123. FAUTES À CORRIGER. PREMIÈRE SALLE. Page 2 6. N°. 38* ligne 3. au lieu de Civée, lifez Circé. SECONDE SALLE. Page 6. N*. 60. titre effacez Par le meme. Page 14. N°. 72. titre au lieu de Na ns van Acken, lifez Hans van Acken. Page 1 f. N°. 74. lig. 2. au lieu de elle eft prette, lifez elle eft prête. Page 20. N°. 82. lig. 6. au lieu de pourpre - foucé, lifez pourpre-foncé* TROISIÈME SALLE. Page 4. N°. iof. lig. 10. au lieu de étendue, lifez étendu. Page 10. N°. 112. titre au lieu de Tintorello , lifez Tinto- retto. Page 22. N°. 129. titre au lieu de Guera.no, lifez Guercino. «1 Imprimé h B ASIE, chez Jean Schwei g hauser, avec des caractères de la Fonderie du S r . Guillaume Haas. ! •/** ï » û> O O. CD iflpMMl MppMNiW