TROISIEME SALLE.
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PREMIERE FAÇADE .
N.° ioo. Planche ix!
JESUS EN CROIX,
PAR DOMINIQUE Z A N E T T I.DOMENICO Z A NET TI.
Peint fur tcile.
Haut de io. pieds 4. pouces ; Large de 6. pieds 6. pouces.
Figures entières, de grandeur naturelle.
Le Chrift eft expiré, les fymptomes de la mort fontexprimés par la pofition de fon corps, abandonné à fonpropre poids & penché en avant. La S te . Vierge, S*. Jean& les S tes . Femmes, font au pied de la croix, regardant leSauveur , dans des attitudes différentes, & tous avecl’expreffion de la plus vive douleur. Des Anges en l’air,autour de la croix, font pénétrés du même fentiment.Jofeph d’Arimathée, qu’on ne voit ici qu’en partie, fe trouvefur un plan plus éloigné; on apperçoit confufément dansle lointain, la ville de Jérufalem. La Vierge eft aflife enavant fur une roche, fur laquelle elle appuie les mains jointes,& tourne douloureufement la tête du côté du Chrift: fonhabillement eft une robe couleur incarnat, affujettie parune ceinture , & fur laquelle eft jettée une bande de
draperie bleue, qui couvre en même tems fa tête, enmanière de voile. S'. Jean eft debout près de la croix,
PREMIERE FAÇADE .
vu de côté : il eft vêtu d’une tunique verte & d’une grandedraperie rouge par deffus : il tend les bras vers le Sauveur,auquel il femble adrefier fes cris & fes gémiffements. Cettefigure eft la plus faillante, & même la plus exprefïive duTableau; Marie Madeleine eft à genoux, au pied de lacroix, les mains croifées fur fa poitrine, la vue fixée fur leChrift ; elle a une robe blanche, avec une draperie jaunâtrepar deffus; l’autre Marie vêtue d’une robe violette, avecune draperie de même couleur fur les épaules, eft deboutplus en arrière; elle embralfe la croix d’une main, & élèvel’autre vers le Chrift, où fe portent auffi fes yeux baignésde larmes.
Ce Tableau, touché d’une manière vague, & cependanthardie, eft en général frappant pour l’expreffion & pourl’effet ; la compofition en eft heureufe, & le deffin fort
correct. Le Corps du 'Chrift, fi difficile à traiter dans
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cette pofition, a fourni à l’Artifte l’occafion de déployerfon habileté dans la perfpeétive du raccourci. Les figuresfont éclairées d’une lumière douce, qui, perçant les nuagesqui couvrent la fcène , occafionne de beaux accidents delumière.
On a parlé d’avance de ce Tableau , en décrivant celuidu N°. y 1. repréfentant le Père Eternel, du même peintre.
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