yè IntroAuBion à PHifloire
des fortifications dans fes ports de mer , & ilentretint toujours d’alTez nombreufes troupesfur pied , ce qui le rendit même affez redou-table à fes voifins , mais il épuifa prefquetous ces grands biens, par les dons extraordi-naires qu’il fit à fes Minières & à fes Favoris,enforte qu’il n'emploia gueres que ioo. rutilelivres dé rente à établir fix nouveaux Evef-chez, au lieu qu’il avoir d’abord refolu d'enériger dix-huit. Il avoit mefme fait faire leprojet d’un Séminaire de fcavants , où l’onauroit trouvé des Miniftres habiles , de bonsAmbafladeurs , des Jurifconfultes profonds, degrands Orateurs & de fideles Hiftoriens : maisce defléin n’eut aucun fuccez , & la NoblefTeprofita prefque feule de tout le riche débris desMoines , le Roy leur ayant vendu à vil prixles plus beaux immeubles, qu’ris eurent pref-que pour rien. Auiïi depuis ce temps-là lesSeigneuis d’Angleterre font des plus puiffansde l’Europe en fonds de terre , & ne confenti-ront peut eftre jamais que l’on propofe de leurfaire reftituer le bien d'Eglife qu’ils poffedenr.
Au refte Quoi que les Chevaliers de Malthefbient compris au nombre des Réguliers puisqu’ils font des vœux , ils ne furent cependantpas d’ahord fupprimez dans les deux Royau-mes d’Angleterre & d’Irlande , avec les autresOrdres , & ce ne fut que dans le Parlement dei)4o qu’on propofa leur fuppreffion. Henrycrut avoir une railon particulière pour les chaf-fer de lès Eftats, car comme il eftoit ennemiirréconciliable , & des Papes, & de l'Empereur•Charles-Quint : il crut que les Chevaliers deMalthe Anglois & Irlandois eftoient aulîî fesennemis à caufe que le Grand Maiftrc de cer