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Histoire monastique d'Irlande
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fi fcandaleufe qu’ils aymoient mieux ceder leurAbbaye que de la perdre en juflice & en pre-nant ce parti on leur donnoit une penfion : quel-ques-autres avoient fi bien pillé & di/Tîpé lebien de leurs Comrrmnautez, qu ils ne s en fou-cioient prefque plus , ayant pojrvû d’aillearsà leur fubfiftance ; & en effet les Commiflairestrouvèrent la plupart des Maifons Réguliè-res extrêmement engagées , & fi dénuées detous les beaux meubles & ornemens qu’il yavoit auparavant, qu’on ne trouva pas dansquelques-unes douze ou quinze onzes d’argenttravaillé : les Religieux n’y avoient prefque laif*fé que ce qu’ils n’avoient pu emporter , commeles murailles, les fenêtres, les cloches & leplomb. La plupart des Supérieurs aimoientmieux auffi la penfion qu’on leur eftabliffoitque de vivre dans la retraite de leurs folitudes,& d’autres enfin preferoient des Evefehez qu’onleur donnoit à des Abbayes qu’ils eftoient feursqu’on leur alloit ofler de gré ou de force.

La Penfion des Religieux dont les Convensétoientfupprimez eftoient de 71. livres tournoispar an qui eftoit eu ce temps-là unefôme un peuplus confiderable qu’elle n’eft à prefent, maispourtant fort modique, par rapport au grandrevenu des Maifons d’où ils fortoient, & à l’é-tat d’un Moine fecularifé qui n’avoir ni art, nimeftier , ni profcffion pour fubfifter. On ne leurpayoit mefme cette penfion que jufques à cequ’on les eût pourvus d’une autre Maifon , pourceux qui ne vouloient pas retourner au ficelé,& pour les autres jufques à ce qu’ils enflenttrouvé quelque employ.

La Penfion des Abbez fupprimez fe regloitfoit fur le revenu do leurs Abbayes, foit fur la