è •TntroduHion à l’Hiftoire
de vouloir établir leur nombre. Car enfin ilsdonnent jufques à trois ou quatre mille Moinesà une feule Abbaye ; ils en mettent mille dansd’autres,& ils croycnt efti e fort modérez,quandils n’y en mettent que cinq ou ftx cens. Les pluspetites eftoient au moins de cent, à quoi ft l’onajoute que l’Irlande par fa grandeur ne paroitpas proportionnée à cette multitude d’Abbayes,de Conv.ens & de Moines, on demeurera con-vaincu malgré qu’on en ait,^ju’il y a eu bèau-coup d’excès dans toutes ces hiftoires exagé-rées d’Irlande.
Il eft cependant certain qu’en demeurantdans les juftes bornes du vrai-femblable , l’Ir-lande par rapport à fon étendue a eu aflu-rémcntplus de faints , plus de Convens , plusde Moines plus de Religieux & d’Ecclefîafti-ques de tous les Ordres que d’autres pius grandseftats , puifque nous ferons vbir dans un traité àpart qu’il y a eu dans cette ifle plus de trois censEvefques du temps que faint Patrice vivoit,quoique apparemment leurs diocefes ne fufientpas fi confiderables alors que ceux qu’il y a en-core aujourd’hui qui ne font guéres plus qu’en rvirou quarante , St atnfî l’Irlande aura tou-jours mieux mérité le nom d’Ifle facrée depuisqu’elle eft devenue chrétienne que lors qu’elleeftoit encore dans les erreurs du paganifnie,car elle s’appelloit en ce temps là Ogygia , c’eftà dire, facrée.
Mais ce qui attiroit beaucoup de Moinesétrangers en Irlande , cfto.t fur tout la réputa-tion où.: Ile eftoit d’avoir non feulement desfaints en quantité , mais encore d’avoir uneinfinité de fçavans Théologiens , en] fortequ’ily avoit un grand nombre d’Abbayes qui en