I.
Memoire.*)
Les objets discutes dans oe memoire etant d’une hauteimportance, et les diverses determinations que l’on doit prendre,pouvant, si eiles sont fausses, attirer sur la France et surl’Europe entiere des maux incalculables, on oroit devoir placeriei quelques reäexions generales qui sortent du sujet.
Pour juger sainement des affaires franqaises, uon seulementil ne faut preter l’oreille ä aucun parti, puisqu’ils sont tousaveugles par leur interet ou leurs passions; il ue faut pasmeine esperer que l’on connaitra l’etat des clioses par les opinionsque l’on entend enoncer. Les opinions en ee moment ne sontni assez universelles, ni assez profondes pour servir d’indicationssfires aux hommes qui veulent raisonner en politique. — Ilfaut compter pour beaucoup le caractere franqais, et cette pro-priete qu’il a de s’exalter pour des idees generales et abstraitesde liberte, patriotisme, gloire, monarchie etc., en tout, d’obeira des impulsions soudaines et rapides. Il en rcsulte, qu’il estbeaucoup plus facile de le guider au milieu des evenementsen disposant avec art les objets de sa haine ou de son affection,que de soumettre d’ avance sa conduite au calcul. D’ un autrecöte ne'aumoins, averti par l’experience, il ne faut pas ecouter
*) Beilage zu dem Schreiben der Königin an Leopold II. vomJänner 1792. Seite 240.