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J’aurais bien voulu retarder ma lettre de deux jours pourvous l’envoyer et vous mander en meine temps l’effet qu’elleproduit, mais la personne part decidement mercredi. Je nepeux vous parier du discours, il n’est pas encore arretedefinitivement. M. de Mont, ou, pour mieux dire, Pelin enavait fait un detestable, il a dte rejetd*); celui qui a lapreference, est des personnes qui vous ont fait dcrire parLaborde ; vous y verrez quelques traits de fermete, maisnullement le langage d’un roi qui sent combien il a eteoutrage.
.Enfin le sort' en est jete; il s’agit ä prdsent de regiersa mar che et sa conduite d’ apres les circonstances. Jevoudrais bien que tout le monde rdglät sa conduite d’ apresla mienne, mais, meine dans notre interieur, nous avons degrands obstacles et de grands combats a livrer. Plaignez-moi; je vous assure qu’il faut bien plus de courage ä sup-porter mon etat que si on se trouvait au milieu d’un combat,d’autant que je me suis guere trompee, et je ne vois quemalheur dans le peu d’energie des uns et dans la mauvaisevolonte des autres. Mon Dieu, est-il possible que, nee avecdu caractere, et sentant si bien le sang qui coule dans mesveines, je sois destinee a passer mes jours dans un telsiecle et avec de tels homines ! Mais ne croyez pas pouroela que mon courage m’abandonne; non pour moi, pourmon enfant je me soutiendrai, et je remplirai jusqu’au bout.ma long-ue et penible carriere. Je ne vois plus ce que j’ecris.Adieu.
Quand vous aurez recu le discours du roi, mandez-moien chiffre ce que vous en pensez. Mandez-moi aussi, si
') regettez.