3
tegez, vous communiquent, et auxquels vous croyez, sontvos seuls guides. Peut-on ecrire quelque chose de plusimprudent, de plus irraisonnable, de plus inconvenable quece que vous marquez au comte de Rosenberg touchant lamaniere avec laquelle vous arrangeätes une conversationa Rheims avec le duc de Chpiseul? Si jamais une lettre,comme celle-la s’egarait, si jamais, comme je n’en doutepresque point, il vous echappe des propos et phrasespareilles vis-a-vis meine de vos plus intimes confidents,je ne puis qu’entrevoir le mallieur de votre vie, et j’avoueque par 1’attachement que je vous ai voue, cela me faitune peine infinie. Ce sont vos ennemis, ce sont ceux quidesirent le plus de voir detruite toute influence que vouspourriez avoir, qui vous poussent a de pareilles demarches.Croyez-moi, et ecoutez la voix d’un ami et d’un komme quevous savez qu’il vous aime. Distinguez-la de la foule detous ceux qui vous encensent, et croyez que personne nepeut et ne veut vous dire la verite comme moi; qu’ eile estde toutes les nations et de tous les pays. Quittez donctoutes ces tracasseries, ne vous melez absolument en riend’affaires; eloignez et rebutez meine tous ceux qui vou-draient vous y attirer pour quelque chose. Attachez-vousfortement a meriter F amitie et la confiance du roi, c’ estd’abord votre devoir d’etat, et c’est le seul interet que vouspouvez et devez avoir. Eplucliez ses goüts, conformez-vousa eux; tächez d’ etre beaucoup avec lui, ne l’incommodezneanmoins pas, et meritez par votre discretion et surete saconffance. Ne parlez jamais a des ministres d’affaires, nipour recommander quelqu’un, et dans toutes les occasions,oü vous serez sollicitee, ne vous chargez jamais d’autre
1 *