i8o Histoire
donnât fon cheval. La condition, comme l’oa
penfe, fut acceptée, & ce Capitaine étant remonté
à cheval, retourna encore à la charge avec fa
bleffure.
Je dois ajouter à la gloire des troupes Françoifesque les Efpagnols, qui étoient trois cens contrequatre-vingt feulement perdirent beaucoup plus demonde que nous. M. de Noailles fçut par le Curéde Jordy ( c’eft le nom du Village auprès duquelfe pafTa cette aétion ) que le CommilTaire Généraide la Cavalerie Efpagnole étant venu fur le champde bataille pour faire enlever les morts , s’écria :EJl-il pojjible que j’aie perdu quarante hommes danscette action !
Je ne puis finir cet article fans raconter la pré-fence d’efprit & la hardieffe d’un Maréchal des Lo-gis de Dragons. Ayant eu fon cheval tué , il fetrouva mêlé parmi les ennemis, & y demeura aprèsle combat. Il ôta fon jufte-au-corps , le mit fur fesépaules , dans la penfée que ce ftratagême lui pour-roit fauver la vie ; ce qui arriva effeétivement. -Quelques Efpagnols le voyant différent des leurs( car ils n’ont point de Dragons rouges ) lui deman-dèrent, qui vive? En Efpagnol. Il fçavoit cette lan-gue , & leur répondit, viva Efpana. On lui répli-qua. Como eres vejlida ? Ho matado un Frances,dit le Dragon, y prefa fu vcjlido porque el tnio