de l’Ordre de S. Louis. 2,79On avoit donné un détachement de quatre-vingtchevaux à M. de Berthelin pour aller reconnoîtreles ennemis. Plulieurs Officiers s’offrirent detre dece détachement comme volontaires ; M. de Tra-verfet fut de ce nombre. On rencontra les ennemisà l’entrée d’un défilé $ on les attaqua vivement ; lecombat fut fàngiant : nous eûmes l’avantage. J’enviens à M. de Traverfet : fon cheval ayant été tuéfous lui, il offrit de l’argent à un Brigadier deDragons pour l’obliger à l’accommoder du fien. LeBrigadier qui avoit trois balles dans la bouche ,d’un coup de piftolet qu’il avoit reçu, lui dit qu’ilne vouloit pas de fon argent} qu’il lui donnoit foncheval, parce qu’il étoit hors de combat : d’ailleurs,ajouta-t-il, je fçaurai bien m’en procurer un autre.Il mit pied à terre, & ayant donné fon cheval àM. de Traverfet, il s’avança vers un Dragon d’Efi-pagne , le tua , prit fon cheval & fe remonta. Lemême Capitaine à‘qui il avoit donné le fien, ayanteu ce fécond cheval tué fous lui, fe remonta furcelui d’un Cavalier Efpagnol qu’il venoit de tuer,& alla pour la troifieme fois à la charge ; mais ilfentit bientôt fon cheval manquer fous lui. Dansce moment même il croifa le piftolet avec un Ef-pagnol dont il effuya le coup qui lui perça la maingauche. L’Efpagnol lui demanda aufti-tôt quartier.M. de Traverfet le lui accorda, pourvu qu’il lui
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