dk l’Or d,r e de S. Louis. x 6 <>Au loin l’avertirent que l’ennemi s’avançoit. Ondécouvrit bien-tôt une nombreufe Flotte qui venoità pleines voiles. Notre Efcadre s’étoit enfoncée dansune efpece de Golphe. On n’en pouvoit fortir qu’endoublant un cap. Cela demandoit du temps ; &J’ennemi approchoit. On ne pouvoit l’éviter quepar une rufe : Forbin en imagina une. Il feignitd’arriver fur les ennemis , comme s’il eût voulu lesattaquer. Ils étoient fous voiles. En le voyant ma-nœuvrer, ils fe mirent en bataille, comptant qu’ilalloit à eux } ce qui leur fit perdre beaucoup ^dechemin. Mais ayant mis le fignal, afin que toutel’Armée fît force de voile pour le fuivre, il chan-gea tout - à - coup de route & ne fongea qu’à fefauver.
J’aurois bien des chofes intéreiïantes à dire en-core. Mais il faut que chacun trouve ici fa place.Dailleurs les hiftoires font remplies des belles expé-ditions de Forbin dans les mers du Nord. Je mefuis contenté de le faire voir dans les circonftancesde fa vie les plus épineufes , pour que l’on jugeâtdes reifources qu’il trouvoit dans fon zèle pour lefervice du Roi, dans la fermeté de fon caradfere ,dans fon courage & dans fes talents.