Histoire
les attaquer malgré l’inégalité de fes forces. Il-fautconfacrer à la poftérité les noms des braves Françoisqui le feconderent dans cette périlleufe occafion. M.de la Salle', Enfeigne de vaiffeau , avec M. de Gran-ville, Garde de la Marine , furent deftinés à la bat-terie d’en-bas. M. de Villeneuve, Enfeigne de vaiffeau, 8c le Chevalier de Ligondés, Garde de la Ma-rine , à celle d’en-haut. M. d’iberville, outre fa fonc-tion de Général, fit aufîi celle de Major. Il pria M.le Roi de la Poterie, Commifïaire de cette Efcadre,de commander la moufqueterie du Château d’a-vant , & de fauter à l’abordage avec un détache-mens de Canadiens qu’il lui donna. Le combatcommença le cinquième de Septembre , à neuf heu-res du matin. Après trois heures & demie de mafia-cre’, le Commandant de l’Hamfhire voyant qu’il nepou voit engager le Pélican entre fesvaiffeaux & unebafle, fe réfolut à le couler à fonds. Il cherche à sa-gner le vent, 8c n’y réuffit pas : il prolonge le Péli-can j 8c lorfqu’ils font tous deux vergues à vergues,il fe fait à la fois de part 8c d’autre une déchargede moufqueterie 8c de canons de toutes les batte-ries. Mais le Pélican pointa fes canons fi à propos ,que l’Hamfhire en fut coulé bas en un inftant, 8cfombra fous voiles. L’Habfonsbaye amena auflî-tôtPavillon j le troifieme, qui étoit le Deriny , prit lafuite.