1^8 Histoire
de quarante-huit millions en efpeces ou en barresv d’argent, fans compter beaucoup d’autres effetsprécieux. Philippe V avoit encore demandé M. duCaffe au Roi pour l’envoyer au-devant de cetteFlotte d’argent. Il l’amena au Port du pafTage entreFontarabie & Saint-Sébaftien fur la côte de Bifcaye.L’arrivée de cette Flotte caufa une joie univerfelleen Efpagne & meme en France. C’étoit un tempsoù ces deux Nations n’entendoient parler que de dé-faftres. Peu s’en étoit fallu que la Flotte d’argent n’eneffuyât un. Elle avoit été attaquée, peu de tempsaprès que M. du Caffe la joignit, par le ChevaliefVager, qui avoit enlevé l’Amiral des galions. Heu-reufement il ne portoit que quarante mille écus.Vager fe hâta trop de faire fçavoir en Angleterrequ’il avoit pris un galion riche de quatorze aquinze millions de piaftres, & qu’il bloquoit fibien les autres , que l’Efpagne n’en recevroit aucun.Les Officiers de fon Efcadre fe comportèrent malfans doute en cette occafion ; car la Reine Anneayant appris que les galions étoient arrivés à leurdeftination, elle fit arrêter deux Capitaines Angloisnommés, Windfor & Bridges, & les fit dégrader &;caffer dans un Confeil de guerre.
M. du Caffe étoit trop heureux en efcortant lesgalions, pour qu’il ne reçût pas encore ordre cetteannée d’aller au-devant de c,eux qu’on attendoit de