De l’Ordre de S. Louis. t$>ffanguinaire, 8c dont le bras eft accoutumé à verferle fang, c’eft le comble de l’intrépidité. On devinefans doute que je parle du Dey d’Alger, & de laréponfe fiere & même, humiliante pour ce Souve-rain, que lui fit M. de Beaujeu. Ce Roi féroce,après lui avoir ôté fes fers, lui demanda un confeilfur l’état préfent des chofes. Les bombes que fai-foi en t jetter du Quefne écrafoient Alger : le peuplefe mutinoit 8c demandoit la paix. Mon confeildit Beaujeu, eft que vous allie | trouver le Généralde l’Empereur de France, que. vous lui demandiezpardon de votre faute ,, & que vous vous foumettie^à toutes fes volontés ; & je ne vous promets pasque , malgré tout cela, il veuille vous pardonner . LeBarbare refta ftupéfait de cette fiere réponfe de lapart d’un efclave.., dont toutefois il fentit la vérité.Ainfi l’homme courageux dans les fers s’élève au-defiiis de lui-même, 8c fait trembler fon Tiran furle trône. M. de Beaujeu étoit efclave depuis dix-huit mois : il avoit été vendu, douze mille écus.Quand on l’a vu fi fier en traînant fa chaîne, on.n’eft plus étonné qu’il ait montré tant de valeurdans le combat où Rhuiter fut tué, & tant de conf-tance 8c de fermeté à la bataille de la Hogue, en,ne quittant pas un feul moment M. de Tourville.dont il étoit Matelot, quoique les manoeuvres der
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