*
DE L O R D R E DE S, L O V I S.' ^45'
qil’Alicante eut été réduite en cendres , M. d’Ef-trées le chargea de brûler neuf barques qui étoientà terre à demi-portée du canon d’une des portes dela Ville, & près d’un grand retranchement des en-nemis ; &, comme s’il fe fût joué des périls & de lamort, cette première expédition finie , il entrepritd’aller chafier les ennemis du Môle d’où ils faifoientun feu terrible - , je l’ai déjà remarqué , les aétionsd’une extrême audace réulfiflent prefque toujours àla guerre. Les Efpagnols, en le voyant approcherfe retirèrent emmenant leurs canons. M. de Poin-tis, arrivé fur le Môle, fut fort étonné de n’ytrouver que les embrâfures.
La fermeté qu’il fie paroître au bombardementd’Alger, ( & j’aurois dû placer cette action avantles autres ) lui donna la réputation d’un des plusintrépides hommes de France. Il commandait lagaliote la Cruelle. Un mortier chargé d’une bombeardente prend feu} la bombe s’enflamme & nepart point ; l’incendie de la galiote paroît inévita-ble. L’épouvante fe répand dans l’équipage, qui fejette dans la mer ou dans les chaloupes qui por-toient les munitions. La bombe jettoit fes grena-des, & lançoit une colonne de feu de la groiïein:de deux hommes. Il y avoir dans ce bâtiment qua-rante autres bombes ardentes, & une infinité d’au-tres chofes propres à s’enflammer. M. de Pointis
Tome III. K