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la Ville. Le rivage étoit bordé de troupes de Ca-valerie & d’infanterie, dont il falloir effuyer lefeu. Malgré tous ces périls, M. de Pointis s’offritd’aller reconnoître cet écueil. Il demanda deux.chaloupes armées. Les Tripolitain^, en le voyantentrer dans leur Port, fuivi de ces deux chaloupes,dans lefquelles ils ne foupçonnoient pas qu’il pûty avoir du canon, ne devinèrent point quel étoitfon defTein , & admirèrent fon audace. Ils ne ti-rèrent point, & le laifïèrent arriver jufqu’à l’écueil.Mais quand ils l’eurent vu mettre pied à terre &prendre des dimenfions, effrayés du malheur quiles menaçoit, ils firent pleuvoir |ur lui une grêlede baies. Les chaloupes lâchèrent alors quelquescoups de canon , qui épouvantèrent cette Milice& la difperferent. M. de Pointis, protégé par lefeu des chaloupes, continua fes opérations. Quandil eut tout bien examiné, il revint rendre compteau Général de fa million & de la poffibilité debattre en brèche les murs de Tripoli. Mais cesBarbares n’attendirent point qu’on les ailiégeât : ilsfe fournirent aux conditions qu’on leur impofa. 'M. de Poinris montra la même intrépidité aubombardement d’Alicante, toujours fous les or-dres du Comte 4’Eftrées. Ce fut lui qui alla recon-noître la rade, & porter les galiotes fous le feu ducanon ôc de la moufqueterie de la place. Après
qu’Alicante