Druckschrift 
3 (1780)
Entstehung
Seite
114
Einzelbild herunterladen
 

ii4 Histoire

les prifes quelles faifoienr, dédommageoient lErardes frais de leur armement. Il eft fi peu vrai queLouis XIV ait abandonné, comme on la écrit,lempire de la mer à fes ennemis, parce quil nepouvoit pas leur faire tète, que lannée daprès laBataille de la Hogue il fortit des feuls Ports de lO-céan plus de foixante-quinze voiles, qui jointes àlEfcadre que le Comte dEftrées commandoit dansla Méditerranée, compofoient une Flotte de qua-tre-vingt-quinze Vailfeaux. Si lon examine enfuitele mérite de nos Généraux, la bravoure ôc les talensdes Officiers particuliers, on fera forcé de convenirque ce ne fut ni par foibleflfe ni par timidité, quela France changea tout à coup fon plan de guerre furla mer. Le fuccès de nos Efcadres dans toutes lesentreprifes quelles firent en Amérique, prouventque le nouveau fyftème nétoit pas le plus mauvais.

Nous allons voir que la Marine de France ne dé-mentit point, dans la guerre de la fueceflion dEf-pagne, la réputation quelle sétoit acquife. Elle fou-tint la gloire du nom François, qui dans les journéesdHochftett, de Ramilli & de Turin, avoir beau-coup perdu de fon éclat. Et peut - être lui dûmes-nous , par les grandes pertes quelle fit effuyer auxNégocians Anglois, la fin dune guerre, dont la con-tinuation ne pouvoit quavoir de terribles fuitespour la France.

%