de t Ordre de S. Louis. 99furent bientôt en sûreté. Mais les trois qui avoientgagné la rade de Cherbourg & les douze qu’onavoit fait échouer dans celle de la Hogue, nepurent éviter d’être brûlés le furlendemain ducombat. Telle fut la malheureufe fuite d’une ba-taille qui couvrit de gloire la nation Françoife. Enfaifant l’éloge des Officiers qui fe trouvèrent danscette bataille , j’en rapporterai les différentes cir-conftances ; & c’eft pour ne point me répéter ufouvent que je n’en ai pas fait mention. Le bonheurdu Général ne répondit point à la gloire qu’il s’ac-quit dans cette célébré journée. Mais Louis XIVfut plus jufte que la fortune : il éleva le Comte deTourville à la fuprême dignité de la guerre.
Une choie remarquable de cette fanglante ba-taille , c’eft qu’elle ne produifît point fur les Françoisl’effet ordinaire d’une défaite. Ils n’en devinrentque plus audacieux dans leurs entreprifes. Sansconfidérer le nombre dans les ennemis, ils les atta-quèrent & les vainquirent dans toutes les rencontres,& cette même année fut la plus fatale de toute laguerre pour le commerce des Alliés.
Cependant les Anglois & les Hollandois, maîtresde la Manche, fe préparèrent à mettre en exécu-tion le projet formé depuis long-temps de faire unedefcente fur les côtes de France. Mais ils les trou-vèrent fi bien défendues, qu’après avoir parcouru
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