Histoire
Mais le génie de la nation n’étoit point encoretourné au fervice de mer. Il falloir vaincre un reftede cet ancien préjugé, qu’un Gentilhomme ne peutfervir qu’à cheval couvert de fer de la tête auxpieds. La haute Nobleffe avoit eu autrefois la mêmerépugnance à s’accoutumer au fervice de l’Infante-rie. L’inftitution de plufieurs Académies de Garde^Marine , dans Iefquelles on n’admit que des Gen-tilshommes ÿ l’exemple que donnèrent plufieurs per-formes de la plus grande diftinétion & du plus grandmérite j les récompenfes ôc les honneurs qu’ellesobtinrent, ôc fur-tout ce degré d’héroïfme auquels’élevèrent plufieurs Officiers ; héroïfme dont ilsn’avoient trouvé l’exemple dans aucun temps nichez aucune nation ; toutes ces chofes , dis-je, con-tribuèrent à détruire cet abfurde préjugé.
Parmi les différentes Ordonnances de Louis XIVpour le fervice de mer, je ne puis m’empêcher derapporter un article de celle qui concerne les Ca-pitaines de vaiflèau.
« Fait défenfe Sa Majefté à tout Capitaine ôc»> autre Officier, commandant l’un de fes vaiffeaux35 de guerre , de fe rendre jamais à fes ennemis3> pour quelque raifon que ce puifle être} voulant33 qu’il fe défende jufqua l’extrémité , ôc qu’il fe33 laiffe forcer l’épée à la main, même brûler. Ce-» lui qui fera le contraire, fera jugé au Confeil de