de l’Ordre de S. Louis nde rétablir la Marine : il ne fit que paraître fur letrône.
S. Louis, fon fuccelfeur, ne négligea pas cettepartie de la milice, 8c fe mit en état de ré-fîfter aux deffeins de Henri III, Roi d’Angleterre,fur le Poitou. Il lui oppofa plus de quatre-vingtsvailfeaux , c’eft-à-dire, des forces à peu près éga-les à celles des Anglois. Les Croifades occupèrenttour le relie de fon régné. Il fallut des vailfeauxpour paffer à la Terre-Sainte & en Afrique. CePrince en fit conftruire un grand nombre dans fesports, acheta ou emprunta ceux qui lui man-quoient, des Génois & des Vénitiens. La Flottaqu’il alfembla à Aigues-Mortes fur la fin de fonrégné , devoir être immenfe , puifqu’elle portafoixante mille hommes. Celle qui fervit à l’expé-dition de Damiette éroit de dix-huit cens vailfeauxtant grands que petits , dit Joinville. Mais cettepuilfance maritime, auffi redoutable que celle desAnglois, n’étoit que précaire & momentanée. Pointde magafins pour la rétablir en cas d’échec, & fur-tout pôint d’Officiers ni Matelots uniquement def-tinés à cette milice, & qui s'appliquaient à l’artde la navigation. Les Pilotes dont on fe fervoit enFrance, étoient la plupart Génois ou Vénitiens.Le préjugé national éloignoit du fervice de merlesperfonnes confidérables par leur nailfance. Les peu-