dî l’Ordue de S. Louis. 117
croit la fituation des affaires ci’Efpagne fur la fin decette campagne. La Caftille reconquife, & plu-sieurs Places foumifes de gré ou de force.
Ne quittons pas l’Efpagne. M. de Berwick ygagna la bataillé d’Almanza fur Milord Gallouay& le Marquis de Las-Minas, Généraux de l’armée
Année 170S,
Année 1707.
Almanza.*5 Avrii.
» de la populace furent grandes, & les vainqueurs furentw conduits à l’Hôtel-de-Ville pour y être couronnés félon» l’ufage. Le portrait de l’Archiduc étoit dans l’Hôtel-de-» Ville où l’avoient placé les ennemis lorfqu’ils entrèrent à» Salamanque. A peine le chef des vainqueurs fut-il entré33 dans le lieu où étoit ce portrait, qu’il le fit livrer au peu-w pie qui le déchira en mille pièces, en criant au bruit de33 mille inftrumens : Vive Philippe V! Cependant il s’é-3> leva une émotion populaire des plus terribles dont on eût3. jamais oui parler. Les peres, les meres , les freres, lessi fœurs , les alliés & les amis de ceux qui avcient combattu,ai prient querelle entr’eux & s’échauffèrent, de maniéré33 qu’ils furent fur le point d’en venir aux mains. On alloit31 voir un combat fanglant, lorfque tout-à-coup une voix« perçante fit entendre ces paroles : La volonté du Ciel33 s’eft expliquée dans le combat que vous vene^ de voir : la« couronne d’Efpagne appartient a Philippe V. Il fe fit tout*.m à-coup un filence profond qui marqua le refped qu’cnai avoit pour la voix qui venoit de parler ; & l’inftant d’a-11 près, comme fi l’on eût donné le fignal d’éclater , tous» les deux partis , animés d’une même voix Sc d’un même« efprit, firent retentir les airs des cris redoublés de Vive*3 Philippe V. ( Mercure de France. )