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ts ssssss. l’armée ; & il falloir en outre forcer trois retran-,70I - C l iernens pour arriver à la Ville. Notre armée futrepouflfée avec une perte très-confidérable. Le Ducde Savoie s’expofa comme un jeune homme quicherche à faire fortune : il reçut plufieurs coupsfur fes habits, & eut un cheval tué fous lui. Croi-roit-on que dans ce temps-là même il avoir fait,ou du moins il négocioit un Traité d’alliance avecl’Empereur, & venoit de marier fa fécondé filleavec le Roi d’Efpagne? Les paflions ont des myf-teres bien inexplicables. C’eft peut-être un des traitsde la vie de M. de Catinat qui fait le plus d’honneurà fon génie, d’avoir pu deviner que le Duc deSavoie trahifïoit fes Alliés & fes deux filles. On lerappella pour avoir mandé à la Cour fes craintesà ce fujet. Mais j’aurai occafion d’en parler ailleurs.
Vers la fin de cette année éclata la Ligue del’Empereur, du Roi Guillaume & de la Hollandecontre la France &c l’Efpagne. L’objet de cette Ligueétoit d’empêcher la réunion de ces deux Royaumesfur une même tête. Les fuccès qu’eurent les Alliésdans la fuite agrandirent leurs vues (1).
( 1 ) M. de Barbefieux , Secrétaire d’Etat de la Guerre,mourut cette année. Il n’avoit pas remplacé fon pere M. deLouvois ; mais il avoit empêché qu’on n’en fentît davan-tage la perte. Le fiiccefleur de M. de Barbefieux au con-traire fit plus regretter celui-ci qu’il ne le méritoit. Ce