200 Le Prince■ Mais comment connoirre bienun Minière ? En voici la pier-rc-de-touche. Quand tu vois,que ton Miniflre penfe plus àlui, qu’à toi , & que routes Cesactions rendent à fon profit, tune dois jamais t’y fier 3 . Carce-lui, qui manie les Afaires d'unEtat, ne doit jamais penfer auxfiennes , ni même entretenir lePrince d’autre choie, que de cequi regarde fon Etat + . Mais
au fl],
3. Apres que Sejanus eut fauvélaVic àTibé-
redans iaGrote de la Spélonque, Tacite dit,que Tibère prit une entière confiance en lui,comme en un homme, qui avoit eu plus defoin de la Viedu Prince, que de la tienne. Ma-jor ex. eo , ut non fui anxius , cum fide midie-
batur. (Ann. 4.) Et Tigelin , pour détruire lesrivaux, difoic àNéron, qu’il n’étoit pas com-me Burrhus, qui avoit des prétendons, &desefpérances : qu’il ne le foucioit que du frlut duPrince. Non je, nt 'Burrhv.m , dtverf/rt fpes , fedfo!am '■ncolmriitatem Nerov.isfpcélare. (Ann. 14 )Tous les Miniflres tiennent ce langage , maisleur cœur dément quelquefois leur langue.
4. C’eft pourquoi Tibère tourna en ridiculeun Sénateur, qui cia parler des interets de làFamille dans le Sénat, dilant, que le Sénatavoit été établi, pour délibérer des Afaires pu-bliques, mais non pour écouter les demandesimpertinentes des Particuliers. Ne; ideo à Ma-