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Le prince de Nicolas Machiavel ...
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186
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C H. 10.

186 Le Prince

j

Etat *. Il ny a donc point demeilleure Fortereflè, que de nê-tre point haï du peuple. Car fitu en es haï , quelque Forteref-, que tu aies, tu nes point enfureté, atendu que le peuple neprendra pas plus-tôt les Armes,quil fera fecouru des Etrangers.Il ne fe voit point, que lesFor-tereïTes aient ièrvi à dautres Prin-ces de nôtre tems, quà la Com-tefle de Furli , à qui la Tienne,

après

8. Parceque les Sforces en devinrent plus har-dis, & par conféquent plus violens. Situ fais desForterefies, dîtîlaumêmeChap. elles te ferventen tems de paix, parcequelles te rendent plushardi à maltraiter tesfuje'.s: mais en tems deguerre, elles ne te fervent de rien , parcequcl-les font ataquées , 8c par les ennemis , 8c partes Sujets : 6c quil eft impoflïble , quelles

tiennent contre les uns 8c les antres. Et

fi tu veux recouvrer un Etat perdu, ce ne ferapoint par tes Fartereflcs que tu le recouvreras,il tu nas une Armée, qui puiflecombatrc celui,qui ta dépoüillé. Or fi tuas une Armée, tu lepeux recouvrer, quand même tu naurois pointde Fortereffcs. Quant au Chatcau de Milan,Machiavel ajoute, quil ne fervitdanslAdrer-fité, ni aux Sforces, ni aux François, mais aucontraire leur nuiiif, lorgetiil de la Fortereifeleur aiant fait négliger aux uns, 8c aux autres,de traiter plus honnêtement le peuple.