i $2 Le PrinceClt i6 pourquoi, un Prince, qui neveut pas devenir pauvre, ni mé*priiable, ni fe voir contraint depiller les Sujets, pour fe défen-dre contre fes Ennemis, fe doitpeu feucier du reproche d’avari-ce , ce vice étant un de ceux, quile font regner. Mais, me diraquelqu’un , c’eft par la libérali-té, que Ceûreft parvenu à l’Em-pire , & beaucoup d’autres auxplus hautes Dignités Je répons:Ou tu es Prince , ou tu es enco-re à le devenir. Au premier cas,la libéralité porte dommage 3 .
Au
3. Libéralités , ni adjlt sni dus , in exitiwmvertitur. DitTacite (Hift. 3.)
Quant à ce que Machiavel dit, que, pourdevenir Prince, il faut être liberal, mais ceflerde l’être, lorsqu’on elt Prince éfeélif ( Princi-pe fatto) cclaeft conforme à ce que Tacite ra-conte d’Oton, qui, n’étant encore que Parti-ficulier, faifoit une dépenfe, qui eût été mê-ane à charge à un Prince. (Luxuria etiam Prix-dpi onerofa. (Hifl. 1.) Et qui toutes les fois, queGalba mangeoit chéslui , diftribuoit de l’ar-gent à chaque foldat de la Cohorte, qui étoitde garde, comme pour paier leur dîner. Mais' lorsqu’il fut Prince , il devint Ménager à tel .
point, , qu’à fa mort il diltribua fon argent à
fes