De Machiavel. 99Mais, pour rentrer dans mon fu-jet. Les Capitaines Mercenaireslont d’excellcns hommes, ou non.Si ce font de braves-gens, tu nefaurois t’y fier. Car ils tendenttoujours à leur propre grandeur,lbit en t’oprimant, toi, qui esleur Maitre -, ou en oprimantles autres contre ton intention.S’ils ne le font pas , d’ordinai-re ils perdent tes afaifes. Et fil’on me répond, que tout autreCapitaine, qui aura les armes àla main, fera de même, jerépli-
que-
dc de tous les autres, par fon habileté St par làprudence. A raifon de quoi fes flatcurs n’avoient.pas honte de dire, ni lui de leur entendre dire,qu’il n’y avoit que Jetiis-Chrift au Ciel, 8c Louisle More au Monde, qui fuflent où fe termincroitla Guerre de France. (Nardi au livre 3 uie. de TonHiftoire de Florence.) Où il ajoute, que ce Ducraillant un jour avec unGentilhomme Florentin,
8c lui montrant un grand Tableau de l’Italie, oùétoit reprefenté un More, qui fcmbloit en chaf-lèr, avec un balai à la main, beaucoup de Coqs8c de petirs poufiins de toutes les fortes, il lui de-manda, que dites vous de ce dejfetn i Que vôtreMore, voulant balaier & nitoier l'Italie, fe rem-plit lui meme depoitjpére cr d’ordure , répondit leFlorentin. Paroù il lui prédifoit ce qui lui arivabientôt après.
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