8 Introduction.ront jamais que peu d’enfans malfains ,qui ue feront point en état de fournirdes bras aux terres.
Ceux qui fe conduifent le plus fage-mcnt, qui confervent des mœurs, quifont quelques épargnes, accoutumés àla vie de la ville , & craignant la peinede celle des champs, dont ils ignorentd’ailleurs la conduite, veulent devenirde petits marchands; & c’eft une pertepour le peuplement , parce qu’un nom-bre de laboureurs crée plus d’enfansqu’un nombre égal de citadins , & quefm un nombre donné , il meurt plusd’enfans à la ville qu’à la campagne.
Les mêmes maux ont lieu pour lesdomeftiques du fexe. Après dix oudouze ans de fc-rvice , les fervan.tes dela ville ne peuvent pas redevenir debonnes campagnardes ; & celles quiembraifent cet état fuccombent bien-tôt à ce travail pour lequel elles nefort p'us faites. Si l’on revoit une fem-me mariée à la campagne, un an aprèsqu’elle a quitté la ville, il ell aifé deremarquer combien ce genre de vie l’avieillie; fouvent la première cruche ,dans laquelle elles n’ont pas tous lesfoins que leur délicateife exigeroit, elfcl’écueil de leur fauté ; elles relient dansun état de langueur , de foiblelfe, de