1IO E i é M E N S
On ne grille point le cinabre, parce qu’étantvolatil, il fe dilîiperoit au feu, mais commela nature l’a prefque toujours mélangé avec unefubüance calcaire ou martiale, cette fubftancedevient un intermède propre à décompofer lecinabre à l’aide du feu.
M. de Julîieu a décrit dans les Mémoires del’académie, en 1779, le travail qu’on fait àAlmaden en Efpagne, pour retirer le mercuredu cinabre. Cette mine contient du fer & unpeu de pierre calcaire ; on la met dans des foursqui ont la forme de fourneaux de réverbère,on chauffe ces fours, en mettant les matièrescombuflibles dans le cendrier. Le fourneau n’ad’ouvertures que huit trous pratiqués à fa par-tie poftérieure; à chacun de ces trous, on ajufteune file d’aludels, dont le dernier aboutit à unpetit bâtiment allez éloigné du fourneau. Entrele fourneau & le bâtiment, où le terminentles aludels, eft une petite terraffe qui s’arafeavec les ouvertures du fourneau & celles dubâtiment. Cette terraffe forme deux plans inrclincs, & foutient les aludels. Si quelque join-ture mal bouchée laiffe échapper du mercure,il fe raffemble dans la jonâion des plans in-clinés de la terraffe. Lorfque le feu efl; appli-qué au cinabre, le fer & la pierre calcaire ab-forbent le foufre ; le mercure réduit en vapeurs