Petite Vérole. 191rement trop foible. L’on voit par-là que,quand l’eftort eft fuffifant, il ne faut pointl’augmenter par des remedes chauds, qui lerendroient trop violent & dangereux. Quandil eft déjà trop violent, l’augmenter c’eltle rendre mortel. Les cas où il eft trop foi-ble font très-rares, fur-tout dans les campa-gnes, & très-difficiles à juger; auffi faut-il être très-réfervé fur l’ulage des reme-des chauds, qui font meurtriers dans cettemaladie.
Le vin, la thériaque, la confedion, l’airchaud, les couvertures pefantes, fauchentannuellement des milliers d’enfants qui au-roient été guéris, fi on ne leur avoit donnéque de l’eau tiede ; & toutes les perfonnesqui s’intéreffent à la confervation de ceuxqui font atteints de cette maladie, doiventfoigneufement empêcher qu’ils nefaflent au-cun ufage de ces drogues, qui lors mêmequ’elles ne rendent pas la maladie mortelle,la rendent cruelle & accompagnée des fui-tes les plus funeftes.
Le préjugé eft enraciné, il fe détruira dif-ficilement; mais je nefouhaite que de faireouvrir les yeux fur le fuccès de la méthodechaude, & fur celui de celle que je vais pro-pofer; Ip jugement alors ne reftera pas long-temps fufpendu. Je dois même dire que j’aitrouvé parmi le peu pie de la ville plus de doci-lité à cet égard ; fur-tout dans les dernieresépidémies, que je n’aurois ofé l’efpérer ( a ).
( a ) La bonne méthode a pénétré depuis quef-ques années dans les campagnes, on y traite la pe-