De la Terre en général.
Les anciens philofophes ont penfé qu’il exif-toit un être (impie, unique, le principe de la du-reté, de la pefanteur, de la féchereffe, de la fixité,qui faifoit labafe de tous les corps folides, au-quel ils ont donné le nom de terre. Cette opi-nion , fondée fur une idée abflraite & purementphilofophique, a été enfeignée de tout temsdans les écoles, & plufieurs favans l’admettentencore. Paracelfe a appellé terre tous les réfî-dus que lui fournifloient les analyfes; mais leschimifles, d’après le confeil de Glauber, s’étantimpofé la tâche d’examiner les réfidus avec au-tant de foin que les produits, ont bientôt étéconvaincus qu’il s’en falloit de beaucoup qu’ilsfufient purement terreux , & ont rejetté le fen-siment de Paracelfe. Boerhaave , qui avoitadopté avec quelque refirîétion l’opinion deParacelfe, obfervoit qu’aprcs toutes les analy-fes, il reftoit une matière fèche, infipide, pe-lante , fans couleur, jouiffant enfin de tomesles propriétés de la terre -, mais en foumettantchacune de ces matières aux moyens que la
chimie