e’Hist. Nat. et de Chimie. 121
concevoir cette hypothèfe, les phyficiens quil’ont propofée, obfervent que les corps mêmeles plus denfes, font remplis d’une grande quan-tité de petites cavités ou de pores, dont le vo-lume peut être beaucoup plus grand que celuidelà fubftance qu’ils environnent & qu’ils renfer-ment. Ces vides . permettent à leurs molécu-les de fe mouvoir les unes fur les autres, d’o£ciller dans tous les fens. Si ces ofcillations nefont point apperçues, c’elt qu’elles fe font furdes parties extrêmement fines qui échappentà nos fens, comme les vides ou pores y échap-pent eux-mêmes'. Enfin, les favans qui regar-dent la chaleur comme un mouvement inteffin ,font encore fondés fur ce qu’aucune expériencepofitive ne démontre fon exiftence, fur ce qu’onn’a pu y reconnoître aucune pefanteur, &c.
Plufieurs autres phyficiens & quelques chi-miftes modernes croyent au contraire que lachaleur eft un fluide particulier répandu danstous les corps de la nature, & dont ils fontpénétrés avec plus ou moins d’énergie ; ils dis-tinguent ce fluide dans deux états ; dans celuide combinaifon & dans celui de liberté. Lapremière n’eft pas fenfible à nos organes, ni authermomètre; elle repofe dans les corps dontelle confiitue un des principes ; elle fe dégagefouvent dans la décompofition, & alors elle paiïe