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Tome Quatrième (1791)
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É L É W E N S

quantités, on a imaginé tUs moulins particuliersou des efpèces de râpes tournant dans des cylin-dres , dont on fe fert avec beaucoup davantages.

30. Les américains extraient de la racine jluneplante crèvâcre , nommée manioc , une féculenourriffante très-douce quils appellent caffave.Ils dépouillent ce;te racine de fa peau, ils larâpent & ils la mettent dans un fac de jonc faiten forme de cône & dun tiffu très-lâche , quilsfufpendent à un on pofé fur deux fourches debois. Ils attachent à lextrémité de ce fac unvaiffeau tres-pefant, qui, par fon poids, exprimela racine & reçoit le fuc qui en découle. Ce der-nier eft un poifon très-âcre & très-dangereux.Lorfque la fécule eft bien exprimée & privéede tout le fuc quelle contenoit, on lexpofe à lafuméq pour la deffécher , & on la paffe au tamis;elle forme alors lacaffave. On étend cette farinefur une palette de fer chaude pour la cuire, &on la retourne afin de donner à fes deux furfacesla couleur jaune roufsâtre qui en annonce lacuiffon ; on la nomme dans cet état pain decaffave. En la chauffant dans une bafTme , Si enlagitant de temps en temps, elle prend, en fedefféchant, la forme de grains , que lon appellecouac. Il fe précipite du fuc exprimé une féculetrès-fine & très douce , nommée moujfache ,quon emploie pour faire des pâtifferies.