Coliques. 155
Quelquefois les matières nuifent moins parleur quantité , que par leur qualité ; alors lemal fe diffipe fans évacuation, quand cette ma-tière irritante eft noyée dans beaucoup d’eau.Si les douleurs commencent par l’effomac ,elles deviennent moins vives, & le maladeeft moins angoiffé, dès que les matières ontpaffé dans les boyaux , qui font moins fen-fibles.
Après les évacuations abondantes & la cefifation des douleurs, il refte fouvent à la bou-.che, un goût d’œufs pourris, qu’on diffipe endonnant quelques prifes de la poudre N°. 24.,& beaucoup d’eau fraîche.
L’effentiel, c’eft de ne prendre aucune nour-riture , qu’on ne foit parfaitement bien.
§ 307. L’on a la fureur de donner d’a-bord de la confeéfion, de la thériaque, del’eau d’anis , de celle de genievre, du vinrouge , pour arrêter les évacuations ; mais iln’y a pas de pratique plus funefte ; ces éva-cuations font la feule chofe qui peut guérirle malade; les arrêter, c’efl: ôter la plan-che à celui qui fe noie ; & fi l’on réuffit,on le jette dans quelques fievres putrides, oudans quelque maladie de langueur ; à moinsque la nature , plus fage , ne fùrmonte lesobftacles qu’on lui oppote, & ne renouvelleles évacuations, au bout de quelques jours.
§ 308. Quelquefois , l’on a une indigef-tion, fans douleurs de colique bien fenfible,mais avec de violents efforts pour vomir ,une angoiffé inexprimable , des défaillances,des fueurs froides ; fouvent même le mal ne