Érésipelles. 219
fur fon déclin ; la paupière fe gonfle , l’œilfe ferme, le malade n’a aucun moment detranquillité. Souvent le mal paffe d’une joueà l’autre, & fe répand fucceffivement fur lefront, le col, la nuque ; alors la maladiedure plus long-temps qu’à l’ordinaire. Sou-vent même, fi la maladie eft forte , la fiè-vre fubfifte, le cerveau s’engorge, le maladerêve , fon état eft très-dangereux , &, quel-quefois , s’il n’eft pas très-bien fecouru , illuccombe, fiir-tout quand l’âge fe joint à lamaladie. Un éréfipelle très-fort fur le col oc-cafionne une efquinancie qui peut être fâ-cheufe.
Quand il attaque la jambe, toute la jambeenfle, & l’irritation fe communique même àla cuifïe.
Dès que l’éréfipelle eft un peu fort, il eftcouvert de petites pullules pleines d’une eauclaire comme celles qui furviennent à une brû-lure , qui enfuite fe fechent & s’écaillent. J’aivu quelquefois, fur-tout quand l’éréfipelle at-taquoit le vifage, que l’humeur, qui fortoit- deces pullules , étoit extrêmement vifqueufe ,& formoit des croûtes épaiffes qui reflem-bloient prefqu’aux croûtes de lait des petitsenfants, & reftoient plufieurs jours avant quede tomber. Quand l’éréfipelle eft violent ,il dure quelquefois huit, dix , douze joursdans le même état ; & enfin il fe dilfipe parune fueur abondante, qui eft quelquefois an-noncée par un mal-aife, accompagné de friflfon, & d’un peu d’angoifle qui durent quel-ques heures. Pendant tout le temps de la ma-