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Tome Premier (1770)
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54
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54 Régime

changera les linges, tant du lit, que du ma-lade, tous les deux jours fi on le peut. Unpréjugé pernicieux établit une pratique con-traire, qui eft très-dangereufe. On craint defiortir le malade du lit, on le laifié dans deslinges pourris , chargés de corruption , & qui,par-, non-feulement entretiennent la ma-ladie , mais peuvent même lui donner un ca-raêfere de malignité. Je le réitéré, rien nen-tretient la fievre & les rêveries, comme dene point fortir du lit, & de ne point chan-ger de linge; & jai fait ceffer, par ce dou-ble moyen , fans aucun autre fecours , desrêveries qui duroient depuis douze jours fansinterruption. Lon dit que le maladp eft tropfoible, mais ceft une mauvaife raifon; il fautquun malade foit prefque mourant, pour nepas foutenir cette opération, qui, lors mêmequelle laffoiblit pour le moment, augmentefies forces, & diminue fes maux dabord après.Un avantage que les malades retirent du-jour hors du lit, ceft que les urines coulentplus abondamment & avec facilité. Lon envoit quelquefois qui nurinent point du tout,îi on ne les fort pas du lit.

Il y fi un très-grand nombre de maladiesaigues , que ce feul régime guérit radicale-ment, & il les adoucit toutes. Si on ne lem-ploie pas, les remedes font le plus fouventinutiles. Il feroit à fouhaiter, que le peuplelut, que lon ne peut pas brufquer les mala-dies, quelles doivent avoir un certain cours,& que lufage des remedes violents , quilaime à employer, peut bien les abréger en