14 Introduction.
peut nuire , & cette crainte la tient en fui-pens : mais elle faifit avidement toutes leslueurs qui peuvent la diriger.
En troifieme lieu, les perfonnes riches ouau moins aifées, que leur goût, leurs emplois,ou la nature de leurs fondï fixent à la cam-pagne , où elles fe rejouiffent en faifant dubien, feront charmées d’avoir quelques direc-tions dans l’emploi de leurs foins charitables.
Dans tous les villages où il y a quelquesmembres des trois claffes que je viens d’indi-quer , ils font prefque toujours informés desmaladies du lieu, parce qu’on s’adreffe à euxpour du bouillon, de la thériaque, du vin,des bifcuits, en un mot pour tout ce qu’oncroit befoins de malades. A l’aide de quel-ques queftions aux affiliants ou d’une vifiteau malade, ils jugeront au moins du genrede la maladie, & par une fage dire&ion, ilspréviendront une foule de malheurs. Ils don-neront du nitre, au-lieu de thériaque, del’orge ou du petit-lait, au-lieu de bouillon ; ilsordonneront des lavements ou des bains depied , au-lieu de vin , & des grus à l’eau, au-lieu de bifcuits. L’on ne croira qu’au bout dequelques années le bien qui peut réfulter de cesattentions li aifées & fouvent répétées. L’onaura cl’abord un peu de peine à changer unevieille habitude ; mais quand elle fera détrui-te, la bonne s’enracinera tout auffi fortement,& j’efpere que perfonne ne fera d’efforts pourla détruire.
11 eft inutile de dire que je fonde plus d’ef-pérance encore fur les foins des Dames, que