du Capitaine Carteret. 319
la Langue françoife devint notre interprète , ôc pritcette peine avec une honnêteté & une complaifancequi donnoient un nouveau prix au fervice qu’il nousrendoit. Nous nous féparâmes enfuite , & lorfqu’ilsquittèrent le vaiffeau, je les faluai de neuf coups.
Le lendemain au matin, 18, le Sabandar vint m’a-vertir que le Gouverneur ôc le Conleil avoient confirmél’engagement de la veille , ainfi qu’on me l’avoit pro-mis. J’étois très-content de l’arrangement, exceptéfeulement qu’il me falloit trouver de l’argent pour mesbillets fur' le gouvernement de la Grande-Bretagne :le Sabandar dit qu’il tâchcroit de faire cette affaire.A huit heures du foir il revint h bord pour m’appren-dre que perfonne de la ville n’avoit des remifes àfaire en Europe , ôc qu’il n’y avoit pas une rixdaledans la caille de la Compagnie. Je répondis que puif-qu’on ne me permettoit pas d’aller k terre pour négociermes billets , j’efpérois qu’on me feroit crédit en don-nant des billets fur l’Angleterre pour toutes les dettesque je concraéterois, ou des reconnoiflances payables kBatavia. Le Sabandar répliqua que le Réfident deBonthain s place où j’allois, recevroit des ordres pourme fournir tout ce dont j’aurois befoin ; qu’il feroitcharmé de prendre mes billets en retour, parce qu’ilavoit des remifes k faire, & qu’il alloit lui-même enEurope dans la faifon fuivante. Il me dit aulli quece Réfident avoit des biens confidérables en Angle-terre où il s’étoit fait naturalifer. » J’ai dans mes)3 mains, ajouta le Sabandar, de l’argent qui lui appar-w tient, je vous en achèterai a MacaJJàr les marchan-Tomz /. T t