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plus grande & de la plus élevée des deux , par 30brades bon fond & k environ trois encablures de lacôte. Nous vîmes bientôt après des naturels du paysqui étoient noirs, à tête laineufe & entièrement nuds.Je dépêchai fur le champ le Maître avec le bateau pourchercher une aiguade & leur parler; mais ils difparurentavant qu’il pût aborder fur le rivage. Le Maître me dit kfon retour qu’il y avoit un beau courant d’eau douce vis-à-vis le vaifleau & tout près de la côte , mais que toutle pays dans ce canton étant une forêt impénétrablejufqu’au bord de l’eau, il feroit difficile & même dan-gereux d’y en puifer, fi les Infulaires vouloient nousoppofer de la réfiftance : il ajouta qu’il n’y avoit pointde végétaux comeftibîes pour rafraîchir les malades,& qu’il n’avoit point vu d’habitations dans tout cequ’il avoit parcouru de l’Ifle qui eft fauvage , aban-donnée & montagneufe.
Après avoir réfléchi fur ce rapport , & voyantqu’il feroit fatigant & incommode d’y faire de l’eauk caufe d’une houle qui avoit fa direètion autour dela baie, fans parler des dangers qu’on avoit k redou-ter des naturels du pays , s’ils formoient contre nousune ambufcade dans les bois ; je réfolus de rechercherli on 11e pourroit pas trouver une aiguade plus con-venable.
Le lendemain au matin , 13 , étant alors fous levent de l’Ifle, dès qu’il fut jour, j’envoyai le Maître avecquinze hommes dans le canot bien armé & bien ap-provifionné, pour examiner la côte k l’Oueft, tâcherde découvrir un endroit où nous puffions plus ailé-