Ann. 1767,Mai,
du Capitaine Carter et. 239
lignes qui nous fervoient pour la pêche. Je fus quel-que tems en grande peine pour inventer commentnous fuppléerions h ce défaut, mais après des recher-ches foigneufes, nous trouvâmes par hafard que nousavions un petit nombre de bralfes de cordage blanc ;ce fut un tréfor ineftimable dans la fituation où nousétions ; je les fis détordre , mais les fils étant tropgros pour ce que nous voulions en faire, il fut né~ceffiaire de les mettre en étoupe. Après cette opéra-tion , il nous reftoit encore la partie la plus difficilede l’ouvrage : car cette étoupe ne pouvoit pas être filée,fans qu’au moyen du peigne on l’eût convertie en filaffiefon état primitif : les matelots ne favoient pas fairecette befogne ; & , quand même ils l’auroient fu , nousn’aurions pas été moins embarraffés , puifque nousn’avions point de peignes. Les difficultés s’accumu-îoient les unes fur les autres ; & il falloir fabriquerun peigne avant d’eiïàyer de convertir ces cordagesen filaflè. Nous reffientimes encore combien c’étoicpour nous un grand inconvénient de manquer deforge ; la nécefiité cependant, la mere fertile de l’in-vention , nous fuggéra un expédient. L’armurier femit à limer des clous & fit une efpèce de peigne , &un des Quatiers-Maîtres fe trouva afièz habile dansl’ufage de cet inftrument , pour rendre l’étoupe affiezfine pour être filée auffi-bien que la groffiéreté denos inftrumens le permettoit. Nous eûmes par cemoyen des lignes de lock affiez paffiables ; cette opéra-tion fut pourtant plus difficile pour nous que de fairedes cordages avec nos vieux cables après qu’ils avoiens:été convertis en fil de carrée ; reffource que nous