s3u Capitaine Cauteret. z 3 3
fort avancé, & que nous dérivions continuellement auNord,
Nous trouvâmes le 4 , que le vaiffeau faifoit beau-coup d’eau ; il avoir travaillé fi long-tems au milieud’une mer grofTe & dangereufe, qu’il étoit très-endom-magé. Nos voiles étant auffi fort ufées, fe déchiroientà chaque inftant ; & le voilier étoit toujours à l’ou-vrage pour les raccommoder. L’équipage avoir jouijufqu’à préfent d’une bonne fanté, mais il commençaà être attaqué du fcorbut. Pendant notre féjour dansle détroit de Magellan , je fis faire un petit abri cou-vert d’une toile peinte qui fervoit de tapis de pieddans ma chambre ; nous nous procurâmes par cemoyen fans beaucoup de peine & de travailune allezgrande quantité d’eau de pluie , pour que nos genseuflent toujours à diferétion de cette boiffon impor-tante. Cette efpèce de banne , nous mettoit auffi âl’abri de l’inclémence du tems. Je penfe que ce fontces précautions qui nous préfervèrent fi long-tems dufcorbut, quoique peut-être ce bonheur foit dû en par-tie à l’efprit de vitriol qu’on mêloit dans l’eau depluie ainfi confervée ; notre Chirurgien en mettoit tou-jours une petite dofe , dans chaque tonneau lorfqu’onles rempliffoit.
Nous découvrîmes le 11 , une petite Ifle , baffe 6 cplate qui fembloit prefque être de niveau avec le bordde la mer , & qui étoit couverte d’arbres verds. Com-me elle nous reftoit au Sud 6 c directement au-deffusdu vent, nous ne pûmes pas l’atteindre. Elle efl fituéeau zz d de latitude S. & au 141 d 34' de longitude O.;Tome J. G g
Ann. 1767.Mai,