D U
Capitaine B y r o n. 143
mes notre route au Nord 82. d O. ; & le 16 à midinous étions par les 14 d 28' de latitude S., & 156 d Ann23' de longitude O. ; la déclinaifon de l’aimant étantde 7 d 40 ' à l’Eft. Le vent étoit paffé à l’Efl: ; &les lames, du Sud, qui avoient rendu notre navigationfi pénible avant d’arriver à la hauteur des Mes de Di-rection , ôc qui depuis ce tems-là avoient cefle ,commencèrent à reparoître. Mais au moment de lesperdre, & quelques jours auparavant , nous vîmes degrandes compagnies d’oifeaux. J’obfervai journelle-ment qu’avant le coucher du foleil , ces oifeauxdirigeoient leur vol vers le Sud. J’en conjeâurai qu’ildevoir y avoir quelque grande terre de ce côté ; jene puis m’empêcher de croire que, fi les vents m’euf-fent favorifé , je l’aurois rencontrée; & fi nos équi-pages euffent joui d’une meilleure fanté, j’aurois vo-lontiers couru à l’Oueft, pour tenter cette découverte.
La population de toutes ces Mes-baffies, que nousavions vues, fembloit fuppofer l’exifience d’un Conti-nent qui ne devoit pas en être éloigné ; & fans cettefuppofition , il feroit difficile de rendre compte de lamanière dont cette longue chaîne d’Mes s’efl: peuplée;mais le mauvais état des équipages étoit un obfiacleinfurmontable à cette navigation
Le jour fuivant , 17 , nous vîmes divers oifeauxvoltiger autour du vaiffeau; & nous nous fuppofâmesdans le voifinage de quelqu’autre Me. Je continuaima route , mais avec précaution ; les Mes, dans cettepartie de l’Océan , rendent la navigation très - péril-leufe : comme ce ne font la plupart que des terres-